Les fruitiers rares
 
Articles généraux      Espèces      Groupes      Pépinières      Non-French items

 


Accueil > Groupes > Fruitiers méditerranéens et subtropicaux > Goyavier de Cattley : fructification

 

Article publié en 2005
Enrichi en 2014 et 2020
Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET
Tous droits réservés

 

 

Goyavier de Cattley : fructification

et consommation des fruits

 

 

 

Le Goyavier de Cattlley (Psidium cattleianum Sabine), qui produit des fruits rouges, et sa variété à fruits jaunes (Psidium cattleianum var. lucidum Hort.) appartiennent à la famille des Myrtaceae et sont originaires du Brésil.

En France, les personnes qui connaissent Psidium cattleianum Sab. le désignent souvent par le nom de Goyavier de Cattley, mais on rencontre aussi les noms de Goyavier Fraise et Goyavier de Chine (qui me paraissent fantaisistes...).

La variété à fruits jaunes n'a pas de nom français. Pour la désigner, on entend souvent : Goyavier de Cattley à fruits jaunes ou Goyavier Fraise à fruits jaunes.

Il ne faut pas confondre le Goyavier de Cattley (et surtout sa variété à fruits jaunes) avec le Goyavier vrai (Psidium gujava L.), espèce tropicale beaucoup moins rustique qui produit de gros fruits jaunes. Ce sont les fruits de Psidium gujava L. que l'on trouve sur les étals sous le nom de goyave.

J'ai expérimenté la culture du Goyavier de Cattley et de sa variété à fruits jaunes en plein champ pendant dix ans (voir rapport d'expérimentation) et, aujourd'hui, je cultive quatre pieds de Goyavier de Cattley dans mon jardin de la région de Toulon (trois à fruits rouges d'origines différentes et un à fruits jaunes).

Je rapporte ci-après mes observations de la fructification de cette espèce, ainsi que mon expérience de la consommation de ses fruits.

 

OBSERVATIONS DE FRUCTIFICATION

 

EPOQUE DE MATURITE

La fructification atteint sa maturité en automne.

Je récolte les premiers fruits mûrs de l'espèce type à fruits rouges la dernière semaine de septembre et la récolte se poursuit courant octobre. J'ai noté que certains plants sont un peu plus tardifs que d'autres et, pour ceux-ci, la récolte se poursuit jusqu'à la fin octobre.

La variété à fruits jaunes est plus tardive d'environ trois à quatre semaines : je ramasse les premiers fruits mûrs fin octobre, certains fruits persistant encore sur les plantes à la mi-novembre.

 

POSITION DES FRUITS SUR LE PLANT

J'ai noté que les fruits sont portés par les rameaux de l'année.

Psidium cattleianum Sab. : fruits en formation sur les rameaux de l'année (de couleur brun rougeâtre)

Psidium cattleianum Sab. : fruits en formation sur les rameaux de l'année (de couleur brun rougeâtre)

 

Psidium cattleianum Sab. : fruit en formation

Psidium cattleianum Sab. : fruit en formation
(fruit sur court rameau de l'année né dans le prolongement du rameau de l'année précédente)

 

Psidium cattleianum Sab. : fruits en formation sur les rameaux de l'année

Psidium cattleianum Sab. : fruits en formation sur les rameaux de l'année
(les rameaux de l'année sont de couleur brun rougeâtre ; le rameau de l'année précédente est grisâtre)

J'ai observé que la fructification se produit à toutes les hauteurs du plant. Des fruits apparaissent sur les rameaux traînant au sol et d'autres sur les rameaux situés au sommet.

 

DISPOSITION DES FRUITS SUR LE RAMEAU

Il faut se souvenir que les feuilles du Goyavier de Cattley sont opposées décussées. Les fleurs, situées à l’aisselle des feuilles des rameaux de l'année, le sont également.

Il en est de même pour les fruits, qui procèdent des fleurs.

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : fruits en formation, en position opposée décussée

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : fruits en formation, en position opposée décussée
(noter : une paire de fruits opposés forme un angle de 90 ° avec la paire suivante et la paire précédente)

De cette disposition particulière le long du rameau, ainsi que des entre-nœuds qui sont courts et des pédoncules qui le sont également, résulte un effet de groupe lorsque les fruits ont atteint leur taille maximale.

Psidium cattleianum Sab. : groupe de fruits (disposition  opposée décussée)

Psidium cattleianum Sab. (espèce type) : groupe de fruits (disposition opposée décussée)

 

ASPECT DE LA FRUCTIFICATION DE L'ESPECE TYPE

De la taille d'une petite cerise à celle d'une petite noix, les fruits sont souvent en groupes (serrés les uns contre les autres), bien que les fruits isolés ou par paires ne soient pas rares.

