La mouche noire du Figuier
Etude, observations, moyens de lutte

Auteur : François Drouet

 

 

Article publié en 2015 - enrichi en 2016 et 2017
Crédit photographies : François Drouet
(sauf  indication)
Tous droits réservés
 

Si vous constatez sur un figuier que les fruits chutent en quantité avant maturité, soupçonnez l'action néfaste de la mouche noire du Figuier (en anglais Black Fig Fly, en italien Mosca del Fico, en espagnol Mosca del Higo), que l'on appelle aussi plus simplement la mouche de la figue.

Son nom latin est Silba adipata McAlpine, anciennement Lonchaea aristella Beck.

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine, anciennement Lonchaea aristella Beck.)

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine, anciennement Lonchaea aristella Beck.)
(sur feuille de figuier ; taille réelle 4 mm hors dépassement des ailes ; grossissement 20 fois)

En France, la mouche noire du Figuier sévit principalement en région méditerranéenne, mais on la rencontre aussi dans certaines régions du sud comme celle de Toulouse. Là où elle sévit son action est redoutable : la quasi-totalité de la récolte peut être anéantie d'année en année.

Ce sont presque uniquement les figues vertes dures immatures qui sont touchées (leur développement est bloqué, elles virent au rouge violacé et elles tombent).

Les figues mûres peuvent également être attaquées (elles pourrissent sur l'arbre), mais elles le sont de façon marginale. Les attaques de figues mûres, ou proches de l'être, sont rares.

Dans le cas de variétés bifères, les deux récoltes sont attaquées.

Mon jardin, situé sur le littoral méditerranéen, près de Toulon, étant fortement infesté par la mouche noire du Figuier, j'ai voulu étudier celle-ci de façon approfondie pour bien la connaître afin de l'éradiquer.

Pour cela, je me suis livré à de nombreuses observations et à quelques expérimentations en prenant pour sujets trois de mes figuiers : une touffe de 20 ans de la variété unifère 'Bellone', un arbre âgé de 15 ans de la variété bifère 'Grise de la Saint-Jean', conduit sur tronc bas, et une touffe de 10 ans de la variété unifère 'Col de Dame Noire'. Les deux premiers particulièrement touchés par la mouche noire du Figuier. J'ai effectué des observations complémentaires sur un autre figuier (variété bifère 'Dauphine'), âgé de 12 ans et conduit en touffe.

La première campagne d'observations et d'expérimentations s'est déroulée de fin juin à fin octobre 2015 (soit quatre mois).

J'ai renouvelé cette campagne de la mi-mars à la mi-novembre 2016 (soit huit mois).

En 2015 comme en 2016, je me suis livré également à un élevage de mouches noires du Figuier en obtenant des pupes et des adultes à partir de larves prélevées dans des figues attaquées.

En 2017, tout en procédant à une troisième campagne d'observations, je me suis donné pour objectif principal l'expérimentation de l'obturation de l'ostiole pour empêcher la ponte de la mouche noire du Figuier. Je rends compte au fil de l'eau de l'avancement de cette expérimentation et des résultats constatés, par l'actualisation d'un chapitre spécifique du présent article.

Pour structurer, compléter, et dans certains cas valider, mes observations et expériences, j'ai utilisé les informations fournies par Filippo SILVESTRI dans un article majeur intitulé "Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico", publié en 1917 dans Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Filippo SILVESTRI (1873-1949) était un entomologiste italien de renommée internationale à son époque.

Diplômé de l'université de Palerme (thèse sur l'embryologie des myriapodes), il a enseigné à l'université de Rome. Puis il a dirigé pendant plusieurs décennies l'institut de zoologie générale et agraire au sein de l'Ecole supérieure d'agriculture de Portici, au sud-est immédiat de Naples, dont il fut également le directeur. 

