Observations de rusticité de
 Diospyros kaki

Auteur : François Drouet

 

 

Article publié en 2003 (pour la première version - puis enrichi périodiquement)
Tous droits réservés
 

J'ai rassemblé dans cet article, qui s'enrichit de façon continue, des observations de rusticité de Diospyros kaki rapportées par des pratiquants de fruitiers rares. Que ce soit une surprise positive (survie dans des conditions extrêmes) ou un désappointement par rapport à une rusticité attendue.

Chacune des observations émane d'un correspondant digne de foi et expérimenté, qui l'a constatée lui-même sur le terrain.

Les observations sont fournies pour des sujets en plein air et en pleine terre, sans protection par voile d'hivernage ou dispositif artificiel particulier.

 

A Mont-de-Marsan, pendant l'hiver 1985

La température a chuté à -19°C sans que les plaqueminiers du Japon ne subissent de dégâts.

 

Dans le département des Landes, janvier 1987

Quelques semaines seulement après sa plantation, un jeune plaqueminier du Japon a résisté sans séquelles à une journée de froid à -15°C, se situant dans une période de huit jours consécutifs sans dégel.

 

A Nancy, période 1956-1986

Dans un article paru il y a quelques années, l'association "Les Croqueurs de Pommes", présentait la photographie d'un Diospyros kaki centenaire, haut de 15 m et portant plus de 100 kg de fruits, situé à Nancy, 55 avenue de la Garenne.

Il avait donc traversé les hivers exceptionnellement froids de 1956, 1985 et 1986 dans la belle région de Lorraine que l'on ne peut qualifier toutefois de zone à climat doux. 

 

Plateau de Langres, hiver 2009-2010

Mon terrain est situé au pied du plateau de Langres. Le climat est plutôt continental, l’influence océanique étant très altérée.

L'hiver 2009-2010 a été marqué par une rigueur particulière.

Des grands froids ont sévi du 15 au 21 décembre 2009 et la température est descendue à -20,6°C.

Dans la journée suivante, la température la plus haute n'a été que de -12°C.

Une deuxième vague de froid est survenue vers le 5 janvier et le thermomètre est descendu à -17°C.

Aucune remontée positive dans la journée n’a été constatée jusqu’au 20 février, sauf quelques heures, soit un gel presque continu de 46 jours.

A l'issue de cet hiver rigoureux, voici le constat réalisé sur mes kakis, âgés de quatre ans et tous greffés sur Diospyros lotus :

- Diospyros kaki 'Jiro’ a perdu seulement quelques branches de l’année (environ 20 %), qui ont gelé, et reste vigoureux.

- Diospyros kaki ‘Hachiya’ est mort, complètement gelé (l’écorce a littéralement éclaté). Ce résultat n'est pas surprenant. Cette variété est la plus utilisée dans les vergers commerciaux californiens et elle n'a pas la réputation d'une grande rusticité, même si elle n'est pas vraiment fragile.

- L'hybride Diospyros kaki x Diospyros virginiana 'Rosseyanka' (nom commercial ‘Russian Beauty’) n’a subi aucun dégât.

Ceci n'est pas surprenant pour cet hybride donné comme pouvant résister à -30°C par certains observateurs, sans que l'on sache si l'on évoque des individus greffés sur Diospyros virginiana ou sur Diospyros lotus...

Sur ce dernier point, indiquons qu'une telle température nous paraît au delà des conditions acceptables par Diospyros lotus d'après une observation d'un correspondant tchèque qui a constaté la mort des porte-greffes Diospyros lotus à des températures légèrement plus basses, alors que les variétés de Diospyros virginiana greffées au-dessus n'avaient pas été affectées.

Pour les amateurs de plaqueminiers autres que celui du Japon, je signale en outre que le cultivar 'Meader' de Diospyros virginiana a confirmé sa très grande résistance au froid intense et prolongé, en ne subissant lui non plus aucun dégât.

Il est donné par certains observateurs américains de même résistance au froid que l'hybride 'Rosseyanka', mais vraisemblablement greffé sur Diospyros virginiana et non Diospyros lotus.

 

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