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : fructification en groupe

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : fructification en groupe

 

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : fruits

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : fruits

 

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : fruits en cours de maturation

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : fruits en cours de maturation

 

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : groupe de fruits

Psidium cattleyanum Sab. (espèce type) : groupe de fruits

 

ASPECT DE LA FRUCTIFICATION DE LA VARIETE A FRUITS JAUNES

Hormis la différence de couleur des fruits, l'aspect de la fructification de la variété à fruits jaunes est identique à celui de l'espèce type.

De la taille d'une petite cerise à celle d'une petite noix, les fruits sont souvent en groupes (serrés les uns contre les autres), bien que les fruits isolés ou par paires ne soient pas rares.

Psidium catlleyanum var lucidum Hort. : fructification en groupes

Psidium cattleyanum var. lucidum Hort. : fructification en groupes

 

Psidium cattleyanum var. lucidum Hort. : groupe de fruits

Psidium cattleyanum var. lucidum Hort. : groupe de fruits

 

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : fructification

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : fructification

 

TAILLE ET ABONDANCE DES FRUITS

J'ai remarqué que la fructification est plus abondante sur les plants de l'espèce type à fruits rouges que sur ceux de la variété à fruits jaunes.

Mais, les fruits jaunes sont en moyenne plus gros que les fruits rouges.

Les deux constats me paraissant liés (plus les fruits sont nombreux sur un pied, moins la taille de ceux-ci est élevée...).

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : fruits de grande taille

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : fruits de grande taille

Lors d'une mesure des fruits effectuée une saison sur les récoltes de la totalité des sujets, j'ai relevé un diamètre de 4 cm avec un poids de 31 g pour le plus gros fruit de la variété jaune et un diamètre de 3,2 cm avec un poids de 23 g pour le plus gros fruit de la variété rouge.

Toutefois, il m'est arrivé de récolter exceptionnellement de très gros fruits sur un individu à fruits rouges, avoisinant la taille des plus gros fruits jaunes. J'ai noté que, dans ce cas, la quantité de fruits portée par le plant concerné était anormalement faible.

 

VARIABILITE DE LA TAILLE DES FRUITS SUR LE MÊME PLANT

J'ai observé régulièrement que, pour une année donnée, les dimensions du fruit sont très variables sur le même plant.

Pour l'espèce type à fruits rouges.

Psidium  cattleianum Sab. (espèce type) : variabilité de la taille du fruit sur un même plant

Psidium cattleianum Sab. (espèce type) : variabilité de la taille du fruit sur un même plant

Et pour la variété à fruits jaunes.

Psidium  cattleianum var. lucidum Hort. : variabilité de la taille du fruit sur un même plant

Psidium cattleianum var. lucidum Hort. : variabilité de la taille du fruit sur un même plant

 

FLUCTUATIONS DES RECOLTES SELON LES ANNEES

J'ai observé que selon les années, en fonction des conditions climatiques, les récoltes de l’ensemble des plants de l’espèce type et de la variété à fruits jaunes pouvaient être plus ou moins importantes, mais toujours d’un niveau satisfaisant. Je n’ai pas observé de phénomène d’alternance stricte.

J’ai noté la même fluctuation concernant la taille des fruits. Certaines années, pour l’ensemble des plants de l’espèce type et de la variété à fruits jaunes, les fruits peuvent être globalement d’une taille très différente de celle qu’ils avaient l’année précédente.

Ainsi, récolte de fruits plutôt petits une année, très gros une autre année.

Lors des fluctuations annuelles de la taille des fruits, j’ai remarqué un phénomène curieux.

Les années où les fruits des deux types sont très gros, la forme des fruits jaunes ne varie pas (elle reste à peu près sphérique).

Mais celle des fruits rouges change : ils s’allongent et un rétrécissement apparaît dans la région du pédoncule. De plus, la surface du fruit devient nettement bosselée, alors qu'elle est pratiquement lisse lorsque les fruits sont de petite taille. 

On croirait avoir affaire à une variété à fruits rouges différente de l’espèce type…

Psidium cattleianum Sab. : changement d'aspect des fruits rouges une année où ils sont très gros

Psidium cattleianum Sab. : changement d'aspect des fruits rouges une année où ils sont très gros
(noter : fruits plus allongés, rétrécissement de la région du pédoncule, surface du fruit bosselée)

 

VARIABILITE DES RECOLTES D'UN PLANT A L'AUTRE

J'ai comparé entre eux les individus de l'espèce type. J'ai pu noter des variations de l'abondance de la fructification et de la taille moyenne des fruits d'un plant à l'autre, pour la même année. J'ai effectué le même constat avec les individus de la variété à fruits jaunes.