Grand voyageur dans toutes les contrées du monde pour les besoins de ses travaux ou de missions commanditées par des ministères ou des universités de divers pays, il était membre de près de cinquante sociétés scientifiques (Europe, USA, Amérique du Sud, Inde), docteur honoris causa de l'université de Madrid, professeur associé d'entomologie de l'université du Minnesota... (source Wikipedia ; voir aussi sa biographie publiée par l'Académie pontificale des sciences, dont il était membre).

Filippo Silvestri (1873-1949)

Filippo SILVESTRI (1873-1949)
(crédit
Wikipedia)

Son article est un joyau documentaire sur la mouche noire du Figuier, reflétant les études et observations qu'il a réalisées entre la mi-1915 et décembre 1917, principalement dans la région de Portici. F. SILVESTRI a aussi effectué des observations dans d'autres régions d'Italie et a étudié du matériel que lui ont fait parvenir ses correspondants d'Italie et de l'étranger.

L'article est illustré de figures d'excellente qualité et de photographies en noir et blanc d'un mauvais rendu  (1917...).

J'ai complété les observations de F. SILVESTRI et mes propres observations par des informations ponctuelles intéressantes trouvées dans des documents que je cite, avec leur lien Internet éventuel.

J'ai intégré également dans l'article des observations et photographies envoyées par des correspondants s'intéressant à des titres divers à la mouche noire du Figuier.

Compte tenu du volume de l'article, il m'a paru utile de mettre en place un sommaire avec accès direct aux chapitres. Ceci afin de permettre une lecture sélective éventuelle, selon l'intérêt et les besoins de chacun.

De façon à ce que le temps de chargement des photographies ne soit pas rédhibitoire, j'ai placé chacun des chapitres sur une page séparée, sachant qu'en fin de chaque chapitre un pointeur permet de revenir au sommaire et un autre de continuer une lecture séquentielle en allant au chapitre suivant.

Le lecteur se demandant simplement si son figuier est attaqué par la mouche de la figue et souhaitant lutter contre celle-ci s'en tiendra aux quatre chapitres suivants : symptômes de l'attaque, cycle de vie, mes moyens de lutte, autres moyens de lutte.

J'ai rassemblé dans un autre article (accessible en fin du sommaire) des observations photographiques complémentaires de l'adulte qui auraient surchargé les différents chapitres mais qui me paraissent avoir une valeur documentaire (à la date de publication du présent article, il n'existait qu'une demi-douzaine de photographies de la mouche noire du Figuier sur l'Internet anglais et l'Internet espagnol, et aucune sur l'Internet français et sur l'Internet italien...).

 

SOMMAIRE

 

  Taxonomie                                                                                             début d'article   

 Symptômes de l'attaque    

 Symptômes : cas des figues mûres   

 Symptômes : cas des figues sèches   

 Symptômes : cas des caprifigues   

 La mouche adulte : description générale   

 La mouche adulte : description détaillée   

 Reconnaître le mâle et la femelle   

 L'accouplement   

 L'oeuf    

 La ponte (oviposition)   

 Infestation des figues / Capacité globale de ponte   

 Types de figuiers attaqués                                                                   début sommaire   

 Types de figues attaqués   

 La larve : description   

 Mode de vie de la larve   

 La pupe   

 Pupation   

 Ouverture de la pupe et sortie   

 Emergence de terre de l'adulte   

 Mode de vie de l'adulte   

 Accessibilité   

 Fréquentation du figuier   

 Nutrition                                                                                                  début sommaire  

 Comportement grégaire   

 Cohabitation avec Ceratitis capitata Wiedemann   

 Tests d'appâts pour l'observation   

 Observations de l'attractivité du latex   

 Cycle de vie   

 Mes moyens de lutte   

Obturation de l'ostiole  Expérimentation de l'obturation de l'ostiole   

 Autres moyens de lutte   

 Préconisations de lutte de F. SILVESTRI   

 Autres mouches attaquant les figues   

 Observations photographiques complémentaires

 

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