La mouche noire du Figuier
Etude, observations, moyens de lutte

Auteur : François Drouet

 

 

Article publié en 2015 - enrichi en 2016 et 2017
Crédit photographies : François Drouet
(sauf  indication)
Tous droits réservés
 

Si vous résidez en région méditerranéenne et si vous constatez que sur un figuier les fruits chutent en quantité avant maturité, soupçonnez l'action néfaste de la mouche noire du Figuier (en anglais Black Fig Fly, en italien Mosca del Fico, en espagnol Mosca del Higo), que l'on appelle aussi plus simplement la mouche de la figue.

En France, la mouche noire du Figuier ne sévit qu'en région méditerranéenne (climat doux l'hiver), mais là où elle sévit son action est redoutable : la quasi-totalité de la récolte peut être anéantie d'année en année.

Ce sont presque uniquement les figues vertes dures immatures qui sont touchées (leur développement est bloqué, elles virent au rouge violacé et elles tombent).

Les figues mûres peuvent également être attaquées (elles pourrissent sur l'arbre), mais elles le sont de façon marginale.

Dans le cas de variétés bifères, les deux récoltes sont attaquées.

Mon jardin, situé sur le littoral méditerranéen, près de Toulon, étant fortement infesté par la mouche noire du Figuier, j'ai voulu étudier celle-ci de façon approfondie pour bien la connaître afin de l'éradiquer.

Pour cela, je me suis livré à de nombreuses observations et à quelques expérimentations en prenant pour sujets trois de mes figuiers : une touffe de 20 ans de la variété unifère 'Bellone', un arbre âgé de 15 ans de la variété bifère 'Grise de La Saint-Jean', conduit sur tronc bas, et une touffe de 10 ans de la variété unifère 'Col de Dame Noire'. Les deux premiers particulièrement touchés par la mouche noire du Figuier. J'ai effectué des observations complémentaires sur un autre figuier (variété bifère 'Dauphine'), âgé de 12 ans et conduit en touffe.

Les campagnes d'observations et d'expérimentations se sont déroulées de fin juin à fin octobre 2015 (soit quatre mois), et de la mi-mars à la mi-novembre 2016 (soit huit mois).

Je me suis livré également, en 2015 comme en 2016, à un élevage de mouches noires du Figuier en obtenant des pupes et des adultes à partir de larves prélevées dans des figues attaquées.

Pour structurer, compléter, et dans certains cas valider, mes observations et expériences, j'ai utilisé les informations fournies par F. Silvestri dans un article majeur intitulé "Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico", publié en 1917 dans Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Filippo Silvestri (1873-1949) était un entomologiste italien de renommée internationale à son époque.

Diplômé de l'université de Palerme (thèse sur l'embryologie des myriapodes), il a enseigné à l'université de Rome. Puis il a dirigé pendant plusieurs décennies l'institut de zoologie générale et agraire au sein de l'Ecole supérieure d'agriculture de Portici, au sud-est immédiat de Naples, dont il fut également le directeur. Grand voyageur dans toutes les contrées du monde pour les besoins de ses travaux ou de missions commanditées par des ministères ou des universités de divers pays, il était membre de près de cinquante sociétés scientifiques (Europe, USA, Amérique du Sud, Inde), docteur honoris causa de l'université de Madrid, professeur associé d'entomologie de l'université du Minnesota... (source Wikipedia ; voir aussi sa biographie publiée par l'Académie pontificale des sciences, dont il était membre).

Filippo Silvestri (1873-1949)

Filippo Silvestri (1873-1949)
(crédit
Wikipedia)

Son article est un joyau documentaire sur la mouche noire du Figuier, reflétant les études et observations qu'il a réalisées entre la mi-1915 et décembre 1917, principalement dans la région de Portici. F. Silvestri a aussi effectué des observations dans d'autres régions d'Italie et a étudié du matériel que lui ont fait parvenir ses correspondants d'Italie et de l'étranger.

L'article est illustré de figures d'excellente qualité et de photographies en noir et blanc d'un mauvais rendu  (1917...).

J'ai ajouté quelques informations complémentaires ponctuelles intéressantes trouvées dans des documents que je cite, avec leur lien Internet éventuel.

Compte tenu du volume de mon article, que je n'ai pas voulu morceler, il m'a paru utile de mettre en place un sommaire avec accès direct aux chapitres. Ceci afin de permettre une lecture sélective éventuelle, selon l'intérêt et les besoins de chacun.

Ainsi, le lecteur se demandant simplement si son figuier est attaqué par la mouche de la figue et souhaitant lutter contre celle-ci s'en tiendra aux quatre chapitres suivants : symptômes de l'attaque, cycle de vie, mes moyens de lutte, autres moyens de lutte.

Le lecteur qui, comme cela a été mon cas, souhaite connaître de façon approfondie la mouche noire du Figuier pourra lire de façon séquentielle l'ensemble des chapitres, sans recourir à l'accès sélectif.

 

SOMMAIRE

 

  Taxonomie

 Symptômes de l'attaque

 Symptômes : cas des figues mûres

 Symptômes : cas des figues sèches

 Symptômes : cas des caprifigues

 La mouche adulte : description générale

 La mouche adulte : description détaillée

 Reconnaître le mâle et la femelle

 L'accouplement

 L'oeuf

 La ponte (oviposition)

 Infestation des figues / Capacité globale de ponte

 Types de figues attaqués

 La larve : description

 Mode de vie de la larve

 La pupe

 Pupation

 Ouverture de la pupe et sortie

 Emergence de terre de l'adulte

 Mode de vie de l'adulte

 Fréquentation du figuier

 Nutrition

 Comportement grégaire

 Cohabitation avec Ceratitis capitata Wiedemann

 Tests d'appâts pour l'observation

 Observations de l'attractivité du latex

 Cycle de vie

 Mes moyens de lutte

 Autres moyens de lutte

 Préconisations de lutte de F. Silvestri

 Autres mouches attaquant les figues

 Observations photographiques complémentaires

 

TAXONOMIE

 

La dénomination latine de la mouche noire du Figuier a d'abord été Lonchaea aristella Beck., mais elle est désignée par les entomologistes d'aujourd'hui par la dénomination Silba adipata McAlpine.

Mouche noire du Figuier (Silba adipata Mc Alpine)

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine)
(sur feuille de figuier ; taille réelle 4 mm hors dépassement des ailes ; grossissement 20 fois)

 

SILBA ADIPATA versus LONCHAEA ARISTELLA

Les appellations Lonchaea aristella et Silba adipata ne sont pas synonymes.

Les entomologistes contemporains retiennent l'appellation Silba adipata McAlpine.

F. Silvestri aurait commis une erreur d'identification en 1917 en attribuant le nom Lonchaea aristella Beck. à la mouche noire du Figuier. Cette erreur étant reprise par tous les auteurs jusqu'en 1956...

C'est J. F. McAlpine qui, en 1956, a établi que la mouche noire du Figuier est une espèce différente de Lonchaea aristella Beck. et l'a nommée Silba adipata, avec une description détaillée (McALPINE, J. F., 1956, Old world lonchaeids of the genus Silba Macquart (= Carpolonchaea Bezzi), with descriptions of six new species (Diptera: Lonchaeidae), Canadian Entomologist 88:521544).

D'autre part, les bases de données taxonomiques (exemple INRA) donnent Lonchaea aristella Beck. (1903) pour synonyme de Silba virescens Macquart (1851).

L' article de J. F. McAlpine n'est pas en accès libre sur Internet, mais on le trouve en location pour 24 h à l'université de Cambridge (Royaume-Uni).

J'ai consulté cet article et, après lecture approfondie, tout ne m'apparaît pas aussi clairement...

Je constate que J. F. McAlpine considère Lonchaea aristella Beck. comme une espèce à part entière, à laquelle il attribue aussi le nom de Silba aristella Beck. Il lui consacre, en page 530, un chapitre descriptif au même titre qu'aux quatorze autres espèces qu'il décrit, ainsi que deux figures (11 et 12).

D'autre part, J. F. McAlpine évoque Silba virescens Macquart, mais seulement pour établir l'antériorité du genre Silba sur le genre Carpolonchaea. Tel qu'est rédigé son chapitre descriptif de Silba aristella Beck., il est exclu que pour lui cette espèce (c'est à dire Lonchaea aristella Beck.) soit synonyme de Silba virescens Macquart.

Pour quelles raisons, après 1956, a-t-on établi une telle synonymie ? Mes recherches sur Internet ne m'ont pas permis de le déterminer. Je crains une opération de "simplication taxonomique" infondée, comme j'ai pu le constater en botanique pour le genre Diospyros...

Enfin, la  mouche noire du Figuier n'est même pas évoquée par J. F. McAlpine.

Bien sûr, celui-ci livre directement ou indirectement des indices qui font penser que l'appellation Silba adipata doit se substituer à des utilisations antérieures de Lonchaea aristella.

En particulier, il ne cite pas parmi les descriptions qu'il retient, sans dire expressément qu'il l'élimine, la description de F. Silvestri. Outre la description originelle de Becker sous le nom Lonchaea aristella (Becker T., 1903, Ägyptiche Dipteren, Mittheilungen aus dem Zoologischen Museum in Berlin, p.129), pour laquelle il précise que l'individu décrit était un mâle trouvé en Egypte, il retient seulement la description de Hennig sous le nom Carpolonchaea aristella (Hennig W., 1938, Acta. Zool. Lill., 6:363-4,390), en précisant que l'individu décrit avait été trouvé à Formose.

Il déclare "j'ai volontairement omis les autres références à cette espèce. Il est possible, et même probable, que certaines des descriptions antérieures s'appliquent à la nouvelle espèce Silba adipata".

Il indique que le matériel qu'il a examiné est un individu mâle enregistré sous le n° 1924-16 au British Museum et trouvé en 1916 à Ruo River, Chiomo, Nyassaland. Il s'agit donc d'un individu africain... Il indique aussi que Lonchaea aristella est très proche, peut-être même conspécifique, de Silba nigritella Mall. trouvée en 1930 aux Iles Samoa.

Il a déterminé également que Lonchaea aristella satisfait aux clés d'identification du paragraphe 22 fournies par Bezzi pour les espèces éthiopiennes (Bezzi M., 1920, Further notes on the Lonchaeidae (Dipt.), with description of new species from Africa and Asia, Bull. Ent. Res., 11:199-210) et il expose les différences avec S. laevis et S. ophyroides.

Tout cela sous-entend, bien entendu, que Lonchaea aristella Beck. est une espèce non européenne et ne saurait être l'espèce méditerranéenne décrite par F. Silvestri.

Pourtant, en ce qui concerne les différences entre Silba adipata et Lonchaea aristella, J. F. McAlpine déclare, en page 526, dans les considérations qui suivent la description détaillée de Silba adipata : "Silba aristella Beck., le seul autre membre du genre Silba recensé en Europe, est apparemment très similaire à Silba adipata". Il précise "Cependant, Silba aristella possède des poils hérissés plutôt gros sur la partie préapicale et dorsale du milieu postérieur du tibia et présente seulement deux soies antérodorsales mésopleurales". Il ajoute que "les organes sexuels externes mâles de Silba adipata et Silba aristella sont très différents, comme le montrent les figures 8 à 12".

Par son article, J. F. McAlpine veut réviser le genre Silba en fondant l'identification des espèces au sein de celui-ci sur les différences morphologiques des organes sexuels externes des mâles. Mais les autres différences citées justifieraient-elles la distinction entre deux espèces ?

Bien entendu, Thomas Becker ne tient pas compte de la morphologie des organes sexuels mâles dans la description originelle de Lonchaea aristella. On peut le vérifier en lisant la description (Becker T., 1903, Ägyptiche Dipteren, Mittheilungen aus dem Zoologischen Museum in Berlin, p. 129).

En conclusion, je ne pense pas que l'on puisse parler d'erreur en ce qui concerne la désignation de la mouche noire du Figuier par l'appellation Lonchaea aristella Beck.

C'est un choix de 1917 dans le référentiel d'identification existant à l'époque, différent de celui proposé en 1956 par J. F. McAlpine...

Quoi qu'il en soit, il convient de connaître les deux appellations pour retrouver les sources documentaires et pour savoir de quoi parlent ceux, qui, de nos jours, emploient toujours le terme Lonchaea aristella.

 

NE PAS CONFONDRE AVEC ZAPRIONUS INDIANUS Gupta

Il ne faut pas confondre la mouche noire du Figuier (Black Fig Fly) avec la mouche africaine de la figue (African Fig Fly), dont le nom latin est Zaprionus indianus Gupta.

La mouche noire du Figuier est une espèce méditerranéenne qui sévit dans le sud-est de la France, mais également en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce, en Algérie, ainsi qu'au Moyen-Orient (Turquie, Iraq, Egypte, Israël...). On l'a trouvée également au Japon (1998) et en Afrique du Sud (2007).

En France, elle a été signalée pour la première fois par L. Turinetti en 1921 à Menton (L. Turinetti - Note sur la présence en France du Lonchaea aristella Beck., Bulletin de la Société entomologique de France, page 195, 13 juillet 1921).

La mouche africaine du Figuier serait originaire d'Afrique tropicale et on la trouve en Inde, au Moyen-Orient, dans divers pays d'Afrique ainsi qu'au Brésil. Elle est signalée depuis 2005 aux USA et s'est propagée récemment au Canada.

On ne l'a pas (encore ?) trouvée en France métropolitaine, où elle a déjà été interceptée plusieurs fois à l'importation selon l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (fiche de reconnaissance du Laboratoire de la Santé des Végétaux, ANSES, juin 2015). Selon la même source, elle est présente à La Réunion et à Mayotte et, depuis 2015, en Guyane.

Contrairement à la mouche noire du Figuier, elle ne s'attaque pas qu'à la figue. Elle sévit également sur le raisin, la framboise, la fraise, la mûre...

L'aspect de la mouche africaine du Figuier est nettement différent de celui de la mouche noire du Figuier, comme le montrent les deux photographies ci-après (la mouche noire du Figuier a été réduite à peu près aux mêmes dimensions pour la comparaison, mais elle est presque deux fois plus grosse).

Mouche africaine du Figuier ou African Fig Fly (Zaprionus indianus Gupta)

Mouche africaine du Figuier ou African Fig Fly (Zaprionus indianus Gupta)
Crédit : Gary J. Steck

 

Mouche noire du Figuier (Silba adipata Mc Alpine)

Mouche noire du Figuier ou Black Fig Fly
(Silba adipata McAlpine)

 

Sommaire

 

SYMPTÔMES DE L'ATTAQUE

 

Je présente ci-après les trois symptômes qui permettent d'identifier avec certitude l'attaque de la mouche noire du Figuier, j'ajoute quelques observations complémentaires et je termine par le cas des figues restant vertes à maturité.

 

PREMIER SYMPTÔME

Le premier phénomène anormal observé par le propriétaire d'un figuier qui ne connaît pas la mouche de la figue est la chute importante de petites figues immatures ayant changé de couleur (du vert au violet).

En fait, le tout premier symptôme que l'on peut observer est l'apparition d'une zone rouge violacé (paraissant plus ou moins violette selon la distance et l'incidence de la lumière) sur la figue immature verte et dure alors qu'elle est encore sur l'arbre.

Cette zone violette est d' importance variable : teinte légère lavant faiblement la couleur verte de la figue immature sur une partie de celle-ci (souvent le sommet de la figue), tache bien individualisée plus ou moins grande, partie importante ou totalité de la figue devenue rouge violacé.

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature
(la figue à droite est lavée de rouge violacé : elle est touchée)

 

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature
(noter la tache latérale rouge violacé trahissant que la figue est touchée)

Les figues immatures peuvent être attaquées dès qu'elles ont atteint un diamètre de 1,5 cm. Mais la plupart d'entre elles sont attaquées plus tard, parfois lorsque leur diamètre a dépassé 3 cm.

Le développement de la figue attaquée est bloqué et elle va tomber. 

En observant attentivement les figues sur l'arbre avant qu'une chute importante ne se produise, on peut détecter l'attaque très tôt et l'anticiper en partie.

 

DEUXIEME SYMPTÔME

Cherchez les trous de sortie de larve sur les figues attaquées, celles sur l'arbre et celles qui ont chuté au sol.

Vous trouverez un à quatre trous par figue attaquée.

Expliquons ces trous.

La mouche noire du Figuier pond un à quatre œufs à l'intérieur de la figue, via l'ostiole. Elle ne perce donc pas de trou pour pondre dans la figue. Lorsque la larve a atteint sa taille maximale, elle sort de la figue en forant un trou dans l'épiderme de celle-ci (le plus souvent alors que la figue est encore sur l'arbre, donc la larve tombe au sol). 

Mouche de la figue : figue immature attaquée encore sur l'arbre

Mouche de la figue : figue immature attaquée encore sur l'arbre
(noter la légère teinte violette lavant le haut de la figue ; un oeil exercé aperçoit des trous de sortie de larve)

 

Mouche de la figue : deux trous de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Mouche de la figue : deux trous de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Les figues attaquées ayant chuté au sol présentent toutes des trous de sortie de larve, mais certaines des figues attaquées encore sur l'arbre ne présentent pas de trous de sortie de larve : les larves sont encore à l'intérieur.

 

TROISIEME SYMPTÔME

En ouvrant les figues immatures attaquées (tombées ou encore sur l'arbre), vous observerez des zones brunâtres au centre et des gros trous de galerie dans le placenta (parenchyme).

Silba adipata McAlpine  (Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri) : dégâts dans figues immatures

Silba adipata McAlpine  (Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri) : dégâts dans figues immatures

 

Mouche de la figue : détail des deux types de dégât interne (zone brunâtre centrale et trou de galerie dans le placenta)

Mouche de la figue : détail des deux types de dégât interne (zone brunâtre centrale et trou de galerie dans le placenta)

La larve responsable de ces dégâts, qui est un petit asticot blanchâtre, est difficilement visible à l'intérieur des figues touchées que l'on ouvre. Dans la plupart des cas, elle a déjà quitté la figue et, si elle s'y trouve encore (figue touchée sans trous de sortie de larve), sa petite taille la rend difficile à repérer.

Mouche de la figue : la larve est un asticot de petite taille

Mouche de la figue : la larve est un asticot de petite taille (ci-dessus, vers le pédoncule)
(0,8 mm à la naissance, 8 mm à complet développement)

Nous venons de voir les clefs de l'identification de l'attaque de la mouche noire du Figuier par l'observation des figues immatures vertes et dures. C'est à ce stade qu'il faut identifier l'attaque, même si, comme nous le verrons dans la suite de l'article, il vaut mieux selon moi anticiper celle-ci de façon systématique.

 

OBSERVATIONS COMPLEMENTAIRES

Les différences d'étendue de la couleur rouge violacé ne font que traduire le degré d'évolution de la figue attaquée avant qu'elle ne tombe.

Quelques figues peuvent tomber avec une couleur rouge violacé partielle.

Mais la quasi-totalité des figues immatures attaquées par la mouche noire du Figuier restent attachées sur l'arbre jusqu'à ce qu'elles aient viré totalement au rouge violacé. Elles tombent assez rapidement ensuite, mais pas immédiatement.

Mouche noire du Figuier : figue attaquée ayant viré totalement au rouge violacé (variété 'Bellone', unifère)

Mouche noire du Figuier : figue attaquée ayant viré totalement au rouge violacé (variété 'Bellone', unifère)
(un oeil exercé aperçoit des trous de sortie de larve)

 

Mouche noire du Figuier : trous de sortie de larve sur figue ayant viré au rouge violacé (variété 'Bellone', unifère)

Mouche noire du Figuier : trous de sortie de larve sur figue ayant viré au rouge violacé
 (variété 'Bellone', unifère)

Les figues immatures s'amollissent légèrement lorsqu'elles virent au rouge violacé. Lorsqu'elles ont viré totalement à cette couleur, leur surface est légèrement plissée et elles sont souples sous le doigt, tout en restant fermes (mais pas dures).

En pressant autour des trous de sortie de larve, on peut certaines fois provoquer l'écoulement d'un liquide translucide ou plus ou moins brunâtre provenant de la galerie creusée par la larve.

On peut également constater assez souvent qu'une goutte de liquide translucide perle sur un trou de sortie de larve ou qu'une boule gommeuse résultant du séchage de cette goutte obstrue le trou en surface de la figue.

Il ne faut pas confondre cette boule gommeuse avec les boules de latex séché existant en surface de la figue au niveau des trous de ponte de la mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann). La différenciation est facile par le trou lié à la boule gommeuse en surface : le trou de sortie de larve de Silba adipata McAlpine est visible à l'oeil nu, alors que le trou de ponte de la cératite ne l'est pas.

Parfois, il est très difficile de détecter qu'une figue est attaquée quand elle est encore sur l'arbre car, selon la distance et l'angle sous lequel on la regarde, on ne voit ni la tache violette, ni le trou de sortie de larve.

Mouche noire du Figuier : figue immature attaquée encore sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : figue immature attaquée, encore sur l'arbre (variété 'Grise de la Saint-Jean')
(un oeil exercé aperçoit un trou au centre d'une petite zone violette, au-dessous de l'ostiole)

 

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre (variété Grise de la Saint-Jean)
(le trou est au-dessous de l'ostiole, au centre d'une petite zone violette)

Autre exemple d'attaque de figues par Silba adipata McAlpine.

Mouche de la figue : figues immatures, dont deux attaquées, en haut

Mouche de la figue : figues immatures, dont deux attaquées, en haut (figues fleurs, variété 'Grise de La Saint-Jean')
(noter la figue entièrement violette, à gauche, et le trou de sortie de larve sur la figue du milieu)

Sur la photographie ci-dessus, sur les quatre figues dures immatures, il est très visible que la figue en haut à gauche est attaquée car elle a entièrement viré au rouge violacé. Pour la figue en haut à droite, un oeil exercé détecte un trou de sortie de larve au centre d'une tache violette (voir vue agrandie sur la photographie suivante). Il ne peut rien être dit des deux autres figues immatures car les trous de sortie de larve pourraient se trouver sur leur face non visible. En fait, après les avoir examinées en détail car le rameau était accessible, j'ai pu constater qu'elles n'étaient pas attaquées.

Mouche de la figue : trou de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Mouche de la figue : trou de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Les figues immatures qui ont commencé à changer de couleur et qui ne portent  pas de trous de sortie de larve contiennent une à quatre larves.

En général, les figues sans trous de sortie de larve sont faiblement teintées de rouge violacé, mais il arrive que certaines d'entre elles aient totalement viré au rouge violacé.

Mouche de la figue : deux figues attaquées, sans trous de sortie de larve, ramassées sur l'arbre

Mouche de la figue : deux figues attaquées, sans trous de sortie de larve, ramassées sur l'arbre 
(l'une est à peine teintée de rouge violacé, alors que l'autre a entièrement viré à cette couleur)

En les ouvrant, on constate la présence d'une ou plusieurs larves à l'intérieur. Ainsi, l'ouverture dans le sens de la largeur de la figue rouge violacé de la photographie ci-dessus a révélé deux larves, bien visibles dans la cavité centrale car il s'agit de larves ayant atteint leur développement maximal (photographie ci-après). 

Mouche de la figue : deux larves à l'intérieur d'une figue entièrement rouge violacé ramassée sur l'arbre

Mouche de la figue : deux larves ayant atteint leur taille maximale, à l'intérieur d'une figue entièrement rouge violacé ramassée sur l'arbre
(la larve ne possède pas d'yeux ; c'est la partie postérieure avec deux orifices respiratoires que l'on voit)

 

CAS DES FIGUES RESTANT VERTES A MATURITE

Pour le moment, je n'ai étudié les symptômes de l'attaque de Silba adipata McAlpine que sur des figues qui ne restent pas vertes à maturité.

Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier, m'a fait part le 7 août 2016 d'une intéressante observation réalisée une semaine auparavant sur un figuier de la haute vallée de l'Aude (âgé de quarante ans) qui produit des figues restant vertes à maturité.

Il a constaté que ce figuier était attaqué sans doute possible par Silba adipata McAlpine, observable dans l'arbre et dont les galeries de larve caractéristiques étaient présentes dans une partie des figues.

Bernard Peyre a observé qu'environ 20% des figues de l'arbre portaient un ou plusieurs trous de sortie de larve, une bonne partie d'entre elles étant tombée.

Toutes ces figues étaient vertes. Aucune des figues attaquées, qu'elle soit au sol ou encore attachée à l'arbre, n'avait changé de couleur.

Il a noté en outre que du liquide translucide suintait par les trous de sortie de larve sur certaines figues.

Silba adipata McAlpine : attaques sur figues restant vertes à maturité

Silba adipata McAlpine : attaques sur figues restant vertes à maturité
(Crédit : Bernard Peyre)

Sur la photographie ci-dessus, envoyée par Bernard Peyre, on observe une tache rougeâtre autour des trois trous de sortie de larve de la figue du bas, ainsi qu’autour des deux trous de sortie de larve (peut-être trois...) de la figue du haut à gauche. Ce qui indique un changement très localisé de couleur vers le rouge violacé autour des trous de sortie de larve.

Il serait intéressant de vérifier que la tâche rouge-violet autour des trous de sortie de larve est présente pour toutes les figues attaquées.

J’ai constaté le même phénomène sur quelques figues ‘Grise de la Saint-Jean’. Ces figues ont toutefois viré au rouge violacé par la suite, contrairement aux figues observées par Bernard Peyre.

L’écoulement de liquide translucide par les trous de sortie de larve, provenant de la galerie sous-jacente creusée par la larve, s’observe parfois aussi sur les figues attaquées devenant foncées à maturité (noires, violettes, grises, rougeâtres, selon les variétés...). Soit directement, soit, plus souvent, lorsque l’on presse au niveau du trou de sortie de larve la figue attaquée qui a tourné du vert au rouge violacé.

Bernard Peyre n'a pas eu l'occasion d'observer d'autres variétés à figues restant vertes à maturité attaquées par Silba adipata McAlpine.

Je compte observer (et photographier) l'évolution de figues attaquées sur plusieurs variétés restant vertes à maturité, en me rendant au cours de la saison 2017 dans le verger de pieds-mères d'un ami pépiniériste spécialisé dans le figuier.

 

Sommaire

 

SYMPTÔMES : CAS DES FIGUES MÛRES

 

J'ai observé également des attaques (en faible nombre) de la mouche noire du Figuier sur des figues molles, mûres ou évoluant vers la maturité.

Je constate que l'attaque est alors difficile à déceler. Tout au moins avec la variété  'Grise de La Saint-Jean', sur laquelle j'ai pu observer quelques cas de figues mûres attaquées par la mouche noire du Figuier (au stade de début de maturité).

En effet, la figue molle attaquée reste attachée sur l'arbre et elle paraît tout à fait saine. Son aspect (forme, couleur, taille) est semblable à celui d'une figue non attaquée.

L'attaque est cependant décelable par la présence d'un ou plusieurs trous de sortie de larve.

Voici un exemple d'attaque d'une figue molle ; c'est une figue qui n'est pas encore vraiment mûre. Il s'agit d'une figue fleur de la variété 'Grise de la Saint-Jean'.

Mouche noire du Figuier : attaque sur figue molle (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')

Mouche noire du Figuier : attaque sur figue molle (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')
(l'aspect de la figue est celui d'une figue saine, mais on distingue sur le côté un trou de sortie de larve)

 

Mouche noire du Figuier : figue molle avec deux trous de sortie de larve (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')

Mouche noire du Figuier : figue molle avec deux trous de sortie de larve (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')
(noter, par le latex sur la tranche du pédoncule, que cette figue était encore attachée à l'arbre)

 

Mouche noire du Figuier : trous de sortie de larve sur figue molle (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')

Mouche noire du Figuier : trous de sortie de larve sur figue molle
(figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')

A  l'intérieur, la figue molle attaquée a commencé à pourrir et présente des amas brunâtres au sein de l'infrutescence.

Mouche noire du Figuier : dégâts à l'intérieur d'une figue en début de maturité

Mouche noire du Figuier : dégâts à l'intérieur d'une figue en début de maturité
 (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')

Voici un autre exemple d'attaque d'une figue à peine mûre (figue de deuxième récolte de la variété bifère 'Grise de la Saint-Jean').

  Mouche noire du Figuier : figue mûre attaquée

Mouche noire du Figuier : figue mûre attaquée (figue de deuxième récolte, variété bifère 'Grise de La Saint-Jean')
(noter le trou de sortie de larve, en haut à droite)

 

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue mûre

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue mûre 
(figue de deuxième récolte, variété bifère 'Grise de La Saint-Jean')

En ouvrant la figue mûre attaquée, on constate que l'intérieur est pourri.

 Mouche noire du Figuier : intérieur d'une figue mûre attaquée

Mouche noire du Figuier : intérieur d'une figue mûre attaquée
(figue de deuxième récolte, variété bifère 'Grise de La Saint-Jean')

Curieusement, certaines figues mûres attaquées ne pourrissent pas à l'intérieur. Les dégâts sont localisés à une portion du placenta, sous l'infrutescence, proche du trou de sortie de larve. Il semble que la larve ne se soit pas vraiment attaqué aux fruits, mais soit directement passée dans le placenta depuis le conduit ostiolaire.

Il me paraît important de souligner que, selon mes observations, le nombre de figues mûres attaquées sur un arbre est très faible, quelle que soit la variété et, pour les variétés bifères, que ce soit pour les figues fleurs ou pour les figues de deuxième récolte.

 

Sommaire

 

SYMPTÔMES : CAS DES FIGUES SECHES

 

Dans le cadre de mes observations des attaques de la mouche noire du Figuier, au-delà des dégâts sur figues immatures dures et vertes et sur figues molles que nous venons de voir, j'ai constaté la présence sur l'arbre de figues sèches présentant des problèmes.

J'en ai recensé trois types : figues rouge violacé qui se dessèchent, figues sèches à aspect sain mais avec trous de sortie de larve et intérieur pourri, figues sèches avec intérieur pourri et sans trous de sortie de larve.

 

FIGUES ROUGE VIOLACE QUI SE DESSECHENT

Mes observations sur la variété bifère 'Grise de la Saint-Jean' m'ont conduit à relever que des figues attaquées par la mouche noire du Figuier et devenues rouge violacé ne chutent pas rapidement au sol, mais entament un processus de dessèchement sur l'arbre.

J'observe tout d'abord que les figues rouge violacé peuvent s'amollir fortement en restant sur l'arbre. La photographie ci-après présente une figue ramassée sur l'arbre.

Mouche noire du Figuier : figue attaquée rouge violacé s'étant amollie sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : figue attaquée rouge violacé s'étant amollie sur l'arbre (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')
(noter les deux trous de sortie de larve, en haut, à proximité de l'ostiole)

J'ai remarqué ensuite que certaines de ces figues molles rouge violacé ne tombent pas et commencent à sécher sur l'arbre.

Mouche noire du Figuier : figue attaquée rouge violacé amollie ayant commencé à sécher sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : figue attaquée rouge violacé amollie ayant commencé à sécher sur l'arbre
(noter les trois trous de sortie de larve dans des zones noirâtres)

Si l'on examine un trou à fort grossissement, on observe qu'il forme une petite butte indiquant un mouvement de l'intérieur vers l'extérieur (la peau de la figue est repoussée vers l'extérieur).

Mouche noire du Figuier : trous de sortie de larve sur figue rouge violacé ayant commencé à sécher sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : trois trous de sortie de larve sur une figue rouge violacé ayant commencé à sécher sur l'arbre

J'ai ramassé des figues rouge violacé complètement sèches sur le sol, sans savoir si elles avaient totalement séché sur l'arbre avant de tomber ou si elles avaient chuté avant d'être complètement sèches et avaient fini de sécher sur le sol.

Mouche noire du Figuier : intérieur d'une figue attaquée rouge violacé ayant séché

Mouche noire du Figuier : intérieur d'une figue attaquée rouge violacé ayant séché (figue fleur, variété Grise de La Saint-Jean)

 

FIGUES SECHES AVEC TROUS DE SORTIE DE LARVE

Sur la variété 'Grise de La Saint-Jean', j'ai observé des figues qui sèchent complètement sur l'arbre et qui ont été attaquées par la mouche noire du Figuier, comme l'attestent des trous de sortie de larve. Ces figues restent attachées à l'arbre assez longtemps et finissent par tomber.

Elles ont tout à fait l'aspect d'une figue saine ayant séché sur l'arbre. Seuls les trous de sortie de larve indiquent qu'elles ont été attaquées par la mouche de la figue.

Je ne sais pas si elles ont été attaquées avant de sécher ou après qu'elles aient commencé à se dessécher.

En général, je repère facilement les trous de sortie de larve également sur les figues sèches, même si sur des figues desséchées présentant de forts replis il faut parfois que je m'aide d'une loupe.

Voici un exemple de figue sèche attaquée que j'ai ramassée sur l'arbre.

Mouche de la figue : figue attaquée ayant séché sur l'arbre

Mouche de la figue : figue attaquée ayant séché sur l'arbre (figue fleur, variété 'Grise de La Saint-Jean')
(noter le trou de sortie de larve au centre, en haut, au début de la zone violette)

 

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue ayant séché

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue ayant séché
(noter la butte autour du trou indiquant un mouvement de l'intérieur vers l'extérieur, donc une sortie)

J'ai observé aussi des figues molles en train de sécher qui présentent des trous de sortie de larve. Elles ont atteint la taille normale de consommation.

Mouche noire du Figuier : figue attaquée en train de sécher sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : figue attaquée en train de sécher sur l'arbre
(un oeil exercé aperçoit des trous de sortie de larve, en bas à gauche, au-dessus de l'ostiole)

Une fois la figue ramassée et vue de plus près, on distingue mieux trois trous de sortie de larve.

Mouche de la figue : figue attaquée qui était en train de sécher sur l'arbre

Mouche de la figue : figue attaquée qui était en train de sécher sur l'arbre
(noter les trois trous de sortie de larve, au-dessus et à droite de l'ostiole)

 

Mouche noire du Figuier : trois trous de sortie de larve sur figue en train de sécher sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : trois trous de sortie de larve sur figue en train de sécher sur l'arbre
(noter l'aspect en butte noirâtre de la peau autour des trous)

En ouvrant la figue molle attaquée en train de sécher que j'ai ramassée sur l'arbre, j'observe que l'intérieur est en train de pourrir.

Mouche noire du Figuier : intérieur (pourri) d'une figue molle attaquée en train de sécher sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : intérieur (pourri) d'une figue molle attaquée en train de sécher sur l'arbre

 

FIGUES SECHES SANS TROUS DE SORTIE DE LARVE

J'ai observé également des figues en train de sécher et dont l'intérieur pourrit mais qui ne présentent pas de trous de sortie de larve.

Ce phénomène m'a longtemps intrigué jusqu'à ce que je puisse faire le rapprochement entre ce type de figue et les figues faussement mûres.

J'en ai déduit que ce phénomène n'a pas de rapport avec la mouche noire du Figuier.

Je traite donc le cas des figues sèches avec intérieur pourri et sans trous de sortie de larve dans un article spécifique consacré aux figues faussement mûres.

 

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SYMPTÔMES : CAS DES CAPRIFIGUES

 

Je n'ai pas encore procédé à l'observation de Silba adipata McAlpine sur des caprifiguiers.

Toutefois, Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier, m'a fait part des observations suivantes.
 

- Début des observations de Bernard Peyre -

En 2016, j'ai observé plusieurs fois un caprifiguier à Toulouse. En particulier, j'ai vu en juillet la sortie des blastophages et j'ai trouvé à plusieurs reprises en août des caprifigues infestées de larves de Silba adipata McAlpine.

Passant à nouveau devant ce caprifiguier le 7 décembre, j'ai constaté la présence de caprifigues bien développées sur l'arbre dépourvu de ses feuilles. Il s'agit des "mamme", qui permettent aux larves du blastophage (Blastophaga psenes L.) de passer l'hiver à l'abri.

J'ai cueilli une de ces mamme, apparemment tout à fait normale et sans trous de sortie de larve.

En l'ouvrant, je constate qu'il s'agit d'une caprifigue sans cavité centrale.

L'intérieur montre les signes d'une attaque de Silba adipata McAlpine. En suivant du mieux possible la galerie sous l'épiderme, je n'ai pas trouvé ce qui pourrait ressembler à une larve ou à une pupe, bien que j'aie détecté un minuscule corps noirâtre que je ne suis pas parvenu à identifier.

Silba adipata McAlpine : intérieur d'une caprifigue attaquée

Silba adipata McAlpine : intérieur d'une caprifigue attaquée
(la photographie ayant été prise en décembre, la caprifigue est une "mamma")
Crédit : Bernard Peyre

La caprifigue ne présentant pas de trous de sortie de larve, j'ai pensé que le cas rencontré correspondait aux observations de F. Silvestri pour ce type de caprifigue.

Ce dernier a en effet observé que dans les figues de caprifiguier dont la cavité centrale est entièrement occupée par des fleurs étroitement proches les unes des autres ou par des fleurs porteuses de galles du blastophage, les jeunes larves meurent presque toutes car elles ne peuvent pas se mouvoir entre les parties distales des fleurs qui les compriment.

Mouche noire du figuier : intérieur d'une

Mouche noire du figuier : intérieur d'une "mamma" de caprifiguier infestée
(bien qu'il s'agisse d'une caprifigue sans cavité centrale, au moins une larve a
réussi à atteindre le parenchyme sous l'épiderme et à y creuser une galerie)
Crédit : Bernard Peyre

A l'examen détaillé de l'intérieur de la caprifigue, je constate que les larves se sont nourries du dessus des fleurs au centre de la figue.

Il se peut que certaines larves soient mortes au niveau des fleurs, empêchées de se mouvoir par celles-ci, mais je remarque qu'au moins une larve a réussi à atteindre le parenchyme sous l’épiderme, où elle a creusé une galerie. Il s'agit d'ailleurs peut-être d'une larve unique.

Je note aussi que le sillon de nourriture des larves qui va rejoindre le parenchyme est relativement large dans sa partie terminale, ce qui semble indiquer que les larves se sont frayé un chemin assez facilement.

Je ne m'explique pas l'absence de trous de sortie de larve car la larve (ou les larves) ayant creusé une galerie dans le parenchyme sous l'épiderme aurait dû perforer celui-ci à complet développement, pour chuter au sol.

Il s'agit peut-être d'une infestation très tardive et la larve aurait succombé au froid.

Il pourrait s'agir aussi d'une pupation avortée (J'ai déjà trouvé des pupes dans des figues... Voir mes observations relatées au chapitre "Pupation" infra).

Le corpuscule noirâtre que je n'ai pas pu identifier correspond peut-être au reliquat desséché d'une larve ayant amorcé sa pupation, sans que cette dernière ne puisse aller à son terme.

- Fin des observations de Bernard Peyre -

 

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DESCRIPTION GENERALE DE LA MOUCHE ADULTE

 

J'illustre ci-après la description de la mouche noire du Figuier par des photographies personnelles et je puis certifier totalement l'espèce photographiée.

En effet, pour une grande partie des photographies, il s'agit d' adultes que j'ai personnellement obtenus à partir de larves que j'ai prélevées dans des figues et que j'ai mises en pupation dans un bocal en verre contenant une couche de 5 cm de terre tamisée.

Pour les photographies de sujets que je n'ai pas élevés (photographies sur figuiers in situ), la stricte identité avec les mouches élevées est facile à vérifier et ne fait pas de doute.

La mouche noire du Figuier est une très petite mouche, de couleur noire comme son nom l'indique.

Voici une mouche noire du Figuier en grandeur réelle.

Mouche noire du Figuier : adulte posé sur une figue immature de 2 cm de diamètre, taille réelle

Mouche noire du Figuier posée sur une figue immature de 2 cm de diamètre, taille réelle 
(corps 4 mm, hors dépassement des ailles de presque 2 mm)

La voici plus distinctement après agrandissement photographique (un peu plus de 3 fois). On ne la voit jamais ainsi à l'oeil nu...

Mouche noire du Figuier sur figue immature

Mouche noire du Figuier sur figue immature
(grossissement : x 3 )

Dans le présent chapitre, je m'intéresserai tout d'abord à sa taille, puis à son aspect général. Je fournis une description détaillée dans le chapitre suivant.

 

TAILLE

La mouche noire du Figuier est de taille bien inférieure à celle des mouches domestiques auxquelles nous sommes habitués.

J'ai mesuré le corps (tête, thorax et abdomen, hors dépassement des ailes) : il fait environ 4 mm de long.

Mouche noire du Figuier : mesure de la taille hors dépassement des ailes (4 mm)

Mouche noire du Figuier : mesure de la taille hors dépassement des ailes (4 mm)

F. Silvestri indique la même longueur dans ses observations et précise que la largeur est de 1,6 mm au niveau du thorax.

Pour illustrer la petitesse de la mouche noire du Figuier, rapportons sa taille à celle d'une pièce de 1 centime.

Mouche noire du Figuier : appréciation de la très petite taille (rapportée à celle d'une pièce de 1 centime)

Mouche noire du Figuier : appréciation de la très petite taille (rapportée à celle d'une pièce de 1 centime)

Rapportons la aussi à la taille d'un cure-dents.

Mouche noire du Figuier : appréciation de la très petite taille (rapportée à celle d'un cure-dents)

Mouche noire du Figuier : appréciation de la très petite taille, rapportée à celle d'un cure-dents
(sur la photographie ci-dessus, la mouche de la figue est grossie 2,5 fois)

Et enfin, à la taille d'un sucre.

Mouche noire du Figuier : appréciation de la très petite taille (rapportée à celle d'un sucre)

Mouche noire du Figuier : appréciation de la très petite taille (rapportée à celle d'un sucre)

Grossie plus de 8 fois et cheminant sur une paille pour sirop, on visualise bien aussi qu'elle est de très petite taille.

Mouche noire du Figuier sur une paille pour sirop

Mouche noire du Figuier sur une paille pour sirop
(taille grossie 8,5 fois ; diamètre de la paille : 5,6 mm)

 

ASPECT GENERAL

Voici la mouche noire du Figuier grossie 30 fois.

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine ; Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri)

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine ; Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri)
(adulte femelle agonisant ; grossissement x 30 ; taille réelle : 4 mm)

Le corps est entièrement noir, à l'exception des yeux qui sont rouge brique, et les ailes sont totalement translucides sans aucune bande ni tache.

F. Silvestri précise qu'il s'agit d'un noir luisant, avec une légère teinte vert obscur ou bleuâtre. En fait, la couleur noire n'est luisante qu'en plein soleil et les nuances de teinte ne sont pas visibles à l'oeil nu. Elles n'apparaissent que sous fort grossissement.

La mouche noire du Figuier présente sur l'ensemble du corps une courte villosité noire et porte des soies (poils durs) noires peu nombreuses sur le haut de la tête et sur le thorax.

 

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DESCRIPTION DETAILLEE DE LA MOUCHE ADULTE

 

La description détaillée qui suit est inspirée de celle fournie par F. Silvestri, à laquelle j'ajoute des observations personnelles.

