Quelques observations sur mes néfliers
(Mespilus germanica L.)

Auteur : Helmut Leithner

 

 

Article publié en 2010
Crédit photographies : Helmut Leithner
Tous droits réservés

 

J'habite dans une contrée forestière de l'Autriche où j'ai établi depuis fort longtemps (j'ai presque quatre-vints ans) un vaste verger bien adapté aux conditions locales et intégré dans la nature sauvage environnante.

J'y ai implanté plusieurs sujets de l'espèce Mespilus germanica L. (le néflier germanique ou néflier d'Allemagne), appartenant tous à deux variétés anciennes à fruits assez proches de la nèfle sauvage.

D'une part, la très rare variété sans pépins (Mespilus germanica var. apyrena), à petits fruits et connue depuis le Moyen Âge ; d'autre part, la variété 'Nottingham', originaire d'Angleterre où elle fut sélectionnée par R. Hogg vers 1830 et réputée pour la qualité de ses fruits de taille moyenne.

Je vous livre quelques observations sur mes néfliers.

J'ai choisi de les cultiver en arbres à haute tige.

Tous sont greffés sur aubépine sauvage (Crataegus monogyna Jacq.) à une hauteur comprise entre 1,60 m et 1,70 m. 

Pour quelles raisons ? Tout d'abord, l'écorce grise lisse du tronc d'aubépine est d'une belle couleur que j'apprécie. Mais surtout, je ne voulais pas craindre des dommages par nos moutons en été et des ravages par les chevreuils en hiver.

Mespilus germanica 'Nottingham'

Mespilus germanica  'Nottingham'
(spécimen sur Crataegus monogyna, greffé à l'anglaise à 1,60 m du sol)
 

Cependant,  je n'avais pas tout prévu et je m'en suis progressivement rendu compte...

Je n'avais pas réfléchi au fait que le feuillage de ce fruitier demeure très longtemps sur l'arbre, pour ne tomber qu'au moment où les nèfles sont blettes. En outre, dans ma région, il arrive souvent que la première chute de neige survienne très tôt.

Si un arbre relativement faible comme le néflier, particulièrement dans les variétés choisies, doit supporter la triple charge que représentent les feuilles, 40 kg de fruits et la neige, et s'il fait du vent de surcroît, il est presque sûrement condamné à mort.  

Ainsi, pendant les trente dernières années, j'ai dû me résigner à perdre plusieurs néfliers, tous brisés au niveau du point de greffe ou juste au-dessous.

Toutefois, lorsque la fracture n'est pas complète, l'arbre couché, alors de  forme bizarre, peut continuer à croître et à fructifier.

Mespilus germanica : arbre couché depuis quinze ans

Mespilus germanica : arbre couché depuis quinze ans
(spécimen sur Crataegus monogyna, fracturé mais continuant à croître et à fructifier)

La surveillance du processus de maturation des nèfles est exécutée de façon rigoureuse par les ouvrières de plusieurs fourmilières présentes sur mon terrain.

Les fourmis trouvent avec la précision d'un horloger le premier fruit blet. Un seul fruit suffit... On peut alors facilement apercevoir leur chemin le long du tronc et des branches et leur point de rendez-vous sur le fruit.

Mespilus germanica : nèfle blette repérée par des fourmis

Mespilus germanica : nèfle blette repérée par des fourmis 
(fourmis couronnées de succès dans leur recherche de la seule nèfle mûre de l'arbre)
 

Une observation supplémentaire : les nèfles sans pépins, dont le poids moyen est de 4 g, paraissent vraiment minuscules si on les compare avec les fruits de la variété 'Nottingham', qui pèsent environ 30 g.

En ce qui concerne l'appréciation des saveurs respectives, je m'en tiendrai à un proverbe bien français "les goûts et les couleurs ne se discutent pas", qui a son équivalent chez nous, en Autriche...

 

Mespilus germanica : nèfles 'Nottingham' et nèfles 'Sans Pépins'

Mespilus germanica : nèfles 'Nottingham' en comparaison de nèfles 'Sans Pépins'
(nèfles 'Nottingham', 30 g, à gauche ; nèfles 'Sans Pépins', 4 g, à droite)
 

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