Récolte de noisettes de Byzance
en milieu urbain

Auteur : Charles Gratien

 

  

Article publié en 2008
Crédit photographies : Charles Gratien
Tous droits réservés

 

L'amateur de fruitiers rares se doit d'avoir l'œil curieux lors de ses déplacements...

Je le dis en tête d'un autre article, intitulé "Cueillette de feijoas en milieu urbain". Je vous en donne un autre exemple aujourd'hui.

Partez avec moi pour une nouvelle récolte urbaine et une découverte de la noisette de Byzance...

Non, inutile de se rendre dans la célèbre cité de l'Antiquité, devenue Constantinople (395) puis Istanbul (1453), pour goûter à cette noisette.

Le service des espaces verts de ma ville a eu la bonne idée de planter des noisetiers de Byzance (Corylus colurna L. ; Corylus byzantina Desf. ) le long d'une avenue d'un quartier résidentiel.

Cet arbre majestueux, qui peut atteindre 25 m dans son milieu naturel, fit son entrée en Europe occidentale en 1582, sous forme de graines envoyées de l'ancienne Constantinople par le Baron D. von Ungnad, ambassadeur auprès du Sultan, à Charles de L'Escluse, botaniste artésien qui dirigeait à Vienne les jardins impériaux.

En 1589, L'Escluse en emporta un exemplaire à Leyde où il avait été nommé professeur de botanique. Il le planta dans le célèbre jardin botanique de l'université de cette ville, où Linné put l'admirer encore en 1736 (source bibliographique : Atlas des arbres de France et d'Europe occidentale ; Jacques Brosse ; Editions Bordas ; 1977).

Noisetier de Byzance (Corylus colurna)

Noisetier de Byzance (Corylus colurna)

Les arbres au port pyramidal encadrent joliment le bitume gris.

Noisetiers de Byzance (Corylus colurna) en milieu urbain

Noisetiers de Byzance (Corylus colurna) en milieu urbain

La production abondante de noisettes ravit tous les ans le chercheur de fruits rares que je suis.

Sous les regards curieux et surtout intrigués des automobilistes, je ramasse au pied des arbres des fruits entiers avec les involucres et des noisettes seules qui sont déjà séparées de leur involucre.

Ces noisettes ont la particularité, par rapport à celles du noisetier courant (représenté par les deux espèces Corylus avellana L. et Corylus maxima Mill.), d'être un peu poisseuses avant qu'elles ne soient complètement sèches.

Les longs involucres, profondément divisés en lobes linéaires et contournés, sont comme "frisottés". Il n'est pas rare qu'ils soient regroupés par cinq ou six, voire plus, formant ainsi une sorte d'agglomérat sphérique accroché dans les branches de l'arbre.

 Noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna) avec involucres

 Noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna) avec involucres

Comme vous pouvez le constater par preuve photographique, la récolte est intéressante !

Récolte de noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna)

Récolte de noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna)

Concernant la noisette elle-même, sa taille est comparable à celle d'une noisette sauvage, mais certains arbres en produisent  de calibre supérieur.

Noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna) sans involucres

Noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna), sans les involucres

Toutes celles que j'ai ramassées ont une forme plutôt arrondie. La coque est assez épaisse, mais se casse sans trop de difficulté avec un casse-noix. L'amande légèrement pointue remplit bien l'intérieur de la coque.

Graine et amandon de noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna)

Graine et amandon de noisettes de Byzance (fruits de Corylus colurna)

Je trouve le goût de la noisette de Byzance un peu plus prononcé que celui des noisettes courantes du commerce. Prononcé ne veut pas dire moins bon. Au contraire, l'amande révèle une saveur agréable. Elle présente en outre une texture un peu plus ferme sous la dent.

Je me réjouis d'avoir eu l'heureuse opportunité de goûter à cette noisette peu commune.

Je vous invite à en faire autant si vous en avez à votre tour l'occasion ...