F. Silvestri fournit la figure ci-après.

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine ; Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri)

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine ; Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri) : adulte femelle
(crédit : F. Silvestri)

J'ai subdivisé la description détaillée de la façon suivante : tête, thorax, pattes, ailes, balanciers, abdomen.

 

LA TÊTE

Les soies

J'observe des soies noires peu nombreuses sur le haut de la tête.

 

Les yeux

F. Silvestri indique que les yeux sont rouge brique lorsque l'insecte est vivant (ou mort et encore frais) et qu'ils deviennent brun plus ou moins sombre lorsque l'insecte est mort et sec.

C'est ce que j'ai observé, mais je précise que la couleur des yeux est difficile à déterminer à l'oeil nu compte tenu de la petitesse de l'insecte. Pour y parvenir, il faut que la mouche soit en plein soleil et qu'on puisse l'observer à quelques centimètres. Même dans ces conditions, il faut avoir une très bonne vue et l'aide d'une loupe peut être utile.

 

Les antennes

Selon les observations de F. Silvestri, les deux antennes noires pendant sur le devant de la tête sont composées de trois articles. Le deuxième article porte une soie et le troisième article est munie d'une arista plumeuse.

Sur la plupart de mes photographies, les aristas se voient, mais il est rare que l'on puisse distinguer la soie portée par le deuxième article. De même, la définition est insuffisante pour que l'on puisse distinguer que l'arista est plumeuse.

 

La trompe buccale

Pour se nourrir (par succion), la mouche noire du Figuier dispose d'une trompe buccale, repliée au repos et qu'elle déplie pour ses activités de nutrition.

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée
(sur la zone d'attache du pétiole d'une feuille de figuier arrachée ; grossissement : x 16)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée
Noter l'extrémité jaune aplatie de la trompe et un des deux palpes  maxillaires perpendiculaires à la trompe
 (grossissement : x 21)

 

Mouche de la figue se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée

Mouche de la figue se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée
(sur la zone d'attache du pétiole d'une feuille de figuier arrachée ; grossissement : x 19)

 

Silba adipata McAlpine se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée

Silba adipata McAlpine se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée
(noter l'extrémité jaune aplatie de la trompe et un des deux palpes maxillaires perpendiculaires à la trompe ; grossissement : x 33)

La base de la trompe buccale se trouve logée dans un creux situé en fin de la partie plate de la tête située sous les antennes (face).

D'après ce que j'ai compris de la littérature générale sur la mouche, la base de la trompe buccale se rétracte dans la tête et le reste de la trompe buccale se replie en Z. Mais peut-être est-elle entièrement repliable et non rétractable en partie ?

Silba adipata McAlpine : trompe buccale repliée

Silba adipata McAlpine : trompe buccale repliée

L'extrémité de la trompe buccale est aplatie et fendue.

Mouche noire du Figuier ayant déplié sa trompe buccale

Mouche noire du Figuier ayant déplié sa trompe buccale
(noter que l'extrémité de la trompe buccale est aplatie et fendue)

La base de la trompe buccale porte deux appendices qui lui sont perpendiculaires : les palpes maxillaires.

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée
(noter l'extrémité aplatie de la trompe et les palpes maxillaires ; grossissement : x 19)

 

Silba adipata McAlpine se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée

Silba adipata McAlpine se nourrissant de latex de figuier avec sa trompe buccale dépliée
(noter l'extrémité aplatie de la trompe et les palpes maxillaires ; grossissement : x 34)

Pour aider à la compréhension des photographies, je fournis ci-après un dessin de la trompe buccale, extrait d'une planche anatomique de la mouche domestique (Musca domestica Linnaeus), circa 1900.

Trompe buccale de Musca domestica Linnaeus

Trompe buccale de Musca domestica Linnaeus
Crédit : université de Lille, UFR de biologie

Voici deux photographies de la trompe buccale de Silba adipata McAlpine, vue de dessous.

Silba adipata McAlpine ayant déplié sa trompe buccale

Silba adipata McAlpine ayant déplié sa trompe buccale
(on voit bien la base de la trompe buccale avec les deux palpes maxillaires ; en jaune, l'extrémité de la trompe buccale)

 

Silba adipata McAlpine ayant déplié sa trompe buccale (jeune adulte non encore coloré de noir)

Silba adipata McAlpine ayant déplié sa trompe buccale (jeune adulte non encore coloré de noir)
(en orangé, l'extrémité de la trompe buccale, aplatie et fendue ;
au-dessus, en perspective, les deux palpes maxillaires brunâtres recourbés)

Bien que situés sur la partie basale de la trompe buccale, les palpes maxillaires restent visibles lorsque la trompe buccale est repliée.

Mouche noire du Figuier : palpes maxillaires avec, au-dessus, les antennes en perspective

Mouche noire du Figuier : palpes maxillaires (noirs, recourbés) avec, au-dessus, les antennes en perspective

 

Cas particulier : ptilinum non entièrement rétracté

J'ai observé sur un individu adulte une caractéristique de la tête que je n'ai pas retrouvée sur les nombreux autres individus que j'ai photographiés (tant in situ qu'en provenance de mon élevage).

Cette caractéristique n'apparaît pas à l'oeil nu mais est frappante sur les photographies en plan rapproché.

Il s'agit d'une petite masse de couleur jaune orangé que l'on distingue nettement entre les deux yeux, juste au-dessus des antennes.

Voici l'individu concerné grossi 17 fois. C'est l'agrandissement photographique le plus important que j'ai pu obtenir pour celui-ci.

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) sur figue mûre

Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) sur figue mûre
(grossissement x 17)

Je me suis interrogé sur la nature de cette petite masse de couleur jaune orangé.

Selon moi, il s'agit d'un reliquat de ptilinum, organe membraneux dont se sert la mouche pour briser la paroi de la pupe en fin de nymphose, qui ne se serait pas complètement rétracté dans la tête après l'émergence de la pupe de l'adulte, pour des raisons que j'ignore (je reviens de façon plus détaillée sur la nature et la fonction du ptilinum plus bas dans l'article).

En effet, l'examen attentif de la masse jaune orangé à l'aide d'une loupe sur la photographie montre qu'elle est située exactement à l'emplacement du ptilinum, juste au-dessus des antennes, et qu'elle apparaît en creux, sa forme rappelant celle de l'extrémité du ptilinum dégonflé.

La photographie ci-dessous montre un adulte un quart d'heure après sa sortie de la pupe. Il vient d'achever le dépliement de ses ailes mais il ne s'est pas encore coloré de noir. Son ptilinum, situé juste au-dessus des antennes et partiellement gonflé, est en cours de rétractation dans la tête.

Silba adipata McAlpine : adulte un quart d'heure après sa sortie de la pupe, présentant un ptilinum encore partiellement gonflé

Silba adipata McAlpine : adulte un quart d'heure après sa sortie de la pupe
(les ailes sont dépliées et le ptilinum est encore partiellement gonflé ; l'adulte n'est pas encore coloré de noir

noter la position du ptilinum, juste au-dessus des antennes ; grossissement : x 13)

J'ai réfléchi au cas de l'individu présentant le reliquat de ptilinum.

Il provient de mon élevage et est âgé de plusieurs heures, voire plusieurs jours. Je n'ai pas pu repérer dans le bocal d'élevage l'âge des individus passant ensuite en séance de photographie hors du bocal...

Toutefois, selon mes observations photographiques de plusieurs sorties de pupes, le ptilinum est complètement rétracté dans la tête environ une heure après la sortie de la pupe.

En consultant la littérature spécialisée sur Internet, j'ai trouvé pour d'autres espèces de mouches le rapport du phénomème (qualifié de rare) de non rétractation du ptilinum chez l'insecte parfait (à deux reprises, par des scientifiques différents).

En tout état de cause, je suis certain de n'avoir observé le phénomène que sur un seul individu. La petite masse jaune orangé entre les deux yeux, au-dessus des antennes, est présente sur toutes les photographies de celui-ci figurant dans le présent article, mais elle est absente de la totalité des photographies des autres individus.

 

LE THORAX

Comme chez toutes les mouches, il est composé de trois couches subdivisées en trois parties.

Je ne m'intéresserai qu'à la couche supérieure, qui est la plus observable sur les photographies et qui me paraît intéressante pour l'identification.

Ses trois parties sont le prescutum (première partie, en pente, juste après la tête), le scutum (deuxième partie, en bombe, la plus haute et la plus visible) et le scutellum (troisième partie, en forme de museau, juste avant l'abdomen).

Silba adipata McAlpine : soies (peu nombreuses) noires sur le haut de la tête, le scutum et le scutellum

Silba adipata McAlpine : soies (peu nombreuses) noires sur le haut de la tête, le scutum et le scutellum
(grossissement : x 27)

 

Prescutum

Le prescutum est généralement peu observable, mais il est visible sur quelques photographies.

Situé juste derrière la tête, il est très court et délimité par des lignes latérales assez marquées, qui continuent en partie sur le dessus. Il me paraît dépourvu de soies sur le dessus.

Silba adipata McAlpine : le prescutum

Silba adipata McAlpine : le prescutum, juste derrière la tête, délimité par une ligne profonde de chaque côté
(suivi du scutum bombé et du scutellum en forme de museau ; grossissement : x 12)

 

Silba adipata McAlpine : le prescutum

Silba adipata McAlpine : le prescutum, juste derrière la tête, délimité par deux lignes latérales
(suivi du scutum bombé et du scutellum en forme de museau ; grossissement : x 14)

 

Silba adipata McAlpine : le prescutum

Silba adipata McAlpine : le prescutum, juste derrière la tête, sur la partie supérieure du thorax
(suivi du scutum et du scutellum ; grossissement : x 19)

 

Scutum

Je remarque que le scutum est très bombé, assez court par rapport à celui d'autres espèces de mouches.

Il n'est pas strié et il paraît nu sur l'essentiel de sa surface (il est toutefois recouvert d'une courte villosité noire). Il porte quelques longues soies noires sur sa partie postérieure.

 

Scutellum

Le scutellum  vu de dessus a la forme d'un triangle à bout arrondi vers l'abdomen. Sa délimitation avec le scutum est très visible. Sur certaines photographies en très gros plan, comme celle présentée ci-dessous, on peut observer que le scutellum forme un creux du côté du scutum.

Il porte quelques longues soies noires dans sa partie postérieure uniquement.

Silba adipata McAlpine : détail du scutellum

Silba adipata McAlpine : détail du scutellum
(noter que le scutellum forme un creux du côté du scutum ; grossissement x 34)

 

Soies latérales

Sous certains angles de vue, je remarque aussi que le thorax porte des soies noires latérales (ce qu'indique F. SIlvestri).

Silba adipata McAlpine : le thorax porte des soies latérales

Silba adipata McAlpine : le thorax porte des soies latérales
(grossissement x 25)

 

Silba adipata McAlpine : le thorax porte des soies latérales

Silba adipata McAlpine : le thorax porte des soies latérales
(grossissement x 37)

 

LES PATTES

Les pattes, rattachées au thorax, sont au nombre de six comme chez toutes les mouches. Elles sont noires (ou noir brunâtre, précise F. Silvestri).

Les deuxième et troisième paires de pattes sont situées en fin du thorax et sont très proches. La première paire de pattes est située au milieu de thorax et est éloignée des deux autres, étant séparée de celles-ci par deux renflements sur le dessous du thorax.

Silba adipata McAlpine : les trois paires de pattes sont rattachées au thorax

Silba adipata McAlpine : les trois paires de pattes sont rattachées au thorax
(noter que la première paire de pattes est séparée des deux autres par deux renflements)

Les pattes sont fortement articulées et étonnamment flexibles en tous sens.

Silba adipata McAlpine : détail de la patte

Silba adipata McAlpine : détail de la patte
(coxa contre le thorax, puis le court trochanter, le large et long fémur, le tibia, les tarses, la pelote adhésive griffue)

 

LES AILES

Les ailes sont brun jaunâtre, à nervures jaunes. A l'oeil nu, elles sont blanchâtres. Contrairement aux ailes d'autres mouches des fruits (mouche de la cerise, mouche méditerranéenne des fruits...), elles ne portent aucune tache et sont totalement transparentes.

Les ailes au repos dépassent l'abdomen (de presque 2 mm selon F. Silvestri) et se recouvrent en quasi-totalité.

Mouche noire du Figuier : les ailes au repos dépassent le corps de presque 2 mm et se recouvrent en quasi-totalité

Mouche noire du Figuier : les ailes au repos dépassent le corps de presque 2 mm et se recouvrent en quasi-totalité

Cette disposition des ailes au repos me paraît un bon indice d'identification de la mouche noire du Figuier parmi la plupart des mouches que l'on peut rencontrer sur un figuier car elle lui donne une silhouette caractéristique, vue de dessus (photographie ci-dessus) comme de dessous (photographie ci-après).

Mouche noire du Figuier : silhouette caractéristique, vue de dessous (ici sur la paroi d'un bocal)

Mouche noire du Figuier : silhouette caractéristique, vue de dessous (ici sur la paroi d'un bocal)

Lorsque l'abdomen est replié vers le bas et que les ailes sont basculées vers le haut à l'arrière, je remarque que les ailes  ne se recouvrent pas dans leur partie basale : il existe un jour en forme de triangle qui, en position horizontale des ailes, est comblé par le scutellum. Cela s'explique par la forme des ailes, dont le bord postérieur présente des échancrures à la base (alors que leur bord antérieur est régulier).

Mouche noire du Figuier : le recouvrement des ailes présente un jour en forme de triangle à leur base

Mouche noire du Figuier : le recouvrement des ailes présente un jour en forme de triangle à leur base

Les ailes paraissent rigides lorsqu'elles sont au repos, bien droites. En fait, elles sont étonnamment flexibles. Lorsque la mouche noire du Figuier est posée, elle les tord en les lissant avec les pattes arrières, sans qu'elles ne se rompent ou restent déformées (photographies ci-après).

Mouche noire du Figuier lissant son aile gauche avec les pattes arrières

Mouche noire du Figuier lissant son aile gauche avec les pattes arrières
(noter la flexibilité de l'aile)

 

Mouche noire du Figuier : torsion des ailes, qui sont flexibles

Mouche noire du Figuier : torsion des ailes, qui sont flexibles

 

LES BALANCIERS

Comme chez toutes les mouches, au-dessous des ailes, un peu à l'arrière de leur base, de part et d'autre de l'extrémité du thorax se trouve un balancier (nommé aussi haltère).

Il s'agit d'un petit organe en forme de massue à bout sphérique qui joue un rôle d'aide à la stabilisation en vol.

Mouche noire du Figuier : balanciers (haltères) visibles sous les ailes, de part et d'autre au bout du thorax

Mouche noire du Figuier : balanciers (haltères) visibles sous les ailes, de part et d'autre au bout du thorax
(entre la deuxième et la troisième patte, mais bien au-dessus de celles-ci ; grossissement : x 32)

Les balanciers seraient les reliquats des troisième et quatrième ailes.

Mouche noire du Figuier : balanciers visibles par transparence sous les ailes

Mouche noire du Figuier : balanciers visibles par transparence sous les ailes, de part et d'autre au bout du thorax
(grossissement : x 25)

 

Mouche noire du Figuier : un des haltères, ou balanciers, est visible en fin de thorax, au-dessous de l'aile

Mouche noire du Figuier : un des haltères, ou balanciers, est visible en fin de thorax, au-dessous de l'aile
(grossissement : x 19)

 

L'ABDOMEN

F. Silvestri fournit la description suivante de l'abdomen. 

Chez la femelle, l'abdomen comprend six segments bien visibles, un septième en partie caché dans le sixième est en forme d'anneau et est bien chitinisé comme les autres, un huitième est caché par le précédent et de nature membraneuse, les neuvième et dixième forment l'ovipositeur qui, en position de repos, dépasse tout juste de l'abdomen par l'apex.

Chez le mâle, la partie dorsale du cinquième segment est beaucoup plus développée, couvrant l'organe copulatoire et l'apex de l'abdomen. 

 

Couleur

F. Silvestri indique que la partie ventrale de l'abdomen est couleur châtaigne au centre et gris fumé pour le reste.

J'ai pu constater moi aussi le caractère bicolore de la partie ventrale de l'abdomen. Et je puis faire trois remarques complémentaires.

Tout d'abord, cette particularité n'est pas visible à l'oeil nu. Elle n'est visible qu'en fort grossissement seulement, loupe binoculaire pour F. Silvestri et agrandissement photographique pour moi.

En second lieu, on peut préciser que la partie centrale du dessous de l'abdomen constitue une bande large et segmentée.

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée (femelle)
(grossissement : x 28)

 

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée (mâle)

En dernier lieu, selon l'intensité et l'incidence de la lumière, la bande centrale ventrale de l'abdomen reste couleur châtaigne (plus ou moins foncée), mais les parties latérales de sa face ventrale ont une couleur qui varie.

Sur la photographie ci-après, leur couleur est le gris fumé mentionné par F. Silvestri.

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

Mais, sur la photographie ci-dessous, en plein soleil, elles apparaissent jaunâtres.

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

Sur la photographie suivante, avec moins de lumière, les parties latérales de la face ventrale de l'abdomen apparaissent de couleur marron clair.

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

Et elles peuvent apparaître de couleurs intermédiaires, telle celle de la photographie qui suit.

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

Mouche noire du Figuier : face ventrale bicolore de l'abdomen, avec bande centrale segmentée

 

Forme et volume

En sus de la couleur ventrale bicolore de l'abdomen, la forme de celui-ci a retenu mon attention.

L'abdomen est large, cordiforme et tronqué à la base.

Vu par le dessus, de trois quarts ou de derrière, il donne un aspect trapu à la mouche noire du Figuier.

Mouche noire du Figuier : aspect trapu, vue de trois-quarts

Mouche noire du Figuier : aspect trapu, vue de trois quarts
(grossissement : x 28)

Mais, je constate que vu de côté, curieusement, l'abdomen est mince, relativement aplati.

Mouche noire du Figuier : l'abdomen est mince, plutôt aplati

Mouche noire du Figuier : l'abdomen est mince, plutôt aplati
(grossissement : x 27)

J'ai observé cet abdomen mince aussi bien ex situ, chez des mouches d'élevage, qu'in situ, chez des individus sur le figuier.

Mais j'ai remarqué que, parfois, des mouches noires du Figuier présentent un gros abdomen, rebondi.

Silba adipata McAlpine : femelle avec abdomen gonflé sur jeune rameau de figuier

Silba adipata McAlpine : femelle avec abdomen gonflé sur jeune rameau de figuier
(grossissement : x 4)

 

Silba adipata McAlpine: femelle avec abdomen gonflé sur jeune rameau de figuier

Silba adipata McAlpine : femelle avec abdomen gonflé sur jeune rameau de figuier
(grossissement : x 23)

Je ne connais pas l'origine de ce gonflement de l'abdomen.

Je n'ai observé jusqu'ici l'abdomen gonflé que sur des femelles et je me demande donc s'il ne témoigne pas que celles-ci sont gravides.

Mais ne serait-il pas simplement le résultat d'une consommation récente et abondante de nourriture ?

J'ai remarqué que lorsque l'abdomen est gonflé il présente une couleur plus claire, jaunâtre à orangée selon l'incidence de la lumière.

Une autre observation de la forme de l'abdomen concerne l'adulte venant d'émerger de la pupe : l'abdomen est cylindrique, pas encore cordiforme.

Silba adipata McAlpine : abdomen cylindrique d'un adulte âgé d'un quart d'heure

Silba adipata McAlpine : abdomen cylindrique d'un adulte âgé d'un quart d'heure (grossissement : x 31)
(les ailes viennent juste de finir de se déplier ; le corps n'est pas encore coloré de noir)

Cette forme cylindrique pourrait s'expliquer par la nécessité d'occuper un volume minimal à l'intérieur de la pupe.

Lorsque le jeune adulte ayant émergé de la pupe marche avec les ailes non encore dépliées, l'abdomen cylindrique paraît plus long que celui que l'on peut observer plus tard chez l'adulte volant.

Silba adipata McAlpine : jeune adulte venant d'émerger de la pupe

Silba adipata McAlpine : jeune adulte venant d'émerger de la pupe
(ailes non dépliées, corps non encore coloré en noir, abdomen cylindrique ; grossissement : x 11)

Il me semble que l'abdomen passe de cylindrique à cordiforme pendant que les ailes se déplient et au cours de la coloration en noir de l'adulte. Il se peut qu'il n'ait pas encore pris totalement sa forme définitive à la fin de la coloration en noir.

 

Sommaire

 

RECONNAÎTRE LE MÂLE ET LA FEMELLE

 

Selon le plan suivant : caractères distinctifs, observations de femelles, observations de mâles.

 

CARACTERES DISTINCTIFS

F. Silvestri n'indique pas de différence de taille entre le mâle et la femelle.

Pour ma part, je n'ai pas noté non plus de différence de taille dans les cas, peu nombreux, où j'ai pu photographier en même temps un mâle et une femelle identifiables.

J'ai toutefois remarqué à l'observation à l'oeil nu ex situ, dans mes coupelles d'élevage, que parfois certains individus sont légèrement plus petits que les autres.

In situ, sur le figuier, à l'observation à l'oeil nu, j'ai été surpris de remarquer un individu un peu plus gros que les autres, lorsque j'ai pu rassembler trois à quatre mouches de la figue sur une zone d'attache d'une feuille arrachée suintant de latex.

J'ai essayé de vérifier s'il existait une corrélation entre le sexe et les différences de taille, qui sont assez rares.

Pour le moment, je n'ai pu procéder qu'à une seule vérification. En août 2016, j'ai constaté que les deux adultes qui restaient dans une coupelle de pupation étaient de taille différente. Je les ai transférés dans un verre fin afin de pouvoir les photographier vus de dessous. L'ensemble des photographies a montré qu'il s'agissait de deux mâles...

Cette observation confirme que la taille de l'adulte est sans rapport avec son sexe. J'essaierai de la renouveler pour avoir plus d'éléments de confirmation.

F. Silvestri indique une seule différence morphologique entre le mâle et la femelle, en précisant que chez le mâle la partie dorsale du cinquième segment de l'abdomen est beaucoup plus développée, couvrant l'organe copulatoire.

Enfin, F. Silvestri précise que chez la femelle les neuvième et dixième segments forment l'ovipositeur qui, en position de repos, dépasse tout juste de l'abdomen par l'apex.

Le mâle et la femelle sont donc reconnaissables par la segmentation de l'extrémité de l'abdomen et par la partie génitale externe.

Toutefois, la détermination des mâles et des femelles est impossible à réaliser à l'oeil nu.

A l'oeil nu, en raison de la petitesse de Silba adipata McAlpine, on ne voit pas la différence morphologique de l'abdomen entre le mâle et la femelle, ni la partie génitale externe qui les différencie également.

Avec une loupe ordinaire, cela n'est pas possible non plus. Je dois utiliser une loupe à fort grossissement et cela reste malaisé.

Mais cela m'est relativement facile à l'observation photographique.

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle ; grossissement x 20 
(noter la partie arrière de l'abdomen étroitement segmentée et le large orifice terminal ;
on distingue la pointe de l'ovipositeur dépassant très légèrement de l'orifice terminal)

 

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 24
(noter le segment terminal de l'abdomen qui est développé et l'organe copulatoire au-dessous)

Je rappelle les caractères distinctifs, formulés de façon simple.

Pour la femelle : segmentation étroite de l'extrémité de l'abdomen, large orifice en fin d'abdomen avec pointe de l'ovipositeur dépassant légèrement.

Silba adipata McAlpine : femelle vue de dessous

Silba adipata McAlpine : femelle vue de dessous ; grossissement x 31
(noter la pointe de l'ovipositeur dépassant légèrement de l'orifice terminal de l'abdomen)

Pour le mâle : dernier segment visible de l'abdomen très développé, présence de l'organe copulatoire au-dessous de celui-ci.

Silba adipata McAlpine : mâle vu de dessous

Silba adipata McAlpine : mâle vu de dessous ; grossissement x 31
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé sous lequel on voit l'organe copulatoire)

Je livre ci-après des observations de femelles et de mâles pour illustrer leur identification.

 

OBSERVATIONS DE FEMELLES

Pour la femelle, même si l'individu n'est pas photographié en gros plan, l'identification est facile si l'extrémité de l'abdomen est visible.

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle ; grossissement x 5
(noter la segmentation étroite de l'extrémité de l'abdomen et l'orifice terminal)

 

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle
(noter la segmentation étroite de l'extrémité de l'abdomen et l'orifice terminal)

 

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle, en haut
(noter la segmentation étroite de l'extrémité de l'abdomen et l'orifice terminal)

 

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle ; grossissement x 18
(noter la segmentation étroite de l'extrémité de l'abdomen et l'orifice terminal)

Le large orifice terminal de l'abdomen de la femelle est facile à observer sur les photographies, in situ et ex situ, en diverses positions de la mouche de la figue, même photographiée d'assez loin.

Silba adipata McAlpine : deux individus femelles

Silba adipata McAlpine : deux individus femelles ; grossissement x 15
(noter la segmentation étroite de l'extrémité de l'abdomen et l'orifice terminal)

La pointe de l'ovipositeur qui dépasse légèrement de cet orifice selon F. Silvestri est observable dans une minorité de cas sur mes photographies.

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle
(noter la pointe de l'ovipositeur visible dans l'orifice terminal)

Je me suis interrogé sur le caractère permanent du dépassement de la pointe de l'ovipositeur. A l'examen attentif des photographies, il ressort que la pointe n'est visible que selon une certaine incidence de la lumière et, le plus souvent, lorsqu'un écran (rameau, bourgeon...) est situé juste derrière elle sur la photographie.

Silba adipata McAlpine : individu femelle

Silba adipata McAlpine : individu femelle, à droite
(noter la pointe de l'ovipositeur dépassant de l'orifice terminal)

Ex situ (dans les bocaux d'élevage ou d'observation), j'ai pu observer aussi assez facilement l'ovipositeur car il arrive à la mouche de la figue de le sortir, en partie ou entièrement. Mais j'ai remarqué qu'elle ne le sort pratiquement jamais in situ, sur le figuier, en dehors de la ponte bien entendu.

 

OBSERVATIONS DE MÂLES

Pour le mâle, l'identification par l'abdomen est facile si l'individu est photographié par l'arrière et que les ailes sont relevées.

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé ; on ne voit pas l'organe copulatoire situé au-dessous)

Mais, la partie dorsale du cinquième segment de l'abdomen plus large est difficile à identifier dans certaines conditions d'incidence de la lumière et d'angle de prise de vue, ainsi que si la définition de la photographie est insuffisante.

Toutefois les prises de vues où le mâle peut être identifié de trois quarts arrière sont assez nombreuses.

 Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé ; on ne voit pas l'organe copulatoire situé au-dessous)

 

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 17
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé ; on aperçoit l'extrémité de l'organe copulatoire situé au-dessous)

On peut reconnaître les mâles aussi de trois quarts avant si les ailes sont relevées et ne cachent pas l'extrémité de l'abdomen.

iSilba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 18
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé ; on voit l'organe copulatoire situé au-dessous)

Avec l'habitude, on reconnaît sur les photographies les mâles en diverses positions.

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 6
(noter le segment terminal de l'abdomen développé; on ne distingue pas l'organe copulatoire situé au-dessous)

 

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle (à droite) ; grossissement x 10
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé ; on ne voit pas l'organe copulatoire situé au-dessous)

 

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 12
(noter le segment terminal de l'abdomen ; on ne voit pas l'organe copulatoire situé au-dessous)

 

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle, en haut ; grossissement x 13
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé ; on voit l'organe copulatoire situé au-dessous)

En assez gros plan, si la photographie est prise du bas vers le haut, on peut apercevoir l'organe copulatoire au-dessous du cinquième segment très développé.

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 15
(noter le segment terminal de l'abdomen très développé, sous lequel on aperçoit l'organe copulatoire)

F.Silvestri ne donne aucune information sur l'organe copulatoire du mâle. J'ai essayé d'observer celui-ci et j'ai eu beaucoup de difficultés.

In situ, sur le figuier, les angles de vue favorables à son observation sont rares. Et il m'a été impossible de le photographier de façon détaillée, compte tenu du manque de définition des photographies obtenues, sur lesquelles il apparaît toujours en masse.

Silba adipata McAlpine : individu mâle

Silba adipata McAlpine : individu mâle ; grossissement x 16
(l'organe copulatoire est visible sur la face ventrale de l'extrémité de l'abdomen, au-dessous du segment terminal très développé)

Ex situ, à travers la paroi d'un verre fin, la vue de dessous m'a permis de le photographier plus facilement et j'ai réussi à obtenir quelques détails.

Silba adipata McAlpine : organe copulatoire mâle

Silba adipata McAlpine : organe copulatoire mâle ; grossissement x 32

 

Silba adipata McAlpine : organe copulatoire mâle (édéage ou aedeagus)

Silba adipata McAlpine : organe copulatoire mâle (édéage ou aedeagus) ; grossissement x 30

 

Silba adipata McAlpine : édéage (aedeagus) d'un jeune adulte non encore coloré de noir

Silba adipata McAlpine : édéage (aedeagus) d'un jeune adulte non encore coloré de noir
(moins de trois quarts d'heure de vie ; grossissement : x 29)

 

Sommaire

 

L' ACCOUPLEMENT

 

F. Silvestri ne donne aucune information sur l'accouplement de Silba adipata McAlpine. Et je n'ai trouvé aucune documentation relative à celui-ci sur Internet, après recherches en différentes langues.

J'ai relevé toutefois une expérience relative à l'accouplement menée par B. I. Katsoyannos, qui a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

B. I. Katsoyannos a conservé les mouches ayant émergé des pupes en laboratoire par groupes de 20 à 50 individus des deux sexes dans des cages de 30 x 30 x 30 cm, à 25 °C, avec 60/70 % d'humidité relative et l'éclairage de la lumière naturelle par les fenêtres de la pièce.

Les cages étaient pourvues d'eau et de nourriture (hydrolisat de levure, eau  et sucre dans le rapport de 1 : 4 : 5).

B. I. Katsoyannos y avait disposé également des figues immatures pour l'oviposition.

Il rapporte que sur les 2.000 oeufs déposés dans les figues immatures placées dans les cages, aucun n'a éclos, ce qui laisse supposer qu'aucune femelle ayant pondu ne s'était accouplée.

Ce constat est conforté par le fait qu'il n'a observé aucun accouplement en laboratoire.

B. I. Katsoyannos a essayé de favoriser les accouplements en plaçant dans les cages des rameaux et des feuilles de figuier, en sus des figues immatures, mais sans succès.

Il indique qu'il n'a pas non plus observé d'accouplements en champs.

Il précise néanmoins que les phénomènes d'essaim rencontrés chez Silba adipata et chez d'autres espèces de la famille des Lonchaeidae pourraient revêtir une certaine importance pour l'accouplement de ces espèces (Katsoyannos B. I. - Swarming of Lamprolonchaea smaragdi Walker (Diptera, Lonchaeidae) and a few other Diptera observed in Chios, Greece, Bulletin de la Société Entomologique Suisse, vol. 56, pp. 183-185, 1983 ; Swarming on Lonchaeid flies and others insects, with description of four new species of Lonchaeidae (Diptera), McAlpine J. F., Munroe D. D , Can. Entomol. 100, 1154-1178,1968).

Je reviens plus en détails sur le vol en essaim de Silba adipata McAlpine au chapitre "Mode de vie de l'adulte".

En l'absence d'informations sur l'accouplement de Silba adipata McAlpine, et en se référant à la documentation disponible sur l'accouplement d'autres espèces de mouches, plusieurs questions peuvent être posées.

Combien de temps après la naissance l'accouplement a-t-il lieu ? Silba adipata McAlpine s'accouple-t-elle durant le vol ou sur l'arbre ? Existe-t-il un rituel de séduction du mâle envers la femelle ? Quelle est la position adoptée pour l'accouplement ? Quelle est la durée de l'accouplement ? La femelle stocke-t-elle le sperme du mâle pour fertiliser les oeufs au fur et à mesure des pontes successives ? Le mâle connaît-il une seule partenaire et meurt-il peu de temps après l'accouplement ? Une femelle s'accouple -t-elle avec plusieurs mâles au cours de sa vie ? 

A ce jour, pour répondre à ces questions, je puis seulement faire part d'une réflexion et rapporter une observation in situ. Cela donne toutefois des éléments de réponse pour certaines des questions précitées.

En premier lieu, à l'issue de mes multiples observations sur des figuiers différents et à diverses époques, j'ai été surpris de constater que parmi les milliers de photographies que j'ai prises de Silba adipata McAlpine, une minorité sont des photographies de mâles. Ce constat peut indiquer que le mâle ne s'accouple qu'avec une seule femelle et qu'il meurt assez rapidement après l'accouplement.

En second lieu, je n'ai pas assisté au début d'un accouplement, mais j'ai pu observer (une fois seulement...) deux mouches noires du Figuier accouplées.

Le 30 juin 2016, vers midi, je faisais le tour d'une touffe âgée de la variété 'Dauphine' en pleine fructification de première saison, pour essayer d'observer des mouches de la figue.

Alors que je terminais mon inspection, il m'a semblé apercevoir sur le dessus d'une feuille située en second rang de la périphérie de la touffe, à l'ombre, une mouche de forme allongée avec les ailes relevées et le corps vrillé, qui remuait sur place.

Intrigué par cette conformation et cette posture peu communes, je me suis approché avec précaution pour observer la mouche de plus près.

 Mouches noires du Figuier in copula

 Mouches noires du Figuier in copula (grossissement : x 2)

J'ai immédiatement déterminé qu'il s'agissait en fait de deux mouches noires du Figuier accouplées.

Mouches noires du Figuier in copula

Mouches noires du Figuier in copula (grossissement : x 2)

 

Silba adipata McAlpine in copula

Silba adipata McAlpine in copula (grossissement : x 3)

J'ai pu observer les mouches accouplées pendant une minute environ.

A ma relative surprise, tout en étant accouplées, elles étaient en train de se nourrir sur une flaque de jus de figue mûre qui était tombé sur la feuille depuis une figue située au-dessus.

L'accouplement était du type "en opposition". Les deux mouches ne se chevauchaient pas, mais étaient placées au même niveau dans des directions opposées et étaient jointes par l'extrémité de leur abdomen. L'une des deux ayant les ailes ouvertes et relevées, l'autre les ailes refermées.

Mouches noires du Figuier in copula se nourrissant de jus de figue : accouplement "en opposition"

Mouches noires du Figuier in copula se nourrissant de jus de figue : accouplement "en opposition"
(les deux mouches sont jointes par l'extrémité de l'abdomen ; grossissement : x 4)

 

Mouches noires du Figuier in copula se nourrissant de jus de figue : accouplement "en opposition"

Mouches noires du Figuier in copula se nourrissant de jus de figue : accouplement "en opposition"
(les deux mouches sont jointes par l'extrémité de l'abdomen ; grossissement : x 7)

D'après l'aspect de la partie dorsale de l'extrémité de son abdomen tel qu'il apparaît sur certaines photographies, je déduis que la mouche avec les ailes relevées est le mâle (partie dorsale du cinquième segment beaucoup plus développée que chez la femelle et couvrant l'organe copulatoire). D'autre part, l'abdomen étroitement segmenté de la mouche aux ailes repliées indique qu'il s'agit de la femelle.

Silba adipata McAlpine in copula : l'accouplement est dit

Silba adipata McAlpine in copula : l'accouplement est dit "en opposition"
(l'aspect des abdomens indique que le mâle est au premier plan, les ailes relevées ; grossissement : x 11)

Les deux mouches ne se déplaçaient pas sur la flaque de jus sucré à la vitesse habituelle d'une mouche seule, mais effectuaient des mouvement quasi-circulaires presque sur place en conservant les ailes dans la même position, le mâle les ayant relevées, la femelle les gardant fermées.

Les deux corps joints par l'abdomen se trouvaient le plus souvent dans le prolongement l'un de l'autre.

Mouches noires du Figuier in copula : l'accouplement est dit

Mouches noires du Figuier in copula : l'accouplement est dit "en opposition"
(corps du mâle et de la femelle dans le prolongement l'un de l'autre ; grossissement : x 9)

Mais, parfois, le mouvement les rendaient décalés l'un par rapport à l'autre, mais avec un angle de faible amplitude, jamais à 45 °.

Mouches noires du Figuier in copula : l'accouplement est dit

Mouches noires du Figuier in copula : l'accouplement est dit "en opposition"
(corps du mâle et de la femelle décalés l'un par rapport à l'autre ; grossissement : x 11)

En observant de plus près la jonction des deux abdomens, je constate que le mâle a introduit son organe copulatoire par le dessus dans l'orifice de l'extrémité de l'abdomen de la femelle.

Mouches noires du Figuier in copula : l'organe copulatoire du mâle (à gauche) est introduit par le dessus

Mouches noires du Figuier in copula : l'organe copulatoire du mâle (à gauche) est introduit par le dessus
(grossissement : x 8)

L'extrémité de l'abdomen de la femelle se situe au-dessous de l'extrémité de l'abdomen du mâle et semble relevée.

Mouches noires du Figuier in copula : l'organe copulatoire du mâle (à gauche) est introduit par le dessus

Mouches noires du Figuier in copula : l'organe copulatoire du mâle (à gauche) est introduit par le dessus
(le dernier segment visible de l'abdomen de la femelle semble relevé ; grossissement : x 12)

Cette position relevée du dernier segment abdominal visible s'observe assez souvent chez les femelles hors accouplement, comme en témoigne la photographie ci-après.

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier femelle se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée 
(noter le dernier segment visible de l'abdomen qui est relevé ; grossissement : x 25) 

Les photographies que j'ai pu prendre ne permettent pas de déterminer si, comme c'est le cas chez la mouche domestique (Musca domestica L.) qui s'accouple par chevauchement du mâle sur la femelle, la femelle sort son ovipositeur à la rencontre de l'édéage du mâle.

Au bout d'une minute environ, la mouche mâle a effectué un demi-tour et a remonté la feuille en s'approchant du bord de celle-ci, semblant traîner la femelle qui conservait les ailes fermées et qui se maintenait dans le prolongement de l'abdomen du mâle. Je n'ai pas pu déterminer si la femelle se faisait vraiment traîner ou si elle marchait à reculons.

Mouches noires du Figuier in copula : le mâle remonte vers le bord de la feuille, semblant traîner la femelle

Mouches noires du Figuier in copula : le mâle remonte vers le bord de la feuille, semblant traîner la femelle
(celle-ci conserve les ailes fermées et le corps dans le prolongement de celui du mâle)

Arrivé au bord de la feuille quelques centimètres plus haut que l'emplacement initial, la mouche mâle a disposé ses ailes à plat et en croix.

Mouches noires du Figuier in copula : le mâle arrivé au bord de la feuille dispose ses ailes à plat et en croix

Mouches noires du Figuier in copula : le mâle arrivé au bord de la feuille dispose ses ailes à plat et en croix
(la femelle conserve les ailes refermées et le corps dans le prolongement de celui du mâle)

La femelle a conservé les ailes repliées et le corps dans le prolongement de celui du mâle, comme si elle n'allait pas voler mais simplement rester accrochée au mâle pendant le vol...

Mouches noires du Figuier in copula : le mâle arrivé au bord de la feuille dispose ses ailes à plat et en croix

Mouches noires du Figuier in copula : le mâle arrivé au bord de la feuille dispose ses ailes à plat et en croix
(la femelle conserve les ailes refermées et le corps dans le prolongement de celui du mâle ; grossissement : x 14)

Puis le mâle a pris son envol, la femelle toujours accrochée à lui. Je suis certain que le couple ne s'est pas disjoint lors de l'envol. Il m'a semblé que seul le mâle volait et que la femelle était restée les ailes fermées, avec le corps dans le prolongement de celui du mâle. En effet, j'ai eu l'impression qu'une barre s'envolait...

Je suis conforté dans mon impression par le compte rendu d'observations analogues trouvé sur Internet pour d'autres diptères, chez lesquels la femelle accouplée reste jointe au mâle en vol, mais sans voler, lestant ce dernier et ralentissant sa vitesse de vol...

Sur les photographies (voir gros plan ci-après), je remarque que l'aile droite de la mouche mâle est partiellement altérée. Serait-ce le résultat d'une manoeuvre en vol lors de l'accouplement, laissant penser que celui-ci s'est effectué en vol et que les deux mouches se sont posées sur la feuille déjà accouplées afin de se nourrir dans la flaque de jus sucré ?

Mouches noires du Figuier in copula : accouplement en opposition

Mouches noires du Figuier in copula : accouplement en opposition
(noter que l'aile droite du mâle, à droite, est altérée ; grossissement : x 17)

Compte tenu de la rapidité du vol de la mouche noire du Figuier, même lestée de la femelle (si, comme je le pense, cette dernière n'a pas volé), je n'ai pas pu observer le couple au-delà du décollage.

Malgré une demi-heure de scrutation méticuleuse de la touffe de figuier, je n'ai pas pu retrouver le couple sur l'arbre ni l'observer en vol...

 

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L'OEUF

 

Selon le plan suivant : description, mes observations, maturation / incubation.

 

DESCRIPTION

D'après les observations de F. Silvestri, l'oeuf est allongé et blanchâtre, d'environ 0,9 mm de long pour 0,2 mm de large.

Mouche noire du Figuier : oeuf

Mouche noire du Figuier : œuf
(vue dorsale, à gauche, et vue latérale ; à droite : portion de chorion agrandie)
(crédit : F. Silvestri)

Le pôle antérieur est un peu plus étroit que le pôle postérieur. La face dorsale est convexe, la face ventrale est très légèrement concave.

De chaque côté du pôle antérieur, sur un segment d'un cinquième de la longueur, l'oeuf porte une fente linéaire le long de laquelle le chorion s'ouvrira pour laisser sortir la larve nouvellement née.

 

MES OBSERVATIONS

Je n'ai pas pu observer l'oeuf de la mouche noire du Figuier dans les figues attaquées que j'ai examinées (avec une simple loupe). J'ai trouvé des larves ou j'ai repéré des trous de sortie de larve, mais je n'ai pas pu identifier des oeufs, même en écartant les écailles ostiolaires avec une pince à dissection.

Je rapporte toutefois une curieuse observation. En examinant une photographie en gros plan d'une femelle engluée sur un stick jaune attractif, j'ai constaté qu'elle avait libéré deux oeufs avant de mourir, l'ovipositeur étant resté pleinement sorti (voir ci-dessous).

Mouche noire du Figuier : femelle engluée sur un stick jaune, ayant libéré deux oeufs

Mouche noire du Figuier : femelle engluée sur un stick jaune, ayant libéré deux oeufs ; grossissement x 25
(les deux segments de l'ovipositeur sont nettement sortis ; les deux oeufs blanchâtres sont allongés)

L'ovipositeur était nettement visible à l'oeil nu, ce qui n'était pas le cas pour les oeufs. Observés sur le stick englué à l'aide d'une loupe, j'ai pu mieux les voir, mais, de taille inférieure à 1 mm, ils sont restés impossibles à détailler.

