Chapitre de l'article "L'Asiminier"
Auteur : Sergio Carlini. Publié en 2007

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L'Asiminier  Asimina triloba (L.) Dunal

Introduction - Origine - Diffusion

 

 

INTRODUCTION

 

L'Asiminier, en latin Asimina triloba (L) Dunal, a pour nom vernaculaire Paw Paw (USA), qui s'écrit aussi en un seul mot Pawpaw.

Sont utilisés aussi aux USA les noms moins courants de Indian banana, Hoosier banana, Poor's man banana. Au Québec, Asiminier est contracté en Asimier.

Je dois vous avouer que ce fruitier est étrange, et, lorsque je dis "étrange", il faut me croire.

Il est en effet follement aimé par un papillon rare et magnifique, mais pas pour la beauté de ses fleurs, ni même pour leur léger et délicat parfum de....... viande en décomposition, qui en font un délire pour les mouches à fumier...

Fort heureusement, cette odeur est imperceptible par l'homme, sauf à mettre le nez dans la fleur.

Une autre précision : son fruit est assez proche de celui du Chérimolier (Annona cherimola Mill.).

Mais si vous possédez un jardin ensoleillé et chaud en Sicile, ou plus au sud, donnez alors la préférence au chérimolier, car pour l'Asiminier il y fait trop chaud...

 

ORIGINES ET DIFFUSION

 

L’Asiminier est un des rares grands arbres fruitiers originaire d’Amérique septentrionale, et le seul à porter de gros fruits.

Les Annonaceae constituent une famille composée de milliers d’espèces, largement diffusées dans les zones tropicales et équatoriales de toute la planète.

Les représentants de cette famille existent à l’état naturel aux Etats-Unis dans de petites zones de territoires de l’extrême sud et se répartissent entre quatorze espèces appartenant à trois genres (Annona, Asimina et Deeringothamnus).

Presque toutes sont présentes uniquement dans des régions limitées, voire très limitées.

Seules quelques espèces du genre Asimina sont originaires de régions plus étendues.

Asimina parviflora (Michx.) Dunal est assez diffus dans le Sud-Est des Etats-Unis.

Asimina triloba (L.) Dunal est par contre présent dans une bonne partie des états de l’Est des Etats-Unis, dans une région allant du Nebraska oriental au Maine, et du nord de la Louisiane à l’extrémité septentrionale de la Floride.

La limite la plus septentrionale se trouve sur d'étroites bandes de territoire des rives des Grands Lacs (Canada).

Aire d'origine d'Asimina triloba

Aire d'origine d'Asimina triloba

Il est communément admis que la plante est d'origine très lointaine aux Etats-Unis. Dans les régions précitées, des empreintes de feuilles similaires en tous points aux feuilles actuelles ont été relevées dans des dépôts fossiles datés de la fin du Miocène et de l’Eocène.

Il est aussi admis que la diffusion des graines provenant des sites soumis aux dernières glaciations a été réalisée d’abord par les grands mammifères, et, plus tard, par les humains.

La plante pousse maintenant principalement dans les dépôts alluvionnaires des fleuves et des rives sablonneuses et boueuses des rivières. La majorité de la population est présente dans les bassins du Mississipi et de l’Ohio River, dans de nombreuses zones de faible taille éparpillées sur ce territoire.

Sa présence à l’état sauvage se réduit de plus en plus, sous l’effet de l’anthropisation du territoire et de l’expansion de l’agriculture.

A l’opposé, sa présence dans les jardins publics et privés ne cesse d’augmenter. Localement, l'Asiminier a pris de la valeur pour sa portée affective et sa dimension historique.

Aux USA, des mesures de protection de l'espèce et de conservation de son germoplasme ont été prévues. 

Malgré son aspect tropical, la plante est parfaitement adaptée aux climats tempérés froids. Elle s’est donc diffusée, voire a été introduite en culture, dans l’Ouest des Etats-Unis.

Ceci en particulier dans les sites fertiles à climat continental ou côtier, avec des hivers froids et des étés tempérés. En effet, la plante ne supporte pas  les climats excessivement chauds et arides.

L'Asiminier a été exporté dans différents pays au climat tempéré, particulièrement de type continental.

Un facteur important de limitation de sa diffusion est certainement son coût de production. Ce coût reste élevé par rapport à celui des autres plantes fruitières traditionnelles (pêchers, pommiers, abricotiers, etc.).

Il est lié à la grande difficulté, voire l'impossibilité, de planter l’Asiminier à racines nues, méthode la plus rapide et la plus économique.

Actuellement, la nécessité de développer les plantes en pots profonds en pépinière ne permet pas la réduction des coûts.

De plus, la plantation est une phase délicate qui doit s'effectuer en faisant attention à ne pas laisser se détacher la terre adhérant aux racines lorsqu'on retire la plante des pots.

Un jardinier amateur peut supporter le prix d’achat d’une plante en pot, même si ce prix est trois fois plus élevé que le prix d’une plante cultivée en pépinière de façon traditionnelle à racines nues. 

Toutefois, pour un agriculteur devant se lancer dans une plantation à grande échelle ce prix peut s’avérer prohibitif.

Malgré tout, des plantations importantes sont en cours dans l’habitat d’origine de l’Asiminier, sous l’effet de la revalorisation de son fruit. Celui-ci est maintenant considéré de bien plus grande importance que par le passé, lorsque l'Asiminier était perçu comme un simple fruitier sauvage.

Les Etats-Unis portent ainsi aujourd’hui un intérêt grandissant à ce fruitier particulier.

 

 

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