Compte tenu de la variabilité de la fructification d'un pied à l'autre, il convient de ne pas reproduire le Goyavier de Cattley et sa variété jaune par le semis si l'on veut conserver une forme que l'on apprécie pour la grosseur de ses fruits ou pour l'abondance de sa récolte.

Il faut utiliser un mode de reproduction végétative.

En voici un qui est pratique : retirez de la terre une racine de la grosseur d'un crayon et dressez-la hors du sol en l'attachant à un tuteur. Elle va émettre rapidement des bourgeons et l'année suivante vous pourrez la séparer du pied-mère.

 

 CONSOMMATION DES FRUITS

 

Le fruit se consomme avec la peau, qui est très fine. Fine au point que lorsque le fruit est à maturité avancée, le jus de la pulpe perle à travers la peau (pour les deux types de fruits).

L'apex porte les restes du calice de façon proéminente, particulièrement dans le fruit rouge, mais aussi dans le fruit jaune. Cette partie du fruit est insipide et de texture grossière. Pour ma part, je l'élimine toujours d'un coup de dent bien ajusté...

sidium cattleianum Sab. : apex du fruit proéminent, à éliminer lors de la consommation

Psidium cattleianum Sab. : apex du fruit proéminent, à éliminer lors de la consommation

Le fruit rouge présente une pulpe blanc rosé.

Psidium cattleianum Sab. (espèce type) : intérieur du fruit

Psidium cattleianum Sab. (espèce type) : intérieur du fruit
Coupes transversale (en bas) et longitudinale (en haut)

Le fruit jaune possède une pulpe jaune blanchâtre.

Psidium cattleyanum var. lucidum Hort. : intérieur du fruit

Psidium cattleyanum var. lucidum Hort. : intérieur du fruit
Coupes transversale (à gauche) et longitudinale (à droite)

Les graines, quoique petites, sont dures et perceptibles mais pas vraiment gênantes lors de la consommation.

Isolées de la pulpe, les graines de chacun des deux types de fruits sont très faciles à reconnaître par leur couleur : blanc jaunâtre pour la variété à fruits jaunes et blanc rosé (rougeâtre) pour l'espèce type à fruits rouges.

Mais quel est le goût ?

On peut lire toutes les appréciations dans la littérature : tantôt la saveur du fruit jaune est plus délicate que celle du fruit rouge. Tantôt c'est le rouge qui est préféré au jaune pour la consommation car ce dernier serait acide. 

Pour ma part, dans mes plantations, mais aussi sur d'autres individus dont j'ai pu goûter les fruits au hasard des pépinières du littoral, je retrouve le même goût chez le fruit rouge et le fruit jaune.

Les fruits sont agréablement parfumés, peu sucrés, légèrement acidulés. Mais, dans mon terroir, on ne retrouve que de façon très légère la note de fraise qui justifierait le nom grand public de Goyavier Fraise (Strawberry Guava pour les Anglo-Saxons).

En revanche, je perçois l'arrière-goût résineux spécifique des Myrtacées, qui n'est pas désagréable.

Si le goût est identique pour les fruits des deux couleurs, il n'en est pas de même pour son intensité. Nous sommes quelques-uns à trouver aux fruits rouges une saveur plus corsée et à juger les fruits jaunes plus fades.

Je trouve les fruits plus savoureux lorsque je les consomme à la limite de la surmaturité. Les fruits fermes, même bien colorés, ont un parfum moindre. Cela est particulièrement vrai pour le fruit rouge : il faut le consommer très mou et de couleur foncée, pourpre noir.

Les fruits sont d'ailleurs fortement climactériques. Pour l'espèce type comme pour la variété à fruits jaunes, on peut cueillir les fruits fermes et bien colorés et les laisser parvenir au stade de quasi-surmaturité dans une coupelle, à température ambiante de la maison. Le mûrissement est alors très rapide (un à deux jours).

Goyaves de Cattley rouges mûrissant en coupelle

Goyaves de Cattley rouges mûrissant en coupelle

 

Goyaves de Cattley jaunes mûrissant en coupelle

Goyaves de Cattley jaunes mûrissant en coupelle

Si je perçois une différence d'intensité de goût entre le fruit rouge et le fruit jaune, je n'ai jamais trouvé de différence de goût d'un individu à l'autre au sein de l'espèce type ou de la variété à fruits jaunes.

 

Je livre dans un autre article mes observations du feuillage et de la floraison de Psidium cattleianum Sab. et de sa variété à fruits jaunes.

 

 

Retour début de l'article Début article   Retour au répertoire des articles fruitiers classiques Fruitiers subtropicaux