Je puis faire état d'une autre observation.

Sur la photographie d'une mouche noire du Figuier se nourrissant sur le bord de l'ostiole d'une figue en surmaturité, j'ai remarqué la présence au sein du conduit ostiolaire dilaté d'un groupe de 6 oeufs et, sur le bord de l'ostiole, d'un oeuf de taille nettement plus petite.

Mouche de la figue au bord de l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité

Mouche de la figue au bord de l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité ; grossissement x 3,5
(variété 'Col de Dame Noire' ; noter le groupe d'oeufs dans le conduit ostiolaire et l'oeuf plus petit à gauche de la tête)

 

Mouche noire du Figuier au bord de l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité

Mouche noire du Figuier au bord de l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité ; grossissement : x 9
(noter le groupe de 6 oeufs dans le conduit ostiolaire et un oeuf de drosophile asiatique à gauche de la tête)

L'agrandissement photographique montre que les oeufs dans le conduit ostiolaire sont au nombre de 6 et qu'ils peuvent être attribués soit à Silba adipata McAlpine, soit à Ceratitis capitata Wiedemann (mouche méditerranéenne des fruits).

Les oeufs des deux espèces ont en effet un aspect très proche. Ils sont pratiquement de la même taille (un peu moins de 1 mm), bien que celle-ci varie légèrement d'une ponte à l'autre pour la même espèce. L'oeuf de Silba adipata McAlpine est un peu plus large que celui de Ceratitis capitata Wiedemann. Mais la différence est difficile à percevoir sur des photographies, a fortiori à l'oeil nu, en raison de la petitesse des oeufs.

Compte tenu que le groupe d'oeufs en compte 6, que la ponte a été effectuée dans le conduit ostiolaire (et non sous les écailles) et qu'il s'agit d'une figue en surmaturité, la probabilité est importante pour que se soient des oeufs de Ceratitis capitata Wiedemann. Mais, en toute rigueur, une ponte de Silba adipata McAlpine ne peut pas être exclue, car on retrouve les trois critères précités de façon rare ou exceptionnelle lors de la ponte de cette espèce...

L'oeuf à gauche de la tête de la mouche est un oeuf de Drosophila suzukii Matsumura (drosophile asiatique), reconnaissable à sa taille et aux deux filaments respiratoires blancs accolés qui paraissent n'en faire qu'un. Il a été libéré accidentellement sur l'épiderme de la figue, ce que j'ai pu observer plusieurs fois sur mes agrandissements photographiques.

Les oeufs de la drosophile asiatique sont normalement pondus à l'intérieur de la figue, à travers l'épiderme. Les filaments respiratoires restent hors de la figue en dépassant par le trou de ponte.

 

MATURATION / INCUBATION

Selon les observations de F. Silvestri, en période d'été et pour des individus nourris à l'eau et au miel, la maturation des oeufs (entre l'accouplement et la ponte) s'effectue en une dizaine de jours.

Il précise aussi que l'incubation de l'oeuf dure 8 jours en avril, mais seulement 3 jours en été. Il faut donc de 3 à 8 jours, selon la saison, pour que la larve naisse de l'oeuf.

 

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LA PONTE (OVIPOSITION)

 

F. Silvestri indique que la femelle pond un à quatre œufs à l'intérieur de l'ostiole, le plus fréquemment trois.

Mouche de la figue : ponte (oviposition) dans figue immature (variété unifère 'Violette de Solliès')

Mouche de la figue : ponte (oviposition) dans figue immature (variété unifère 'Violette de Solliès')
Crédit : Rémi Pécout

 

Silba adipata McAlpine : ponte (oviposition) dans l'ostiole d'une figue immature

Silba adipata McAlpine : ponte (oviposition) dans l'ostiole d'une figue immature
(variété 'Col de Dame Noire')

 

 Silba adipata McAlpine : ponte (oviposition) dans l'ostiole d'une figue immature

Silba adipata McAlpine : ponte (oviposition) dans l'ostiole d'une figue immature
(variété 'Col de Dame Noire')

F. Silvestri indique que le dépôt de l'oeuf (oviposition) est effectué par la femelle en extériorisant les derniers segments de l'abdomen et en introduisant les neuvième et dixième segments (qui forment l'ovipositeur) tendus à la façon d'une épée sous l'écaille ostiolaire.

Silba adipata McAlpine : femelle ayant sorti l'ovipositeur

Silba adipata McAlpine : femelle ayant sorti l'ovipositeur (grossissement : x 20)
(l'ovipositeur est constitué des neuvième et dixième segments de l'abdomen, qui sont rétractables)

 

Silba adipata McAlpine : femelle vue de dessous ayant sorti l'ovipositeur

Silba adipata McAlpine : femelle vue de dessous ayant sorti l'ovipositeur (grossissement : x 29)
(l'ovipositeur est constitué des neuvième et dixième segments de l'abdomen, qui sont rétractables)

Au repos, seule la pointe de l'ovipositeur dépasse légèrement de l'orifice terminal de l'abdomen.

Silba adipata McAlpine : femelle vue de dessous, ovipositeur rentré

Silba adipata McAlpine : femelle vue de dessous, ovipositeur rentré ; grossissement : x 36 
(noter que la pointe de l'ovipositeur dépasse légèrement du denier segment visible de l'abdomen)

F. Silvestri précise que les oeufs sont déposés horizontalement sous les écailles ostiolaires, le plus souvent sous une écaille extérieure de premier rang, parfois sous une écaille de second rang.

Il a toutefois observé que dans le cas de figues ayant un ostiole très ouvert, l'oeuf peut être déposé de façon plus ou moins perpendiculaire dans le conduit ostiolaire.

Il faut noter que le diamètre d'un ostiole est, d'après mes mesures, de l'ordre de 2 mm (petite figue immature) à 4 mm (figue mûre), alors que le corps de la mouche fait 4 mm de long pour 1,6 mm de large au thorax.

Si l'on rapporte ces dimensions à la taille moyenne d'un être humain, il s'agit d'un trou de 0,85 m à 1,70 m de diamètre... On voit que la tâche est facile pour la mouche noire du Figuier.

Mouche noire du Figuier : comparaison de la taille de l'adulte avec celle de l'ostiole d'une jeune figue immature

Mouche noire du Figuier : comparaison de la taille de l'adulte avec celle de l'ostiole d'une jeune figue immature
(figue de la variété unifère 'Bellone' ; grossissement x 12)

 

Mouche noire du Figuier : comparaison de la taille de l'adulte avec celle de l'ostiole d'une figue mûre

Mouche noire du Figuier : comparaison de la taille de l'adulte avec celle de l'ostiole d'une figue mûre
(figue de deuxième récolte de la variété bifère 'Grise de La Saint-Jean' ; grossissement x 10)

Pour certaines variétés, telle 'Col de Dame Noire', le diamètre de l'ostiole des figues mûres approche la longueur de Silba adipata McAlpine.

Mouche de la figue : comparaison de la taille de l'adulte avec celle de l'ostiole d'une figue mûre

Mouche de la figue : comparaison de la taille de l'adulte avec celle de l'ostiole d'une figue mûre
(figue de la variété unifère 'Col de Dame Noire' ; grossissement x 7)

On pourrait penser que l'ouverture extrême de l'ostiole favorise la ponte de la mouche noire du Figuier. Or, il n'en est rien car cette dernière pond rarement dans les figues mûres, contrairement à la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann).

F. Silvestri a observé que sur des figues portant des trous de sortie de larve et n'étant pas rapidement tombées de l'arbre, il peut arriver qu'une femelle ponde dans un trou de sortie laissé par une larve issue d'une ponte antérieure. Il a ainsi trouvé au mois d'août de 2 à 5 oeufs à l'intérieur de quelques figues de la variété 'Troiano'.

F. Silvestri indique que la durée de la ponte est d'environ 1 minute.

L'observation de la ponte sur la vidéo pour laquelle je fournis le lien infra permet de préciser qu'il s'agit de la durée du dépôt de la totalité des oeufs de la ponte et non de celle du dépôt d'un oeuf.

Je n'ai pas encore pu observer sur mes figuiers une ponte de Silba adipata McAlpine dans de bonnes conditions me permettant de décrire celle-ci de façon détaillée.

Mais je fournis ci-après les observations de la ponte par B. I Katsoyannos et je commente ensuite une vidéo de Rodney Rockat, qui a filmé une ponte de Silba adipata McAlpine sur son figuier (en pensant avoir affaire au blastophage...).

 

Observations de B. I. Katsoyannos

B. I. Katsoyannos, qui a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce), fournit quelques informations sur le comportement de Silba adipata McAlpine au cours de l'oviposition (B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h).

Il rapporte qu'après un vol d'approche en zigzags, la femelle se pose sur la figue et, très rapidement, parfois en quelques secondes, localise l'ostiole et insère son ovipositeur dans les écailles ostiolaires.

Après quelques mouvements de poussée "suivis vraisemblablement de l'oviposition", la femelle change de position en marchant autour de l'ostiole et prend une nouvelle position pour un nouveau dépôt d'oeufs dans le même fruit.

B. I. Katsoyannos précise que la direction de la nouvelle position fait habituellement un angle de 90 à 180 ° avec celle de l'ancienne position.

La femelle effectue habituellement plusieurs fois ce changement de position suivi d'un dépôt d'oeufs. B. I. Katsoyannos indique que le maximum qu'il a compté a été de 16 fois.

B. I. Katsoyannos ne donne pas d'information sur la durée de la ponte.

Selon B. I. Katsoyannos, on ne sait pas si Silba adipata McAlpine sait reconnaître les figues non infestées et les sélectionne pour l'oviposition, comme le font plusieurs mouches de la famille des Tephrytidae (références : Evidence for a marking pheronome deterring repeated oviposition in apple maggot flies, Environ. Entomol. 1, 326-332, Prokopy R. J., 1972 ; Oviposition deterring, male-arresting, fruit-marking pheromone in Rhagoletis cerasi, Environ. Entomol. 4, 801-807, Katsoyannos B. I., 1975 ; Deterrence of repeated oviposition by fruit-marking pheromone in Ceratitis capitata (Diptera, Tephrytidae), J. Chem. Ecol. 4, 55-63, Prokopy R. J. et al, 1978).

Il indique que, pour sa part, il n'a observé aucun comportement d'exploration du fruit avant l'oviposition ou de marquage du fruit après le dépôt des oeufs.

En 2016, trente trois ans après la parution de l'article de B. I. Katsoyannos, je n'ai pas trouvé d'information sur ce sujet en effectuant des recherches Internet en différentes langues.

 

Vidéo de la ponte de Silba adipata McAlpine

Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier, a porté à ma connaissance une vidéo montrant la ponte de Silba adipata McAlpine, publiée le 15 janvier 2015 sur Youtube par Rodney Rockat.

Ce dernier ne connaît pas la mouche noire du Figuier (Black Fig Fly en anglais) et a cru avoir affaire au blastophage. Il a donc donné pour titre (erroné) à sa vidéo "Awesome fig wasp in action". Ce faisant, cette vidéo d'un grand intérêt, unique sur le Web à ma connaissance, échappe aux recherches de vidéos lancées avec les noms latins (ancien et actuel) de l'espèce, ou avec les appellations communes de celle-ci en anglais ou en d'autres langues.

Voir la vidéo.

L'observation attentive de la vidéo (arrêt sur image toutes les deux secondes...) permet de préciser le mode opératoire de la femelle.

Voici les enseignements que je tire de l'examen de la vidéo.

 

Observation 1.

Comme indiqué par B. I. Katsoyannos, la ponte de la totalité des oeufs ne s'effectue pas en une seule fois.

Après quelques mouvements de poussée de l'ovipositeur dans l'ostiole, la femelle se retourne ou marche dans la zone de l'ostiole et prend une nouvelle position pour pondre à nouveau dans l'ostiole.

Il s'agit d'une suite de séquences de ponte.

J'en compte quatre pour la vidéo, étant précisé que celle-ci ne débutant pas avec la pose de la mouche sur la figue, on ne peut pas affirmer, en toute rigueur, qu'il n'y a pas eu avant d'autres séquences de ponte.

Je note néanmoins que la vidéo dure une minute et 13 secondes et que la dernière oviposition prend fin au terme de 1 minute et trois secondes. Ce qui est dans l'ordre de grandeur de la durée observée par F. Silvestri pour la ponte (environ une minute) et m'incline donc à penser que la vidéo a débuté peu après le début de la première des quatre séquences de ponte filmées.

 

Observation 2.

(B. I. Katsoyannos ne fait pas état de ce comportement).

Au début de chaque séquence de ponte, la femelle aborde l'ostiole par l'avant et se penche à l'intérieur de celui-ci (comme pour vérifier quelque chose ?).

Puis, elle se déplace vers l'avant pour traverser l'ostiole et se retrouver avec l'extrémité de l'abdomen au bord de celui-ci (il lui suffit de recourber l'abdomen vers l'avant pour extérioriser son ovipositeur et l'introduire dans l'ostiole).

 

Observation 3.

(B. I. Katsoyannos ne fait pas état de ce comportement).

Au cours d'une séquence de ponte, pendant les mouvements de poussée de l'abdomen pour l'oviposition, la femelle, tout en gardant l'ovipositeur dans l'ostiole, déplace plus ou moins amplement l'axe tête-abdomen vers la droite (première et deuxième séquence), vers la gauche (troisième séquence), ou des deux manières successivement (quatrième séquence).

Au cours de la première et de la troisième séquence de ponte, elle déplace même l'axe tête-abdomen de 90 °, sans que l'ovipositeur ne quitte l'ostiole.

 

Observation 4.

La vidéo permet d'être plus précis que B. I. Katsoyannos concernant les déplacements de la femelle entre deux séquences de ponte.

Je remarque qu'entre la première et la seconde séquence, la mouche ne marche pas. Elle se retourne simplement à 180 ° pour se trouver la tête sur l'ostiole et s'y pencher, début de la deuxième séquence de ponte.

Avant chacune des deux séquences de ponte suivantes, je note que la femelle s'éloigne de l'ostiole  de 1,2 à 1,5 cm (distances calculées par le rapport avec la taille de la mouche), puis y revient en faisant demi-tour. Il s'agit d'un va-et-vient quasi rectiligne et non d'un déplacement circulaire autour de l'ostiole. 

En fait, après une séquence, la femelle donne l'impression d'en avoir terminé avec la ponte globale, de quitter l'ostiole, puis de se raviser et de le rejoindre à nouveau de façon déterminée (marche assez rapide) pour la séquence de ponte suivante.

 

Observation 5.

B. I. Katsoyannos indique que, d'une séquence de ponte à l'autre, la direction de la nouvelle position de ponte fait habituellement un angle de 90 à 180 ° par rapport à celle de l'ancienne position.

J'ai analysé finement, par arrêt sur images toutes les secondes, l'angle fait par l'axe tête-abdomen pendant chaque séquence de ponte par rapport à la position du même axe en fin de la séquence de ponte précédente. Je me suis aidé, comme repère, de l'axe de la traînée blanche qui relie l'ostiole à la tache blanche en forme de larme allongée présente sur le devant de la figue.

Pour la première séquence de ponte, que la vidéo prend en cours, l'axe tête-abdomen est, au début, exactement dans l'alignement de la traînée blanche. Au cours de l'oviposition, la femelle pivote lentement de 90 ° sur sa droite et c'est l'angle que fait l'axe tête-abdomen avec l'axe de la traînée blanche en fin de séquence.

Pour la deuxième séquence de ponte, la mouche se retourne simplement par sa gauche de 180 ° pour aborder l'ostiole par l'avant. La position de ponte fait donc un angle de 180 ° par rapport à celle de la fin de la première séquence de ponte.

Pour la troisième séquence de ponte, la mouche, après s'être éloignée à la marche de l'ostiole, revient se placer à un angle d'approximativement 130 ° par rapport à la position de la deuxième séquence de ponte (mesure au rapporteur collé à l'écran...).

Pour la quatrième et dernière séquence de ponte, la mouche, après s'être éloignée à la marche de l'ostiole vers le bas de la figue, revient se placer à environ 40 ° par rapport à la position de début de la troisième séquence de ponte, soit 130 ° par rapport à la position de fin de la troisième séquence de ponte (mesures au rapporteur collé à l'écran...).

 

Il conviendra de confronter les enseignements de détail tirés de la vidéo avec ceux résultant de plusieurs autres observations d'une femelle en train de pondre, pour déterminer quels sont les comportements généraux des femelles de l'espèce et ceux éventuellement spécifiques à la femelle filmée sur la vidéo.

 

Sommaire

 

INFESTATION DES FIGUES / CAPACITE GLOBALE DE PONTE

 

INFESTATION DES FIGUES

Selon les observations de F. Silvestri, bien que la femelle ponde le plus fréquemment trois oeufs à l'intérieur de l'ostiole, le nombre d'oeufs trouvés dans une figue est souvent plus important.

Il précise qu'il est fréquent de trouver plus de quatre oeufs dans une figue au stade de l'inflorescence, et jusqu'à 50 à 100 dans des figues au stade de l'infrutescence. Il en a même compté 109 sous les écailles d'un mammone mûr de caprifiguier.

Ce surnombre d'oeufs peut s'observer parfois dès le mois de mai, mais plus particulièrement dans les mois suivants. Il concerne tout autant les caprifiguiers que les figuiers domestiques.

F. Silvestri pense que cela s'explique par la ponte de plusieurs femelles dans la même figue, en ayant constaté qu'en avril et en mai, lorsque les femelles sont en nombre plus réduit, il n'a dénombré que 1 à 4 oeufs dans les figues attaquées. Ainsi, tout début mai, sur 10 profichi de caprifiguier porteurs d'oeufs, il en a compté 8 avec 3 oeufs, 1 avec 4 oeufs et 1 avec 1 oeuf.

Il n'exclut pas toutefois que les femelles des générations du printemps et de l'été soient plus fécondes et qu'elles puissent pondre un nombre d'oeufs un peu supérieur à 4.

Son observation d'oeufs en grand nombre dans la même figue a été confirmée par celles publiées en 1983 par B. I. Katsoyannos, qui a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce).

Celui-ci rapporte qu'il a obtenu 63 pupes de Silba adipata McAlpine à partir d'une seule figue immature et qu'il en a obtenu aussi 24 à partir d'une figue ayant commencé à mûrir (B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h).

Pour ma part, sur environ 200 figues attaquées examinées en juin, juillet et août 2015 sur deux figuiers (variétés 'Grise de la Saint-Jean' et 'Bellone'), je n'ai trouvé que des figues présentant de un à quatre trous de sortie de larve ou contenant de une à quatre larves.

Mais il m'est arrivé d'observer un nombre plus élevé de larves à l'intérieur d'une même figue.

Ainsi, j'ai trouvé dans une même figue 5 larves une fois, et 6 larves une autre fois, en examinant un lot de 30 figues de deuxième récolte de la variété bifère 'Dauphine', attaquées par la mouche noire du Figuier et prélevées au mois d'août 2015 sur l'arbre d'un voisin.

De même, en tout début de saison 2016 (13 avril), j'ai ramassé quelques figues attaquées sur un arbre de la variété 'Grise de la Saint-Jean' et j'ai trouvé 6 larves dans la figue la plus grosse (2,1 cm de diamètre). Une des six larves était trois fois plus grosse que les autres, me faisant suspecter qu'elle était issue d'une ponte antérieure à celle (ou à celles, dans une même journée) ayant donné naissance aux cinq autres larves.

Deux jours après (15 avril), sur le même arbre de la variété 'Grise de la Saint-Jean', j'ai ramassé deux figues attaquées d'un gros diamètre pour l'époque (2,6 et 3,1 cm). La figue de 3,1 cm de diamètre contenait 4 larves, mais dans celle de 2,6 cm de diamètre j'ai dénombré 8 larves, de même taille (4 mm). Le fait que les larves soient de même taille ne m'a pas permis de savoir s'il s'agissait d'une même ponte ou de deux (voire plus) pontes successives dans la même journée.

 

CAPACITE GLOBALE DE PONTE

B. I. Katsoyannos a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte que bien qu'il ait observé des femelles pondre tout au long de la journée, excepté très tôt le matin, l'oviposition avait lieu dans l'après-midi jusqu'à la tombée de la nuit.

Il précise qu'il n'a observé des pontes que dans l'ostiole de figues immatures, le plus souvent celles qui étaient à l'ombre.

Rémi Pécout, technicien à la Chambre d'agriculture du Var, qui assiste notamment les producteurs de figues de la région de Solliès-Pont (le plus important verger commercial de figuiers en France), m'a fait part d'observations très intéressantes.

Au cours de ses tournées pour établir les bulletins d'avertissement concernant les parasites à destination des agriculteurs, il est amené à observer fréquemment et longuement la mouche noire du Figuier.

Il a remarqué que les mouches noires ne sont jamais nombreuses au même moment sur un figuier donné (jusqu'à cinq, selon ses observations), mais il souligne que compte tenu du nombre de figues attaquées sur ce figuier par chacune d'entre elles, le potentiel de nuisance est considérable. Surtout si le phénomène se reproduit quotidiennement.

Pour ma part, j'ai observé comme Rémi Pécout que le nombre de mouches noires présentes en même temps sur un figuier n'est ordinairement pas élevé.

J'en ai vu le plus souvent une à trois par arbre en même temps, mais il m'est arrivé une fois d'en dénombrer six sur le même figuier en fin de journée.

J'ai pu facilement les compter car j'ai réussi à les regrouper sur des rameaux voisins en les attirant par le latex suintant sur les zones d'attache de feuilles vertes que j'avais arrachées, mais je n'ai pu en photographier que cinq simultanément (photographie ci-dessous).

Cinq mouches noires du Figuier sur rameaux de l'année de la même branche

Cinq mouches noires du Figuier sur rameaux de l'année de la même branche
(grossissement : x 2 à 2,5 selon les individus)

Rémi Pécout m'a également rapporté une observation rare.

Il n'a trouvé que trois à quatre larves dans les figues attaquées qu'il a ouvertes, mais il a observé qu'une même mouche noire du Figuier visite successivement jusqu'à une vingtaine de figues dans le même figuier et pond dans chacune d'entre elles.

Ce comportement de ponte de la mouche noire du Figuier n'est pas rapporté par F. Silvestri.

La très intéressante observation de Rémi Pécout mérite un approfondissement car non documentée à ce jour, du moins à ma connaissance. Après des recherches approfondies sur Internet en plusieurs langues,  je n'ai trouvé aucune étude qui vienne la prolonger.

Si F. Silvestri n'en a pas parlé, était-ce parce qu'il s'agit d'un comportement général chez les mouches et que, pour lui, c'était sous-entendu ?

Combien la mouche noire du Figuier pond-elle d'oeufs en moyenne par jour ? Pour combien de figuiers visités (ou revisités) dans la journée et pour combien de figues attaquées par figuier ?

Pour ma part, j'ai observé le comportement rapporté par Rémi Pécout chez Ceratitis capitata Wiedemann (mouche méditerranéenne des fruits) et chez Drosophila suzukii Matsumura (Drosophile à ailes tachetées). Cela les amène à pondre plusieurs centaines d'oeufs au cours de leur courte vie.

Mais, pour Silba adipata McAlpine, je n'ai pas encore pu observer la ponte. J'ai seulement entrevu une ponte dans de mauvaises conditions en période où les figues mûres n'existent pas encore, et je n'en ai vu aucune en période de figues mûres.

Toutefois, de façon indirecte, je puis fournir un premier élément de réflexion.

Au mois de juin 2016, sur une touffe de la variété unifère 'Bellone' de 3 m de haut très fournie en figues, j'ai compté les figues immatures attaquées que je ramassais sur l'arbre quotidiennement en cette période où les figues mûres n'existaient pas encore pour la variété.

J'ai compté entre 8 et 12 figues attaquées par jour, de façon très régulière.

Sachant qu'il restait tous les jours sur la touffe plusieurs dizaines de figues immatures ayant la taille requise pour l'oviposition. Ce qui signifie que le nombre de figues attaquées constitue une saturation de la capacité de ponte intrinsèque de la mouche et non la saturation des figues immatures pouvant être attaquées présentes sur l'arbre.

Concernant le nombre de mouches observées sur la touffe concernée, j'ai pu constater qu'une seule mouche fréquentait de façon habituelle (quotidiennement) la touffe. En la photographiant, j'ai déterminé que c'était une femelle.

Bien entendu, on ne peut pas exclure que d'autres mouches aient également pondu. D'autant plus que j'ai pu observer, mais une journée seulement, 3 mouches noires du Figuier sur la touffe concernée.

A partir de ces observations, je puis déduire que si la mouche noire habituelle de la touffe a pondu seule, elle a attaqué de 8 à 12 figues par jour (en laissant intactes chaque jour plusieurs dizaines de figues immatures qui avaient la taille requise pour être attaquées).

Et que, si je me place dans le cas extrême de 3 mouches noires du Figuier ayant pondu quotidiennement, chacune d'entre elles a attaqué de 3 à 4 figues par jour.

 

Sommaire

 

TYPES DE FIGUES ATTAQUES

 

Selon le plan suivant : rareté des attaques sur figues mûres, variabilité de l'intensité des attaques sur figues immatures, taille des fruits attaqués, position des fruits attaqués, types de figuiers attaqués.

 

RARETE DES ATTAQUES SUR FIGUES MÛRES

F. Silvestri indique en page 141 que les attaques des figues mûres peuvent être considérées de peu d'importance économique parce qu'en ce qui concerne les variétés de figuiers domestiques, il n'en a jamais observé un pourcentage élevé.

Pour ma part, en 2015 j'ai noté quelques attaques de figues mûres, peu nombreuses et qui ont affecté la variété 'Grise de la Saint-Jean' seulement. J'ai remarqué qu'il s'agissait de figues ayant commencé à tourner ou en fin de véraison (pas de figues vraiment mûres ou très mûres...).

En 2016, sur mes trois figuiers ('Bellone', 'Grise de la Saint-Jean' et 'Col de Dame Noire'), je n'ai repéré aucune attaque de Silba adipata McAlpine sur figues mûres ou au stade de la véraison. Etant précisé que 2016 a été chez moi une année de faible production, avec des récoltes de figues nettement moindres qu'en 2015, notamment sur le figuier 'Grise de La Saint-Jean'.

La quasi-absence d'attaques des figues mûres est confirmée par B. I. Katsoyannos, qui a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il indique en effet qu'il n'a observé des pontes que dans l'ostiole de figues immatures (en précisant que, le plus souvent, celles-ci se trouvaient à l'ombre).

D'autre part, il relate l'expérience suivante qui montre que les oeufs de Silba adipata McAlpine sont rares dans les figues mûres.

Entre le 10 septembre et le 30 septembre 1981, B. I. Katsoyannos a ramassé 158 figues mûres, sur l'arbre ou tombées au sol, et il a dénombré les pupes obtenues à partir de celles-ci : une seule pupe de Silba adipata McAlpine, pour 660 pupes de Ceratitis capitata Wiedemann.

Pendant la même période, il a ramassé aussi 30 figues immatures et il n'a obtenu que des pupes de Silba adipata McAlpine (plus de 50).

M'inspirant de cette expérience, j'ai réalisé un test dont les résultats vont dans le même sens.

Entre le 15 et le 20 septembre 2016, j'ai ramassé 25 figues mûres sur mon figuier de la variété 'Col de Dame Noire', et les ai placées chacune dans une boîte en plastique fermée par un film alimentaire transparent, après avoir vérifié qu'elles ne présentaient pas de trous de sortie de larves.

J'ai suivi ensuite pendant un mois la libération de larves, les pupations et les naissances des imagos.

Une seule de ces figues mûres a libéré une larve de Silba adipata McAlpine, dont j'ai pu observer ensuite l'imago. Les 24 autres figues mûres ont donné naissance à des imagos de Ceratitis capitata Wiedemann ou n'ont donné naissance à aucune mouche.

Je précise que j'ai observé, tous les jours de septembre, de 1 à 2 mouches noires du Figuier sur l'arbre duquel provenaient les 25 figues mûres.

 

VARIABILITE AU COURS DE L'ANNEE DE L'INTENSITE DES ATTAQUES SUR FIGUES IMMATURES

F. Silvestri mentionne en page 139 que pour le figuier domestique, c'est à dire celui qui porte des figues comestibles, les dégâts les plus importants sont constatés au mois de juillet (dans la région de Naples) sur les jeunes figues immatures.

Il indique qu'après le mois de juillet les attaques sur les figues au stade de l'inflorescence (c'est à dire immatures) diminuent fortement, en précisant que celles sur les figues au stade de l'infrutescence (c'est à dire mûres ou au stade de la véraison) sont rares.

Il ajoute que, dans la région de Naples, en octobre et novembre la variété 'Natalino' (très tardive) est attaquée.

J'ai observé moi aussi une variabilité des intensités des attaques de Silba adipata McAlpine au cours de l'année, mais pas exactement selon la même chronologie.

En 2015, ma campagne d'observation de Silba adipata McAlpine a débuté en juin seulement. J'ai pu noter une forte intensité des attaques sur figues immatures dures et vertes pendant le mois de juin et début juillet, puis une quasi-absence d'attaques du 15 juillet à début septembre.

En 2016, ma campagne d'observation de Silba adipata McAlpine a commencé dès les premiers jours de mars, début du débourrement des feuilles et du gonflement des figues fleurs (même si je n'ai observé des attaques qu'à partir du tout début avril).

J'ai constaté une forte intensité des attaques sur figues immatures vertes de début avril à la troisième semaine de juin incluse.

Les attaques ont diminué la dernière semaine de juin et ont totalement disparu pendant les mois de juillet et août, pour reprendre faiblement début septembre.

Il est important de noter que cette baisse des attaques sur figues immatures n'est pas liée à une éventuelle quasi-disparition de celles-ci en raison de l'atteinte de la maturité.

En effet, le mode de fructification du Figuier induit la coexistence sur un arbre donné de nombreuses figues immatures avec les figues mûres, quelle que soit la variété.

D'autre part, mes figuiers (variété bifère 'Grise de la Saint-Jean' et variétés unifères 'Bellone' et 'Col de Dame Noire') ont des périodes de fructification différentes et, si l'on considère les trois arbres, il existe des figues vertes immatures sans interruption de début mars à fin septembre.

Ainsi, ce sont les figues fleurs immatures de la variété 'Grise de la Saint-Jean' qui sont attaquées les premières, puis ce sont les figues immatures de la variété unifère 'Bellone', suivies des figues immatures de deuxième récolte de la variété 'Grise de la Saint-jean', en recouvrement avec les figues immatures de la variété unifère semi-tardive 'Col de Dame Noire'. Les figues immatures de la variété unifère 'Bellone' d'extrême fin de saison pour cette variété étant portées (et attaquées) première décade de septembre, au même moment que les figues immatures de la variété 'Col de Dame Noire' coexistant avec les figues mûres de cette variété.

J'ai donc constaté l'absence d'attaques sur figues immatures aux mois de juillet et août alors qu'elles étaient particulièrement nombreuses pour la variété 'Grise de la Saint-Jean' (figues de deuxième récolte) et pour la variété unifère 'Col de Dame Noire', et qu'elles étaient encore présentes, en nombre moindre mais significatif, pour la variété unifère 'Bellone'.

 

TAILLE DES FRUITS ATTAQUES

Selon mes observations sur plusieurs variétés de figuier (diamètre des figues attaquées mesuré au pied à coulisse), la taille critique des figues immatures pour l'attaque de la mouche noire du Figuier est 1,5 cm de diamètre. Les figues immatures attaquées de 2,5 à 3 cm de diamètre sont nombreuses, sachant que le diamètre des plus grosses figues immatures attaquées que j'ai ramassées est de 3,4 cm.

En mesurant au pied à coulisse une centaine de figues immatures attaquées de la variété unifère Bellone entre mi-juin et mi-juillet 2015, j'ai constaté que 90 % d'entre elles avaient un diamètre (et non une longueur) de 2,2 cm à 2,7 cm environ. Pour les 10 % restants, le diamètre était soit plus petit, soit plus grand.

Rémi Pécout, technicien à la Chambre d'agriculture du Var, a constaté sur la variété unifère 'Viollette de Solliès' que le stade favorable au dépôt des oeufs dans les figues par la mouche noire du Figuier est un diamètre de 1,5 à 2,5 cm.

 

POSITION DES FRUITS ATTAQUES

Selon mes observations, les jeunes figues vertes immatures qui sont attaquées (ponte) en début de saison, époque où il n'y a pas encore de figues mûres, se trouvent aussi bien à l'intérieur de l'arbre qu'en périphérie (que la variété soit bifère ou unifère).

En cette période, la mouche noire du Figuier va chercher les figues dans lesquelles pondre partout où elles se trouvent.

J'ai noté aussi qu'il n'existe pas d'ordre de priorité entre les figues immatures de la périphérie de l'arbre et celles de l'intérieur. La mouche noire du Figuier n'épuise pas les figues immatures de périphérie avant de s'attaquer à celles du centre de l'arbre. De nombreuses figues immatures de l'intérieur sont attaquées alors même qu'il reste de nombreuses figues immatures en périphérie de l'arbre qui ont la taille requise pour l'oviposition.

De même, il n'existe pas de préférence pour les figues immatures les plus hautes. Les figues immatures de mi-hauteur et du sommet sont attaquées en même temps. Si on observe l'arbre à un instant donné, les figues attaquées se répartissent d'une façon qui semble être aléatoire à tous les niveaux de hauteur et il en est de même pour les figues de taille requise pour l'oviposition qui n'ont pas été attaquées.

Toutefois, en observant tout au long du mois de juin 2016 une touffe de la variété unifère  'Bellone' de 3 m de hauteur portant environ 300 figues, j'ai fait une observation particulière concernant les figues immatures situées près du sol. Il conviendra de vérifier cette observation les prochaines années.

Les figues immatures situées au-dessous de 1,50 m et ayant atteint le diamètre minimal pour susciter la ponte n'ont pas été attaquées dans un premier temps.

Les figues immatures attaquées les premières ont été celles situées entre 1,50 m et le sommet de l'arbre. Au bout de deux semaines, lorsque les figues immatures non attaquées du dessus ont baissé en quantité (en restant toutefois encore nombreuses), les figues immatures situées au-dessous de 1,50 m ont commencé à être attaquées.

J'ai trouvé dans la littérature une seule observation concernant la position sur l'arbre des fruits attaqués.

En 1950, R. Pussard, directeur de la Station de zoologie agricole et de l'Insectarium d'Antibes, indiquait "Il semble que les fruits attaqués soient particulièrement ceux qui se trouvent à l'extrémité des rameaux, à la périphérie de l'arbre que paraît rechercher cet insecte thermophile" (R. Pussard - A propos de la mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck., comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 36, pp. 144-145, 1950).

Cette indication (fruits attaqués situés "particulièrement" en périphérie) semble divergente avec ce que j'ai observé.

Je puis simplement faire la remarque que, de par le mode de fuctification du Figuier, le nombre de figues à la périphérie est significativement plus important que celui des figues à l'intérieur de l'arbre. Ce qui a pour résultat que le plus grand nombre de fruits attaqués se situent en périphérie, même si les figues de l'intérieur et de la périphérie sont attaquées en même temps.

En ce qui concerne la position sur le rameau des fruits attaqués, j'ai remarqué que les jeunes figues immatures attaquées (ponte) en période où il n'existe pas encore de figues mûres se situent à tous les niveaux du rameau.

Selon mes observations, la raison paraît en être que la mouche noire du Figuier préfère le plus souvent (mais pas toujours) la figue immature la plus grosse du rameau, parmi celles ayant atteint la taille requise pour la ponte. Et que celle-ci, d'un rameau à l'autre, n'a pas toujours la même position sur le rameau.

En ce qui concerne la position des figues sur le rameau, le comportement de la mouche noire du Figuier est différent pour la ponte dans les figues immatures et pour la nutrition sur figue mûres.

En effet, j'ai observé que les figues mûres fréquentées pour la nutrition par la mouche noire du Figuier sont celles de l'extrémité des rameaux.

 

TYPES DE FIGUIERS ATTAQUES

F. Silvestri indique qu'en Algérie la mouche noire du Figuier attaque également l'espèce Ficus pseudocarica Batt. et Trab.

Concernant les types de figuiers attaqués, F. Silvestri rapporte d'intéressantes observations.

Il a remarqué que la mouche noire du Figuier préfère les figuiers en situation abritée du vent et ceux qui ont une frondaison dense.

Il souligne que, dans un même champ, les arbres ne sont pas attaqués avec la même intensité ; on peut même observer des arbres indemnes à proximité d'arbres profondément infestés.

Ce dernier point mentionné par F. Silvestri peut paraître surprenant, mais je peux le confirmer.

A 5 m du sujet en touffe de la variété unifère 'Bellone' (âgée de 17 ans) et du sujet conduit en tronc de la variété bifère 'Grise de La Saint-Jean' (âgé de 15 ans) sur lesquels j'ai réalisé principalement mes observations, se trouve une touffe de la variété unifère 'Col de Dame Noire'. Alors que les deux premiers sujets sont fortement infestés par la mouche noire du Figuier, le sujet de la variété 'Col de Dame Noire' n'a présenté qu'une dizaine de figues attaquées...

F. Silvestri a analysé les attaques de la mouche noire du Figuier au regard des variétés de figuier.

En premier lieu, celle-ci attaque aussi bien le caprifiguier que le figuier domestique, mais elle a une préférence pour le premier.

En second lieu, pour les caprifiguiers comme pour les figuiers domestiques, toutes les variétés ne sont pas attaquées.

F. Silvestri a remarqué que ce sont les variétés à écailles ostiolaires grandes et disposées presque horizontalement qui le sont, contrairement aux variétés qui ont des écailles ostiolaires courtes et rentrant dans l'ostiole.

Il a noté que les variétés de caprifiguier produisant des figues ovoïdes à cavité centrale bien développée sont particulièrement attaquées par la mouche noire du Figuier.

Toutefois, F. Silvestri a observé que dans les figues de caprifiguier dont la cavité centrale est entièrement occupée par des fleurs étroitement proches les unes des autres ou par des fleurs porteuses de galles du blastophage, les jeunes larves meurent presque toutes car elles ne peuvent pas se mouvoir entre les parties distales des fleurs qui les compriment.

De ce fait, les pertes dues à la mouche noire du Figuier sont peu élevées chez le caprifiguier car le nombre de Mamme et de Profichi infestés par le blastophage est généralement très important.

Il n'en va pas de même avec le Figuier domestique, chez lequel la mouche noire du Figuier peut occasionner des pertes de fruits très importantes.

Ainsi, F. Silvestri a constaté au cours des années 1916 et 1917 des pertes de 50 % et plus à Portici et dans les localités avoisinantes.

F. Silvestri indique qu'il n'a observé de forts dégâts que dans certains vergers, dans d'autres les pertes dues à la mouche noire du Figuier furent négligeables.

Ces observations sont à rapprocher de celles rapportées par  J. Ghesquière en 1949 (J. Ghesquière : La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949). 

Cette année là, J. Ghesquière a constaté des pertes de 25 à 30 % dans la région de Menton. Il précise que les dégâts étaient plus fréquents à partir de 250 m d'altitude que dans les vallées basses.

Il indique que dans le village de Gorbio, les pertes de récolte par l'action conjuguée de la mouche noire du Figuier et de la mouche méditerranéenne des fruits ont dépassé les 90 %.

 

Sommaire

 

LA LARVE : DESCRIPTION

 

Il s'agit d'un asticot blanchâtre composé de plusieurs courts segments, dont l'extrémité antérieure est en pointe et noirâtre, avec une capsule céphalique rétractable, l'extrémité postérieure étant large et tronquée, munie de deux points plus difficilement visibles à l'oeil nu (appelés stigmates et qui sont des orifices respiratoires).

Mouche noire du Figuier : larve trouvée à l'intérieur d'une figue infestée

Mouche noire du Figuier : larve à son développement maximal trouvée à l'intérieur d'une figue
(taille réelle : 8 mm ; grossissement x 18 ; à gauche extrémité antérieure)

Je livre ci-après sa description détaillée selon le plan suivant : morphologie générale, capsule céphalique, armature pharyngienne, zones particulières, mammelons ambulatoires.

 

MORPHOLOGIE GENERALE

Sur les photographies, il est quasiment impossible de compter très exactement le nombre de segments constituant la larve.

F. Silvestri dénombre onze segments en sus d'une "tête" rétractable, les trois premiers à partir de la "tête" formant le thorax et les huit autres formant l'abdomen.

Comme toutes les larves de mouche, la larve de la mouche noire du Figuier passe par trois stades de développement.

F. Silvestri expose les différences anatomiques entre la larve qui vient de naître (stade 1) et celle ayant atteint son développement maximal (stade 3), en étant muet sur le stade 2.

Celles-ci portent sur la face ventrale de l'extrémité antérieure et sur le nombre d'orifices respiratoires, appelés stigmates, qui sont au nombre de  2 au stade 1 et de 4 au stade 3.

Mais la morphologie globale de la larve est pratiquement la même pendant les trois stades.

Selon les observations de F. Silvestri, la larve qui vient de naître fait environ 0,8 mm de long pour 0,18 mm dans sa partie la plus large et la larve au troisième stade atteint 7 à 8 mm de long pour 1,10 à 1,30 mm dans sa partie postérieure la plus large.

La larve à son complet développement est donc dix fois plus longue que la larve qui vient de naître. Elle est proportionnellement légèrement plus étroite.

Pour ma part, j'ai pu observer une différence de taille de l'ordre de 1 à 5 entre les larves d'une figue à l'autre, en ouvrant plusieurs dizaines de figues infestées ne présentant pas de trous de sortie de larve, prélevées sur trois figuiers différents. Sans doute parce que les larves de plus petite taille ont échappé à mon observation.

Selon mes observations, les larves visibles dans la cavité centrale sont celles de petite taille tandis que celles de grande taille se trouvent plutôt dans les galeries creusées au niveau du placenta.

Mouche noire du Figuier : larves à leur développement maximal (stade 3) trouvées dans une même figue

Mouche noire du Figuier : larves à leur développement maximal (stade 3) trouvées dans une même figue

Pour la description des différentes parties de la larve, ci-après, je m'en tiendrai à la larve de stade 3, dite "larve adulte" par F. Silvestri, sachant que, comme je l'ai indiqué, la morphologie de la larve est globalement la même à ses différents stades de développement.

 

CAPSULE CEPHALIQUE

F. Silvestri nomme "tête" l'extrémité antérieure de la larve, mais les entomologistes contemporains classe la larve des mouches parmi les larves acéphales et identifie une "capsule céphalique".

Celle-ci est rétractable et le plus souvent entièrement enfoncée dans le corps.

Lorsqu'elle se projette vers l'extérieur, elle laisse apparaître sur la face ventrale deux crochets buccaux. Ceux-ci jouent dans le plan vertical et, selon certains entomologistes, serviraient aussi d'organes locomoteurs.

Mouche noire du Figuier : larve à son stade de développement ultime (taille réelle : environ 8 mm)

Mouche noire du Figuier : larve à son stade de développement ultime, vue en face ventrale (taille réelle : 8 mm)
(noter les deux crochets buccaux à l'extrémité antérieure, à gauche, et les deux stigmates à l'extrémité postérieure, à droite)

F. Silvestri indique que la "tête" porte deux antennes très courtes, constituées de deux articles, qui surplombent la bouche, cette dernière observable (en fort grossissement seulement) sur la partie ventrale. L'orifice de la bouche n'est pas visible sur les photographies, a fortiori à l'oeil nu.

Mouche noire du Figuier : extrémité antérieure de la larve au stade 3, vue ventrale

Mouche noire du Figuier : extrémité antérieure de la larve au stade 3, vue de dessous
A = antenne, partie dorsale, B = antenne, partie ventrale,
C = sensilles (récepteurs) pré-oraux, D = mandibule (crochet buccal), E = lèvre inférieure
(crédit :
F. Silvestri)

F. Silvestri précise que les lobes oraux sont situés sur la face ventrale et en partie sur le côté et qu'ils présentent des lignes transversales denses, qu'il a représentées sur la figure ci-dessus. Sur le côté interne des mandibules, ils se terminent par une lame légèrement lobée, également représentée sur la figure ci-dessus.

Les antennes se trouvent à l'extrémité de la pointe antérieure de la larve, juste au-dessus des crochets buccaux, et elles s'observent difficilement sur les photographies.

On les distingue mieux sur les vues de dessous ou latérales que sur les vues de dessus car elles sont implantées au bas de la pente de l'extrémité antérieure, et non sur le dessus, au début de la pente.

Mouche noire du Figuier : extrémité antérieure de la larve au stade 3, vue latéralement

Mouche noire du Figuier : extrémité antérieure de la larve au stade 3, vue latéralement
A = antenne, partie dorsale, B = antenne, partie ventrale,
C = sensilles (récepteurs) pré-oraux, D = mandibule (crochet buccal), E = lèvre inférieure
(crédit :
F. Silvestri)

 

ARMATURE PHARYNGIENNE

Si l'on observe de près la larve vue de dessus, on remarque à l'extrémité antérieure par transparence une pièce noire en forme de "Y". 

Il s'agit de l'armature pharyngienne, squelette chitineux sur lequel s'attachent les muscles de la pompe pharyngienne et ceux des crochets buccaux.

L'armature pharyngienne et les crochets buccaux constituent la pointe noire visible à l'oeil nu à l'extrémité de la larve.

Mouche noire du Figuier : larve à son stade de développement ultime, vue de dessus (taille réelle : environ 8 mm)

Mouche noire du Figuier : larve à son stade de développement ultime, vue de dessus (taille réelle : environ 8 mm)
(noter l'armature pharyngienne et les mandibules observables par transparence à l'extrémité antérieure, à droite)

F. Silvestri fournit un dessin de l'armature pharyngienne. Il me semble intéressant de le produire ci-après pour comprendre ce que l'on voit de façon moins détaillée sur les photographies.

Mouche noire du Figuier : dessin de l'armature pharyngienne située dans l'extrémité antérieure de la larve

Mouche noire du Figuier : dessin de l'armature pharyngienne située dans l'extrémité antérieure de la larve
(à gauche, vue de dessous, dessinée étirée ; à droite, vue latérale avec les mandibules)
(crédit :
F. Silvestri)

 

ZONES PARTICULIERES
 

Stigmates

Les stigmates sont des orifices extérieurs du système respiratoire.

A l'extrémité postérieure de la larve, on observe deux stigmates de couleur brune en position dorsale sur la partie tronquée du dernier segment.

F. Silvestri mentionne l'existence de deux stigmates antérieurs, qu'il décrit (et dessine de façon isolée). Mais il n'indique pas où ils se situent et sur les dessins d'ensemble de la larve, ou de sa partie antérieure, ils ne sont pas explicitement désignés. N'ayant pas pu, ou su, les observer, j'ignore où ils se trouvent exactement.

Contrairement aux stigmates postérieurs, ils ne sont pas visibles à l'oeil nu.

Toutefois, en regardant les dessins de la larve de Ceratitis capitata Wiedemann que F. Silvestri fournit un peu plus loin dans son article pour prévenir la confusion avec la larve de la mouche noire du Figuier, je constate qu'elle porte les stigmates antérieurs en position latérale supérieure, en zone arrière du premier segment thoracique.

On peut raisonnablement supputer qu'il en est de même pour la mouche noire du Figuier...
 

Zone anale

F. Silvestri indique que la face ventrale du dernier segment présente une petite zone circulaire qui entoure les valves anales et qui est pourvue de fortes spinules en 2-3 séries irrégulières derrière l'anus et en 2 séries devant celui-ci.

Je n'ai pas pu reconnaître la zone anale sur les photographies, a fortiori à l'oeil nu.

 

MAMELONS AMBULATOIRES

Si l'on observe de près la larve vue latéralement, on constate que sa partie ventrale n'est pas lisse.

Elle est pourvue de mamelons ambulatoires transversaux.

Mouche noire du Figuier : larve à son stade de développement ultime, vue latéralement

Mouche noire du Figuier : larve à son stade de développement ultime, vue latéralement
(taille réelle : 8 mm ; noter les mamelons ambulatoires transversaux sur la face ventrale)

F. Silvestri détaille le relief ventral d'aide à la déambulation de la façon suivante.

Le premier segment thoracique présente 3 à 5 lignes de petites pointes ; le deuxième segment thoracique porte quelques pointes sur le côté dans sa partie antérieure ou, quelquefois, est lisse ; le troisième segment thoracique est lisse.

Chacun des segments abdominaux présente un rehaussement transversal, situé dans sa partie antérieure.

Le rehaussement du premier segment abdominal porte 3 à 4 lignes transversales de pointes d'égale hauteur ; le rehaussement des autres segments abdominaux porte 3 lignes transversales de pointes, ces dernières plus hautes dans la ligne du milieu.

 

Sommaire

 

MODE DE VIE DE LA LARVE DANS LA FIGUE

 

J'expose ci-après le mode de vie de la larve selon le plan suivant : comportement de la larve, comprendre les dégâts, abandon de la figue par la larve, rechercher des larves.

 

COMPORTEMENT DE LA LARVE

Selon les observations de F. Silvestri, dans les jeunes figues immatures au stade inflorescence des caprifiguiers, les larves nouvellement nées traversent le conduit ostiolaire et se rendent dans la cavité centrale, sur les fleurs qui la tapissent.

Elles commencent par attaquer les styles, puis les ovaires en les vidant après en avoir percé la paroi et y avoir introduit l'extrémité antérieure.

Quand elles ont atteint la taille de 6-7 mm de long, les larves s'insinuent entre les fleurs et attaquent les pédoncules, ainsi que le parenchyme qui les soutient.

Lorsqu'elles sont complètement développées, ou presque, les larves creusent une galerie dans l'épaisseur du parenchyme, puis percent un trou dans la peau pour sortir de la figue.

Elles se laissent alors chuter au sol et s'enfouissent à faible profondeur (2 à 10 cm) pour se transformer en pupe.

F. Silvestri ajoute que dans les figues mûres du caprifiguier, les larves se nourrissent également des reliquats de fleurs dans la cavité centrale et du parenchyme sous-jacent, mais, en outre, elles s'introduisent dans les galles du blastophage par le trou de sortie de celui-ci et en dévorent la couche molle.

Par contre, dans les figues de caprifiguier dont les fleurs sont encore infestées par le blastophage et remplissent totalement la cavité centrale, les jeunes larves meurent car elles ne peuvent pas se mouvoir entre les parties distales des fleurs qui les compriment.

F. Silvestri indique aussi que dans les jeunes figues immatures du figuier domestique, par exemple de la variété 'Troiano', les jeunes larves abandonnent rapidement la cavité centrale de la figue pour attaquer plus particulièrement le parenchyme de la paroi du sycone, dans lequel elles creusent une galerie.

Il précise que celle-ci est sinueuse, d'une longueur de 2 cm environ et d'environ 1 mm de diamètre. La couleur de sa paroi est brunâtre, plus ou moins sombre, contrastant avec la couleur blanche des parties saines du placenta.

Les observations de F. Silvestri confirment le constat de présence de larves de petite taille dans la cavité centrale et de larves de plus grande taille dans les galeries creusées dans le placenta dont j'ai fait état plus haut dans l'article.

Elles me permettent aussi de comprendre les dégâts de larve que j'observe.

 

COMPRENDRE LES DEGÂTS DE LA LARVE

En regardant les dégâts de larve de plus près, j'observe que la couleur brune de la cavité centrale des figues attaquées est due à la dégradation de la partie terminale des styles qui est raccourcie et effilochés en deux brins, brunissant par suite de cette détérioration.

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue
(les styles ont une extrémité brunie, raccourcie et effilochée en deux brins)

Ce sont les jeunes larves qui ont dévoré l'infrutescence en surface.

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue
(les styles ont une extrémité brunie, raccourcie et effilochée en deux brins)

Lorsque je repousse de l'intérieur l'infrutescence à proximité des trous de sortie de larve pour dégager la face interne de la peau, j'observe de larges zones brun clair.

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve contre la peau, sous l'infrutescence

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve contre la peau, sous l'infrutescence
(noter le trou de sortie de larve vu de l'intérieur, dans le haut de la zone brun clair)

Ces amas de résidus brun clair, plus ou moins épais, se trouvent entre l'infrutescence et la peau de la figue. Plus précisément, sous les pédoncules des fruits et contre la paroi interne de la peau. Ils résultent de la destruction du placenta par les larves de grande taille, au fur et à mesure du creusement des galeries. Ce sont, en quelque sorte, les galeries mises à plat.

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve sous l'infrutescence (dans le placenta)

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve sous l'infrutescence (dans le placenta)

Les larves de grand taille sectionnent les pédoncules des fruits en creusant les galeries dans le placenta.

Mouche noire du Figuier : pédoncule d'un fruit sectionné par la larve (en haut, à droite)

Mouche noire du Figuier : pédoncule d'un fruit sectionné par la larve (en haut, à droite)

 

Mouche noire du Figuier : la larve sectionne les pédoncules des fruits en creusant des galeries

Mouche noire du Figuier : la larve sectionne les pédoncules des fruits en creusant des galeries dans le parenchyme

Pour mettre à nu les galeries, F. Silvestri indique un procédé que j'ai utilisé.

Il faut repérer un trou de sortie de larve en surface de la figue.

Mouche noire du Figuier : repérage de deux trous de sortie de larve

Mouche noire du Figuier : repérage de deux trous de sortie de larve (et choix de celui en bas à droite)

A partir du trou repéré, couper la peau en longueur en entamant légèrement le placenta.

Mouche noire du Figuier : début de mise à nu de la galerie creusée par la larve

Mouche noire du Figuier : début de mise à nu de la galerie creusée par la larve

 

Mouche noire du Figuier : détail de la galerie creusée par la larve

Mouche noire du Figuier : détail de la galerie creusée par la larve

En poursuivant ainsi tout en tournant autour de la figue, le résultat est édifiant...

Mouche noire du Figuier : galeries creusées par les larves

Mouche noire du Figuier : galeries creusées par les larves

 

ABANDON DE LA FIGUE PAR LA LARVE

Lorsque la larve a atteint sa taille maximale, elle perce un trou dans l'épiderme de la figue pour s'extraire de celle-ci.

Selon les mesures de F. Silvestri, ce trou fait 0,5 à 0,7 mm de diamètre.

J'ai observé que la position du trou sur la figue est très variable. F. Silvestri a effectué le même constat et indique que sur 110 jeunes figues attaquées de la variété 'Troiano', 57 présentaient le trou sur la moitié inférieure et 53 sur la moitié supérieure, dans quelques cas positionné très près de l'ostiole ou du pédoncule.

Mouche noire du Figuier : larve achevant de forer son trou de sortie de la figue

Mouche noire du Figuier : larve achevant de forer son trou de sortie de la figue

La larve sort ensuite de la figue, le plus souvent alors que la figue est encore sur l'arbre, la larve chutant alors au sol.

Selon les observations de F. Silvestri, il arrive que les larves ne quittent la figue qu'après que celle-ci soit tombée à terre. Pour ma part, je peux seulement rapporter que, dans de rares cas, j'ai trouvé encore des larves dans des figues avec trous de sortie de larve que j'avais ramassées sur l'arbre.

J'ai observé que la sortie de la larve par le trou qu'elle a foré s'effectue en deux à trois minutes.

Mouche noire du Figuier : larve commençant à sortir de la figue

Mouche noire du Figuier : larve commençant à sortir de la figue

La larve se contorsionne lentement pour se dégager peu à peu, le trou étant étroit par rapport au diamètre de son corps. En fin de dégagement, elle se projette littéralement hors de la figue par une détente brusque du corps.

Mouche noire du Figuier : larve quittant la figue

Mouche noire du Figuier : larve quittant la figue en se contorsionnant

J'ai remarqué que les larves en contact avec la terre s'enfouissent rapidement : en quinze à trente secondes. Mais certaines sont plus lentes à s'enfouir et mettent jusqu'à 90 secondes pour disparaître de la surface.

J'ai également pu observer que les larves déposées sur de la terre se déplacent par bonds successifs de l'ordre de 5 cm pour trouver un endroit propice à leur enfouissement. Pour effectuer un bond, la larve se replie sur elle-même en cercle, puis détend brusquement son corps.

Enfin, j'ai pu noter que pour s'enfouir, les larves peuvent se tenir verticalement par rapport au niveau de la terre sur la totalité de leur corps, après avoir introduit leur partie antérieure dans la terre.

Selon les observations de F. Silvestri, la durée de vie de la larve dans la figue (entre la naissance et l'abandon de la figue) est de 7 à 24 jours selon les saisons (et vraisemblablement selon l'état de l'inflorescence ou de l'infrutescence, précise F. Silvestri).

Par exemple : 24 jours en avril dans des profichi et 6 à 7 jours dans des mammoni en août.

 

RECHERCHE DES LARVES

La recherche des larves est souvent difficile car elles ont la même couleur blanchâtre que l'inflorescence ou l'infrutescence et elles font seulement la taille d'une fleur ou d'un fruit lorsqu'elles ont atteint leur développement maximal. Bien moins, lorsqu'elles sont jeunes...

Mouche noire du Figuier : comparaison de taille entre la larve et les fruits

Mouche noire du Figuier : comparaison de taille entre la larve à son développement maximal et les fruits

 

Mouche noire du Figuier : comparaison de taille entre une larve et un fruit

Mouche noire du Figuier : comparaison de taille entre une larve à son développement maximal et un fruit
(noter le fruit au-dessus de la larve, avec style endommagé, graine jaune dans l'ovaire et pédoncule partiellement visible)

Voici mon procédé pour observer les larves.

Je repère sur l'arbre les jeunes figues immatures vertes qui commencent juste à virer au rouge violacé (par le sommet) et je les ramasse. Par expérience, je sais que les figues de ce type sont des figues attaquées et que la plupart d'entre elles contiennent encore les larves. Je vérifie d'ailleurs qu'elles ne présentent pas de trous de sortie de larve.

Je les place sur un plat et les ouvre (en les coupant en deux dans le sens de la largeur, car les galeries dans le placenta se voient mieux que si l'on pratique une coupe longitudinale). Une fois les figues ouvertes,  je constate les dégâts de larve (cavité centrale brunâtre et galeries dans le placenta). Je place le plat au soleil.

Une partie des larves sortent d'elles-mêmes, soit quasi immédiatement, soit dans le délai d'une minute, en s'extirpant des galeries, puis en quittant brusquement la figue par un bond de plusieurs centimètres (en se propulsant par une brusque détente de leur corps préalablement replié sur lui-même, les deux extrémités jointes).

Les larves peuvent continuer à sortir des demi-figues pendant une demi-heure à trois quarts d'heure. Dans un lot de figues, parfois même dans la même figue, elles sont de tailles différentes. Lorsque la différence de taille est importante au sein de la même figue, cela pourrait signifier qu'il y a eu deux pontes successives dans l'ostiole, séparées de quelques jours (par des femelles différentes).

Les larves contenues dans la cavité centrale de la figue sont généralement de très petite taille. Celles contenues dans les galeries creusées dans le placenta sont de grande taille. C'est dû au fait que la larve se nourrit de l'inflorescence ou de l'infrutescence lorsqu'elle est jeune et qu'ensuite elle se nourrit du placenta en y creusant des galeries.

Parfois, une larve de grande taille se retrouve dans la cavité centrale car lors de l'ouverture de la figue pour observation on détruit une partie de la galerie où elle se trouve.

J'ai observé que les larves ayant atteint leur développement maximal font preuve d'une grande vivacité alors que les larves de petite taille en sont dépourvues.

J'ai également noté que les larves de toute petite taille ne sortent pas de la figue ouverte. Après s'être manifestées par des mouvements au sein de la cavité centrale, juste après l'ouverture de la figue car elles ont été dérangées, elles s'enfoncent dans l'inflorescence ou l'infrutescence et y restent cachées.

Voici un exemple de difficulté à trouver des larves dans une figue attaquée. Sur la photographie ci-dessous, la figue attaquée est grossie cinq fois (diamètre réel 2 cm). Il n'y a pas encore de galeries creusées dans le placenta, donc les larves sont très petites. La cavité centrale de la figue est large et aucune larve n'est visible. Les dégâts brunâtres sont pourtant très visibles au niveau de l'infrutescence.

Mouche noire du Figuier : les larves sont généralement difficiles à trouver

Mouche noire du Figuier : les larves sont généralement difficiles à trouver

Sur l'agrandissement photographique maximal de la cavité centrale, présenté ci-dessous, on remarque pourtant que la cavité centrale contient au moins une larve. La partie postérieure de la larve munie de deux stigmates se distingue, presque à la verticale, au centre de la photographie.

Mouche noire du Figuier : larve difficilement visible dans la cavité centrale de la figue, parmi l'infrutescence

Mouche noire du Figuier : larve difficilement visible dans la cavité centrale de la figue, parmi l'infrutescence dégradée
(au centre, presque à la verticale, on distingue la partie postérieure avec les deux stigmates)

Souvent, même si l'on coupe en quatre la petite figue infestée, il est difficile d'observer une larve car elle reste tapie dans l'infrutescence ou dans les galeries creusées dans le placenta.

Si j'ai peu de figues attaquées à disposition et qu'aucune larve ne sort spontanément, j'écarte délicatement les parois des galeries avec une pince fine à dissection en enlevant morceau par morceau la paroi de la galerie côté épiderme de la figue, en m'aidant d'une loupe.

Pour trouver une larve au milieu de l'infrutescence, je m'aide également d'une loupe pour surveiller les mouvements éventuels qui trahissent la larve plutôt que d'essayer de repérer la larve elle-même.

A peine sortie de la figue, la larve de grande taille (celle qui a achevé son développement) est très vive, remuant le corps en tout sens, en se fixant à l'assiette par son extrémité postérieure et en relevant son extrémité antérieure.

Elle arrive même à se tenir une seconde totalement à la verticale.

Mouche de la figue : la larve placée sur un plat arrive à se tenir à la verticale au cours de ses contorsions

Mouche de la figue : la larve placée sur un plat arrive à se tenir à la verticale au cours de ses contorsions
(noter l'ombre de la larve, montrant qu'elle est à la verticale)

 

Mouche de la figue : la larve (sur un plat) arrive à se tenir à la verticale au cours de ses contorsions

Mouche de la figue : la larve sur un plat arrive à se tenir à la verticale au cours de ses contorsions
(les crochets buccaux indiquent la face ventrale ; noter les antennes au-dessus des crochets buccaux)

Cette observation montre la force que peut déployer la larve ayant atteint sa taille maximale, force qui lui est nécessaire pour se déplacer dans le placenta, pour sortir de la figue et pour s'enfouir sous terre.

Mais la larve n'arrive pas à se mouvoir sur l'assiette, elle se débat sur place, ses crochets buccaux semblant ne pas pouvoir se fixer suffisamment pour l'aider à se mouvoir.

La larve arrive néanmoins à se déplacer par bonds successifs, en se repliant sur elle-même, les deux extrémités se touchant, puis en se détendant brutalement. Les bonds sont de l'ordre de 3 à 5 cm, mais j'ai vu une larve particulièrement vive quitter l'assiette où je l'avais placée par un bond de 15 cm...

Mouche noire du Figuier : larve se repliant sur elle-même pour effectuer un bond en se détendant brutalement

Mouche noire du Figuier : larve se repliant sur elle-même pour effectuer un bond en se détendant brutalement

Au bout d'une à deux minutes, les contorsions sont plus lentes, la larve s'épuisant.

J'ai observé que les larves les plus vives posées sur une assiette l'été en plein soleil (pour être observées à la loupe et photographiées) ne donnent plus signe de vie au bout d'une demi-heure environ.

 

Sommaire

 

LA PUPE

 

Abordons maintenant le stade suivant la larve : la nymphose à l'état de pupe. Selon le plan suivant : nymphose, description de la pupe, une observation étrange.

 

NYMPHOSE

Nous venons de voir que lorsqu'elle est complètement développée, ou presque, la larve creuse une galerie dans l'épaisseur du parenchyme. Puis elle perce un trou dans la peau pour sortir de la figue.

Elle se laisse alors chuter au sol et s'enfouit à faible profondeur (2 à 10 cm) pour se transformer en pupe.

A l'intérieur de la pupe, la larve se transforme en mouche. C'est la nymphose.

Silba adipata McAlpine : quelques pupes

Silba adipata McAlpine : quelques pupes

 

Silba adipata McAlpine : trois pupes

Silba adipata McAlpine : trois pupes (grossissement : x 15)

Selon les observations de F. Silvestri, la durée de la nymphose, donc de la vie à l'état de pupe, est de 9 à 16 jours suivant les saisons : 10 jours en mai, 9-10 jours en août, 16 jours fin octobre et début novembre.

Pour ma part, lors de mes expériences d'obtention de mouches adultes pour la rédaction du présent article, j'ai constaté en juillet et août un délai de pupation de 10 jours, parfois 9.

F. Silvestri indique que la pupation peut voir lieu à même la figue, mais que c'est très rare. Il mentionne qu'il n'a trouvé une pupe dans la figue qu'une seule fois, alors qu'il a ouvert plus de 5000 figues attaquées de la variété 'Troiano'.

Pour ma part, avec un nombre d'observations beaucoup moins important, je n'ai trouvé aucune pupe à l'intérieur des figues attaquées que j'ai ouvertes.

Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier, m'a fait part de deux observations personnelles de pupation de Silba adipata McAlpine dans la figue, qui corroborent l'observation unique de F. Silvestri.

Première observation : figue contenant une pupe.

Au cours de l'année 2013, dans son verger, Bernard Peyre a étudié et photographié plusieurs figues immatures attaquées par la mouche noire du Figuier. Dans l'une d'elles, qui présentait pourtant des trous de sortie de larve, il a trouvé une pupe marron de Silba adipata McAlpine (photographies ci-dessous).

Figue immature attaquée par la mouche noire du Figuier

Figue immature attaquée par la mouche noire du Figuier
(noter les trous de sortie de larve)
Crédit : Bernard Peyre

 

Pupe dans une figue attaquée par la mouche noire du Figuier

Pupe dans une figue attaquée par la mouche noire du Figuier
Crédit : Bernard Peyre

Cette observation montre que des larves ont quitté la figue pour effectuer la nymphose en terre (trous de sortie de larve), mais que l'une d'elles est restée dans la figue pour y effectuer sa nymphose (pupe à l'intérieur de la figue).

Deuxième observation : figue contenant deux pupes.

Le 29 juillet 2016, au jardin du Muséum de la ville de Toulouse, à Borderouge, qui comporte trois figuiers, Bernard Peyre a noté sur l'un des figuiers (portant uniquement des figues immatures) la présence de quelques fruits avec les symptômes de l'attaque de la mouche noire (changement de couleur vers le rouge violacé, trous de sortie de larve). Il a observé sous un autre figuier un grand nombre de figues immatures attaquées ayant chuté. En examinant une de ces figues (diamètre de 3,5 cm, coloration violette), Bernard Peyre a constaté l'absence de trous de sortie de larve. En ouvrant la figue, il a remarqué dans le parenchyme un début de galerie et il a trouvé dans la cavité centrale 2 pupes marron de 3,5 à 4 mm de longueur.

 

DESCRIPTION DE LA PUPE

Taille

La taille des pupes que j'ai observées est d'environ 4 mm de long pour 1,8 mm de large. Certaines étaient un peu plus petites.

Cela est conforme aux mesures réalisées par F. Silvestri qui, avec un nombre d'observations beaucoup plus important, indique 3,8 à 4 mm de long pour 1,7 à 1,9 mm de large.

Mouche noire du Figuier : la pupe mesure environ 4 mm de long

Mouche noire du Figuier : la pupe mesure environ 4 mm de long

La pupe conservant une taille constante pendant la nymphose, on se rend compte de la petitesse de la mouche qui va en sortir...

Silba adipata McAlpine : pupe

Silba adipata McAlpine : pupe

Il est très rare de pouvoir observer une pupe en terre et exceptionnel de pouvoir le faire dans une figue. Mais lorsque j'ai élevé des mouches noires du Figuier, j'ai pu observer de nombreuses pupes. Ayant élevé concommitament des cératites (Ceratitis capitata Wiedemann), j'ai pu comparer les pupes des deux espèces.

Il m'est apparu clairement que la pupe de Silba adipata McAlpine est plus petite que celle de Ceratitis capitata Wiedemann. Avec l'habitude, on reconnaît facilement l'une de l'autre.

Pupes de Silba adipata McAlpine (à droite) et de Ceratitis capitata Wiedemann (à gauche)

Pupes de Silba adipata McAlpine (à droite) et de Ceratitis capitata Wiedemann (à gauche)
(grossissement : x 4)

La pupe de Ceratitis capitata Wiedemann est légèrement plus longue, mais surtout elle est nettement plus large (son diamètre est beaucoup plus important).

Pupes de Silba adipata McAlpine (à droite) et de Ceratitis capitata Wiedemann (à gauche)

Pupes de Silba adipata McAlpine (à droite) et de Ceratitis capitata Wiedemann (à gauche)
(grossissement : x 8)

 

Aspect

La pupe de Silba adipata McAlpine est ovoïde, brun rougeâtre, à segments bien marqués.

La partie antérieure est un peu plus étroite que la partie postérieure. La partie dorsale est nettement convexe, la partie ventrale un peu moins.

F. Silvestri souligne la présence de légères stries transversales entre les sculptures des segments, sur la partie ventrale pour tous les segments et sur la partie dorsale pour les premiers et derniers segments.

J'observe à l'extrémité postérieure de la pupe les deux stigmates visibles sur la larve mobile.

 Mouche noire du Figuier : pupe (grossissement x 30 ; taille réelle 4 mm)

 Mouche noire du Figuier : pupe ; grossissement x 30 ; taille réelle 4 mm
(noter les deux stigmates au bout de la partie postérieure, à droite, déjà visibles sur la larve)

Je suis intrigué par les deux petites pointes que j'observe à l'extrémité antérieure de la pupe. Je pense, par analogie avec la pupe d'autres espèces de mouches, qu'il s'agit des stigmates antérieurs.

F. Silvestri mentionne simplement que les stigmates antérieurs et postérieurs sont peu proéminants sur la pupe. Et j'ai indiqué dans le chapitre relatif à la description de la larve que je n'ai pas pu déterminer où les stigmates antérieurs se trouvent exactement sur la larve. Avec néanmoins une supputation de localisation dans la zone arrière du premier segment thoracique.

 

Couleur

La pupe change de couleur au cours de la nymphose.

La larve se transforme tout d'abord (en 24 h, d'après mes observations de pupation hors de terre) en une pupe blanche, qui s'obscurcit au fur et à mesure de l'avancée de la nymphose. La pupe prend alors une couleur brun orangé clair, puis, vers la fin de la nymphose, brun foncé.

Mouche noire du Figuier : changement de couleur de la pupe selon l'avancée de la nymphose

 Mouche noire du Figuier : changement de couleur de la pupe selon l'avancée de la nymphose

 

Pupes vides

J'ai pu retrouver des pupes vides et j'ai constaté un large orifice de sortie de l'adulte à l'extrémité antérieure (opposée à celle portant le reliquat des stigmates postérieurs de la larve).

Pour certaines, j'ai noté la disparition d'une partie de cette extrémité, sans doute emportée par l'adulte lors de sa sortie.

 Mouche noire du Figuier : pupe abandonnée après la sortie de l'adulte.

 Mouche noire du Figuier : pupe abandonnée après la sortie de l'adulte

Pour d'autres, j'ai constaté que la pupe a été ouverte sans que la partie antérieure ne soit arrachée.

Mouche noire du Figuier : pupe abandonnée après la sortie de l'adulte

 Mouche noire du Figuier : pupe abandonnée après la sortie de l'adulte

En observant des pupes vides à la loupe, j'ai été surpris par une réaction physique : lorsque j''appuie l'extrémité de la pince à dissection sur la partie postérieure, au-dessus du reliquat des stigmates, sans que je relâche la pression la pupe bondit brusquement de la même manière que la larve. C'est un cylindre vide de tissu élastique ...

 

UNE OBSERVATION ETRANGE

Au cours de mes observations de pupes vides, j'ai été confronté à un phénomène étrange. Une sorte d'aile blanche sortait d'une pupe à l'aspect distendu.

Mouche noire du Figuier : pupe distendue d'où sort ce qui semble être une aile

Mouche noire du Figuier : pupe distendue d'où sort ce qui semble être une aile

A l'examen à la loupe, la pupe tenue avec une pince, je puis confirmer que ce qui semble être une aile n'est pas accolée à la pupe, mais sort bien de celle-ci.

A l'agrandissement photographique, j'observe que cette aile n'a pas l'aspect d'une aile de mouche de la figue et il me semble qu'elle se trouve à l'extrémité postérieure de la pupe, mais je n'en suis pas sûr. J'observe aussi que la pupe est distendue, comme si elle avait été déjà abandonnée par l'adulte, et il me semble que l'extrémité antérieure de la pupe, à l'opposé de l'aile, a été ouverte.

Mouche noire du Figuier : pupe distendue d'où sort ce qui semble être une aile

Mouche noire du Figuier : pupe distendue d'où sort ce qui semble être une aile
(noter que ce n'est pas une aile de mouche de la figue)

J'ai essayé d'ouvrir cette pupe étrange avec une paire de ciseaux à dissection et une loupe. Je n'y suis pas parvenu et ai malencontreusement tranché le milieu de la pupe. J'ai alors entendu très distinctement un son caractéristique d'éclatement d'insecte et j'ai vu couler un liquide blanchâtre.

Je ne sais pas ce que j'ai pu faire éclater...

Il pourrait s'agir d'un adulte ayant eu des difficultés à sortir de la pupe et qui a déplié ses ailes à l'intérieur de celle-ci, brisant la paroi de la pupe. Il pourrait s'agir aussi d'un insecte parasite (issu d'une ponte) qui s'est développé dans la pupe, peut-être au détriment de la nymphe de la mouche de la figue, peut-être après la sortie de l'adulte, sans que je sache identifier ce parasite éventuel.

 

Sommaire

 

PUPATION

 

Selon le plan suivant : obtention de pupes en terre, pupation hors de terre, pupation en coupelle.

 

OBTENTION DE PUPES EN TERRE

Compte tenu de la très petite taille de la larve, donc de la pupe, plutôt que d'essayer de trouver des pupes au pied des figuiers, j'ai ramassé sur l'arbre 7 figues ayant commencé à virer au rouge violacé mais ne présentant pas de trous de sortie de larve.

Après le ramassage de ces figues, j'ai vérifié à nouveau minutieusement (à la loupe) l'absence de trous de sortie de larve.

Puis, j'ai placé les 7 figues dans un bocal en verre de 20 cm de haut et d'un diamètre d'environ 10 cm, contenant une couche de 5 cm de terre que j'avais préalablement tamisée. Nous étions le mardi 30 juin.

Mouche de la figue : dispositif de recueil des pupes

Mouche de la figue : dispositif de recueil des pupes

Deux jours après, le jeudi 2 juillet, j'ai observé (sans toucher les figues) 3 trous de sortie de larve sur une figue, des points blancs en surface d'une autre figue (qui n'étaient pas des larves en train de sortir) et des écoulements de liquide translucide sur une autre figue.

Le jour suivant, le vendredi 3 juillet, ayant observé des trous de sortie de larve sur une quatrième figue, je décidai de rechercher des pupes.

A cet effet, j'ai retiré les figues et j'ai constaté après examen qu'elles présentaient toutes des trous de sortie de larve.

Puis, j'ai versé un peu de terre sur un grand plat et je l'ai étalée doucement par des mouvements de va-et-vient horizontaux.

Des pupes sont alors apparues : très petites, légères et d'un brun rougeâtre clair, couleur se détachant bien sur ma terre tamisée. Je les ai ramassées avec une petite cuillère et placées sur un plat pour observation et photographies.

J'ai vidé la terre dépourvue de ses pupes dans un bol, afin de la réutiliser.

En répétant plusieurs fois l'opération jusqu'à épuisement de la terre se trouvant dans le bocal, j'ai obtenu 16 pupes (soit plus de 2 pupes par figue placée dans le bocal).

 

PUPATION HORS DE TERRE

Au cours de mes comptages et observations de larves, j'ai rencontré un autre phénomène auquel je ne m'attendais pas : la pupation hors de terre.

L'année après celle où j'avais élevé des mouches en grand nombre, j'avais pris l'habitude de trancher sur le rebord de l'évier de ma cuisine les figues attaquées ramassées sur l'arbre, dont j'extrayais les larves pour les compter et les observer avec une loupe et une pince à dissection.

Une fois les observations terminées, j'écrasais les larves avec du papier essuie-tout et je les jetais en même temps que les morceaux de figues tranchées dans le sac poubelle situé dans la partie coulissante du meuble du dessous de l'évier.

Au cours de la période d'observation qui a duré deux mois, j'ai eu la surprise de noter à deux reprises la présence d'une mouche noire du Figuier sur la paroi intérieure de la vitre de la cuisine, alors que je n'avais procédé à aucun lâcher de mouches.

J'ai suspecté qu'une pupation avait pu avoir lieu dans la cuisine, avec des larves qui auraient échappé à ma vigilance.

J'ai eu la confirmation l'année suivante que les mouches provenaient bien d'une pupation hors de terre, alors que je me livrais à nouveau à des comptages de larves sur le rebord de l'évier de ma cuisine depuis quelques semaines : un 8 mai, j'ai trouvé une pupe sur le plan de travail de la cuisine...

J'ai placé la pupe dans une coupelle plate vide que j'ai fermée par un film plastique alimentaire transparent étirable. Et j'ai placé la coupelle sur mon bureau, à la lumière naturelle mais pas sous le soleil direct, à une température ambiante d'environ 20 °C. Je voulais déterminer si la nymphose pouvait se dérouler correctement.

Le 25 mai, soit 17 jours après, une mouche noire du Figuier est sortie de la pupe et s'est mise à parcourir l'intérieur de la coupelle vide et le dessous du film plastique étirable qui la fermait.

Cette observation établit que la nymphose peut se dérouler normalement hors de terre, à la lumière naturelle et dans des conditions de température d'environ 20 °C.

Toutefois, le délai observé de 17 jours (qui doit être augmenté de l'âge, inconnu, de la pupe au moment où je l'ai trouvée...) est plus long que celui mentionné pour la nymphose au même mois (mai) par F. Silvestri (10 jours).

Je me suis demandé si cette différence de durée était due au fait qu'il ne s'agissait pas d'une nymphose dans la terre, endroit habituel où elle se déroule pour la mouche noire du Figuier.

En tout état de cause, l'année suivante, pour un mois différent (juillet), au cours de mes expériences de pupation hors de terre (en coupelle vide), j'ai observé des nymphoses d'une durée régulière de 10 jours (voir ci-après).

 

PUPATION EN COUPELLE

L'année suivant mon observation d'une pupation hors de terre, j'ai voulu expérimenter l'obtention de pupes hors de terre, méthode semblant plus facile que l'obtention de pupes en terre dans un bocal.

Début juillet, j'ai ramassé des figues attaquées sur des figuiers des variétés 'Dauphine', 'Bellone' et 'Grise de la Saint-Jean' et j'ai réalisé diverses tentatives.

A l'issue de celles-ci,  j'ai retenu la méthode suivante.

Je ramasse les figues attaquées sur l'arbre et je vérifie minutieusement avec une loupe qu'elles ne présentent pas de trous de sortie de larve.

Je les place dans une boîte plastique que je ferme soigneusement. Dans les 24 à 48 heures, les larves les plus développées contenues dans ces figues quittent celles-ci. J'ai été étonné par leur faculté à remonter les parois de divers récipients non fermés, même hautes, et à s'échapper de ceux-ci.

Je récupère les larves au bout de 24 h, puis de 48 h, et je sélectionne les plus développées, qui sont les plus vives. Si des larves peu développées ont quitté les figues, elles ne se transformeront pas correctement en pupes.

Je place les larves sélectionnées dans une coupelle plate recouverte d'un film plastique alimentaire transparent.

Je conserve la coupelle à la température ambiante de la maison et à la lumière naturelle, mais à l'ombre (pour éviter que les pupes ne se dessèchent, bien que je n'aie pas encore expérimenté l'éventualité d'une réussite de la nymphose avec des pupes conservées  en plein soleil).

En une journée, parfois deux, les larves se transforment en pupes blanchâtres qui s'obscurcissement rapidement.

Mouche de la figue : pupation en coupelle plate

Mouche de la figue : pupation en coupelle plate (4 pupes)

Au bout de dix jours, parfois onze, les premières mouches émergent des pupes (durée observée en juillet) et je puis constater leur présence car elles se fixent au revers du film plastique alimentaire.

 Mouche de la figue : pupation en coupelle plate

Mouche de la figue : pupation en coupelle plate
(une mouche a émergé de sa pupe, en bas à gauche, et se tient sur le revers du film plastique)

Certaines mouches n'émergent que quelques jours après. Pour le moment, ayant expérimenté divers procédés en parallèle, je n'ai pas encore pris soin de déterminer la durée maximale de pupation en coupelle.

Il arrive que, dans une coupelle de pupation, l'adulte n'émerge pas de certaines pupes. L'observation photographique de celles-ci montre que la transformation en pupe ne s'est pas correctement réalisée.

Mouche noire du Figuier : pupation qui ne s'est pas correctement réalisée

Mouche noire du Figuier : pupation qui ne s'est pas correctement réalisée
(la nymphose n'est pas allée à son terme)

 

Silba adipata McAlpine : pupes qui ne se sont pas correctement développées

Silba adipata McAlpine : pupes qui ne se sont pas correctement développées
(la nymphose n'est pas allée à son terme)

J'ai pu noter que si je mets en pupation des larves qui ne sont pas au terme de leur développement et qui ne présentent pas une bonne vivacité dans leurs mouvements, la pupation en coupelle se déroule mal. Il se peut que d'autres causes soient à l'origine de certaines pupes mal formées, mais je n'en connais pas la nature.

Pour ceux qui voudraient tenter l'expérience d'observation de mouches noires du Figuier ex situ, j'indique comment les récupérer pour les placer dans le lieu d'observation ou de photographie souhaité (les photographies à travers le film plastique alimentaire transparent ont un rendu insuffisant).

J'utilise une paille à sirop de gros diamètre. Je fais entrer la mouche dans la paille en présentant un orifice face à elle, tout en bouchant avec le plat d'un doigt l'orifice opposé (il faut parfois insister assez longtemps).

J'attends qu'elle remonte à la marche la paille sur environ 5 cm (on la voit par transparence) et je la transfère à l'endroit souhaité où je la dépose en soufflant dans la paille par l'orifice opposé à celui par lequel elle est entrée. Attention qu'elle ne remonte pas trop dans la paille car elle peut se retrouver rapidement dans la bouche... Cela m'est arrivé une fois et la mouche s'est immédiatement noyée dans la salive.

Pendant le trajet éventuel avec la mouche emprisonnée dans la paille, boucher les orifices de la paille avec les doigts.

Si d'autres mouches sont présentes dans les contenants, le point délicat du transfert est l'insertion et le retrait de la paille, tant au départ qu'à l'arrivée. S'il existe la moindre ouverture, une ou plusieurs mouches s'échappent compte tenu de la vivacité de leur vol, difficile à imaginer tant qu'on ne l'a pas expérimentée.  Un espace ou un trou éventuel, même minuscule, apparaît très grand à la mouche de la figue, qui fait moins de 2 mm de largeur, et aucune faille ne lui échappe...

Il faut bien enserrer la paille dans le film alimentaire avec les doigts au départ et veiller à ce qu'il n'existe aucun espace autour du point d'insertion de la paille à l'arrivée. En tout état de cause, il faut faire tomber au bas des contenants (en frappant de façon sèche) les mouches non transférées éventuelles si elles se trouvent en haut de ceux-ci.

 

Sommaire

 

OUVERTURE DE LA PUPE ET SORTIE

 

Selon le plan suivant : ouverture de la pupe, sortie hors de la pupe.

 

OUVERTURE DE LA PUPE

L'adulte formé quitte la pupe en l'ouvrant par l'avant et se dirige vers la surface de la terre.

L'ouverture de la pupe se fait selon des lignes de déhiscence préformées (dites à fente circulaire). Elles délimitent une calotte qui s'ouvre comme un couvercle.

Mouche noire du Figuier : pupe ouverte selon des lignes de déhiscence préformées (à fente circulaire)

 Mouche noire du Figuier : pupe ouverte selon des lignes de déhiscence préformées (à fente circulaire)

Pour ouvrir la pupe, l'adulte en fin de nymphose est pourvu d'un organe membraneux en forme de vésicule, situé au-dessus des antennes et nommé le ptilinum.

Cet organe joue son rôle en se gonflant et se dégonflant rapidement selon un rythme continu, grâce à l'action de muscles spécialisés qui provoquent la contraction violente de la paroi abdominale générant un afflux brusque d'hémolymphe remplissant la vésicule ptilinale.

Mouche noire du Figuier : ouverture de la pupe avec le ptilinum

Mouche noire du Figuier : ouverture de la pupe avec le ptilinum
(le ptilinum jaunâtre, au-dessus des antennes, est dans une phase de gonflement)

Après l'émergence de terre de l'adulte, le ptilinum se rétracte progressivement (environ 1 heure, selon mes observations) à l'intérieur de la tête et n'a plus aucune fonction. Les muscles spécialisés de l'abdomen à l'origine des gonflements du ptilinum régressent et disparaissent.

Le ptilinum laisse néanmoins sur la face de la mouche une cicatrice en fer à cheval appelée suture ptilinale, ou suture frontale (photographie ci-dessous).

Silba adipata McAlpine : suture ptilinale (suture frontale), au-dessus des antennes

Silba adipata McAlpine : suture ptilinale (suture frontale), au-dessus des antennes

La photographie ci-après montre un adulte venant d'émerger de terre, en phase de fin de dépliement des ailes, et présentant un ptilinum encore assez important.

Mouche noire du Figuier : ptilinum d'un adulte venant d'émerger de terre (ailes en fin de dépliement)

Mouche noire du Figuier : ptilinum d'un adulte venant d'émerger de terre (ailes en fin de dépliement)
(noter le ptilinum jaunâtre, au-dessus des antennes ; le corps n'est pas encore coloré de noir)

Les lecteurs intéressés par le fonctionnement du ptilinum pourront regarder avec intérêt les deux videos présentées par Luciana Bartolini sur une page de son site Internet. Il ne s'agit pas de la mouche noire du Figuier, mais le ptilinum est commun à un ensemble de familles de mouches, dont celle des Lonchaeidae à laquelle appartient la mouche noire du Figuier.

 

SORTIE HORS DE LA PUPE

Au mois de juillet 2016, pour observer la sortie hors de la pupe, j'ai placé en pupation une trentaine de larves dans une coupelle plate vide recouverte d'un film plastique alimentaire. Dix jours plus tard, la présence de quelques mouches sur le revers du plastique m'a indiqué que les émergences hors des pupes avaient commencé.

J'ai alors transféré les mouches dans un verre fin afin de les photographier et j'ai disposé les pupes sur une assiette, afin de tenter de photographier des émergences hors de la pupe.

Après plusieurs heures de surveillance de l'assiette réparties dans la journée (les pupes étant réintégrées en coupelle sous film alimentaire en dehors des plages de surveillance), j'ai pu assister à une demi-douzaine d'émergences hors de la pupe (et j'en ai manqué un certain nombre...).

C'est un processus très rapide.

L'ouverture de la pupe commence par un frémissement marqué de celle-ci. Une à deux secondes après, on voit la tête de la mouche apparaître à l'extrémité ouverte de la pupe, puis la mouche s'en extrait très rapidement en se contorsionnant.

Mouche noire du Figuier : ouverture de la pupe avec le ptilinum

Mouche noire du Figuier : sortie du haut de la tête (antennes et ptilinum)
Les antennes sont dirigées vers le haut ; le ptilinum jaunâtre est en phase de dégonflement

Le ptilinum continue à alterner rapidement des phases de gonflement et dégonflement, même lorsque la pupe est ouverte.

Mouche noire du Figuier : début de sortie de la tête hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : début de sortie de la tête hors de la pupe
(on aperçoit à gauche le début de l'oeil ; le ptilinum jaunâtre est en phase de gonflement)

 

Mouche de la figue : sortie hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe
(l'oeil est dégagé de la pupe ; le ptilinum jaunâtre est gonflé)

 

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut
(la tête est hors de la pupe ; le ptilinum jaunâtre est en phase de dégonflement)

 

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut
(les deux pattes avant sont sorties de la pupe ; le ptilinum jaunâtre est en phase de dégonflement)

 

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut
(les deux pattes avant sont sorties de la pupe ; le ptilinum jaunâtre est gonflé)

 

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut
(les deux pattes avant et une partie du thorax sont sorties de la pupe ; on aperçoit le début de l'aile droite ;
noter la grande fente transversale à l'extrémité du ptilinum lorsqu'il n'est pas totalement gonflé)

 

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut
(la deuxième paire de pattes est en fin d'extraction de la pupe ; le ptilinum jaunâtre est dégonflé)

 

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe, antennes vers le haut
(les six pattes sont sorties de la pupe)

Selon mes observations, à partir du premier frémissement, il faut entre 6 et 15 secondes, selon les cas, pour l'extraction complète de la mouche hors de la pupe. Mais, dans certains cas, l'extraction est plus longue, pouvant atteindre la minute...

J'ai observé des sorties de la pupe sur le dos, mais également sur le ventre. Dans ce dernier cas, les deux premières pattes ne quittent pas le sol et la mouche s'appuie dessus dans ses contorsions pour s'extraire.

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe sur le ventre

Mouche noire du Figuier : sortie hors de la pupe sur le ventre
(les pattes avant et les ailes sont dégagées de la pupe ; le ptilinum jaunâtre est en phase de gonflement)

Il m'est arrivé (une seule fois) de remarquer parmi les pupes vides une pupe dont la forme m'a paru étrange, avec une boursouflure à l'une de ses extrémités.

L'observation photographique en gros plan m'a permis de constater qu'il s'agissait d'une sortie de pupe qui n'avait pas pu être menée à son terme. Pour des raisons que j'ignore, la sortie hors de la pupe s'est arrêtée une fois la tête dégagée et l'adulte est mort dans cette position.

Mouche de la figue : adulte mort avant de pouvoir terminer la sortie hors de la pupe

Mouche de la figue : adulte mort avant de pouvoir terminer la sortie hors de la pupe
(seule la tête a pu être dégagée hors de la pupe ; le reliquat du ptilinum jaunâtre est visible entre les yeux)

Mes expériences de pupation en coupelle, répétées plusieurs fois, m'ont permis d'observer que ce sont les mâles qui émergent les premiers de leur pupe. La même observation est rapportée sur Internet pour d'autres espèces de mouches.

Je me suis aidé d'une forte loupe ou j'ai pris des photographies en gros plan pour faire ce constat. Le sexe des adultes venant de naître n'est pas déterminable à l'oeil nu, même si l'abdomen non encore coloré de noir est plus facilement observable.

Je n'ai pas d'explication de la sortie de la pupe des mâles avant les femelles et je n'ai pas pu en trouver dans la documentation publiée sur Internet.

Immédiatement après être sortis de la pupe, les adultes aux ailes non encore dépliées et au corps non encore coloré de noir se mettent vivement sur leurs pattes et commencent à marcher rapidement sur l'assiette de façon rectiligne, dans l'intention de la quitter. Je dois les y contenir avec une longue baguette fine en bois.

Mouche noire du Figuier : adulte venant de s'extraire de la pupe

Mouche noire du Figuier : adulte venant de s'extraire de la pupe
(les ailes ne sont pas dépliées et le corps n'est pas encore coloré en noir)

 

Mouche noire du Figuier : adulte venant de s'extraire de la pupe

Mouche noire du Figuier : adulte venant de s'extraire de la pupe
(les ailes ne sont pas dépliées et le corps n'est pas encore coloré en noir)

La marche de ces jeunes adultes aux ailles non dépliées est très rapide, ce qui contraste avec la marche de l'adulte sur le figuier, qui est lente.

Mais, à trois reprises, j'ai fait une curieuse observation.

Une fois totalement extrait de la pupe, l'adulte ne s'est pas relevé sur ses pattes, mais s'est immédiatement mis à jouer avec la pupe vide au bout de ses pattes.

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir
(à gauche, on aperçoit une aile non dépliée ; grossissement : x 12)

En restant sur le dos, c'est à dire sur ses ailes non dépliées, ou sur le côté. Il semblait vouloir faite tourner la pupe vide au bout de ses pattes.

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir
(le corps n'est pas encore coloré de noir, grossissement : x 9)

L'adulte s'est toujours tenu sur le dos ou sur le côté, il n'est jamais monté sur la pupe.

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir
(il s'agit d'une femelle, reconnaissable à l'ovipositeur ; grossissement : x 15)

J'ai pu noter que les ailes ont commencé leur dépliement pendant le jeu de l'adulte avec sa pupe.

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir

Mouche noire du Figuier : jeu de l'adulte avec la pupe dont il vient de sortir
(les ailes ne sont pas dépliées ; un balancier est visible ; grossissement : x 28)

Ce manège a été assez long, dépassant la minute, et, dans l'un des trois cas observés, a atteint presque deux minutes.

Puis, l'adulte venant de naître a abandonné subitement la pupe vide, se mettant sur ses pattes et commençant à s'éloigner rapidement de la pupe comme s'il ne l'avait jamais manipulée.

Observation connexe : dans les trois cas, l'adulte sorti de la pupe auquel je faisais effectuer des va et vient sur l'assiette, pour essayer de le photographier, est passé entre les pupes non ouvertes sans en toucher une. Mais, dans un cas, l'adulte passant à proximité de la pupe vide qu'il avait quittée quelques instants auparavant l'a agrippée, puis est monté dessus avant de s'en défaire avec quelques difficultés et de continuer son chemin.

Mouche noire du Figuier : l'adulte retrouvant la pupe dont il vient de sortir, l'a agrippée puis est monté dessus

Mouche noire du Figuier : adulte retrouvant au cours de sa marche la pupe dont il vient de sortir
(il l'a agrippée, puis est monté dessus)

J'ai noté que les mouches ne sucent pas la surface de la pupe vide pendant qu'elles la font bouger sur leurs pattes.

J'ignore pourquoi certaines mouches "jouent" avec la pupe dont elles viennent d'émerger.

Je livre pour terminer une observation complémentaire concernant l'adulte venant de naître.

J'ai retourné sur le dos différents adultes venant de naître, alors qu'ils marchaient vivement sur l'assiette où je les observais. J'ai constaté à ma relative surprise qu'ils éprouvaient de grandes difficultés pour se remettre sur leurs pattes, restant longtemps sur le dos, c'est à dire sur leurs ailes non dépliées, en s'agitant et en bougeant les pattes en tous sens.

Mouche noire du Figuier : adulte venant de naître placé sur le dos par l'observateur

Mouche noire du Figuier : adulte venant de naître, placé sur le dos par l'observateur
(les ailes ne sont pas dépliées et le corps n'est pas encore coloré en noir)

 

Mouche noire du Figuier : adulte venant de naître placé sur le dos par l'observateur

Mouche noire du Figuier : adulte venant de naître, placé sur le dos par l'observateur
(la pointe de l'ovipositeur indique qu'il s'agit d'une femelle ; grossissement x 25)

Certains sont finalement parvenus à se redresser, mais, pour d'autres, c'est moi qui ai dû les remettre sur leurs pattes. Alors qu'à la sortie hors de la pupe, tous les adultes se redressent vivement sur leur pattes en fin d'extraction, sans aucune difficulté...

 

Sommaire

 

EMERGENCE DE TERRE DE L'ADULTE

 

Selon le plan suivant : émergence de terre, dépliement des ailes, coloration en noir.

 

EMERGENCE DE TERRE

Je n'ai pu observer que deux fois un adulte venant d'émerger de terre (ex situ, dans mon bocal d'élevage).

Le premier a été extrêmement difficile à localiser. Pour le repérer, il a fallu que le soleil se réfléchisse vivement sur le thorax, de l'ordre de 2 mm. A l'oeil nu, en plein soleil, on aurait dit une pointe blanche qui brillait vivement. Il m'a fallu l'aide d'une loupe pour confirmer sa présence.

Il restait immobile, à demi-enfoui, les ailes non encore complètement dépliées (photographie ci-dessous).

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre
(noter que les ailes sont en cours de dépliement).

Une seconde fois, j'ai remarqué un minuscule fourmillement à la surface de la terre de mon bocal d'élevage, et, en intervenant très vite, j'ai réussi à extraire un adulte venant juste d'émerger, avec l'aide d'une loupe et d'une longue pique en bois pour brochettes sur laquelle il s'est accroché.

Je l'ai déposé sur une assiette blanche. Il s'est déplacé rapidement en tous sens, ailes non encore dépliées, rendant sa photographie difficile.

Assommé légèrement par un coup de pointe de la pique à brochettes donné involontairement en essayant de le contenir dans les limites de l'assiette, il a été plus facile à photographier, mais il n'a pas tardé à reprendre une certaine vivacité.

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre

Mouche noire du Figuier : adulte venant tout juste d'émerger de terre
 (noter qu'il n'est pas coloré de noir, que ses ailes ne sont pas dépliées et que le ptilinum est gonflé)

 

 Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre

 Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre
(noter qu'il n'est pas encore coloré de noir et que les ailes ne sont pas encore dépliées)  

 

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre (ailes non dépliées)

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre (ailes non dépliées et corps non coloré de noir)

 

DEPLIEMENT DES AILES

Peu de temps après l'émergence de terre, les ailes se gonflent et se déplient progressivement.

Au départ, les ailes sont entièrement repliées sur elles-mêmes et sont difformes. La première partie de l'aile est de couleur blanchâtre, sa partie terminale tourmentée étant grisâtre.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre (ailes non dépliées)

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre (ailes non dépliées)
(noter que le corps n'est pas encore coloré de noir)

Puis les ailes commencent à se déplier en gonflant et en s'allongeant.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre (ailes commençant à grossir)

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre (ailes commençant à grossir)
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; le ptilinum jaunâtre est visible au-dessus des antennes)

Elles prennent plus nettement du volume.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; le ptilinum jaunâtre est visible au-dessus des antennes)

L'élargissement continue, accompagné d'un allongement.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; le ptilinum jaunâtre est visible au-dessus des antennes)

Les ailes commencent ensuite à prendre la forme que l'on connaît chez l'insecte volant, mais elles ne dépassent pas encore l'abdomen et elles ne sont pas encore translucides.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; le ptilinum jaunâtre est visible au-dessus des antennes)

 

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; le ptilinum jaunâtre est visible au-dessus des antennes)

Les ailes continuent à s'allonger et à s'élargir, leurs bords encore recourbés vers le haut.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement à bords recourbés

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en cours de dépliement à bords recourbés
(noter que le corps n'est pas encore coloré de noir)

Puis les ailes commencent à s'aplanir en s'allongeant encore.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes en fin de dépliement

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes aplanies en fin de dépliement
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; le ptilinum jaunâtre est visible au-dessus des antennes)

A la fin du dépliement, elles ont dépassé largement l'abdomen. Le corps n'est pas encore coloré de noir et le ptilinum est encore gonflé.

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes totalement dépliées

Mouche noire du Figuier : adulte ayant émergé de terre, ailes totalement dépliées
(le corps n'est pas encore coloré de noir ; noter la strie grise sur le thorax et le ptilinum orangé au-dessus des antennes)

En toute rigueur, je dois une précision : un oeil exercé remarque sur la photographie ci-dessus que la base de l'aile gauche n'est pas en contact avec le scutellum, un espace anormal apparaissant (par lequel on aperçoit un des balanciers). En fait, j'ai endommagé la base de l'aile gauche au cours des manipulations pour photographier le dépliement des ailes sous le meilleur angle. C'est d'ailleurs la raison de l'écartement des ailes : la mouche photographiée a déplié complètement ses ailes, mais elle n'a pas pu mettre l'aile gauche en recouvrement quasi total avec la droite à la fin du dépliement.

D'après ce que j'ai pu observer sur plusieurs émergences de pupe ex situ, dans mon élevage, il faut 14 à 16 minutes après l'émergence hors de la pupe pour que les ailes se soient entièrement dépliées et soient bien à plat et tendues.

Le stade des ailes totalement dépliées mais non encore bien à plat et tendues est atteint 3 minutes auparavant.

 

COLORATION EN NOIR

Une fois les ailes totalement dépliées, la coloration du corps en noir commence.

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre, dépliement des ailes terminé

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre, dépliement des ailes terminé
(le ptilinum s'est presque entièrement rétracté ; le thorax et l'abdomen commencent à foncer)

 

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre, les ailes s'étant dépliées, le corps évoluant vers le noir

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre, les ailes s'étant dépliées, le corps évoluant vers le noir
(le ptilinum s'est presque entièrement rétracté ; l'aile gauche, blessée, ne s'est pas alignée le long du corps)

 

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre, qui s'est coloré de noir

Mouche noire du Figuier : adulte venant d'émerger de terre, qui s'est coloré de noir après le dépliement des ailes
(noter que le ptilinum s'est presque entièrement rétracté à l'intérieur de la tête)

J'ai observé que la coloration du corps en noir s'effectue beaucoup plus lentement que le dépliement des ailes.

Selon plusieurs observations que j'ai chronométrées (ex situ, dans mon élevage), il faut trois quarts d'heure après l'émergence hors de la pupe pour que la mouche présente un corps totalement noir.

C'est la partie ventrale de l'abdomen qui s'obscurcit en dernier, sans toutefois devenir noire.

 

Sommaire

 

MODE DE VIE DE L'ADULTE

 

Je présente ci-après des informations relatives à la vie de l'adulte, selon le plan suivant : durée de vie, la marche et le vol, périodes d'activité, une curieuse observation ex situ.

 

DUREE DE VIE

Les individus adultes de Silba adipata McAlpine (Lonchaea aristella Beck., selon F. Silvestri) peuvent vivre longtemps : en laboratoire, J. Ghesquière  a conservé en vie des mouches adultes nourries au jus de raisin pendant six semaines (J. Ghesquière : La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949).

Il pense qu'in situ la vie de l'adulte est plus longue.

F. Silvestri indique quant à lui que la mouche noire du Figuier "doit vivre un mois et plus".

 

LA MARCHE ET LE VOL

F. Silvestri note que la mouche noire du Figuier marche lentement. 

Je l'ai constaté moi aussi sur le figuier, lorsqu'elle se déplace sur les feuilles, sur les figues ou sur le jeune bois. A titre d'exemple, elle marche beaucoup plus lentement qu'une fourmi sur feuille de figuier. Mais ex situ, j'ai aussi remarqué qu'elle peut littéralement courir sur une paroi vitrée pour fuir une approche.

Contrairement à ce que j'ai pu observer chez la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann), je ne l'ai jamais vue se laisser tomber en battant légèrement des ailes d'une feuille à l'autre, ou d'une figue à l'autre, lorsqu'elles sont proches. Elle se déplace toujours par un court vol, direct ou indirect.

De même, je ne l'ai jamais vue se déplacer latéralement à la façon d'un crabe comme j'ai pu le voir chez la mouche méditerranéenne des fruits en situation de stress (celle-ci le fait très rapidement, ailes tendues, de façon surprenante).

Comme beaucoup de mouches, la mouche noire du Figuier se laisse approcher de très près lorsqu'elle est absorbée par sa nutrition, mais, au moindre mouvement brusque, elle s'envole avec une vivacité surprenante, à tel point que l'on ne peut pas la suivre visuellement.

J'ai remarqué qu'elle est beaucoup plus sensible aux mouvements que la mouche méditerranéenne des fruits. Plus généralement, elle est beaucoup plus farouche que cette dernière.

F. Silvestri note que la mouche noire du Figuier vole vivement.

Je l'ai constaté moi aussi. Et j'ai remarqué que l'on ne l'entend pas lorsqu'elle vole (je le précise car c'est une question que l'on se pose quand on ne connaît pas la mouche noire du Figuier).

On arrive cependant à déceler sa présence en vol malgré sa très petite taille car son vol, très vif, est fait de va-et-vient de 30 à 50 cm de longueur dans tous les sens, ce qui induit beaucoup de mouvements que l'on ne peut pas manquer à la périphérie du figuier. Arrivée très près du feuillage, elle effectue des va-et-vient beaucoup plus courts (de l'ordre de 5 cm) et un peu plus lents, avant de finir par se poser.

Je n'ai jamais observé plus de trois adultes volant ensemble. Le vol par trois est rare, le vol par deux l'est moins, mais le vol isolé est le plus fréquent.

Le vol en groupe ne s'effectue pas en formation... C'est un entremêlement des tourbillons de va-et-vient de chacun des individus, qui densifie la zone des mouvements par laquelle on repère les mouches noires du Figuier.

Je ne suis pas sûr d'ailleurs que l'on puisse parler de vol en groupe. Il pourrait s'agir plutôt d'individus volant seuls mais se trouvant au même instant en toute proximité de la même zone du figuier pourvue de points de nutrition particulièrement attractifs tels des coulures de jus sucré de figue sur une feuille ou des suintements de latex.

Pourtant, il existe une observation de vol en essaim.

Elle a été réalisée par B. I. Katsoyannos, en 1982 dans l'île de Chios, en Grèce (Katsoyannos B. I. - Swarming of Lamprolonchaea smaragdi Walker (Diptera, Lonchaeidae) and a few other Diptera observed in Chios, Greece, Bulletin de la Société Entomologique Suisse, vol. 56, pp. 183-185, 1983).

Dans son article, B. I. Katsoyannos relate principalement des observations d'essaims de Lamprolonchaea smaragdi  Walker, une espèce dont les larves se développent dans divers fruits déjà infestés par d'autres insectes, par exemple les figues infestées par la mouche méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata Wiedemann (Séguy E. - Diptères (Brachycères), Faune de France, vol. 28, 823 pp., Paris, 1934).

L'auteur précise que l'observation d'un essaim pour Silba adipata McAlpine n'a eu lieu qu'une seule fois, le 20 août 1982 à 17 h.

Le vol en essaim s'est produit dans un espace libre d'environ 2 m entre deux grosses branches d'un figuier. L'essaim était constitué d'environ 20 individus volant très rapidement. L'essaim a dansé principalement dans l'ombre et a été difficile à observer en raison de la rapidité du vol et, contrairement au cas des essaims de Lamprolonchaea smaragdi qui ont été observés au soleil, de l'absence de brillance des corps. Sur les 8 spécimens pris par un coup de filet, un seul était une femelle. L'auteur précise que cet essaim répondait au modèle de ceux observés pour Lamprolonchaea smaragdi.

Je reproduis ci-après la description de ce modèle.

Les mouches dans l'essaim se déplacent extrêmement vite, en un vol tourbillonnant en forme de spirale. L'axe du mouvement est dans le plan horizontal plutôt que dans le plan vertical. La forme globale de l'essaim est plutôt elliptique, occupant un espace de 1 à 2 m de diamètre. L'essaim est habituellement plus ou moins stationnaire, cependant, de temps en temps, il change légèrement d'emplacement, en se déplaçant horizontalement ou verticalement.

Quelques informations complémentaires sur les essaims de Lamprolonchaea smaragdi Walker : ils se situaient entre 1 et 3 m du sol, presque toujours en plein soleil. La plupart d'entre eux ont été observés par temps calme, avec des températures de 22 à 28°C. Mais les essaims ont été visibles aussi les jours de vent léger à modéré. Ils ne sont pas apparus un jour de vent fort et lors de deux journées de temps nuageux. Les individus capturés par coups de filet dans les essaims au cours de deux années d'observation étaient des mâles, à l'exception d'une seule femelle.

L'auteur ne fournit pas d'explication pour la formation de l'essaim, si ce n'est un possible comportement des mâles en relation avec l'accouplement, hypothèse développée par ailleurs par de nombreux auteurs.

Il me paraît intéressant de noter que l'auteur a observé les essaims de Lamprolonchaea smaragdi Walker de façon régulière aux mêmes endroits d'un jour à l'autre et que ses observations principales portaient sur deux essaims voisins de 5 à 10 m et situés dans un espace libre entre et sous les branches d'un gros figuier et de deux gros mûriers, le feuillage du figuier touchant celui d'un des deux mûriers.

Cette localisation des essaims, ainsi que les informations d'Eugène Séguy sur l'attaque par Lamprolonchaea smaragdi Walker de figues déjà infestées par Ceratitis capitata Wiedemann, pourraient faire suspecter la présence de l'espèce en France sur les figuiers.

Pour ma part, je ne l'ai pas constatée, Lamprolonchaea smaragdi Walker, dont le thorax est vert métallique et l'abdomen doré, serait facile à identifier sur les photographies.

Mais j'ai remarqué la présence d'une forme de Silba adipata McAlpine légèrement différente du type parmi les mouches que j'ai observées sur mes figuiers. L'individu observé était une femelle. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une espèce différente.

En tout état de cause, même en présence d'un individu mâle, je n'aurais eu ni la compétence ni les moyens de le vérifier par l'examen du genitalia.

Je fournirai des informations plus précises, avec photographies, dans une mise à jour à venir du présent article.

 

PERIODES D'ACTIVITE

La période de la journée où je peux observer le maximum d'activité de la mouche noire du Figuier est le matin, lorsque le soleil se lève. Plus précisément quand il ne frappe pas encore directement sur le feuillage, mais que le jour est déjà clair.

Le crépuscule est également favorable, mais assez tardivement et, même, de façon accrue lorsque le jour n'est plus clair. Ce qui paraît contradictoire avec ce que j'observe au petit matin.

J'observe néanmoins une activité (plus réduite) tout au long de la journée.

Mes observations rejoignent celles de B. I. Katsoyannos, qui, en 1981 et 1982, a étudié des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte que, selon ses observations de plus de 200 mouches, Silba adipata McAlpine se nourrit de façon prédominante tôt le matin, dès que la température dépasse 18 °C, et tard dans l'après-midi jusqu'à la tombée de la nuit. Il précise que, dans la plupart des cas, les mouches observées se sont nourries du jus exsudant des figues en surmaturité restées pendantes sur l'arbre.

J'ai remarqué aussi que l'activité est la même par temps ensoleillé ou couvert.

En période venteuse, même de façon assez forte, une activité est également observable. Nombre de mes photographies ont été prises d'une main, l'autre tenant un rameau ou le bout d'une feuille, battus par le vent, au plus près de la mouche photographiée...

 

UNE CURIEUSE OBSERVATION EX SITU

J'ajoute une curieuse observation réalisée ex situ.

Au cours de mes manipulations pour photographies, il m'est arrivé de faire tomber sur le dos un individu engourdi artificiellement marchant sur une paroi vitrée. J'ai remarqué qu'il n'avait pas la faculté de se retourner, restant immobilisé sur le dos et agitant vivement ses pattes dans le vide.

Mouche noire du Figuier sur ses ailes, n'arrivant pa à se retourner

Mouche noire du Figuier sur ses ailes, n'arrivant pa à se retourner
(le sujet photographié n'est pas mort ; noter la minceur de l'abdomen et la longueur des pattes)

Je me suis demandé si cette impossibilité est due à l'engourdissement ou s'il s'agit d'une insuffisance structurelle car c'est le seul cas que j'ai observé.

Toutefois, en observant par la suite une mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) dans la même situation, j'ai constaté qu'elle arrivait à se rétablir sur ses pattes en battant des ailes.

J'incline donc pour l'effet de l'engourdissement.

 

Sommaire

 

FREQUENTATION DU FIGUIER

 

Je présente ci-après des informations relatives à la fréquentation du figuier par Silba adipata McAlpine, selon le plan suivant : préférence pour la périphérie et la mi-hauteur, préférence pour l'ombre, zones de pose, existence de zones de fréquentation habituelles, existence d'horaires de fréquentation habituels.

 

PREFERENCE POUR LA PERIPHERIE ET LA MI-HAUTEUR

Au cours de mes séances d'observation et de traque photographique au pied des figuiers, j'ai remarqué que la mouche noire du Figuier se pose pratiquement toujours sur des feuilles, des figues mûres ou du bois de l'année situés en périphérie de l'arbre. Très rarement sur des feuilles, des figues mûres ou du bois de l'année situés à l'intérieur de l'arbre.

J'ai aussi remarqué qu'elle se pose le plus souvent à une hauteur de 1,20 m à 1,80 m, pratiquement jamais au-dessous et peu souvent au-dessus.

En ce qui concerne la position sur le rameau des fruits fréquentés, j'ai observé que ce sont les figues mûres de fin de rameau qui sont fréquentées pour la nutrition (sachant que les figues immatures vertes ne sont pas fréquentées par la mouche noire du Figuier, qui semble les réserver à la ponte).

 

PREFERENCE POUR L'OMBRE

Au cours de mes longues séances photographiques avec les mouches que j'ai élevées, j'ai pu remarquer que la mouche noire du Figuier n'aime pas le soleil direct. Elle se déplace immédiatement vers l'ombre lorsque l'on déplace au soleil la zone d'observation photographique où elle se trouve (une feuille de figuier dans le fond d'un récipient, par exemple).

En août 2015, un matin de 7 h à 8 h, j'ai observé trois mouches noires du Figuier sur la face est d'une touffe de la variété 'Dauphine' âgée d'une dizaine d'années, avant que le soleil ne frappe sur les feuilles. Lorsque le soleil, qui se levait, est arrivé sur cette partie du feuillage, les trois mouches se sont déplacées sur la face ouest de la touffe, toujours ombrée.

Plus généralement, j'ai noté que les mouches noires du Figuier se posent beaucoup moins souvent sur les feuilles ou les figues mûres ensoleillées. Une exception notable : les zones de latex suintant vers lesquelles elles se dirigent même si celles-ci se trouvent en plein soleil.

J'ai aussi remarqué qu'elles préfèrent les figues encore entourées de feuilles par rapport à celles situées en zones dénudées, en particulier les figues encore jouxtées de la feuille à l'aisselle de laquelle elles sont nées. Les mouches noires du Figuier se logent volontiers entre le pétiole de la feuille et la figue dressée, lorsque l'on s'approche d'elles, afin de se rendre moins visibles.

Pourtant, le soleil revigore la mouche noire du Figuier.

J'en ai fait plusieurs fois l'expérience avec des mouches engourdies pour faciliter les photographies et épuisées, qui ne bougeaient plus du tout, couchées sur le flanc et n'arrivant même plus à tenir sur leurs pattes. Lorsque je les ai placées en plein soleil, au bout de quelques secondes, des mouvements vifs de pattes sont apparus alors qu'elles étaient encore sur le flanc. Puis elles se sont retournées et se sont remises à marcher. Dans nombre de cas, elles ont même pris leur envol de façon étonnamment vive (et ont échappé définitivement à mon observation) alors que je les laissais pour mortes quelques instants auparavant...

B. I. Katsoyannos a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte que les pontes avaient lieu le plus souvent dans l'ostiole des figues qui étaient à l'ombre.

 

ZONES DE POSE SUR LE FIGUIER

La mouche noire du Figuier se pose directement le plus souvent sur une figue mûre ou sur une feuille, rarement sur le bois et presque jamais sur une figue immature verte (sauf pour y pondre).
 

Pose sur les figues mûres

Silba adipata McAlpine est très attirée par les figues mûres et s'y pose souvent directement pour se nourrir.

Mouche noire du Figuier sur une figue en début de surmaturité

Mouche noire du Figuier sur une figue en début de surmaturité (variété unifère 'Col De Dame Noire')
(grossissement : x 2,5)
 

Pose sur les figues immatures

J'ai observé que la mouche noire du Figuier ne se pose pas sur les figues immatures (vertes), semblant réserver celles-ci à la ponte (oviposition), qui est, par ailleurs, très difficile à observer.

J'ai constaté qu'en période sans figues mûres, alors que les figues immatures sont très abondantes, Silba adipata McAlpine se tient sur les feuilles, presque toujours à l'ombre ou à la mi-ombre.

Je ne l'ai jamais vue se poser sur une figue immature pour se nourrir. La raison est sans doute que, sur ce type de figues, il n'y a pas de fissures dans l'épiderme lui permettant de sucer le parenchyme, ni de trous de ponte de cératite d'où émerge du latex.

Une des deux seules fois où j'ai vu une mouche de la figue se poser sur une figue immature a été une pose à titre d'étape, après que je l'aie dérangée d'un point de suintement de latex, pour rejoindre un autre point de suintement de latex où consommaient déjà deux autres mouches noires.

Elle s'est envolée vivement du premier point de suintement de latex, et, comme toujours compte tenu de la rapidité de son vol,  je n'ai pas vu où elle s'est enfuie.

J'ai alors levé mon regard vers deux autres mouches noires qui consommaient du latex sur un point de suintement situé plus haut sur le figuier et je l'ai aperçue à proximité, posée sur une petite figue verte, immobile et positionnée vers ses deux congénères.

Mouche noire du Figuier sur une figue immature

Mouche noire du Figuier sur une figue immature, positionnée vers deux autres mouches (à droite)
(variété unifère 'Bellone'
; grossissement : x 2,5)

Après quelques secondes sur la figue verte sans s'y nourrir, elle a rejoint les deux autres mouches noires sur le point de suintement de latex.

a mouche noire a quitté la figue verte pour rejoindre les deux autres mouches

La mouche noire a quitté la figue verte, à gauche, pour rejoindre les deux autres mouches
 (variété unifère 'Bellone'
; grossissement : x 3)

La seconde situation m'ayant permis d'observer une mouche noire du Figuier se poser sur une figue immature est une variante de la précédente (pose intermédiaire).

A deux reprises successives, j'ai approché trop près mon appareil photographique d'une mouche noire consommant du latex sur la zone d'attache d'une feuille de figuier que j'avais arrachée la veille, au-dessus de laquelle se trouvait une petite figue immature de 1,3 mm de diamètre (à l'aisselle de la feuille arrachée).

Mouche de la figue sur cicatrice de feuille, au-dessous d'une petite figue immature

Mouche de la figue sur cicatrice de feuille, au-dessous d'une petite figue immature
 (variété unifère 'Col de Dame Noire'
; l'ostiole de la figue a été obturé ; grossissement : x 3)

Les deux fois, elle a quitté son point de consommation de latex, mais en voletant dans une sphère de 20 cm autour de celui-ci au lieu de s'enfuir au loin, tandis que je retirais sans geste brusque mon appareil photographique. Je dois préciser que je venais tout juste de déposer du latex frais sur la cicatrice de la feuille, dont l'odeur rendait la mouche noire imprudente...

Pour se poser ensuite sur la toute petite figue immature verte située immédiatement au-dessus de la cicatrice de la feuille.

Et pour descendre de la petite figue verte à la marche vers le même point de consommation de latex. 

Mouche de la figue sur cicatrice de feuille, au-dessous d'une petite figue immature

Mouche de la figue sur cicatrice de feuille, au-dessous d'une petite figue immature sur laquelle elle s'était posée
 (variété unifère 'Col de Dame Noire'
; grossissement : x 12)
 

Pose sur les feuilles

J'ai vu la mouche de la figue se poser parfois sur le pétiole des feuilles.

Mouche noire du Figuier sur pétiole de feuille de Figuier

Mouche noire du Figuier sur pétiole de feuille de figuier
(grossissement : x 2,5)

Mais, le plus fréquemment, elle se pose sur le limbe des feuilles, indifféremment sur le dessus ou le dessous.

J'ai noté que malgré sa très petite taille la mouche noire du Figuier est facilement repérable sur les feuilles en raison du contraste de sa couleur. La photographie suivante présente un individu en taille réelle. En mettant votre pouce juste au-dessous de la mouche, vous apprécierez vraiment sa taille réelle.

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier
(taille réelle, corps 4 mm)

En agrandissant la photographie précédente, on voit qu'il s'agit bien de la mouche noire du Figuier.

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier
(grossissement : x 4,5)

Sur la feuille de figuier, la mouche noire du Figuier passe, en marchant, du dessus au dessous et inversement, mais elle séjourne peu longtemps sur la face située au soleil.

Elle s'arrête quelquefois sur la tranche de la feuille. Parfois même, elle s'y pose directement, l'épaisseur de la feuille étant à rapporter à son échelle.

Mouche noire du Figuier sur tranche de feuille de figuier

Mouche noire du Figuier sur tranche de feuille de figuier
(grossissement : x 3,5)

Elle préfère les larges feuilles qui pendent verticalement, mais je l'ai vue se poser de temps à autre sur de petites feuilles horizontales.

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier
(grossissement x 9)

Le plus souvent, il s'agit de feuilles vertes, mais il n'est pas rare de voir une mouche noire du Figuier sur une feuille virant au jaune en fin d'été, généralement sur le dessous, mais aussi sur le dessus.

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier virant au jaune en début d'automne

Mouche noire du Figuier sur le dessus d'une feuille de figuier virant au jaune en début d'automne
(grossissement : x 8)
 

Pose sur le bois

J'ai observé que la mouche noire du Figuier se pose rarement sur les branches charpentières ou les rameaux, et jamais sur le tronc.

Une exception : sur les rameaux de l'année, elle se pose sur les zones d'attache des pétioles de feuilles fraîchement arrachées, où se trouve du latex qui a perlé.

Mouche noire du Figuier sur zone d'attache du pétiole d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier sur la zone d'attache du pétiole d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 4,5)
 

Pose sur le bourgeon apical

Il lui arrive de se poser directement sur un bourgeon apical.

Mais, le plus souvent, elle rejoint le bourgeon apical à la marche en remontant le rameau, après s'être posée sur une figue mûre ou sur un point de suintement de latex.

Arrivée sur le bourgeon apical, elle s'y nourrit plus ou moins longuement et grimpe à son sommet avant de prendre son envol.

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de Figuier

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier, s'apprêtant à prendre son envol
(grossissement : x 5)

J'ai observé plusieurs fois que Silba adipata McAlpine se plaît à monter tout en haut du bourgeon apical pour prendre son envol alors qu'elle pourrait le faire depuis le côté de celui-ci, comme elle le fait parfois à partir du bois du rameau de l'année.

Mouche de la figue sur bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche de la figue sur bourgeon apical de rameau de figuier, s'apprêtant à prendre son envol
 (grossissement : x 3)

 

Mouche de la figue sur bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche de la figue sur bourgeon apical de rameau de figuier, s'apprêtant à prendre son envol
 (grossissement : x 13)

 

EXISTENCE DE ZONES DE FREQUENTATION HABITUELLES

Les mouches noires du Figuier ne demeurent pas en permanence sur le même figuier. Je peux les observer pendant une demi-heure sur un figuier, puis elles disparaissent de l'arbre pour n'y réapparaître qu'une heure après.

Je ne sais pas où elles vont entre-temps.

F. Silvestri et J. Ghesquière semblent indiquer qu'elles fréquentent d'autres arbres, sans en préciser l'espèce. B. I. Katsoyannos les a observées sur, et dans, des fleurs de jasmin-trompette (Tecoma radicans Juss.), ainsi que sur des agrumes et des oliviers.

Pour ma part, je n'ai observé Silba adipata McAlpine que sur des figuiers. Et j'ai pu remarquer un comportement qu'il me paraît intéressant de rapporter.

J'ai constaté que, lors d'un passage à l'autre sur un figuier dans la même journée, les mouches noires du Figuier se posent dans la même zone de celui-ci.

Elles ont quelques feuilles et quelques figues mûres de prédilection sur lesquelles elles se posent le plus souvent.

Les rameaux qui portent celles-ci présentent vraisemblablement une position attractive sur l'arbre. Ou, peut-être, ce sont les premiers rencontrés, pour le figuier considéré, dans un circuit préférentiel des mouches noires d'un arbre à l'autre.

Je ne crois pas que ce soient des caractéristiques particulières des feuilles (orientation, surface, présence de miellat de pucerons au revers...) ou des figues mûres (degré de maturité se traduisant par des fissures dans l'épiderme...) qui déterminent l'attractivité de la zone de fréquentation habituelle.

En effet, les mouches noires continuent à fréquenter la même zone lorsqu'il n'y existe plus de figues mûres et même lorsque les feuilles ont disparu de celle-ci.

On pourrait penser aussi que les mouches noires laissent un marqueur jouant un rôle attractif pour elles-mêmes ou pour leurs congénères lors de passages ultérieurs sur le figuier. Au cours de mes observations, je n'ai relevé aucun indice qui puisse étayer une telle hypothèse.

 

EXISTENCE D'HORAIRES DE FREQUENTATION HABITUELS

J'ai également observé que les mouches noires du Figuier sont présentes dans leur zone de fréquentation habituelle dans la même tranche horaire d'un jour à l'autre. Ceci au mois de juin comme au mois de septembre et sur des figuiers différents.

Par exemple, en juin 2016, les mouches noires du Figuier arrivaient quotidiennement entre 16 h et 16 h 30 dans leur zone de fréquentation habituelle d'une touffe de la variété 'Bellone' et, en septembre de la même année, elles apparaissaient quotidiennement entre 18 h et 18 h 30 dans leur zone de fréquentation habituelle d'une touffe de la variété 'Col de Dame Noire'. Dans les deux cas, j'ai pu les observer sur le figuier jusqu'à la nuit.

Il est possible qu'il existe plus d'un horaire de fréquentation habituel dans la même journée pour un figuier donné et la présence épisodique d'individus en dehors des horaires de fréquentation habituels n'est pas à exclure.

C'est un point de la fréquentation du figuier qui reste à approfondir, même si cela ne remet pas en cause l'existence d'horaires de fréquentation habituels que j'ai observée.

 

Sommaire

 

NUTRITION

 

Selon F. Silvestri, l'adulte "se nourrit de substances sucrées qu'il peut trouver sur les arbres".

J. Ghesquière précise que les femelles de la mouche noire du Figuier "se gavent abondamment de fruits en fermentation et de matières sucrées pendant les dix premiers jours de leur vie, c'est à dire avant leur maturité sexuelle".

Mouche noire du Figuier sur feuille de figuier, se nourrissant dans une flaque de jus sucré tombé d'une figue

Mouche noire du Figuier sur feuille de figuier, se nourrissant dans une flaque de jus sucré tombé d'une figue

F. Silvestri et J. Ghesquière semblent indiquer que la mouche noire du Figuier se nourrit sur différents arbres, mais ils ne précisent pas de quelles espèces il s'agit (J. Ghesquière désigne toutefois des arbres fruitiers quand il  évoque des fruits en fermentation).

B. I. Katsoyannos a étudié des populations importantes de Silba adipata McAlpine en 1981 et 1982, dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte qu'en août 1982, alors que les figues n'étaient pas encore mûres, il a souvent observé des mouches noires du Figuier se nourrissant sur, ou dans, les fleurs d'une plante grimpante ornementale, le jasmin-trompette (Tecoma radicans Juss.), située à environ 50 m des figuiers. Pendant la même période, il a également observé des mouches noires du Figuier sur des agrumes et des oliviers de la région.

Selon A. M. Talhouk, repris par B. I.  Katsoyannos dans l'article précité, la mouche noire du Figuier a été observée en train de se nourrir d'exsudats d'une cochenille, le céroplaste du Figuier (Ceroplastes rusci L.), et d'exsudats d'autres insectes, tout autant que du jus sucré des figues mûres plus tard dans la saison (Référence : Insects and mites injurious to crops in Middle Eastern Countries, A. M. Talhouk, 1969, Hamburg und Berlin, Paul Parey).

J. Ghesquière a observé lui aussi Silba adipata McAlpine sur des rameaux attaqués par les cochenilles, à la recherche des excrétions sucrées de celles-ci (J. Ghesquière : La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949).

Pour ma part, je n'ai observé la mouche noire du Figuier se nourrir que sur le Figuier.

Sur celui-ci, j'ai pu observer qu'elle se nourrit des figues mûres, des feuilles, du jus sucré tombé des figues, du latex suintant des rameaux, du latex perlant des trous de ponte de la cératite, du jeune bois, des bourgeons (apical, axillaires).

 

FIGUES MÛRES

La mouche noire du Figuier n'est pas attirée par les figues vertes immatures pour se nourrir, semblant réserver celles-ci pour la ponte (oviposition).

Par contre, elle est très attirée par les figues mûres, ou proches de l'être, ainsi que par les figues en surmaturité.

Mouche noire du Figuier en taille réelle sur figue en surmaturité (variété 'Col de Dame Noire')

Mouche noire du Figuier en taille réelle sur figue en surmaturité (variété 'Col de Dame Noire')
(posez votre pouce sur l'écran au-dessous de la mouche pour apprécier vraiment sa taille réelle)

 

Mouche noire du Figuier sur figue évoluant vers la maturité (variété 'Col de Dame Noire')

Mouche noire du Figuier sur figue évoluant vers la maturité (variété 'Col de Dame Noire')

Elle suce le placenta ramolli par la maturité dans les déchirures de l'épiderme.

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue mûre

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire')

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue mûre

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire')

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité
(variété 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 3)

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité

Mouche noire du Figuier suçant dans une déchirure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; noter que la trompe buccale est dépliée ; grossissement : x 8)

Elle suce aussi le placenta dans les longues fissures de l'épiderme.

Mouche noire du Figuier suçant dans une fissure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité

Mouche noire du Figuier suçant dans une fissure de l'épiderme d'une figue évoluant vers la maturité
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; grossissement x 5,5)

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une fissure de l'épiderme d'une figue mûre

Mouche noire du Figuier suçant dans une fissure de l'épiderme d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; noter que la trompe buccale est dépliée ; grossissement : x 4)

 

Mouche noire du Figuier suçant dans une fissure de l'épiderme d'une figue mûre

Mouche noire du Figuier suçant dans une fissure de l'épiderme d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; noter que la trompe buccale est dépliée ; grossissement : x 19)

Je dois une précision, d'ailleurs en forme d'interrogation, concernant les deux photographies précédentes.

Je m'interroge sur la nature des trois émissions vermiformes blanches apparaissant en surface de la figue sur la première d'entre elles, dont une que l'on voit en gros plan sur la seconde photographie. Elles paraissent être soit du placenta (parenchyme) ramolli par la maturité, soit du latex. Je note qu'elles sont de couleur étonnamment blanche par rapport au placenta apparaissant en surface de la fissure de l'épiderme.

Je ne sais pas si elles résultent simplement d'une tension interne due à l'augmentation de volume des tissus en fin de maturation, ou s'il s'agit d'une sortie de parenchyme sous-jacent, ou de latex, par un trou de ponte de la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann). Les trous de ponte de cette dernière se manifestent d'ordinaire par du latex laiteux perlant en surface et séchant ensuite en une masse arrondie plus ou moins translucide.

Au cours de mes observations de Silba adipata McAlpine sur les figues mûres, j'ai pu constater aussi qu'elle s'intéresse à l'infrutescence des figues éclatées.

Mouche noire du Figuier sur l'infrutescence d'une figue éclatée (variété 'Dauphine')

Mouche noire du Figuier sur l'infrutescence d'une figue éclatée
(figue d'automne de la variété bifère 'Dauphine' ;
grossissement : x 3,5)

 

Nutrition dans l'ostiole

Je me suis demandé si Silba adipata McAlpine rentre à l'intérieur de l'ostiole pour s'y nourrir lorsque celui-ci est dilaté chez des figues mûres, comme le fait la drosophile asiatique (Drosophila suzukii Matsumura), qui est toutefois deux fois plus petite.

On voit sur la photographie ci-après que cela serait possible.

Silba adipata McAlpine se dirigeant vers l'ostiole dilaté d'une figue mûre

Silba adipata McAlpine se dirigeant vers l'ostiole dilaté d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 9)

J'ai observé une fois une mouche noire du Figuier se penchant vers le conduit ostiolaire d'une figue venant de tourner, sur laquelle elle consommait le latex ayant émergé de trous de ponte de la cératite (Ceratitis capitata Wiedemann).

Silba adipata McAlpine au bord de l'ostiole d'une figue venant de tourner

Silba adipata McAlpine au bord de l'ostiole d'une figue venant de tourner
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 2)

 

Silba adipata McAlpine au bord de l'ostiole d'une figue venant de tourner

Silba adipata McAlpine au bord de l'ostiole d'une figue venant de tourner
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 4)

Sur les figues mûres, j'observe assez souvent la mouche de la figue se nourrissant à la périphérie de l'ostiole.

Silba adipata McAlpine se nourrissant au bord des écailles de l'ostiole dilaté d'une figue mûre

Silba adipata McAlpine se nourrissant au bord des écailles de l'ostiole dilaté d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 4)

 

Silba adipata McAlpine se nourrissant au bord des écailles de l'ostiole dilaté d'une figue mûre

Silba adipata McAlpine se nourrissant au bord des écailles de l'ostiole dilaté d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 6)

Je la vois parfois sur des écailles ostiolaires de premier rang.

Silba adipata McAlpine sur une écaille de l'ostiole dilaté

Silba adipata McAlpine sur une écaille de l'ostiole dilaté
(figue mûre de la variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 8)

 

Silba adipata McAlpine sur une écaille de l'ostiole dilaté

Silba adipata McAlpine sur une écaille de l'ostiole dilaté
(figue mûre de la variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 20)

Certaines fois, elle s'avance même près du conduit ostiolaire en mettant ses pattes avant sur une écaille de second rang.

Silba adipata McAlpine sur les écailles de l'ostiole dilaté d'une figue mûre

Silba adipata McAlpine sur les écailles de l'ostiole dilaté d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 12)

Je l'ai vue une seule fois s'engager partiellement dans le conduit ostiolaire.

Silba adipata McAlpine s'apprêtant à s'engager dans l'ostiole dilaté d'une figue mûre

Silba adipata McAlpine s'apprêtant à s'engager dans l'ostiole dilaté d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 3,5)

 

Silba adipata McAlpine engagée partiellement dans l'ostiole dilaté d'une figue mûre

Silba adipata McAlpine engagée partiellement dans l'ostiole dilaté d'une figue mûre
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ;
grossissement : x 3,5)

Mais, contrairement à ce que j'ai pu observer chez la drosophile asiatique (Drosophila suzukii Matsumura), deux fois plus petite qu'elle, je ne l'ai jamais vue entrer entièrement dans le conduit ostiolaire dilaté d'une figue mûre.

 

FEUILLES

J'ai observé que la mouche noire du Figuier se pose souvent sur le dessous d'une feuille de figuier et s'arrête assez longtemps au niveau de la nervure principale.

Mouche noire du Figuier sur la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier (automne)

Mouche noire du Figuier sur la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier (automne)
(grossissement 1,5 fois)

Elle y suce des substances sucrées, comme le montre l'agrandissement de la photographie précédente.

Mouche noire du Figuier suçant la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier (automne)

Mouche noire du Figuier suçant la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier (automne)
(noter la trompe buccale dépliée et appuyée sur la nervure principale)

Voici un adulte sur la nervure principale du dessous d'une feuille verte.

Mouche noire du Figuier sur la nervure principale du dessous d'une feuille de figuie

Mouche noire du Figuier sur la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier
(grossissement : x 2)

 

Mouche noire du Figuier sur la nervure principale du dessous d'une feuille de figuie

Mouche noire du Figuier sur la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier
(grossissement : x 7)

J'ai pu aussi voir la mouche noire du Figuier s'arrêter assez longtemps à la jonction d'une nervure secondaire et du limbe lorsqu'il s'y trouve du miellat sucré de pucerons.

 

JUS SUCRÉ DE FIGUE

On pourrait penser que la mouche de la figue est particulièrement attirée par les gouttes sucrées perlant au niveau de l'ostiole de figues très mûres, ou du jus coulant parfois en filet à partir de celui-ci.

Jus sucré coulant de l'ostiole d'une figue en surmaturité

Jus sucré coulant de l'ostiole d'une figue en surmaturité
(figue de deuxième récolte, variété bifère 'Dauphine')

En fait, je ne l'ai observée qu'une seule fois se nourrissant au niveau de l'ostiole, sur une goutte qui avait perlé (et je n'ai pas pu la photographier...).

C'est sur les feuilles du figuier que j'ai pu l'observer assez fréquemment se nourrir de jus sucré, tombé d'une figue située au-dessus.... Presque toujours sur le limbe des feuilles, mais parfois sur le pétiole.

Par exemple, voici deux mouches de la figue venant se nourrir dans des coulures de jus sucré tombé d'une figue en surmaturité sur une feuille de figuier située au-dessous (touffe de la variété 'Dauphine').

Deux mouches noires du Figuier venant de se poser sur une feuille de figuier

Deux mouches noires du Figuier venant de se poser sur une feuille de figuier
(à gauche, à mi-hauteur de la grande feuille du devant ; variété 'Dauphine')

En agrandissant la scène ci-dessus, voici ce que l'on observe.

Deux mouches noires du Figuier venant de se poser et rejoignant à la marche des coulures de jus sucré

Deux mouches noires du Figuier venant de se poser et rejoignant à la marche des coulures de jus sucré
(noter l'extrémité des coulures, en haut, à droite ; figuier de la variété 'Dauphine')

Les deux mouches noires du Figuier se sont nourries pendant un long moment dans les coulures de jus sucré.

Deux mouches noire du Figuier sur feuille de figuier, ayant rejoint à la marche une flaque de jus sucré

Deux mouches noires du Figuier sur feuille de figuier, ayant rejoint à la marche des coulures de jus sucré
(figuier de la variété 'Dauphine')

En agrandissant la scène ci-dessus, voici ce que l'on observe.

Deu mouches noires du Figuier se nourrissant de jus sucré tombé d'une figue en surmaturité

Deux mouches noires du Figuier se nourrissant de jus sucré tombé d'une figue en surmaturité
(figuier de la variété 'Dauphine')

Ci-après, une autre observation d'une mouche noire du Figuier se nourrissant de jus sucré de figue (sur un figuier de la variété 'Col de Dame Noire').

Mouche noire du Figuier approchant de flaques de jus sucré tombé d'une figue en surmaturité

Mouche noire du Figuier approchant de flaques de jus sucré tombé d'une figue en surmaturité
(figuier de la variété 'Col de Dame Noire')

 

Mouche noire du Figuier s'apprêtant à consommer le jus sucré tombé d'une figue en surmaturité

Mouche noire du Figuier s'apprêtant à consommer le jus sucré tombé d'une figue en surmaturité
(figuier de la variété 'Col de Dame Noire')

Mais, à ma relative surprise, j'ai constaté que les mouches noires du Figuier ne se posent pas plus souvent à proximité des flaques ou coulures de jus sucré que sur les figues mûres elles-mêmes, où elles sucent le parenchyme à travers la peau distendue ou fissurée.

 

COULURE DE NATURE INDETERMINEE

J'ai aussi fait l'observation d'une mouche noire du Figuier suçant le bas d'une coulure dont je n'arrive pas à déterminer la nature. Je présume qu'elle devait être sucrée...

Cette coulure, de couleur jaune, était située sur le dessous d'une feuille de figuier pendant verticalement. En rapportant la taille de la mouche à celle de la coulure, je détermine que celle-ci faisait environ 3 cm de long pour 4 mm de large. Au moment où j'ai pris la photographie, je n'y ai pas vraiment prêté attention.

Mouche noire du Figuier : adulte suçant le bas d'une coulure de nature indéterminée

Mouche noire du Figuier : adulte suçant le bas d'une coulure de nature indéterminée
(revers d'une feuille de figuier ; grossissement : x 1,5)

Cette couleur jaune n'est pas celle d'une coulure de jus de figue, l'arbre étant de la variété 'Col de Dame Noire' dont la pulpe des figues est rouge pourpre. S'agirait-il de la déjection liquide d'un oiseau ?

Mouche noire du Figuier : adulte suçant le bas d'une coulure de nature indéterminée

Mouche noire du Figuier : adulte suçant le bas d'une coulure de nature indéterminée
(revers d'une feuille de figuier ; grossissement : x 6)

En examinant la coulure en plan plus rapproché, je confirme que la mouche suce un liquide incolore au bas de la coulure et que les parties solides en suspension ne sont pas des fruits de figuier. Mais je ne parviens pas à les identifier...

Mouche noire du Figuier suçant le bas d'une coulure de nature indéterminée

Mouche noire du Figuier suçant le bas d'une coulure de nature indéterminée
(revers d'une feuille de figuier ; grossissement : x 12)

 

LATEX SUINTANT DES RAMEAUX

B. I. Katsoyannos a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte qu'il a souvent observé des mouches se nourrissant sur des gouttes de latex frais exsudant des points d'attache de feuilles ou de figues immatures qui ont été arrachées de l'arbre ou aux endroits où les figues immatures ou les feuilles ont été blessés par des insectes, des frictions ou pour d'autres causes.

Il indique qu'il a aussi fréquemment observé des mouches en train de se nourrir sur des plaies de figuier datant des jours auparavant, sur lesquelles le latex avait déjà séché.

Même s'il précise que les mouches se nourrissaient principalement des suintements sucrés des figues mûres. Cette dernière observation résulte selon moi de la période pendant laquelle B. I. Katsoyannos a effectué ses observations (septembre pour 1981 ; août et septembre pour 1982). Il s'agit de la période de maturité des figues dans l'île de Chios. Les figues mûres étant nettement plus nombreuses que les suintements accidentels de latex...

Pour ma part, j'ai constaté que la mouche de la figue est attirée fortement par le latex suintant sur le rameau au niveau des zones d'attache des figues immatures ou des feuilles vertes qui ont été arrachées. Plus que par les figues mûres se trouvant à proximité.

 

Latex sur zone d'arrachement de figue immature

J'ai remarqué que lorsque j'enlève du rameau une figue immature attaquée, la mouche de la figue est attirée par le latex suintant sur la zone d'attache de la figue, à l'aisselle du pétiole de la feuille.

 Mouche de la figue se nourrissant de latex sur la zone d'attache d'une figue

Mouche de la figue se nourrissant de latex à l'aisselle d'une feuille, sur la zone d'attache d'une figue
immature attaquée qui vient d'être enlevée ;
à droite, le pétiole de la feuille
(grossissement : x 2,5)

 

Mouche de la figue se nourrissant de latex sur la zone d'attache d'une figue

Mouche de la figue se nourrissant de latex à l'aisselle d'une feuille, sur la zone d'attache d'une figue
immature attaquée qui vient d'être enlevée ;
grossissement : x 7

 

Mouche de la figue se nourrissant de latex sur la zone d'attache d'une figue

Mouche de la figue se nourrissant de latex à l'aisselle d'une feuille, sur la zone d'attache d'une figue
immature attaquée qui vient d'être enlevée ;
grossissement : x 9

 

Mouche de la figue se nourrissant de latex sur la zone d'attache d'une figue

Mouche de la figue se nourrissant de latex à l'aisselle d'une feuille, sur la zone d'attache d'une figue
immature attaquée qui vient d'être enlevée ;
en bas à droite, le pétiole de la feuille
(grossissement : x 15)

 

Latex sur zone d'arrachement de feuille de figuier verte

J'ai également observé que lorsque j'arrache des feuilles vertes pour faciliter les photographies, les mouches sont attirées rapidement par les zones d'attache des pétioles arrachés, sur lesquelles suinte du latex de façon importante (je précise feuilles vertes car lorsque l'on arrache une feuille jaune, qui a séché, ou lorsqu'elle tombe naturellement, il n'y a pas suintement de latex).

Mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2,5)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2,5)

Elles consomment alors le latex pendant plusieurs minutes, parfois plus d'un quart d'heure.

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(noter que la trompe buccale est dépliée ; grossissement : x 12)

Lorsqu'une mouche noire du Figuier est posée sur une zone de suintement de latex, elle est généralement rejointe par une ou plusieurs autres mouches noires qui consomment du latex simultanément, sans se repousser.

Deux mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 5)

 

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 12)

Il n'est pas rare que trois mouches noires du Figuier consomment du latex sur la même zone d'attache d'une feuille verte arrachée.

Trois mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2,5)

 

Trois mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(noter les palpes maxillaires sur la trompe buccale ; grossissement : x 14)

J'ai pu observer jusqu'à quatre mouches de la figue consommant du latex sur la même zone d'attache de feuille verte arrachée. Mais jamais plus.

Quatre mouches noires du Figuier se nourrissant de latex

Quatre mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 4,5)

 

Quatre mouches noires du Figuier se nourrissant de latex

Quatre mouches noires du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 13)

Lorsque j'ai réussi à regrouper cinq mouches, et une fois six mouches, sur la même branche grâce au latex, la fréquentation simultanée d'une même zone d'attache de pétiole arraché s'est limitée à quatre mouches. La cinquième mouche, et aussi la sixième éventuelle, a fréquenté un autre point de suintement de latex, ou s'est tenue un peu plus loin sur le rameau ou sur une feuille proche.

S'il y  a plusieurs zones de suintement de latex sur un même rameau, les mouches de la figue se rendent de l'une à l'autre en parcourant le rameau à la marche.

J'ai remarqué que le latex qui suinte des points d'attache des pétioles de feuilles de figuier arrachées est beaucoup plus attractif pour la mouche de la figue que le jus sucré tombé sur une feuille depuis une figue en surmaturité située au-dessus.

Ainsi, j'ai observé plusieurs fois que lorsqu'une zone de latex suintant se trouve à proximité d'une flaque de jus sucré, le taux de fréquentation de la flaque de jus sucré par la mouche noire du Figuier est peu élevé par rapport à celui de la zone de latex suintant (et même parfois nul).

 

LATEX PERLANT DES TROUS DE PONTE DE CERATITE

J'ai observé souvent que la mouche noire du Figuier utilise pour sa nutrition une autre source de latex : les écoulements à la surface de la figue consécutifs aux pontes de la cératite (mouche méditerranéenne des fruits ; Ceratitis capitata Wiedemann).

 

Ecoulement de latex lors de la ponte de la cératite

La cératite pond dans les figues dès qu'elles commencent à mollir, alors qu'elles ont gonflé mais qu'elles ne sont pas encore mûres. Et elle continue à les attaquer au stade de la maturité et de la surmaturité.

Ainsi, sur mes figuiers, à partir de la fin juin, je puis observer une cohabitation sur les figues mûres de la cératite et de la mouche noire du Figuier.

Contrairement à la mouche de la figue, qui ne pond que dans l'ostiole, la cératite pond indifféremment dans l'ostiole ou dans l'infrutescence à travers la peau de la figue. 

Lorsque la cératite pond à travers la peau de la figue, à la surface de cette dernière perle le plus souvent une goutte de latex laiteux, séchant ensuite en une masse arrondie plus ou moins translucide.

Cératite (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme de la figue

Cératite (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme de la figue
(noter que du latex laiteux perle par le trou de ponte avant que l'ovipositeur soit retiré)

 

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) venant de pondre à travers l'épiderme de la figue

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) venant de pondre à travers l'épiderme de la figue
(noter que l'ovipositeur est toujours sorti et que du latex laiteux a émergé par le trou de ponte)

 

Cératite (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme de la figue

Cératite (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme de la figue
(noter que du latex laiteux perle par le trou de ponte avant que l'ovipositeur soit retiré)

 

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme de la figue

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme de la figue
(noter que du latex laiteux perle par le trou de ponte avant que l'ovipositeur soit retiré)

 

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) venant de pondre dans une figue

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) venant de pondre à travers l'épiderme de la figue
(noter que l'ovipositeur est toujours sorti et que du latex laiteux a émergé par le trou de ponte)

Parfois l'écoulement de latex par le trou de ponte de la cératite est plus important et prend l'allure d'une courte coulée.

 

Nutrition par le latex ayant perlé des trous de ponte de la cératite

Lorsqu'elle se nourrit à la surface de la figue, Silba adipata McAlpine s'arrête souvent pour sucer du latex ayant perlé par le trou de ponte d'une cératite.

Mouche noire du Figuier se nourrissant du latex ayant perlé du trou de ponte d'une cératite

Mouche noire du Figuier se nourrissant du latex ayant perlé du trou de ponte d'une cératite
(figue de la variété 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 3)

 

Mouche de la figue se nourrissant du latex ayant perlé du trou de ponte d'une cératite

Mouche de la figue se nourrissant du latex ayant perlé du trou de ponte d'une cératite
(figue de la variété 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 6)

Parcourant la surface de la figue, la mouche noire du Figuier s'arrête successivement sur plusieurs points de ponte de la cératite, desquels du latex a émergé et séché.

Mouche de la figue se nourrissant du latex ayant coulé du trou de ponte d'une cératite  

Mouche de la figue se nourrissant du latex ayant coulé du trou de ponte d'une cératite et qui a séché
(figue de la variété 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 3)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant du latex ayant coulé du trou de ponte d'une cératite

Mouche noire du Figuier se nourrissant du latex ayant coulé du trou de ponte d'une cératite et qui a séché
(figue de la variété 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 7,5)

Une zone circulaire de couleur différente se forme en surface de la figue consécutivement à la piqûre de la cératite.

Silba adipata McAlpine se nourrissant du latex ayant coulé d'un trou de ponte de Ceratitis capitata Wiedemann

Silba adipata McAlpine se nourrissant du latex ayant coulé d'un trou de ponte de Ceratitis capitata Wiedemann
(noter la zone circulaire violette consécutive à la piqûre de la cératite ; grossissement : x 4)

 

Silba adipata McAlpine se nourrissant du latex ayant coulé d'un trou de ponte de Ceratitis capitata Wiedemann

Silba adipata McAlpine se nourrissant du latex ayant coulé d'un trou de ponte de Ceratitis capitata Wiedemann
(noter la zone circulaire violette consécutive à la piqûre de la cératite ; grossissement : x 10)

Certaines figues, même loin de la maturité (mais après avoir gonflé et molli), sont particulièrement touchées par la cératite et l'abondance du latex en surface attire les mouches noires du Figuier.

Deux mouches noires du Figuier se nourrissant du latex ayant émergé d'un trou de ponte d'une cératite

Deux mouches noires du Figuier se nourrissant du latex ayant émergé d'un trou de ponte d'une cératite
(figue de la variété 'Col de Dame Noire' en cours de maturation ; grossissement : x 2,5)

 

Deux mouches de la figue se nourrissant du latex ayant émergé d'un trou de ponte de Ceratitis capitata Wiedemann

Deux mouches de la figue se nourrissant du latex ayant émergé d'un trou de ponte de Ceratitis capitata Wiedemann
(figue de la variété 'Col de Dame Noire' en cours de maturation ; grossissement : x 9)

 

JEUNE BOIS DE L'ANNEE

La mouche noire du Figuier se pose peu souvent directement sur le bois (charpentières et rameaux).

Mais elle rejoint à la marche les rameaux de l'année depuis une figue sur laquelle elle s'est posée. Parfois depuis un bourgeon apical ou une zone d'attache de pétiole de feuille arrachée, sur lesquels elle se pose aussi.

Mouche noire du Figuier sur un rameau de l'année (variété unifère 'Col de Dame Noir')

Mouche noire du Figuier sur un rameau de l'année ; variété unifère 'Col de Dame Noire'
(grossissement : x 2,2)

Elle parcourt lentement à la marche les rameaux de l'année indifféremment vers le haut ou vers le bas, ou les deux successivement.

Deux mouches noires du Figuier parcourant un jeune rameau de figuier

Deux mouches noires du Figuier parcourant un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 2)

 

Deux mouches noires du Figuier parcourant un jeune rameau de figuier

Deux mouches noires du Figuier parcourant un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 5,5)

Au cours de ses déplacements sur les rameaux de l'année, elle fait plusieurs haltes pour sucer le jeune bois.

Mouche noire du Figuier suçant un jeune rameau de figuier

Mouche noire du Figuier suçant un jeune rameau de figuier, entre deux noeuds
(grossissement : x 5,5)

 

Mouche noire du Figuier suçant un jeune rameau de figuier

Mouche noire du Figuier suçant un jeune rameau de figuier
(noter l'extrémité de la trompe buccale aplatie contre le rameau ; grossissement : x 18)

Je ne sais pas si elle aspire les dépôts présents sur l'écorce (visibles sur les photographies en gros plan et dont j'ignore la nature exacte) ou si elle aspire du latex à travers l'écorce tendre du jeune bois (ou les deux ...).

Mouche noire du Figuier s'apprêtant à sucer un jeune rameau de figuier

Mouche noire du Figuier s'apprêtant à sucer un jeune rameau de figuier
(noter que la trompe buccale est dépliée ; grossissement x 17,5)

Elle effectue certaines de ses haltes au niveau des cicatrices stipulaires, qui, ramenées à sa taille, constituent des dépressions dans le bois.

Mouche noire du Figuier arrêtée au-dessus d'une cicatrice stipulaire sur le bois de l'année

Mouche noire du Figuier arrêtée au-dessus d'une cicatrice stipulaire sur le bois de l'année
 (grossissement : x 4)

 

Mouche noire du Figuier s'apprêtant à sucer une cicatrice stipulaire sur le bois de l'année

Mouche noire du Figuier s'apprêtant à sucer une cicatrice stipulaire sur le bois de l'année
(noter les pattes avant écartées et la trompe buccale qui commence à se déplier ; grossissement : x 14)

Elle suce dans la cicatrice stipulaire soit sur la zone libre du rameau, soit, parfois, à proximité immédiate des bourgeons.

Mouche noire du Figuier suçant dans la cicatrice stipulaire à proximité d'un bourgeon

Mouche noire du Figuier suçant dans la cicatrice stipulaire à proximité d'un bourgeon
 (grossissement : x 9)

 

Mouche noire du Figuier suçant dans la cicatrice stipulaire à proximité d'un bourgeon

Mouche noire du Figuier suçant dans la cicatrice stipulaire à proximité d'un bourgeon
 (noter la trompe buccale qui s'appuie dans la cicatrice stipulaire ; grossissement : x 20)

La mouche noire du Figuier se cantonne aux jeunes rameaux de l'année (que l'on reconnaît à leur couleur verte ou marron). Elle ne descend pas sur le vieux bois de couleur grise.

Mouche noire du Figuier remontant un rameau de l'année de figuier

Mouche noire du Figuier remontant un rameau de l'année de figuier
(après s'être posée sur la zone d'attache de la feuille arrachée ; grossissement x 3)

 

BOURGEON APICAL

J'ai observé une mouche noire du Figuier qui s'est posée directement sur le bourgeon apical et l'a ensuite parcouru. J'ai remarqué qu'elle a sucé les stipules vertes. Ce n'est donc pas simplement une zone de transit, mais également une zone de nutrition.

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier
(grossissement : x 2,5)

J'ai également observé une mouche noire du Figuier qui s'est posée sur une figue mûre de fin de rameau et qui, après l'avoir parcourue en la suçant, s'est déplacée à la marche sur le bourgeon apical proche en passant par le pédoncule de la figue.

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier
(la mouche est venue de la figue en passant par le pédoncule ; grossissement : x 4)

Elle l'a parcouru longuement en suçant ses stipules vertes. Elle a ignoré le reliquat marron desséché des stipules précédentes, qui ne lui offrait sans doute pas de substances sucrées à sucer.

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier
(la mouche suce les stipules vertes ; grossissement : x 3,5)

J'ai fait une troisième observation concernant le bourgeon apical.

Une mouche noire du figuier s'est directement posée sur un bourgeon apical, au-dessus des restes d'une figue cueillie, et l'a parcouru en suçant ses stipules vertes.

Mouche noire du Figuier : adulte sur bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical de rameau de figuier
(grossissement : x 4)

Puis elle est descendue à la base du bourgeon apical et elle s'y est arrêtée pour sucer la jonction de celui-ci avec le rameau, au niveau de la cicatrice stipulaire.

Mouche noire du Figuier à la base d'un bourgeon apical de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier à la base d'un bourgeon apical de rameau de figuier

J'ai également observé des mouches noires du Figuier se nourrir sur un bourgeon apical en période sans figues mûres.

Initialement attirées par du latex suintant de la zone d'attache d'une feuille arrachée, elles ont remonté l'extrémité verte du jeune rameau et ont sucé le bourgeon apical.

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical d'un jeune rameau encore vert

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical d'un jeune rameau encore vert
(période sans figues mûres)

 

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical d'un jeune rameau encore vert

Mouche noire du Figuier sur bourgeon apical d'un jeune rameau encore vert
(période sans figues mûres ; grossissement : x 8)

 

BOURGEONS AXILLAIRES

La mouche noire du Figuier affectionne aussi les bourgeons axillaires qu'elle trouve lors de ses parcours sur le jeune bois. Elle s'y arrête pour les sucer.

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire de rameau de figuier
(on reconnaît un male par l'extrémité de l'abdomen ; grossissement : x 4,5)

Je l'ai vue aussi s'arrêter sur des jeunes figues en formation, encore à l'état de bourgeon.

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon à figue (jeune rameau de figuier)

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon à figue d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 1,5)

 

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon à figue (jeune rameau de figuier)

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon à figue d'un jeune rameau de figuier
(on reconnaît une femelle par l'extrémité de l'abdomen ; grossissement : x 9)

J'ai également pu observer un jour une mouche noire du Figuier, initialement attirée par le latex suintant de la zone d'attache d'une feuille arrachée, qui a remonté le rameau et s'est arrêtée successivement sur deux bourgeons axillaires de fin de rameau, dont un proche du bourgeon apical.

La mouche est tout d'abord passée de la zone d'attache de la feuille arrachée sur le bourgeon axillaire situé juste au-dessus, à côté d'une cicatrice de figue.

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire de rameau de figuier
(grossissement : x 1,5)

 

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire de rameau de figuier
(à droite du bourgeon, cicatrice de figue ; grossissement : x 7)

Puis la mouche a remonté le rameau et s'est arrêtée sur le bourgeon axillaire situé au-dessous du bourgeon apical, à droite de celui-ci.

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire en fin de rameau de figuier
(grossissement : x 1,5)

 

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire en fin de rameau de figuier

Mouche noire du Figuier sur un bourgeon axillaire en fin de rameau de figuier
(noter la petite feuille terminale du rameau, qui a séché coincée entre les stipules ; grossissement : x 8)

 

Sommaire

 

COMPORTEMENT GREGAIRE

 

B. I. Katsoyannos a étudié des populations importantes de Silba adipata McAlpine en 1981 et 1982 dans l'île de Chios (Grèce). Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte qu'il a souvent observé plusieurs mouches noires du Figuier se nourrissant au même endroit en se touchant presque, mais sans aucun comportement agressif les unes envers les autres.

Par ailleurs, B. I. Katsoyannos indique qu'il a pu observer une agrégation de 7 mouches de la figue autour du point d'attache d'une feuille arrachée quelques minutes auparavant, qui suintait de latex frais. Il mentionne cette observation pour illustrer l'attractivité du latex, mais le regroupement en si grand nombre sur une surface réduite montre également le comportement grégaire des mouches noires du Figuier.

J'ai observé moi aussi que Silba adipata McAlpine a un comportement grégaire.

Celui-ci se traduit par le regroupement, la recherche de la proximité, l'entremêlement des pattes et l'accolement des têtes.

Il transparaît aussi dans la cohabitation pacifique de Silba adipata McAlpine avec Ceratitis capitata Wiedemann sur la même figue, que j'ai pu souvent observer.

 

LE REGROUPEMENT

J'ai observé que lorsqu'une mouche noire du Figuier est posée sur une zone de suintement de latex, elle est généralement rejointe assez rapidement par une ou plusieurs autres mouches noires qui consomment du latex simultanément, sans se repousser.

Les mouches cohabitent à proximité les unes des autres autour du point de regroupement.

Quatre mouches de la figue regroupées sur un jeune rameau de figuier

Quatre mouches de la figue regroupées sur un jeune rameau de figuier,
autour d'un point de suintement de latex 
; grossissement : x 5

Le plus souvent, les mouches noires du Figuier se regroupent sur le même point de suintement de latex, même s'il en existe d'autres à proximité sur le rameau.

Trois mouches de la figue s'étant posées sur la même zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée,
alors qu'il en existe une au-dessus et deux au-dessous suintant également de latex
; grossissement : x 2

J'ai aussi observé le regroupement de trois mouches noires du Figuier sur une figue présentant des trous de ponte de cératite par lesquels du latex avait émergé.

Elles se sont toutes trois posées sur la même figue, alors qu'il existait sur l'arbre à proximité de celle-ci de nombreuses figues présentant également des écoulements de latex en surface.

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface,
alors qu'il existe des figues similaires à proximité sur le même arbre
; grossissement : x 3,5
(noter la quatrième mouche au-dessous du bourgeon apical du rameau)

 

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface,
alors qu'il existe des figues similaires à proximité sur le même arbre
; grossissement : x 4,5

 

LA RECHERCHE DE LA PROXIMITE

Une fois posées au même endroit, les mouches noires du Figuier recherchent la proximité au cours de leur activité de nutrition.

J'ai pu constater que lorsque l'une d'entre elles quitte un point de suintement de latex pour aller explorer le rameau de figuier, elle est souvent suivie par une ou plusieurs mouches noires s'étant posées au même endroit, dans le même sens de la marche (toutes vers le haut ou toutes vers le bas du rameau).

J'ai aussi observé que lors du parcours du rameau par plusieurs mouches de la figue, il arrive souvent que deux d'entre elles se rapprochent très près l'une de l'autre, ou s'accolent pratiquement, tout en suçant le rameau. Alors qu'elles disposent de toute la longueur du rameau et qu'elles ne sont pas contraintes à le faire.

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 2,5)

 

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 10)

 

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 18)

D'autre part, lorsque deux ou trois mouches se regroupent sur un point de suintement de latex, elles se déplacent souvent sur celui-ci de façon à se trouver accolées alors que la superficie du point de suintement de latex ne le rend pas nécessaire.

Enfin, j'ai pu remarquer le même comportement de recherche de proximité avec trois mouches posées sur la même figue en cours de maturation, particulièrement chargée de latex en surface par suite de nombreuses attaques de cératite.

Une fois posées (successivement), elles ont commencé à se nourrir pendant quelques secondes à la surface de la figue dans des zones bien séparées.

Puis, tout en continuant à se nourrir, les trois mouches se sont progressivement rapprochées jusqu'à se toucher (deux d'entre elles partageant le latex ayant émergé du même trou de ponte de cératite), alors qu'à la surface de la figue le latex, frais ou séché, ne manquait pas sur une zone assez vaste.

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres
alors que le latex frais ou séché ne manque pas à la surface de la figue ; grossissement : x 2,5
(noter la quatrième mouche au-dessous du bourgeon apical du rameau)

 

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres
alors que le latex frais ou séché ne manque pas à la surface de la figue ; grossissement : x 9

 

L'ENTREMÊLEMENT DES PATTES

Lors de leur proximité les unes par rapport aux autres, il n'est pas rare que deux mouches, voire trois, entremêlent leurs pattes de façon plus ou moins marquée.

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 5)

 

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 10)

 

Mouches de la figue aux pattes étonnamment proches, voire se touchant

Mouches de la figue aux pattes étonnamment proches, voire se touchant
(grossissement : x 10)

Dans certains cas, deux mouches de la figue s'accolent pratiquement en entremêlant leurs pattes, alors que l'espace de nutrition ne les contraint pas à une telle proximité.

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée
(noter que la surface de la zone suintant de latex ne les contraint pas à une telle proximité ; grossissement : x 18)

 

L'ACCOLEMENT DES TÊTES

Dans d'autres cas, les mouches de la figue s'accolent pratiquement au niveau de la tête alors que l'espace de nutrition est vaste.

Deux mouches de la figue se nourrissant sur une coulée de latex de figuier

Deux mouches de la figue se nourrissant sur une coulée de latex de figuier ; grossissement : x 6
(les mouches se touchent presque de la tête alors que l'étendue de la zone recouverte de latex ne les y contraint pas)

 

Mouches de la figue se nourrissant sur une zone suintant de latex

Mouches de la figue se nourrissant sur une zone suintant de latex ; grossissement : x 13
(alors que la superficie de la zone suintant de latex ne les y contraint pas, les trois mouches sont regroupées
sur la moitié gauche du point d'attache de la feuille et deux d'entre elles se touchent presque de la tête)

Sommaire

 

COHABITATION AVEC CERATITIS CAPITATA WIEDEMANN

 

Sur mes figuiers, après trois mois d'attaques soutenues sur les figues immatures vertes (avril, mai, juin), Silba adipata McAlpine manifeste une virulence nettement moindre. C'est alors qu'apparaît, fin juin généralement, Ceratitis capitata Wiedemann (cératite, mouche méditerranéenne des fruits), qui attaque les figues avec frénésie, dès le stade de la véraison et jusqu'au stade de la surmaturité inclus.

Les deux espèces fréquentent simultanément le même arbre et j'observe assez souvent la cohabitation pacifique sur une même figue mûre de la mouche noire du Figuier et de la cératite.

Je pense que cette cohabitation découle du comportement grégaire qui régit le mode de vie de Silba adipata McAlpine, mais aussi celui de Ceratitis capitata Wiedemann.

En effet, tout comme ceux de Silba adipata McAlpine, les individus de Ceratitis capitata Wiedemann recherchent la proximité sur l'arbre. Ainsi, il n'est pas rare que j'observe trois cératites sur la même figue, alors qu'il existe sur l'arbre de nombreuses figues similaires.

Trois cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) sur une figue commençant à tourner

Trois cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) sur une figue commençant à tourner
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 2,5)

 

Trois cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) sur une figue commençant à tourner

Trois cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) sur une figue commençant à tourner
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 5)

 

Trois cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) sur une figue commençant à tourner

Trois cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) sur une figue commençant à tourner
(variété unifère 'Col de Dame Noire' ; grossissement : x 6)

 

POSE SUR LA MÊME FIGUE

Lorsqu'un individu de l'une des deux espèces est posé sur une figue mûre, un individu de l'autre espèce n'hésite pas à se poser sur la même figue, alors qu'il existe à proximité sur le même arbre de nombreuses figues tout aussi mûres.

Ceratitis capitata Wiedemann ayant rejoint Silba adipata McAlpine sur une figue mûre

Ceratitis capitata Wiedemann ayant rejoint Silba adipata McAlpine sur une figue mûre
(grossissement : x 3,5)

Tantôt, c'est la mouche noire du Figuier qui rejoint la cératite, tantôt c'est l'inverse. La pose sur la figue se fait dans une zone éloignée de celle où se trouve la mouche de l'autre espèce.

Une fois toutes deux sur la figue, Silba adipata McAlpine et Ceratis capitata Wiedemann commencent par vaquer à leurs occupations de façon totalement indépendante (la première se nourrissant à la surface de la figue, la seconde pondant avec frénésie à travers l'épiderme de la figue tout en se nourrissant aussi...).

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre
(grossissement : x 4)

 

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre
(grossissement : x 4)

 

Silba adipata McAlpine (se nourrissant) et Ceratitis capitata Wiedemann (en train de pondre), sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine (se nourrissant) et Ceratitis capitata Wiedemann (en train de pondre), sur une figue mûre
(grossissement : x 5)

 

RECHERCHE DE LA PROXIMITE

Au cours de leurs activités à la surface de la figue, les deux mouches recherchent la proximité de façon progressive.

Je ne peux pas dire que ce soit plutôt à l'initiative de l'une ou de l'autre espèce.

Il ressort de mes observations que la recherche de la proximité est plutôt une initiative commune, chacune des deux mouches faisant mouvement vers l'autre.

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann se rapprochant sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann se rapprochant sur une figue mûre
(grossissement : x 3,5)

 

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann se rapprochant sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann se rapprochant sur une figue mûre
(grossissement : x 9,5)

Elles finissent par se trouver très près l'une de l'autre (en se croisant, en étant côte à côte ou en se suivant).

Mouche noire du Figuier et cératite très proches sur une figue mûre

Mouche noire du Figuier et cératite très proches sur une figue mûre
(grossissement : x 4)

 

Mouche noire du Figuier et cératite très proches sur une figue mûre

Mouche noire du Figuier et cératite très proches sur une figue mûre ; grossissement : x 11
 (noter que la mouche noire touche la cératite avec la patte avant gauche)

Sur la photographie précédente, j''observe que la mouche noire du Figuier touche de la patte avant gauche l'abdomen de la cératite. J'ai observé et photographié plusieurs fois la cohabitation des deux espèces sur la même figue, mais c'est le seul cas où j'ai pu saisir un contact entre Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann. Je ne sais pas interpréter ce comportement.

Au cours du séjour des deux mouches sur la même figue, celles-ci peuvent se retrouver plusieurs fois à proximité l'une de l'autre dans des zones différentes de la figue.

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann s'étant rapprochées sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann s'étant rapprochées sur une figue mûre
(grossissement : x 3)

 

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann s'étant rapprochées sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann s'étant rapprochées sur une figue mûre
(grossissement : x 6)

Après s'être rapprochées de très près, les deux mouches s'éloignent progressivement l'une de l'autre, parfois aux antipodes de la figue, en poursuivant leurs activités et en semblant s'ignorer à nouveau.

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre
(grossissement : x 3,5)

 

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann cohabitant sur une figue mûre
(grossissement : x 4)

 

Sommaire

 

TESTS D'APPÂTS POUR L'OBSERVATION

 

Partant du principe que les mouches noires du Figuier sont attirées par le sucre et par le latex du Figuier, j'ai essayé divers procédés pour les attirer et faciliter ainsi mes observations photographiques.

Je livre ci-après les procédés testés et leurs résultats car ces derniers sont révélateurs du comportement de la mouche noire du Figuier, peut-être inattendu par rapport à ce que l'on pourrait penser, mais confirmant mes observations du mode de vie de l'adulte...

Selon le plan suivant : jus de figue du commerce, pulpe de figue en surmaturité sur feuille, pulpe de figue en surmaturité sur bois, pose de latex sur bois, pose de latex sur feuille, arrachage de feuilles vertes, pose de latex sur figue immature, essais d'appâts ex situ.

 

JUS DE FIGUE DU COMMERCE

Début juin 2015, en période sans figues mûres, j'ai suspendu des feuilles de papier essuie-tout en plusieurs épaisseurs imbibées de jus de figue du commerce sur une touffe de la variété unifère 'Bellone'.

Je les ai placées en périphérie de l'arbre, à 1,50 m du sol et à 1 m l'une de l'autre, à plat sur des grandes feuilles leur servant de support. J'ai veillé à les disposer de telle manière que le jus coulant du papier imbibé tombe sur de larges feuilles situées au-dessous.

Pour parachever le dispositif, j'ai terminé la bouteille de jus de figue en versant directement du jus de figue sur plusieurs larges feuilles du figuier, au-dessus et sur les côtés de celles supportant les feuilles de papier essuie-tout.

Pendant trois jours successifs, en fin d'après-midi, j'ai attendu pendant trois heures à proximité de ce dispositif. Aucune mouche noire du Figuier ne s'est posée sur la zone du figuier ainsi apprêtée. Un certain nombre d'autres mouches, mais, somme toute, en faible nombre.

Pourtant, les feuilles de papier essuie-tout étaient encore humides le troisième jour...

 

PULPE DE FIGUE EN SURMATURITE SUR FEUILLE

En septembre 2015, j'ai eu l'idée de tester comme appât la pulpe de figue en surmaturité, en opérant sur une touffe de la variété unifère 'Col de Dame Noire' qui portait de nombreuses figues mûres.

J'ai badigeonné avec l'intérieur de figues en surmaturité de nombreuses feuilles larges pendant verticalement et situées dans des zones du figuier habituellement fréquentées par des mouches noires du Figuier. J'ai laissé sur les feuilles d'épaisses traînées de pulpe, humides pendant une demi-journée, sèches ensuite.

Mouche noire du Figuier : pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur feuille de figuier

Mouche noire du Figuier : pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur feuille de figuier

Je n'ai constaté aucune pose de mouches noires du Figuier sur les feuilles ainsi traitées...

Je pensais que les figues mûres en grand nombre avait constitué une concurrence plus attractive.

Mais j'ai abandonné cette hypothèse lorsque j'ai fait le même constat l'année suivante sur un figuier totalement dépourvu de figues mûres, lors d'un test d'envergure.

En effet, à la fin du mois de juin 2016, sur une touffe de la variété unifère 'Bellone' où il n'y avait que des figues vertes immatures, j'ai enduit largement  de pulpe de figues de la variété 'Dauphine' en surmaturité soixante feuilles situées sur tout le pourtour de la touffe, à environ 1,5 m du sol.

Je n'ai constaté aucune pose de mouche noire du figuier sur la touffe traitée pendant mes deux heures et demi d'observation qui ont suivi (de 17 h à 19 h 30...). Or, j'avais pu observer deux jours avant trois mouches de la figue simultanément sur cette touffe.

Le jour suivant, pendant mes quelques heures d'observation de la même touffe, j'ai constaté la présence d'une mouche noire du Figuier qui a passé la quasi-totalité de son temps sur les feuilles non enduites de pulpe. Elle s'est arrêtée rarement, et surtout peu longtemps, sur les feuilles qui avaient été enduites de pulpe de figues (la pulpe avait séché mais attirait encore d'autres espèces de mouches).

Je précise qu'aucun figuier à proximité ne portait des figues mûres pouvant avoir concurrencé les appâts disposés sur la touffe de 'Bellone'. J'avais prélevé les figues 'Dauphine' en surmaturité dans le jardin d'un ami.

 

PULPE DE FIGUE EN SURMATURITE SUR BOIS

A la mi-septembre 2015, j'ai tenté une variante du procédé précédent sur une touffe de la variété unifère 'Col de Dame Noire', pour laquelle c'était la fin de période des figues sur l'arbre (seulement une dizaine de figues mûres ou en surmaturité...).

J'ai badigeonné avec l'intérieur de figues en surmaturité des branches charpentières et des rameaux situés en périphérie de la touffe, à environ 1,50 m du sol. En prenant soin de traiter uniquement leur face extérieure.

Mouche noire du Figuier : pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur rameau de figuier

Mouche noire du Figuier : pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur rameau de figuier
(la pulpe a commencé à sécher...)

Je n'ai constaté que la pose d'une seule mouche sur un rameau.

Mouche noire du Figuier attirée par de la pulpe de figue déposée en appât sur un rameau de figuier

Mouche noire du Figuier attirée par de la pulpe de figue déposée en appât sur un rameau de figuier
(grossissement : x 5,5)

Et la pose d'une autre mouche sur une charpentière...

Mouche noire du Figuier attirée par de la pulpe de figue déposée en appât sur une charpentière de figuier

Mouche noire du Figuier attirée par de la pulpe de figue déposée en appât sur une charpentière de figuier
(à proximité d'une zone mastiquée ; grossissement : x 5,5)

A la réflexion, j'aurais peut-être dû ne pas mettre en oeuvre ce procédé en parallèle avec un procédé au latex (feuilles arrachées), qui a été un concurrent beaucoup plus attractif.

 

POSE DE LATEX SUR BOIS

J'ai expérimenté  le latex de figuier comme appât en le déposant sur vieux bois gris et sur rameaux de l'année de couleur verte ou marron.

 

Latex sur vieux bois gris

Dans un premier temps, j'ai systématiquement essuyé sur la face extérieure des charpentières le pédoncule débordant de latex des jeunes figues immatures attaquées, lorsque je ramassais celles-ci sur l'arbre.

Sans attirer aucune mouche noire du Figuier...

Puis, j'ai écrasé sur des charpentières le col de figues en début de maturité perlant de latex laiteux (à plusieurs reprises, des jours différents).

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur branche de figuier

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur branche de figuier, à partir du pédoncule d'une figue
(avec résidus de pulpe provenant de l'écrasement du col de la figue)

Sans aucun succès également...

J'ai constaté que le latex sèche assez rapidement sur vieux bois gris.

D'autre part, je me suis demandé si la non attractivité constatée ne pouvait pas être en relation avec le fait que les mouches noires du Figuier ne parcourent jamais le vieux bois gris. Et j'ai pensé que j'aurais peut-être dû déposer le latex sur les rameaux de l'année, reconnaissables à leur couleur verte ou marron, que les mouches noires parcourent fréquemment en période de figues mûres.

Toutefois, compte tenu de ce que j'ai pu observer par la suite sur la très forte attractivité du latex (voir expérimentations relatées au chapitre suivant), je suis étonné du résultat constaté.

J'envisage de réaliser à nouveau des essais de dépôt de latex sur vieux bois gris, mais avec les conditions suivantes : dans une zone de fréquentation habituelle du figuier, à l'ombre, en période sans figues mûres.

 

Latex sur rameaux de l'année

En juin 2016, j'ai enduit de latex une partie d'un rameau de l'année situé sur une tige de périphérie d'une touffe de figuier 'Bellone'. La tige était située à mi-ombre dans la zone de fréquentation habituelle de mouches noires du Figuier. Le latex provenait de l'extrémité du pédoncule de figues immatures attaquées que j'avais détachées de l'arbre.

L'attraction du latex a été forte et trois mouches de la figue sont venues assez rapidement consommer longuement  le latex que j'avais déposé.

Mouches de la figue consommant le latex déposé en appât sur un rameau de l'année de figuier

Mouches de la figue consommant le latex déposé en appât sur un rameau de l'année de figuier
(grossissement : x 6)

 

Mouches de la figue consommant le latex déposé en appât sur un rameau de l'année de figuier

Mouches de la figue consommant le latex déposé en appât sur un rameau de l'année de figuier
(grossissement : x 17)

 

POSE DE LATEX SUR FEUILLE

J'ai aussi déposé sur la face supérieure de larges feuilles de figuier le latex suintant des pédoncules des figues immatures infestées que je ramassais.

J'ai choisi des feuilles de périphérie bien orientées vers l'extérieur, quasi verticales et situées à environ 1,50 m du sol. En concentrant le latex sur une petite surface pour le rendre plus épais.

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur feuille de figuier

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur feuille de figuier

Sans succès...

 

ARRACHAGE DE FEUILLES VERTES

Je suis ensuite passé à un autre procédé avec le latex de figuier, avec lequel j'ai pu constater de très bons résultats : l'arrachage de feuilles de figuier vertes.

 

En période de figues mûres

J'avais observé que lorsque j'arrache des feuilles vertes situées à proximité de figues fréquentées par des mouches noires du Figuier, pour dégager le champ des photographies, les mouches se posent souvent sur les zones d'attache des pétioles arrachés, sur lesquelles suinte du latex, généralement de faon très importante.

Fort de cette observation, j'ai mis au point le procédé suivant : à proximité immédiate d'une ou deux figues fréquentées par les mouches noires du Figuier, que je ne ramasse pas, je sélectionne deux rameaux, ou plus, situés à environ 1,50 m du sol, en périphérie de l'arbre. Sur la portion terminale de ces rameaux, j'arrache toutes les feuilles dont le pétiole est dirigé vers l'extérieur de l'arbre, soit de face, soit de côté (pas vers l'intérieur, même faiblement).

Mouche noire du Figuier : zone de feuilles de figuier arrachées pour appâter par le latex

Mouche noire du Figuier : zone de feuilles de figuier arrachées pour appâter par le latex

J'ai constaté que les mouches noires du Figuier sont attirées par ce dispositif. Elles se posent sur les zones d'attache des pétioles arrachés suintant de latex plus souvent qu'elles ne se posent sur les figues mûres.

Toutefois les figues mûres attirant aussi la mouche noire du Figuier, même à un degré moindre, il vaut mieux disposer du maximum d'appâts dans la zone choisie pour les photographies.

Deux mouches noires du Figuier attirées par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches noires du Figuier attirées par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 4)

 

Mouche noire du Figuier attirée par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier attirée par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 4,5)

 

Mouche noire du Figuier attirée par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier attirée par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 5)

 

Mouche noire du Figuier attirée par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier attirée par le latex suintant d'une zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 5,5)

A ma relative surprise, elles reviennent même sur certaines d'entre elles le lendemain, ce qui semble indiquer que du latex continue à perler même en très petite quantité, invisible à l'oeil nu, ou qu'elles apprécient aussi le latex qui a séché.

Mouche de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée
(grossissement : x 2)

 

Mouche de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée
(grossissement : x 6,5)

Et elles continuent à le faire sur plusieurs jours lorsque le nombre de figues mûres diminuent significativement avec l'avancée en saison.

Toutefois, j'ai noté que ces bons résultats ne sont obtenus que dans les zones fréquentées habituellement sur l'arbre par les mouches noires du Figuier.

Lorsque j'ai utilisé le procédé en dehors de ces zones, je n'ai pas constaté de fréquentation.

 

En période sans figues mûres

En période où il n'y a pas encore de figues mûres, le procédé de l'arrachage des feuilles vertes fonctionne bien aussi. Il n'a pas besoin d'être couplé avec l'attractivité des figues mûres.

La mouche noire du Figuier ne fréquente les figues vertes immatures que pour y pondre. Elle ne s'en nourrit pas et il est très rare d'observer une mouche sur une figue verte immature.

De même, tant que les figues ne sont pas mûres, elle ne se pose pas sur le jeune bois vert de l'année.

En période où les figues mûres n'existent pas encore, la mouche de la figue se tient sur les feuilles, au revers de celles-ci le plus souvent.

Pour l'attirer par le latex en cette période, il faut repérer sur le figuier une de ses zones de fréquentation habituelle et arracher une feuille verte située à environ 1,50 m du sol dans cette zone. Il convient de choisir une feuille de la périphérie et disposée vers l'extérieur de l'arbre.

Trois mouches de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Trois mouches de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée
(période sans figues mûres ; grossissement : x 3)

 

Trois mouches de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Trois mouches de la figue sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée
(période sans figues mûres ; grossissement : x 11)

Il n'y a pas à tenir compte de la présence de figues vertes ou non sur le rameau choisi pour l'arrachage de la feuille.

Il faut attendre que la zone de fréquentation choisie soit placée à l'ombre par suite de la course du soleil (par exemple, l'après-midi si la zone est à l'est). La mouche noire du Figuier se pose rarement dans une partie ensoleillée du figuier et, si elle le fait, c'est le plus souvent au revers des feuilles, pour se protéger du soleil.

 

POSE DE LATEX SUR FIGUE VERTE IMMATURE

J'ai remarqué que la mouche noire du Figuier n'est pas attirée par les figues vertes immatures pour s'y nourrir, semblant les réserver à la ponte (oviposition). Ceci même en période où il n'existe pas encore de figues mûres sur l'arbre.

A la mi-juin 2016, je me livrais à des observations de la mouche de la figue sur une touffe de la variété unifère 'Bellone'. En juin, il n'existe pas encore de figues mûres sur celle-ci.

Peu après l'observation de trois mouches noires du Figuier sur le point d'attache suintant de latex d'une feuille de figuier arrachée, j'ai eu l'idée de tenter de faire approcher au moins une des mouches de l'ostiole d'une figue verte immature d'environ 1,5 cm de diamètre située à proximité (30 cm au-dessous, sur le même rameau).

Je voulais déterminer si du latex déposé sur une figue immature serait attractif et je voulais savoir si une mouche amenée à proximité de l'ostiole était tentée d'y pondre, car je n'avais pas encore réussi à prendre une photographie de l'oviposition de bonne qualité.

Bien entendu, je suis conscient que le mécanisme de ponte n'est pas déclenché par la vue d'un ostiole sur une figue de la taille minimale requise, mais au cas où une des mouches aurait été proche de la ponte, je voulais la faire commencer par une figue idéalement placée pour des photographies...

J'ai alors arraché une feuille sur une autre tige et j'ai déposé sur la figue immature le latex suintant de la zone d'attache de la nouvelle feuille arrachée, le pétiole de celle-ci me servant de pinceau.

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur une jeune figue immature

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur une jeune figue immature

L'attractivité du latex a été si forte qu'une mouche de la figue habituée du lieu s'est mise à virevolter à 10 cm de ma main avant même que je ne termine mon dépôt de latex. Elle s'est posée sur la figue immature enduite de latex dès que j'ai retiré ma main...

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature
(grossissement : x 2,3)

 

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature
(grossissement : x 5)

Elle a consommé longuement le latex, mais elle n'a pas été rejointe sur la figue par les deux autres mouches que j'avais observées en même temps qu'elle quelques instants auparavant.

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature
(grossissement : x 3,5)

Et, en se déplaçant sur la figue pour se nourrir, elle s'est approchée de l'ostiole jusqu'à pratiquement le toucher, mais elle n'y a pas pondu...

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature

Mouche noire du Figuier consommant le latex déposé en appât sur une jeune figue immature
(grossissement : x 4)

Elle a quitté la figue au bout d'un quart d'heure, mais elle y est revenue plusieurs fois consommer du latex dans les deux heures qui suivirent.

Je n'ai utilisé qu'une seule fois le dépôt de latex sur une jeune figue immature verte. Ce procédé est très attractif, mais ne l'est pas plus que celui de l'arrachage de feuilles vertes.

Employé  de façon isolée, il n'a pas vraiment d'intérêt par rapport à l'arrachage de feuilles vertes. Les feuilles sont plus nombreuses que les figues et offrent donc un plus large choix pour la position de l'appât sur l'arbre. De plus, les feuilles (même si on ne les considère qu'à l'état vert) durent plus longtemps que les figues immatures et permettent donc d'utiliser le latex comme appât sur une plus longue période.

Mais, dans le cas où l'on arrache plusieurs feuilles vertes sur un rameau bien situé dans une zone de fréquentation habituelle, on peut aussi déposer du latex sur les figues immatures du rameau pour renforcer l'attractivité du dispositif.

Concernant les figues vertes immatures, je livre un autre procédé.

Lorsque l'on ramasse sur l'arbre une figue immature attaquée, un afflux de latex se produit au niveau de l'attache de la figue, à l'aisselle du pétiole de la feuille.

J'ai remarqué que la mouche noire du Figuier est attirée par ces points de suintement de latex.

Mais ils présentent une surface plus faible que celle des points de suintement de latex créés par l'arrachement des pétioles de feuilles vertes et sont donc moins fréquentés que ces derniers.

Pour les rendre plus attractifs, je dépose juste au-dessous d'eux le latex perlant, parfois de façon importante, du col de la figue immature ramassée, en frottant celui-ci contre le rameau.

 

ESSAIS D'APPÂTS EX SITU

Pour terminer ce chapitre, je livre une observation réalisée ex situ : lors de mes séances de photographie avec des mouches élevées, j'ai plusieurs fois tenté de barrer le chemin de celles-ci (marchant sur une vitre) avec une petite cuillère enduite de suc laiteux issu de pétioles de feuilles de figuier.

Sans jamais parvenir à les faire monter sur la petite cuillère, les mouches s'obstinant à simplement contourner celle-ci.

Il en a été de même lorsque j'ai placé une figue mûre sur leur chemin : impossible de les faire monter sur la figue que les mouches ont contournée à la marche aussi minutieusement que la petite cuillère enduite de suc de figuier.

 

Sommaire

 

OBSERVATIONS DE L'ATTRACTIVITE DU LATEX

 

Nous avons vu que le latex de figuier est un aliment préférentiel pour la mouche de la figue et, d'autre part, qu'il peut être utilisé comme un appât pour celle-ci.

Pour montrer l'intensité de l'attractivité du latex pour la mouche noire du Figuier, je rapporte ci-après plusieurs expériences et observations selon le plan suivant : expériences comparatives entre l'attractivité du latex et celle du sucre, observation du comportement d'un trio de mouches avec le latex, regroupement de six mouches noires sur la même tige grâce au latex suintant de zones d'attache de feuilles arrachées sur cette tige, expérience comparative entre l'attractivité du latex et celle du phosphate d'ammonium.

 

DEUX EXPERIENCES COMPARATIVES ENTRE LATEX ET SUCRE

Pour confirmer mes observations relatives à l'attractivité plus grande du latex que de la pulpe ou du jus de figue mûre, je me suis livré à deux expériences complémentaires. Je souligne que j'ai pratiqué dans la zone de fréquentation habituelle de l'arbre par les mouches noires du Figuier.

Tout d'abord, j'ai arraché une figue mûre en laissant le pédoncule et une partie du sycone (j'ai d'ailleurs réussi, sans l'avoir prévu, à laisser pendre une importante coulée de pulpe sucrée...). Et  j'ai arraché les feuilles à proximité du reliquat de la figue arrachée.

Dans l'heure suivante, je n'ai observé aucune pose sur le reliquat de figue alors que deux mouches noires du Figuier sont venues se poser sur les zones suintant de latex (photographie ci-dessous). Après y être restées un moment, elles se sont envolées sans passer sur le reliquat de figue mûre.

Deux mouches de la figue sur zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée et sur bois de l'année

Deux mouches de la figue sur zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée et sur bois de l'année
(les mouches ont préféré le latex à la pulpe pendante ; grossissement : x 2,5)

J'ai ensuite repéré une figue mûre avec du jus sucré perlant à l'ostiole. J'ai déposé sur le rameau portant la figue, juste au-dessous de celle-ci, du latex exudé par un pétiole que j'avais arraché ailleurs sur le figuier. La perle de jus sucré et le haut de la zone enduite de latex étant séparés de seulement la hauteur de la figue.

Au bout de 20 secondes, une mouche noire du Figuier est venue se poser au bas de la zone enduite de latex (photographie ci-dessous).

Mouche de la figue attirée par du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année

Mouche de la figue attirée par du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année
(la mouche a préféré le latex au jus sucré perlant au sommet de la figue ; grossissement : x 1,5)

Elle est restée un long moment, suçant le latex et ignorant totalement le jus sucré perlant au sommet de la figue.

Mouche noire du Figuier suçant du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année

Mouche noire du Figuier suçant du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année
(noter les deux masses blanches en fin de la coulure de latex ; grossissement : x 2,5)

Elle a aspiré une grosse quantité de latex, représentant presque entièrement les deux masses accumulées à gauche et à droite en fin de coulure.

Mouche noire du Figuier suçant du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année

Mouche noire du Figuier suçant du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année
(noter la diminution importante du volume de l'extrémité de la coulure de latex ; grossissement : x 4,5)

 

Mouche noire du Figuier suçant du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année

Mouche noire du Figuier suçant du latex de figuier déposé en appât sur un rameau de l'année
(la masse de latex de droite a disparu, celle de gauche a fortement diminué ; grossissement : x 12,5)

Mais elle n'a pas terminé la masse de gauche et elle s'est déplacée au-dessous de la coulure de latex, pour sucer la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée.

Mouche noire du Figuier suçant une zone d'attache de feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier suçant une zone d'attache de feuille de figuier arrachée
 (la mouche a quitté la coulure de latex de figuier déposée en appât ; grossissement : x 9)

Elle l'a ensuite abandonnée pour aller sucer dans la cicatrice stipulaire située au-dessous de la coulure de latex et, d'après mon observation, exempte de latex.

Mouche noire du Figuier suçant une cicatrice stipulaire sur rameau de figuier

Mouche noire du Figuier suçant une cicatrice stipulaire sur rameau de figuier
 (la mouche a quitté la coulure de latex de figuier déposée en appât ; grossissement : x 8,5)

Puis elle s'est envolée sans tenter de rejoindre la figue.

Quelques minutes après, souhaitant prolonger l'expérience, j'ai enduit un rameau situé juste au-dessus de la figue avec une quantité importante de latex, à 10 cm de distance de celle-ci.

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur un rameau surplombant une figue avec jus sucré à l'ostiole

Mouche noire du Figuier : latex déposé en appât sur un rameau surplombant une figue avec jus sucré à l'ostiole
(en haut du rameau, à droite)

Au terme d'une heure d'observation, aucune mouche n'était venue se poser, ni à proximité de l'ostiole avec le jus sucré, ni à proximité du latex déposé sur le rameau au-dessus de la figue.

Dans l'observation relatée, il me paraît intéressant de noter que la mouche s'est posée au bas de la coulure de latex. C'est un fait habituel, quelle que soit la nature de la coulure et que celle-ci se situe sur feuille ou sur bois. Je n'ai pas vu de mouche noire du Figuier se poser en haut d'une coulure ou en plein milieu de celle-ci. Peut-être parce que la coulure est plus épaisse dans sa partie basse... Mais, souvent, la mouche remonte ensuite la coulure, par le pourtour si celle-ci est épaisse.  

 

OBSERVATION DU COMPORTEMENT DE TROIS MOUCHES AVEC LE LATEX

Pour montrer l'intensité de l'attractivité du latex pour la mouche noire du Figuier, je livre une autre observation.

Le 19 juin 2016, vers 16 h, j'ai remarqué la présence d'une mouche de la figue à proximité d'une tige basse partant du sol en périphérie d'une touffe de la variété unifère  'Bellone'. Ce qui a retenu mon attention parce que la mouche volait à seulement 80 cm du sol. La mouche s'est posée sur le revers de la feuille la plus haute de la tige, qui était presque à l'horizontale. Cette partie de la touffe était à l'ombre car orientée à l'est, le soleil en milieu d'après-midi étant sur la face opposée, à l'ouest.

Je suis revenu au même endroit, environ  à la même heure, le lendemain 20 juin et j'ai constaté à nouveau la présence de la mouche noire du Figuier, volant à proximité de la tige basse. Comme la veille, elle s'est posée sur le revers de la feuille sommitale, à seulement 80 cm du sol.

Mouche noire du Figuier sur le revers d'une feuille de figuier

Mouche noire du Figuier sur le revers d'une feuille de figuier (grossissement : x 2)

La voici en gros plan, photographie qui montre qu'elle suce une nervure secondaire du revers de la feuille.

 Mouche noire du Figuier sur le revers d'une feuille de figuier

Mouche noire du Figuier sur le revers d'une feuille de figuier (grossissement : x 15)

Je suis revenu le 21 juin, par temps non venteux et ciel partiellement voilé. Vers 16 h, j'ai pu observer pour la troisième fois le même manège, sur la même feuille.

J'eus alors l'idée d'arracher une feuille de la tige concernée un peu plus bas que la feuille au revers de laquelle  se posait régulièrement la mouche noire du Figuier, pour déterminer si cela la détournerait de sa feuille favorite.

J'ai attendu que la mouche de la figue se soit posée à nouveau au revers de la feuille sommitale et j'ai arraché très précautionneusement une feuille située à 30 cm plus bas, en évitant tout geste brusque. Pour cela, j'ai tenu la tige avec la main gauche et, de la main droite, j'ai rompu le pétiole en appuyant sur sa base avec le pouce.

Zone d'attache du pétiole de feuille de figuier arrachée suintant de latex

Zone d'attache du pétiole de feuille de figuier arrachée suintant de latex

La zone d'attache du pédoncule de la feuille arrachée s'est couverte rapidement de latex et, seulement 10 secondes après l'arrachement de la feuille, la mouche a quitté le revers de la feuille sommitale et est venue se poser directement près du latex suintant à 30 cm au-dessous, commençant à le consommer.

 Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2,5)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
 (grossissement : x 5)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
 (grossissement : x 8)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
 (grossissement : x 11)

Au mois de juin, aucune feuille de la touffe de figuier 'Bellone' concernée n'était tombée et la zone d'attache de la feuille arrachée, située à 50 cm du sol seulement, constituait un point de latex suintant unique sur la touffe.

Environ une minute après l'arrachage de la feuille, une deuxième mouche de la figue est venue rejoindre la première à proximité du point d'attache du pétiole arraché suintant de latex.

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2)

 

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 9)

 

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 11)

Suivie quelques instants après par une troisième mouche de la figue.

Trois mouches de la figue sur jeune rameau vert de Figuier

Trois mouches de la figue sur jeune rameau vert de Figuier
(grossissement : x 3)

Ainsi, un seul arrachage de feuille, à seulement 50 cm du sol de surcroît, avait permis de regrouper en une minute seulement les 3 mouches noires du Figuier fréquentant la touffe de figuier 'Bellone' à ce moment là.

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2)

 

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 10)

Peu après l'observation des trois mouches sur la zone d'attache du pétiole arraché, j'ai arraché une feuille sur une autre tige de périphérie de la touffe, à environ un mètre à gauche du premier arrachage et à 1,20 m du sol. Je voulais déterminer si ce nouveau point de suintement de latex détournerait les mouches du premier ou si les mouches allaient s'en tenir à celui-ci.

Une des trois mouches, selon moi celle habituée des lieux, est restée presque une demi-heure à consommer du latex sur le point d'attache de la première feuille arrachée. Les deux autres l'ont abandonné au bout de quelques minutes, mais elles y sont revenues une fois (une heure après).

Lorsque la mouche habituée des lieux a disparu à son tour de la zone d'attache de la première feuille arrachée, après sa demi-heure de consommation de latex, j'ai surveillé la zone d'attache de la deuxième feuille arrachée, située sur du bois de l'année déjà marron.

Quelques instant après, une mouche noire s'y est posée...

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
 (grossissement : x 2,5)

 

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Mouche noire du Figuier se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
 (grossissement : x 3)

Quelques minutes après, elle a été rejointe par une deuxième mouche.

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée  

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(le latex a coulé en partie le long du rameau ; grossissement : x 2,5)

 

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(le latex a coulé en partie le long du rameau ; grossissement : x 6)

 

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Deux mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(le latex a coulé en partie le long du rameau ; grossissement : x 8)

Puis, quelques instants après, une troisième mouche noire du figuier a rejoint les deux autres, comme cela avait été le cas pour la zone d'attache de la première feuille arrachée.

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(le latex a coulé en partie le long du rameau ; grossissement : x 2,5)

 

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 5)

 

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(le latex a coulé en partie le long du rameau ; grossissement : x 9)

Et, comme dans ce premier cas, deux mouches sont restées seulement quelques minutes sur la zone d'attache de la deuxième feuille arrachée.

Mais, une des mouches, celle habituée du lieu selon moi, est restée encore deux heures dans la zone du figuier où j'avais arraché les deux feuilles.

Pendant ces deux heures, elle a alterné sa consommation entre le point d'arrachage du pétiole situé sur la première tige et le point d'arrachage du pétiole situé sur la deuxième tige.

L'observation spécifique que je viens de relater, avec deux zones d'attache de feuilles arrachées attirant chacune successivement trois mouches noires du Figuier, montre que l'attractivité du latex pour Silba adipata McAlpine est particulièrement forte.

 

REGROUPEMENT DE SIX MOUCHES NOIRES DU FIGUIER SUR LA MÊME TIGE

Dans le prolongement de l'observation précédente, j'ai décidé un mois plus tard de tenter de regrouper à nouveau la totalité des mouches noires présentes sur la touffe de la variété 'Bellone'.

La première quinzaine de juillet 2016 a été une période d'activité réduite de la mouche de la figue pendant laquelle je n'ai observé qu'une seule mouche sur ma touffe de la variété unifère 'Bellone' (dont les figues étaient toujours immatures) et aucune sur les deux figuiers voisins.

Puis, j'ai noté une reprise de l'activité et la présence de plusieurs mouches de la figue sur la touffe de 'Bellone', mais je n'arrivais pas à les compter.

Le 21 juillet 2016, vers 18 h, par temps calme, j'ai arraché une demi-douzaine de feuilles vertes sur la jeune tige périphérique partant du sol qui constituait la zone de fréquentation habituelle de la mouche noire du Figuier sur cette touffe. En cette fin d'après-midi, la tige était à l'ombre.

Un afflux de latex blanc sur les zones d'attache des feuilles arrachées s'est immédiatement produit, de façon importante pour les deux plus grosses d'entre elles. 

Seulement dix secondes après, une première mouche noire s'est posée à proximité du point de suintement de latex le plus important. Dans la minute qui a suivi, elle a été rejointe par deux autres mouches noires sur le même point de suintement.

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Trois mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(la mouche du dessus est sur une cicatrice de figue ; grossissement : x 9)

En fait, la mouche noire du Figuier est très excitée par le suintement du latex dans les premières secondes d'écoulement, lorsqu'il est frais et très épais, et elle se précipite dessus. Dans les minutes qui suivent, elle est encore très attirée mais son comportement est plus calme.

Plusieurs mouches noires se sont mises à voler autour de la tige à des hauteurs différentes, se posant sur d'autres points d'attache suintant de latex de la même tige, puis s'envolant lorsque j'approchais l'appareil photographique un peu trop près. Mais elles continuaient à voler dans la même zone et elles se posaient à nouveau près de différents points de suintement de latex.

Une des mouches s'est même posée sur le bord de mon appareil photographique.

Les mouches noires ont changé plusieurs fois de points de suintement de latex et chacun de ceux-ci a reçu la visite simultanée de deux, trois ou quatre mouches.

Certaines d'entre elles ont parcouru les rameaux de l'année, en les suçant et en s'attardant parfois sur une cicatrice de figue ou sur une cicatrice stipulaire.

Quatre mouches de la figue posées sur les rameaux de l'année de la même tige

Quatre mouches de la figue posées sur les rameaux de l'année de la même tige
(grossissement : x 2)

 

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur deux points d'attache de feuilles de figuier arrachées

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur deux points d'attache de feuilles de figuier arrachées
(grossissement : x 5/6)

J'ai noté que la mouche noire du Figuier a un comportement grégaire. Lorsqu' une mouche est posée sur un point de suintement de latex, les autres mouches ont généralement tendance à la rejoindre plutôt que de se poser sur les autres points de suintement, même si le point de suintement concerné n'est pas le plus important.

J'ai pu observer jusqu'à quatre mouches sur le même point de suintement de latex.

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(les deux mouches du dessus sont posées sur une cicatrice de figue ; grossissement : x 8)

Le plus souvent, j'ai observé cinq mouches noires du Figuier simultanément sur la tige.

Cinq mouches noires du Figuier sur rameaux de l'année de la même branche

Cinq mouches noires du Figuier sur les rameaux de l'année de la même branche
(grossissement : x 2)

Mais, à deux reprises, j'ai pu en compter six posées sur les rameaux.

Le manège a duré plus d'un quart d'heure. Puis, deux mouches ont rejoint des feuilles plus hautes de tiges voisines, les quatre autres continuant à fréquenter les points de suintement de latex que j'avais créés.

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 2,5 )

 

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée

Quatre mouches de la figue se nourrissant de latex sur le point d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 9)

Lorsque j'ai quitté la touffe de figuier, vers 20 h, des mouches étaient toujours sur les rameaux de la tige concernée, consommant du latex.

Cette expérience confirme la forte attractivité du latex, qui m'a permis de regrouper en quelques minutes dans un rayon d'une vingtaine de centimètres les six mouches noires du Figuier fréquentant la touffe de figuier à ce moment là.

Il semble toutefois que le point de suintement du latex n'attire pas la mouche noire du Figuier à longue distance. Il ne paraît attractif que pour les mouches se trouvant sur le figuier (ou peut-être aussi dans sa proximité immédiate...).

Ainsi, le 30 juin 2016, j'ai arraché 12 feuilles vertes réparties sur le pourtour de la touffe de figuier 'Bellone', à une hauteur de 1,50 m. Et je n'ai aperçu aucune mouche noire du Figuier pendant les trois heures et demi d'observation au pied de l'arbre qui ont suivi.

Enfin, il faut souligner que l'attractivité du latex est spécifique à Silba adipata McAlpine. Je n'ai jamais vu aucune autre mouche, ni aucun autre insecte, consommer du latex de figuier.

On pourrait envisager une conséquence pratique : en isolant le composant du latex de figuier responsable de l'attractivité, il serait possible de fabriquer des appâts pour pièges particulièrement attractifs pour la mouche noire du Figuier, et surtout totalement sélectifs pour celle-ci.

Toutefois, la sélectivité des pièges, qui éviterait la prise inutilement encombrante de nombreuses autres espèces de mouches, ne permettrait pas d'attraper la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) en même temps que Silba adipata McAlpine. Or, elle sévit fortement sur les figues dès que celles-ci commencent à mollir (non encore mûres).

Les pièges sélectifs seraient alors à utiliser uniquement pendant la période où Silba adipata McAlpine est la seule mouche à attaquer les figues (avril, mai et tout ou partie de juin). Il m'est arrivé d'observer Ceratitis capitata Wiedemann sur mes figuiers dès le 30 juin.

B. I. Katsoyannos, qui a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce), a également observé la très forte attractivité du latex pour Silba adipata McAlpine. Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

Il rapporte qu'il a vérifié l'attractivité du latex en répétant plusieurs fois l'opération d'arrachage de feuilles ou de figues immatures. Il indique que l'attractivité est telle qu'il a pu observer une agrégation de 7 mouches autour du point d'attache d'une feuille arrachée quelques minutes auparavant, qui suintait de latex frais.

B. I. Katsoyannos pense que l'explication de cette attractivité par un gradient d'humidité dû au latex frais plutôt que par l'odeur du latex "est improbable", du fait de la présence de points d'eau à proximité immédiate des lieux d'observations.

Il souligne que la réaction des mouches à l'écoulement de latex frais est si marquée et si fréquente que faire suinter du latex d'une zone d'attache de feuille ou de figue immature peut être considéré comme une méthode utile et rapide pour détecter si des mouches noires fréquentent un figuier.

 

EXPERIENCE COMPARATIVE ENTRE LE LATEX ET LE PHOSPHATE D'AMMONIUM

Deux jours après l'expérience précédente, le 23 juillet 2016, j'ai procédé au renouvellement mensuel des sticks jaunes englués posés sur mes figuiers pour limiter la pression de la mouche noire du Figuier.

Au moment de poser le stick neuf sur la touffe de la variété 'Bellone', j'eus l'idée de le placer dans la zone de fréquentation habituelle de la mouche noire du Figuier. Jusqu'alors, il était placé à l'opposé, plus haut en périphérie de la touffe.

Sachant par mes expériences précédentes que je pouvais regrouper par le latex dans cette zone jusqu'à six mouches noires, je me suis demandé quelle pouvait être l'interférence de l'appât alimentaire en poudre contenu dans le stick jaune englué (phosphate d'ammonium) sur l'attractivité du latex.

Et j'en suis venu à me demander lequel des deux composants, latex ou phosphate d'ammonium, serait le plus attractif. Je décidai alors de procéder à une nouvelle expérience.

J'ai ouvert au maximum les trous situés en haut du sick jaune et j'ai suspendu celui-ci à un rameau de la jeune tige de périphérie utilisée pour mes expériences précédentes, à une hauteur d'environ 0,60 m. Ce n'était pas la bonne hauteur requise pour les sticks (environ 2 m), mais cela me permettait de placer le stick sur la tige périphérique particulièrement fréquentée par les mouches de la figue.

Suspension d'un stick jaune englué sur la jeune tige périphérique

Suspension d'un stick jaune englué neuf sur la jeune tige périphérique

Il était environ 17 heures et la tige périphérique était à la mi-ombre.

Suspension d'un stick jaune englué sur la jeune tige périphérique

Suspension d'un stick jaune englué neuf sur la jeune tige périphérique
(les feuilles vont être arrachées pour créer des suintements de latex)

Le stick en étant à sa première utilisation, je savais qu'il pouvait être particulièrement attractif. J'avais pu m'en rendre compte l'année précédente, lorsque j'avais posé un stick jaune neuf sur un Kaki sur lequel j'avais compté six mouches méditerranéennes des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann). Au bout d'une heure, j'avais constaté que cinq d'entre elles étaient engluées sur le stick, ce dernier étant exempt de toute autre mouche.

Une fois le stick jaune suspendu à un court rameau de la jeune tige périphérique, j'ai arraché pratiquement toutes les feuilles (encore vertes) qui restaient sur celle-ci, de façon à créer des points de suintement de latex au niveau de leurs zones d'attache. En particulier sur le rameau où était suspendu le stick jaune.

J'ai ensuite déposé sur ce rameau le latex perlant à la base des pétioles des feuilles arrachées, à 5 cm du crochet du stick jaune.

Dépôt de latex sur le dessus du rameau auquel est suspendu le stick jaune

Dépôt de latex sur le dessus du rameau auquel est suspendu le stick jaune
(les feuilles ont été arrachées pour créer en sus des suintements de latex)

A ma relative surprise, aucune mouche noire du Figuier ne s'est précipitée sur la jeune tige périphérique.

J'ai dû attendre un quart d'heure pour en voir apparaître une, qui s'est posée sur la zone d'attache d'une feuille arrachée, au niveau de la région apicale du rameau portant le stick jaune. Une seconde mouche noire l'a rapidement rejointe.

Les deux mouches ont commencé à consommer le latex suintant sur la zone d'attache de la feuille arrachée, ignorant le stick jaune ainsi que le dépôt de latex sur le dessus du rameau.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement dans
 la zone apicale du rameau, au-dessus du stick jaune englué (grossissement : x 1,5)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement dans
 la zone apicale du rameau, au-dessus du stick jaune englué (grossissement : x 4)

Les deux mouches ont consommé du latex sur ce point de suintement pendant plusieurs minutes, puis, nullement attirées par le stick jaune, elles se sont dirigées à la marche en direction de la base du rameau.

Elles se sont arrêtées sur le point de suintement de latex suivant, au niveau du crochet du stick jaune où une feuille avait été arrachée. Elles y ont consommé du latex à nouveau quelques minutes.

Bien que positionnées dans le cercle du crochet de suspension du stick, à moins de 5 cm des trous grands ouverts diffusant du phosphate d'ammonium, les deux mouches ont ignoré totalement le stick jaune.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement au niveau
du crochet de suspension du stick jaune englué (grossissement : x 2)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement au niveau
du crochet de suspension du stick jaune englué (grossissement : x 4)

Les deux mouches, confirmant leur non attirance pour le stick jaune, ont ensuite continué à se diriger à la marche vers la base du rameau, en s'éloignant du crochet du stick.

L'une d'elles s'est arrêtée sur un troisième point de suintement de latex, sur le dessous du rameau, et l'autre est montée sur le dessus du rameau et a atteint le latex que j'avais déposé en surface. Toutes deux ont commencé une nouvelle phase de consommation de latex.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 3)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 7)

Une dizaine de minutes après, une troisième mouche noire a rejoint les deux autres en se posant près du dépôt de latex sur le dessus du rameau, ignorant elle aussi le stick jaune situé juste au-dessous.

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 2,5)

 

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 7)

Les trois mouches moires du Figuier ont consommé du latex pendant environ un quart d'heure.

Puis, un ballet qui a duré trois quarts d'heure s'est ouvert.

Une des mouches a quitté l'endroit, alors que les deux autres continuaient à consommer côte à côte le reliquat du dépôt de latex de façon particulièrement appliquée.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(noter que l'amas de latex déposé a considérablement diminué ; grossissement : x 3)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(noter que l'amas de latex déposé a considérablement diminué ; grossissement : x 9)

Les mouches se sont envolées et sont revenues à tour de rôle au même niveau du rameau, ce dernier n'étant jamais exempt de mouches. J'ai pu en permanence observer de une à trois mouches consommant du latex.

Sur les photographies en gros plan, j'ai pu identifier tantôt deux mâles, tantôt deux femelles, posés simultanément. Cela indique, qu'en fait, quatre mouches étaient impliquées dans le ballet (deux mâles et deux femelles).

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(noter que l'amas de latex déposé a pratiquement disparu ; grossissement : x 3)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(pendant le ballet des quatres mouches ; grossissement : x 13)

Vers 19 heures, soit deux heures après le début de l'expérience, lorsque j'ai décidé de quitter la touffe de figuier, une mouche consommait encore le reliquat du latex, sans être attirée par le stick jaune.

Mouche noire du Figuier consommant du latex

Mouche noire du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(19 h, après deux heures d'observation ; grossissement : x 3,5)

Récapitulation des observations.

Pendant deux heures, de une à trois mouches noires du Figuier ont consommé le latex avec application, parfois un quart d'heure sans discontinuer, en ignorant totalement le stick jaune englué dont les trous de diffusion du phosphate d'ammonium, grands ouverts, se situaient à quelques centimètres au-dessous.

Sur le rameau auquel était suspendu le stick jaune, deux mouches ont visité successivement trois points de suintement de latex et le dépôt de latex sur le dessus, en partant de la région apicale et en marchant vers la base du rameau. Sans jamais prêter attention au stick jaune.

Au cours des envols et des retours successifs sur le rameau auquel était suspendu le stick jaune, qui ont impliqué quatre mouches, aucune mouche ne s'est approchée du stick jaune en vol, a fortiori ne s'est posée dessus.

Il ressort donc de cette expérience que le latex est beaucoup plus attractif que le phosphate d'ammonium pour Silba adipata McAlpine. En présence de latex, celle-ci ignore le phosphate d'ammonium.

Pour autant, il ne faut pas déduire de l'expérience que le phosphate d'ammonium contenu dans les sticks jaunes n'est pas attractif pour Silba adipata McAlpine.

En effet, avant de partir, j'ai suspendu le stick jaune à un rameau périphérique situé à 2 m de hauteur, au-dessus de la jeune tige sur laquelle j'avais conduit l'expérience.

Je suis passé vérifier le stick jaune deux jours après et j'ai constaté qu'une mouche noire du Figuier y était engluée. Le jour suivant, soit trois jours après l'expérience, j'ai relevé la présence sur le stick jaune d'une deuxième mouche de la figue.

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif (au centre, en bas)
(les ailes ont conservé leur position caractéristique fermée et en recouvrement ; grossissement x 1,5)

Ainsi, lorsque le latex disparaît par consommation ou parce qu'il sèche, le stick jaune redevient attractif, comme le montre l'engluement sur le stick jaune de deux mouches noires du Figuier dans les trois jours suivant l'expérience.

Mais il ressort que l'attractivité du stick jaune n'est pas optimale, car, dans le cas contraire, j'aurais dû constater un nombre plus élevé de mouches noires engluées dans les trois jours qui ont suivi l'expérience, sachant que quatre mouches ont été impliquées dans l'expérience relatée et que la zone avait été fréquentée par six mouches noires deux jours avant.

Ce constat rejoint mes observations plus générales concernant l'efficacité des sticks jaunes.

Selon mon expérience de son utilisation, je considère le stick jaune englué diffusant du phosphate d'ammonium comme un outil de limitation de la pression de la mouche de la figue et non comme un moyen de lutte efficace permettant de l'éliminer. J'y reviens de façon plus détaillée plus bas dans l'article, dans le chapitre relatif aux moyens de lutte.

 

Sommaire

 

CYCLE DE VIE

 

Selon le plan suivant : durée du cycle, nombre de générations, hivernation, début des pontes, fin des pontes, conclusion.

 

Durée du cycle

Si l'on récapitule les informations fournies par F. Silvestri : selon les saisons, il faut de 3 à 8 jours pour que la larve naisse de l'oeuf, la durée de vie de la larve dans la figue (entre la naissance et l'abandon de la figue) est de 7 à 24 jours et la vie à l'état de pupe est de 9 à 16 jours.

Le cycle d'évolution de la mouche noire du Figuier varie donc de 19 à 48 jours.

 

Nombre de générations

F. Silvestri décrit les enchaînements de générations comme suit.

Il a pu déterminer qu'à partir des oeufs déposés dans l'ostiole début avril, on obtient des adultes fin mai.

Les adultes de cette première génération pondent des oeufs à la fin mai ou les premiers jours de juin et ces oeufs peuvent donner des adultes d'une deuxième génération à la fin juin ou les premiers jours de juillet.

En juillet, août et septembre naissent les troisième, quatrième et cinquième générations, le développement complet de l'adulte en juillet et août ne prenant que 19 à 20 jours.

Une sixième génération naît pendant la période octobre-novembre-décembre.

Les adultes vivant plus d'un mois, ceux de la génération précédente continuent à déposer des oeufs alors que les adultes de la génération suivante commencent à pondre et il y a ainsi une intrication des générations.

Il faut noter que les six générations précitées sont celles de l'année. Mais les premiers vols sont ceux d'une génération de fin d'automne de l'année précédente, qui pond les premiers oeufs de l'année.

 

Hivernation

Selon F. Silvestri, l'adulte apparu en fin d'automne de l'année précédente "doit hiverner". Son hypothèse d'hivernation à l'état adulte repose sur le fait qu'il n'a jamais trouvé de larves de décembre à début avril, ni vu de pupes rester en l'état pendant une telle période.

Sans le formuler explicitement, F. Silvestri a dû se demander si la mouche noire du Figuier n'hiverne pas dans les mamme des caprifiguiers.

Il s'agit des figues bien développées que l'on observe l'hiver sur les branches dépourvues de feuilles des caprifiguiers et qui abritent les larves du blastophage (Blastophaga psenes L.), leur permettant ainsi de passer l'hiver à l'abri.

F. Silvestri insiste sur le fait qu'il n'a jamais trouvé de larves de la mouche noire du Figuier dans les mamme qu'il a examinées en hiver, en quelque état que se soit. Il n'y a trouvé que des enveloppes d'oeuf ouvertes, en nombre important.

Il cite en exemples des observations qu'il a réalisées les 6, 7, 9 et 29 décembre 1916 à Portici, Resina, Lecce, Salemi et Cosenza (de 28 à 127 mamme examinées par journée).

Il mentionne aussi les observations qu'il a effectuées de janvier à mars 1917 sur des mamme reçues d'Algérie, d'Espagne et du Portugal, ainsi que sur des mamme de Portici.

J'ai été surpris de l'hypothèse formulée par F. Silvestri d'hivernation de la mouche noire du Figuier à l'état d'adulte et non de pupe. Mes recherches sur Internet (en français, anglais, italien et espagnol) ne m'ont permis de recueillir que peu d'informations complémentaires sur l'hivernation de Silba adipata McAlpine.

Tout d'abord, celle fournie par J. Ghesquière, entomologiste belge, qui indique que "l'insecte hiberne à l'état de pupe, rarement à l'état larvaire" (J. Ghesquière - La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949).

Puis celle de R. Pussard, également pour l'Académie d'Agriculture de France et dans la suite du document précédent, qui indique que "pour Schewket, en Turquie, l'hivernation aurait lieu sous forme de pupe, très rarement de larve" (R. Pussard - A propos de la mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck., comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 36, pp. 144-145, 1950).

Il cite en référence le document suivant : Schewket N. - Die Feiginsekten und die wesentlichsten Ursachen der Feigenfruchtfaüle, Anz. Schädlingsk., 10, n° 10, pp. 118-119, Berlin, oct. 1934. Ce document existe sur Internet en allemand et en anglais, mais, à la date de rédaction du présent article, il n'est en accès libre pour aucune des deux versions.

J. Ghesquière ne cite pas ce document, mais il cite N. Schewket parmi ses sources pour le cycle évolutif. J. Ghesquière et R. Pussard fournissent donc la même information, d'origine N. Schewket.

R. Pussard, qui était directeur de la Station de zoologie agricole et de l'Insectarium d'Antibes (Alpes-Maritimes), apporte une contribution personnelle en ajoutant que le 5 octobre 1949 et le 20 janvier 1950, il a cherché en vain des pupes dans les dix premiers centimètres de terre sous les figuiers de la région de Solliès-Pont (Var).

Ceux-ci avaient pourtant été particulièrement touchés par la mouche noire du Figuier l'été précédent, où la perte en tonnage d'expédition fut de plus de 20 % (La région de Solliès-Pont était déjà un important centre de production de figues avec 300 hectares de culture mixte et une expédition annuelle de 1500 tonnes de figues fraîches).

Je n'ai pas manqué de consulter le site de l'INRA recensant les ravageurs européens (encyclopédie HYPPZ). A la date de publication du présent article, la mouche noire du Figuier n'y figure pas, ni en nom d'espèce, ni en nom commun.

Pour la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann), ce site indique que l'hivernation se fait sous forme de pupe mais que l'on a observé dans le sud de l'Italie des adultes ayant réussi à passer l'hiver dans des orangers tardifs.  

La question reste ouverte pour la mouche noire du Figuier...

 

Début des pontes

Dans la région de Portici, F. Silvestri a observé que les premiers oeufs sont déposés la première quinzaine d'avril dans des profichi de caprifiguier. Il indique que l'on peut trouver des oeufs frais dans les figues de figuier domestique à partir de mai.

Concernant l'époque de début des attaques en France, L. Turinetti indique qu'à Menton on trouve des larves dans des figues infestées dès le mois de mai (Note sur la présence en France du Lonchaea aristella  Beck., Bulletin de la Société entomologique de France, page 195, 13 juillet 1921).

Pour ma part, j'ai pu observer beaucoup plus tôt des larves dans des figues attaquées.

Ainsi, le 13 avril 2016, j'ai ramassé une demi-douzaine de petites figues attaquées largement teintées de rouge, attachées à l'arbre (variété Grise de la Saint-Jean). Elles faisaient entre 1,5 et 2,1 cm de diamètre. Lorsque je les ai ouvertes, j'ai pu observer dans la cavité centrale de 1 à 3 larves, et 6 larves dans la plus grosse des figues. Ces larves étaient minuscules, visibles de façon nette seulement à la loupe. Dans la figue qui contenait 6 larves, l'une d'entre elles était beaucoup plus grosse, bien visible sans loupe, me faisant soupçonner qu'elle provenait d'une ponte antérieure à celle des cinq autres larves.

F. Silvestri ayant précisé que la durée de l'incubation de l'oeuf est de 8 jours en avril, les pontes dataient au moins du 5 avril. Pour la larve nettement plus grosse que les autres, soupçonnée d'être d'une ponte antérieure à celle des 5 autres larves, minuscules, trouvées dans la même figue, la ponte avait dû être effectuée quelques jours avant le 5 avril. On peut en déduire que les premières attaques de mouche ont eu lieu au tout début avril. J'avais d'ailleurs noté sur mon registre d'observations cette année là que plusieurs jeunes figues faisaient déjà 1,6 cm de diamètre le 25 mars.

 

Fin des pontes

Dans la région de Portici, F. Silvestri a observé que les derniers oeufs sont déposés en novembre dans des mamme de caprifiguier. Il indique que l'on peut trouver des oeufs frais dans les figues de figuier domestique jusqu'en octobre.

Concernant l'époque de fin des attaques en France, R. Pussard donne d'intéressantes informations personnelles sur la tardiveté de celle-ci : en 1949, au Cap d'Antibes, il a observé le 9 octobre une femelle en train de pondre dans une figue de la variété 'Bellone' de la grosseur d'une noisette ; la même année, les captures d'adultes étaient encore très nombreuses du 20 au 25 novembre et elles n'ont cessé qu'à partir du 21 décembre. Référence : R. Pussard - A propos de la mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck., comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 36, pp. 144-145, 1950.

Pour ma part, je n'ai eu l'occasion d'observer que peu de pontes, mais je puis faire part de la ponte la plus tardive à laquelle j'ai assisté : le 18 septembre 2016, à 18 h 15, par temps assez venteux, sur une touffe de la variété unifère 'Col de Dame Noire' entièrement à l'ombre. La ponte a eu lieu dans une figue immature verte de 2,3 cm de diamètre, alors qu'il restait dans la touffe seulement deux figues immatures et quatre figues mûres.

 

Conclusion

Il faut tirer deux constats du cycle de vie de Silba adipata McAlpine : d'une part, l'enchaînement des générations fait s'échelonner les attaques de début avril jusqu'à la mi-octobre (voire plus tard) ; d'autre part, le danger reste dans notre jardin ou notre verger d'une année sur l'autre.

Mais il faut garder à l'esprit ce qui a été dit au chapitre "Types de figues attaqués" plus haut dans l'article : les attaques sur figues immatures disparaissent en juillet et août et, si elles reprennent en septembre, c'est avec une faible intensité ; et les figues mûres ou au stade de la véraison ne sont pratiquement pas attaquées, quelle que soit la période.

En tirer la conclusion que le danger présenté par la mouche noire du Figuier est relatif serait une erreur : l'intensité des attaques des mois d'avril, mai et juin sur les figues immatures dures et vertes est telle que la plus grande partie (voire la totalité, si l'arbre est jeune) de la récolte est détruite pour les variétés précoces ou de mi-saison.

Pour les variétés semi-tardives une partie de la récolte est compromise. Pour les variétés vraiment tardives, F. Silvestri mentionne des attaques, mais je n'ai pas étudié pour ma part le comportement de Silba adipata McAlpine avec de telles variétés.

 

Sommaire

 

MES MOYENS DE LUTTE

 

Ils sont au nombre de trois : ramassage sur l'arbre des fruits attaqués, ramassage des fruits au sol et mise en oeuvre de sticks attractifs englués.

 

RAMASSAGE SUR L'ARBRE DES FRUITS ATTAQUES

En premier lieu, il faut éviter que les larves ne sortent des figues attaquées et ne chutent au sol.

Pour cela, je repère les figues commençant à présenter un début de changement de teinte (le plus souvent au sommet de la figue) et je les ramasse, puis je les brûle. Lorsqu'elles sont dépourvues de trous de sortie, ces figues contiennent des larves, comme nous l'avons vu, et c'est ainsi une partie de la nouvelle génération de mouches qui est éliminée.

Dans mon ramassage, j'inclus aussi les figues attaquées qui ont viré au rouge violacé, qui se distinguent nettement sur l'arbre. Elles présentent généralement des trous de sortie de larve, mais, pour certaines d'entre elles, toutes les larves ne sont pas sorties et, dans de rares cas, elles ne présentent pas de trous de sortie de larve. Leur élimination fait aussi partie de la prévention de la nouvelle génération de mouches.

Mouche noire du Figuier : figues attaquées ramassées sur l'arbre (variété unifère Bellone)

Mouche noire du Figuier : figues attaquées ramassées sur l'arbre (variété unifère Bellone)
(noter la diversité des colorations et des tailles)

 

Mouche noire du Figuier : intérieur des figues attaquées qui ont été ramassées sur l'arbre (variété unifère Bellone)

Mouche noire du Figuier : intérieur des figues attaquées qui ont été ramassées sur l'arbre (variété unifère Bellone)

 

RAMASSAGE DES FRUITS AU SOL

En second lieu, je pratique le ramassage systématique des fruits tombés au sol et je les brûle.

Bien sûr, le fait que, dans la majorité des cas, les larves se soient laissées chuter avant que le fruit lui-même ne tombe limite la portée de cette pratique.

Mais, pour les figues au sol qui seraient encore pourvues de larves, c'est encore une partie de la future génération que je détruis...  

A ce sujet, J. Ghesquière, en 1949, déplore que les agriculteurs ne ramassent pas les figues tombées au sol alors qu'il a été observé que le ramassage des fruits attaqués réduit de façon significative les dégâts de récolte. Il préconise d'enfouir dans des tranchées les fruits tombés ou de les donner à manger au petit bétail et à la volaille (J. Ghesquière - La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949).

J'ignore si les cultivateurs de figues pratiquent le ramassage des fruits à notre époque où le coût de la main-d'oeuvre est un élément déterminant de la compétitivité commerciale...

 

MISE EN OEUVRE DE STICKS ATTRACTIFS ENGLUES

En troisième et dernier lieu, pour combattre la mouche noire du Figuier adulte, j'utilise les sticks attractifs englués de couleur jaune, avec une préférence pour Med Fly stick A  de la marque Adolive.

Il existe des sticks de même type d'autres marques, que vous pouvez comparer à mon choix, mais ils me semblent moins pratiques : leur diamètre est plus petit (donc ils sont plus étroits et plus longs) et leurs trous, juste amorcés, doivent être percés par l'utilisateur (difficilement, dans certains cas).

Stick jaune avec glu et attractif alimentaire contre la mouche noire du Figuier

Stick jaune avec glu et attractif alimentaire contre la mouche noire du Figuier

Le stick est un tube creux en matière plastique de couleur jaune, recouvert de glu et qui contient un appât alimentaire en poudre destiné aux diptères (phosphate d’ammonium), dont l'odeur diffuse par trois trous situés dans le haut du tube. Il faut retenir que ce n'est pas un piège à phéromones.

La glu utilisée est posée à chaud (150°) selon un procédé qui la rend résistante au soleil, au vent et aux intempéries.

Principe du stick : attirées par la couleur jaune du tube et par l’odeur qui s’en dégage par les trois trous du sommet, les mouches se posent sur le stick et restent collées avant qu'elles n'aient pu pondre.

Le tube est muni à son extrémité d'un crochet souple par lequel on le fixe à une petite branche.

Stick jaune avec glu et appât alimentaire contre la mouche noire du Figuier : détail de la partie haute

Stick jaune avec glu et appât alimentaire contre la mouche noire du Figuier : détail de la partie haute

Sur le modèle que j'utilise, l'ouverture des trous est réglable, pour permettre de n'ouvrir en totalité qu'en période d'apparition d'une nouvelle génération.

Pour ma part, j'ouvre les trous au maximum et ne touche plus le réglage car je ne veux prendre aucun risque avec ce redoutable ravageur qu'est Silba adipata McAlpine, qui peut détruire 100 % de la récolte si je ne prends aucune mesure.

Dans le même esprit, je préconise d'anticiper de façon systématique l'attaque de la mouche noire du Figuier en posant les sticks dès la mi-mars pour les variétés bifères. Les figues fleurs commencent à grossir dès le débourrement des feuilles et je pose les sticks une dizaine de jours après le début du débourrement.

Par exemple, chez moi, la variété 'Grise de la Saint-Jean' commence à émettre les feuilles dans le courant de la première semaine de mars et je constate dès le 15 mars que certaines figues fleurs approchent déjà de la taille critique pour l'attaque de la mouche noire du Figuier (1,5 cm de diamètre).

Pour les variétés unifères, j'effectue la pose dès que les jeunes figues sont bien visibles à l'aisselle des feuilles des rameaux de l'année. 

La photographie ci-dessous nous rappelle que, pour les variétés unifères, quand les figues ne font encore qu'un demi-centimètre, la mouche noire du Figuier est déjà là (même si elle pond dans les figues devenues plus grosses).

Mouche noire du Figuier sur pétiole, à côté d'une figue de 0,5 cm (variété 'Violette de Solliès')

Mouche noire du Figuier sur pétiole, à côté d'une figue de 0,5 cm (variété unifère 'Violette de Solliès')
Crédit : Rémi Pécout

Il est vrai que je pose les sticks sur les variétés bifères dès le 15 mars sans savoir si la mouche de la figue sévit réellement déjà à cette époque.

Mais, une année, j'ai pu déduire de mes observations de larves que les premières attaques de la  mouche noire du Figuier avaient eu lieu au tout début avril.

Comme déjà indiqué dans un chapitre antérieur de l'article, il m'est arrivé de ramasser un mercredi 13 avril une demi-douzaine de petites figues attaquées largement teintées de rouge, attachées à l'arbre (variété 'Grise de la Saint-Jean'). J'ai pu observer 6 larves dans la cavité centrale de  la plus grosse d'entre elles (2,1 cm de diamètre). Cinq larves étaient minuscules, visibles de façon nette seulement à la loupe, et la sixième était beaucoup plus grosse (stade 3), bien visible sans loupe, me faisant soupçonner qu'elle provenait d'une ponte antérieure à celle des autres larves.

F. Silvestri précisant que la durée de l'incubation de l'oeuf est de 8 jours en avril, les pontes dataient au moins du 5 avril. Pour la larve nettement plus grosse que les autres, issue selon moi d'une ponte antérieure à celle des 5 autres larves, la ponte avait dû être effectuée quelques jours avant le 5 avril.

En tout état de cause, la pose des sticks doit s'effectuer sans attendre une éventuelle détection d'attaque par le changement de couleur des figues.

Les attaques de la mouche de la figue sont insidieuses car, à moins de la voir voler et de savoir la reconnaître, on ne détecte pas précocement les dégâts.

Pour les figues bifères, au début du printemps, la récolte paraît intacte et prometteuse à un oeil non exercé alors que l'attaque est déjà largement entamée.

De même, pour les figues unifères, en début d'été, les jeunes figues immatures vertes à l'aisselle des feuilles semblent normales à un oeil non exercé alors qu'une grande partie de la récolte est condamnée.

Dans les deux cas, lorsque les figues immatures commencent à virer au rouge violacé, a fortiori lorsque la chute au sol des jeunes figues infestées débute, il est bien trop tard pour la première génération...  

Je mets en oeuvre un stick par figuier, à la périphérie de la frondaison, sur une partie de rameau bien dégagée de feuilles et à environ 2 m de hauteur. Je l'accroche sur la face de l'arbre exposée à l'ouest, selon la préconisation du fabricant.

Je renouvelle le stick lorsque sa surface est saturée, soit environ tous les mois (voire plus rapidement).

Lorsque le stick est chargé de mouches, il est difficile de reconnaître les mouches noires du Figuier qui sont engluées.

Une mouche noire engluée depuis peu conserve ses ailes dans leur position caractéristique, fermées et en recouvrement, et il est plus facile de l'identifier.

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif
(les ailes ont conservé leur position caractéristique fermée et en recouvrement ; grossissement x 2;5)

 

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif
(les ailes ont conservé leur position caractéristique fermée et en recouvrement ; grossissement x 17)

Mais, souvent, lorsque la mouche agonise, les ailes perdent leur position caractéristique et s'entrouvrent légèrement en restant à plat, ou s'ouvrent largement en se relevant.

Deux mouches noires du Figuier engluées sur un stick jaune attractif

Deux mouches noires du Figuier engluées sur un stick jaune attractif ; grossissement : x 1,5
(en haut, au milieu, avec les ailes entrouvertes ; en bas, à droite, avec les ailes grand ouvertes et relevées)

 

Deux mouches noires du Figuier engluées sur un stick jaune attractif

Deux mouches noires du Figuier engluées sur un stick jaune attractif ; grossissement : x 6
(en haut, à gauche, avec les ailes entrouvertes ; en bas, à droite, avec les ailes grand ouvertes et relevées)

Concernant la sélectivité des sticks jaunes vis à vis de la mouche noire du Figuier, j'observe qu'elle est nulle.

Toutefois, il n'y pas de prises d'abeilles au niveau des sticks. Quelques rares guêpes seulement. Des frelons sont également pris, parfois trois ou quatre simultanément, mais ils ont la force de se désengluer, même s'ils le font avec difficulté.

En sus de la mouche noire du Figuier, ce sont essentiellement d'autres mouches qui sont attrapées, parmi lesquelles des mouches des fruits telles la mouche de la cerise (Ragholetis cerasi L.) et surtout la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann), qu'il est indispensable de combattre dans ma région.

En effet, Ceratitis capitata Wiedemann attaque régulièrement les figues mûres ou proches de l'être (et même des figues immatures commençant juste à perdre leur dureté) en complément de Silba adipata McAlpine (la mouche noire du Figuier). Sur les figues mûres, ses dégâts sont bien plus importants que ceux de cette dernière.

D'autre part, si ses attaques sur mes Kakis n'ont pas de grosses conséquences sur la comestibilité des fruits (une fois les zones noires contenant les larves éliminées), il n'en est pas de même avec mes feijoas et mes figuiers de Barbarie sur lesquels elle provoque certaines années de fortes pertes de fruits. 

Je n'ai pas réalisé d'observations précises sur le degré d'efficacité des sticks jaunes, ni sur leur perte d'efficacité avec le temps, mais ils ne constituent pas l'arme absolue.

Concernant Silba adipata McAlpine, j'obtiens des résultats mitigés avec les sticks, en acceptant beaucoup de pertes. Les résultats sont variables, sans que je puisse l'expliquer.

Ainsi, je puis rapporter une observation d'efficacité redoutable : j'ai le souvenir qu'une heure après la pose d'un stick jaune sur un Kaki que je savais infesté par 6 mouches méditerranéennes des fruits, 5 d'entre elles étaient déjà collées sur le stick encore presque vierge d'autres mouches.

A contrario, j'ai maintes fois observé une mouche noire du Figuier se nourrir longuement sur une figue située à 20 cm d'un stick jaune, puis la quitter sans être attirée par le stick.

J'ai fait plusieurs fois la même observation avec la mouche méditerranéenne des fruits, pondant ou se nourrissant sur des figues très proches du stick jaune englué sans prêter attention à celui-ci.

J'ai également remarqué que deux figues immatures situées à une dizaine de centimètres du crochet d'un stick jaune avaient été attaquées par la mouche noire du Figuier. Le fait qu'elles aient été très proches des ouvertures supérieures du stick grand ouvertes et diffusant l'odeur du phospate d'ammonium n'avait pas détourné la mouche noire et ne les avait donc pas protégées.

Plus généralement, lorsqu'un stick jaune est posé sur un figuier, je constate que des mouches de la figue s'engluent dessus, mais que cela n'empêche pas la présence sur le figuier d'une ou plusieurs autres mouches de la figue, qui pondent ou se nourrissent sans prêter attention au stick, qui ne les attire nullement.

Ceci indifféremment en période sans figues mûres ou en pleine période de maturité des fruits.

Je considère donc les sticks jaunes comme un moyen de lutte permettant de limiter la pression de Silba adipata McAlpine et non de l'éliminer.

 

Sommaire

 

AUTRES MOYENS DE LUTTE

 

Si les résultats s'avèrent vraiment insuffisants avec les sticks, on peut recourir à quatre autres procédés de lutte, qui sont déjà utilisés mais que je n'ai jamais essayés : piégeage de masse, insecticides, pulvérisation d'argile, filet anti-insectes.

On peut aussi envisager trois procédés non utilisés, qui sont des pistes à approfondir, issues de mes réflexions : ensachage des figues, obturation de l'ostiole, utilisation d'un répulsif.

 

PIEGEAGE DE MASSE

Il s'agit de la mise en oeuvre de pièges gobe-mouches (type McPhail par exemple) que l'on a remplis d'un liquide attractif pour la mouche noire du Figuier.

J'ai trouvé plusieurs comptes rendus d'expérimentation, que je rapporte ci-après, sachant qu'il en existe d'autres que je n'ai pas encore exploités et dont je ferai part par des enrichissements progressifs du présent chapitre.

 

J. Ghesquière (1949)

Référence : J. Ghesquière - La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949.

J. Ghesquière indique que "le piégeage au moyen de gobe-mouches entrepris par Ballard en Egypte a donné de bons résultats, et, fait intéressant, les femelles capturées n'étaient pas gravides".

Il précise que le mélange attractif était : mélasse 10, vinaigre raffiné 30, eau 100. Cette combinaison ayant l'avantage d'attirer également Ceratitis capitata Wiedemann et Dacus oleae Rossi.

Il ajoute qu'en été on peut utiliser aussi le savon Clensel dilué dans l'eau à 3,3 pour cent.

 

R. Pussard (1950)

Référence : R. Pussard - A propos de la mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck., comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 36, pp. 144-145, 1950.

R. Pussard rapporte qu'il a constaté au cours de l'été 1949 qu'une solution acqueuse de phosphate d'ammoniaque, préconisée par les entomologistes espagnols pour la capture de la mouche de l'olive (Dacus oleae Rossi), permettait également la capture de la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) et de la mouche noire du Figuier.

Les auteurs espagnols utilisaient une solution à 3 pour cent, mais au cours de ses essais il a établi qu'une solution à 3 pour mille était encore très efficace pour la capture des trois mouches précitées.

Il indique que pour rendre la solution plus attractive pour la mouche noire du Figuier, on peut utiliser un mélange à parts égales de solution de phosphate d'ammonium à 3 pour mille et d'un extrait acqueux stabilisé de rameaux de figuier, débris de taille par exemple.

 

B. I. Katsoyannos (1983)

Référence : B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471-476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

B. I. Katsoyannos a observé en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier et expérimenté des procédés de piégeage dans l'île de Chios (Grèce).

Les expérimentations de piégeage ont été menées avec des pièges de marque Rebell (rectangles de plastique jaunes englués sans attractif alimentaire) et des pièges de type McPhail pourvus en appât d'une solution acqueuse (2 %) de sulfate d'ammonium ou d'une faible quantité de latex frais de figuier.

Concernant le latex, un procédé a été expérimenté en 1981 : 1 ml de latex dissous dans l'eau ; trois procédés ont été testés en 1982 :  0,5 ml de latex frais dissous dans l'eau, 10 gouttes de latex dissoutes dans l'eau et  0,5 ml de latex versé sur un morceau de coton suspendu dans le piège contenant de l'eau. Le latex a été collecté à partir de feuilles vertes ou de figues immatures arrachées ;  il a été directement placé dans le piège ou préalablement recueilli dans une bouteille.

Les pièges ont été suspendus pendant 2 à 5 jours dans 6 figuiers de grand développement espacés de 10 à 100 m. Le nombre de pièges McPhail utilisés pour les tests avec en appât le sulfate d'ammonium a été de 18 en 1981 et de 13 en 1982. Le nombre de pièges McPhail utilisés pour les tests avec en appât le latex a été de 4 en 1981 et de 4 à 6 en 1982 (selon le type d'appât). Le nombre de pièges Rebell utilisés dans les tests a été de 9 en 1981 et de 13 en 1982.

Les résultats de ces expérimentations montrent que les pièges de type McPhail pourvus en appât d'une solution acqueuse (2 %) de sulfate d'ammonium ont été fortement attractifs pour Silba adipata McAlpine (moyenne quotidienne des captures par piège : 45 en 1981 et 43 en 1982).

Les pièges McPhail pourvus de 1 ml de latex frais dissous dans l'eau se sont montrés attractifs, mais moins que les précédents (moyenne quotidienne des captures par piège : 32 en 1981, seule année où ce procédé a été expérimenté).

Les autres procédés de piégeage à base de latex, expérimentés en 1982, se sont montrés moins efficaces : 0,5 ml de latex frais de figuier dissous dans l'eau (moyenne quotidienne des captures par piège : 17) ; 10 gouttes de latex dans l'eau (moyenne : 14 captures) ; 0,5 ml de latex versés sur du coton (moyenne : 9 captures).

Il ressort aussi des expérimentations que les pièges englués de marque Rebell semblent peu ou pas attractifs pour Silba adipata  McAlpine, alors qu'il a été prouvé par plusieurs auteurs qu'ils sont attractifs pour beaucoup d'espèces de mouches de la famille des Tephrytidae, dont la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) et les mouches attaquant la pomme, la cerise et l'olive.

B. I. Katsoyannos précise que les pièges pourvus de solution acqueuse (2 %) de sulphate d'ammonium ont attrapé de nombreux autres insectes que Silba adipata  McAlpine, pour la plupart des diptères dont Ceratitis capitata Wiedemann, alors que ceux pourvus de latex frais ont capturé presque exclusivement Silba adipata McAlpine.

Selon B. I. Katsoyannos, on peut utiliser les pièges McPhail pourvus d'une solution acqueuse (2 %) de sulfate d'ammonium pour la surveillance et une possible régulation de Silba adipata McAlpine. Il pense que l'attractivité du latex de figuier mérite d'être approfondie, dans la perspective d'une amélioration de l'efficacité et de la sélectivité des pièges.

 

B. I. Katsoyannos et P. M. Guerin (1984)

Référence : B. I. Katsoyannos et P. M. Guerin - Hexanol : a potent attractant for the black fig fly, Silba adipata, Entomologia Experimentalis et applicata, Volume 35, Issue 1,  pp. 71-74, janvier 1984 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h.

B. I. Katsoyannos et P. M. Guerin ont testé sept composants organiques attractifs et ont conclu que le seul efficace pour Silba adipata McAlpine est l'hexanol.

Utilisé dans des pièges de type McPhail suspendus aux figuiers, il a permis la capture de 60 mouches par jour et par piège, avec un ratio femelles / mâles de 3 pour 1.

Employé seul, il a été juste aussi efficace qu'une solution à 2% de sulphate d'ammonium, mais il s'est montré beaucoup plus sélectif pour Silba adipata McAlpine. Combiné avec le sulphate d'ammonium, il a permis la capture de 3 fois plus d'individus.

 

J'ai recensé de sources diverses d'autres solutions attractives : mélange de sucre (10 %) et de vinaigre de datte (30 %), solution de miel de datte dans l'eau à 10 %...

Je les développerai ultérieurement, dans le cadre des comptes rendus d'expérimentation qui seront ajoutés au présent chapitre.

 

INSECTICIDES

Si le piégeage de masse ne suffit pas, on peut utiliser l'appât insecticide à pulvériser. Il s'agit d'un insecticide organophosphoré auquel on a ajouté un hydrolysat de protéines attractif. Ce mélange est pulvérisé sur les arbres. Les mouches sont attirées par l'hydrolysat de protéines, se nourrissent du mélange et sont tuées par l'insecticide.

Enfin, il existe des insecticides purement de contact ou systémiques contre les mouches des fruits, dont la mouche noire du Figuier.

Pour les professionnels, la liste des insecticides autorisés pour combattre les mouches des fruits infestant le Figuier se trouve dans le catalogue des produits phytopharmaceutiques fourni par le Ministère de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Le lien direct vers les produits ne peut pas être mémorisé : sur la page d'entrée du catalogue, cliquez sur "Usages", puis cliquez sur "Figuier" et enfin cliquez sur "mouches des fruits".

Pour les non professionnels, depuis 2000, seuls les produits phytopharmaceutiques ayant reçu la mention EAJ (Emploi autorisé dans les jardins) peuvent être utilisés.

Leur liste se trouve également dans le catalogue des produits phytopharmaceutiques fourni par le Ministère de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Le lien direct vers ces produits ne peut pas être mémorisé : sur la page d'entrée du catalogue, cliquez sur "Mentions", puis sur "Emploi autorisé dans les jardins". La liste des intrants avec la mention EAJ apparaît alors, avec indication du statut de l'intrant (autorisé, refusé ou retiré, en cours d'étude, en cours d'instruction).

Cette liste peut être utilisée, mais elle n'est pas pratique. En effet, d'une part tous les intrants concernés ne portent pas le terme "insecticide" dans leur nom, d'autre part, il faut consulter la fiche détaillée de chaque insecticide pour vérifier s'il est efficace contre les mouches des fruits.

Mais il suffit de se rendre dans une jardinerie ou une coopérative agricole et de chercher un produit efficace contre les mouches des fruits.

Attention, je n'ai jamais vu dans le commerce de produit étiqueté spécifiquement "contre les mouches des fruits". A fortiori, de produit étiqueté spécifiquement "contre la mouche noire du Figuier".

Il s'agit d'insecticides polyvalents qui s'attaquent à de nombreux insectes et non spécifiquement aux mouches des fruits et qui sont utilisés pour de nombreuses cultures fruitières, voire légumières, et non spécifiquement pour le Figuier.

Pour ma part, en culture d'amateur, je n'aurai recours aux insecticides autorisés pour les non professionnels que si le ramassage des figues attaquées, au sol et surtout sur l'arbre, les sticks et les pièges ne me permettent pas de limiter suffisamment la mouche noire du Figuier.

Je suis prêt à accepter jusqu'à 30 % de pertes par celle-ci, dont les attaques sont redoutables mais présentent une moindre acuité certaines années.

 

PULVERISATION D'ARGILE

Dans la lutte contre la mouche de l'olivier (Dacus oleae Gmelin), la pulvérisation d'argile est un procédé utilisé depuis quelques années. Son principe est de déposer sur les fruits une couche d'argile qui forme une barrière minérale inerte dissuadant la mouche de les piquer.

Cette argile se trouve aujourd'hui facilement en coopérative agricole sous forme de poudre mouillable. Il en existe plusieurs types, dont l'argile blanche (kaolinite calcinée) et l'argile verte du Velay (illite).

Rémi Pécout, technicien à la Chambre d'agriculture du Var, m'a fait part d'une remarque intéressante émanant de producteurs d'olives. Ceux-ci ont constaté que sur les figuiers se trouvant au milieu d'oliviers de production traités à l'argile, le problème de mouche de la figue avait disparu.

L'argile pulvérisée sur les oliviers, se répandant aussi sur les figuiers, semble avoir eu le même effet dissuasif pour Silba adipata McAlpine que pour Dacus oleae Gmelin.

Rémi Pécout m'a indiqué que quelques producteurs de figues en mode biologique avaient manifesté de l'intérêt pour les pulvérisations d'argile.

C'est intéressant car il s'agit d'un moyen de lutte écologique, mais, en culture d'amateur, je crains que le spectacle dans un verger ou un jardin d'un figuier maculé d'argile pulvérisée n'ôte toute joie de ramasser les figues, voire de prendre un figuier pour compagnon.

Pour un passionné de figuier comme moi, il ne peut être question de pulvérisation d'argile car le rapport à ce fruitier ancestral de nos régions méditerranéennes passe d'abord par la vision d'un arbre naturellement beau qui me procure toujours cette étrange émotion dont je ne me suis jamais lassé...

 

FILET ANTI-INSECTES

Le principe du filet anti-insectes est de protéger les fruits par un filet aux mailles assez fines pour empêcher l'insecte d'atteindre les fruits.

Ce procédé est utilisé depuis assez longtemps en maraîchage biologique contre les attaques de diverses mouches des légumes. Il est aussi utilisé pour la protection des petits-fruits, mais il était jusqu'alors peu utilisé pour la protection des fruits (je l'ai vu utilisé essentiellement contre le carpocapse de la pomme et de la poire, Cydia pomonella L.).

L'invasion assez récente des vergers de cerisiers par la drosophile asiatique (Drosophila suzukii Matsumura), qui provoque des dégâts considérables chez les producteurs, a donné un élan nouveau à l'utilisation de filets anti-insectes pour les fruitiers.

Pourtant, je n'ai pas encore vu de filet anti-insectes posé sur des figuiers, que ce soit dans des vergers de production ou dans des jardins. Mais ils sont peut-être déjà utilisés sur certains sites, notamment en agriculture biologique...

Concernant la lutte contre la mouche noire du Figuier, il convient d'utiliser des filets anti-mouches, conçus pour lutter contre la mouche de l'olivier, la mouche de la cerise et la mouche méditerranéenne des fruits.

A titre d'exemple, la société Fil-Pack propose un filet anti-mouches dont le maillage est de 1,7 mm x 1,4 mm.

Cette société propose aussi un filet à maillage plus fin (1,38 mm x 0,83 mm) contre la drosophile asiatique (Drosophila suzukii Matsumura), qui pourrait encore mieux convenir à la lutte contre la mouche noire du Figuier.

Il existe chez d'autres fabriquants des voiles avec des maillages encore plus fins utilisés pour interdire la pollinisation, dont on pourrait évaluer l'intérêt par rapport aux filets anti-mouches précités.

La pose des filets anti-mouches en culture d'amateur consiste en l'enveloppement de l'arbre en entier (arbre nécessairement conduit avec un volume réduit). Je ne m'attarderai pas sur la pose dans les vergers de production (enveloppement d'une rangée d'arbres, selon la technique dite mono-rang, en posant le filet sur plusieurs arbres avec des supports de part et d'autre de la rangée).

Je n'ai jamais expérimenté le filet anti-mouches sur figuier, mais je m'interroge sur une efficacité significative.

En effet, le mode de fructification du Figuier induit un grand nombre de figues en périphérie de l'arbre, avec une disposition de l'ostiole vers l'extérieur de l'arbre lorsque la figue immature est toujours dressée. Sans supports extérieurs, le filet n'est pas tendu et un nombre important de figues se trouve en contact avec celui-ci, donc à portée de la mouche noire du Figuier.

Le filet anti-mouches ne serait vraiment efficace que si son maillage interdisait le passage de l'ovipositeur, et non simplement le passage de la mouche noire du Figuier.

Cette réflexion vaut aussi pour les attaques des mouches qui pondent dans la figue ailleurs que dans l'ostiole, c'est à dire dans l'infrutescence à travers l'épiderme, même si ces mouches pondent aussi dans l'ostiole (Ceratitis capitata Wiedemann, principalement ; Drosophila suzukii Matsumura dans une moindre mesure car elle n'attaque que les figues en surmaturité).

D'autre part, la pose d'un filet anti-mouches sur un figuier conduit en touffe est particulièrement malaisée, notamment au niveau de la fermeture au sol, indispensable pour éviter l'intrusion de Silba adipata McAlpine par le dessous.

Par ailleurs, par expérience avec les voiles d'hivernage que j'utilise pour des fruitiers gélifs, je crains que le maintien de l'enveloppement total du figuier par grand vent (mistral...) sévissant souvent dans nos régions, soit particulièrement difficile. 

Enfin, il faut noter que la période d'enveloppement de l'arbre est beaucoup plus longue pour le figuier que pour le pommier ou le poirier.

En effet, les attaques de Silba adipata Mc Alpine commencent dès le début avril, voire fin mars et la protection doit être maintenue en période de figues mûres. Bien que pendant cette période les attaques de Silba adipata McAlpine soient réduites, celles de la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) sont virulentes (sur mes figuiers, cette dernière apparaît dès le 30 juin...).

C'est pourquoi, pour ma part, je vais expérimenter plutôt deux autres procédés (non utilisés) : l'obturation de l'ostiole pour la mouche noire du Figuier et l'ensachage pour cette dernière, la cératite et la drosophile asiatique.

 

ENSACHAGE DES FIGUES

J'ai pensé à ce procédé au cours de mes longues heures de traque photographique au pied des figuiers.

Il concerne la culture du figuier par les amateurs. Pour les professionnels, il semble engendrer un coût de main d'oeuvre prohibitif, mais je laisse y réfléchir les plus concernés d'entre eux, notamment ceux qui pratiquent la culture en mode biologique.

A ma connaissance, ce procédé n'est pas pratiqué pour les figues. Je livre mes premières réflexions.

 

Principe

Il ne s'agirait pas de l'ensachage avec des sachets opaques, mais avec des sachets de gaze (ou tout matériau d'utilisation plus récente : polyéthylène, polypropylène, polyamide, polyoléfine...) à maille très fine, laissant pénétrer le soleil.

La maille doit être assez fine pour éviter que l'ovipositeur ne puisse passer au travers. C'est la différence avec le filet anti-insectes, dont le maillage empêche la mouche noire d'entrer dans l'arbre, mais ne lui interdit pas de pondre si l'ostiole est en contact avec le filet.

L'avantage de ce type d'ensachage vaudrait aussi contre les attaques des mouches qui pondent dans la figue ailleurs que dans l'ostiole, c'est à dire dans l'infrutescence à travers l'épiderme, même si ces mouches pondent aussi dans l'ostiole (Ceratitis capitata Wiedemann, principalement ; Drosophila suzukii Matsumura dans une moindre mesure car elle n'attaque que les figues en surmaturité).

Je ne sais pas si un matériau à maille aussi fine existe, mais, dans la négative, il faudrait envisager de le fabriquer...

Je m'interroge toutefois sur le degré de filtrage du soleil par un maillage aussi fin. Laisserait-il passer assez de soleil pour assurer un bon développement de la figue ?

Une autre piste à envisager est l'utilisation de tissu intissé (bien connu car utilisé pour les voiles d'hivernage).

Dans un article paru sur le site de la SNHF, Daniel Veschambre, ingénieur horticole, propose pour l'ensachage des fruits tels pomme, poire, raisin, la confection de sacs en intissé soudé, à réaliser soi-même.

La feuille d’intissé de 30 cm x 60 cm est pliée en deux et soudée avec un fer à repasser à sec réglé sur « coton », l’intissé étant protégée par du papier sulfurisé. Le sac ainsi formé est bloqué sur le rameau portant le fruit, avec un lien ou une attache plastique bien serrée.

La méthode pourrait être transposée pour le figuier avec des feuilles de dimensions plus réduites permettent d'ensacher les figues individuellement.

Je m'interroge toutefois sur la résistance de l'intissé au passage de l'ovipositeur et sur l'effet de surchauffe à l'intérieur des sachets pendant la période estivale.

Mais la solution la plus simple serait peut-être d'utiliser des sachets en plastique transparent mais assez solide pour résiter à l'ovipositeur. La difficulté serait alors de concevoir un système de lien adapté à la pose rapide sur figues.

En tout état de cause, l'ensachage avec des sacs opaques est à proscrire car il ne permet pas de connaître le niveau de maturité des figues et il ne laisse pas passer le soleil.

La technique employée pour les pommes et les poires consistant à ouvir le sac opaque quinze jours avant la récolte pour que le fruit se colore correctement est inadaptée pour la figue, à maturité très échelonnée sur le même arbre.

De plus, ce procédé conduirait à une attaque de 100 % des figues par la mouche méditerranéenne des fruits. Même s'il est indifférent pour la mouche noire du Figuier qui attaque très peu les figues mûres, arrêtant pratiquement ses attaques au stade de la prématurité (figue ayant juste tourné, à peine ramollie et commençant à gonfler, mais toujours immature). Mais, c'est à ce stade d'évolution de la figue que débutent les attaques virulentes de la mouche méditerranéenne des fruits, qui se poursuivent pendant les stades de maturité et même de surmaturité.

Compte tenu du mode de fructification du figuier, qui fait naître les figues au fur et à mesure de l'allongement de la partie supérieure du rameau, l'ensachage de groupes de figues semble difficile, sous réserve tout de même d'une expérimentation sur des rameaux à certains stades de développement.

J'ai toutefois relevé sur l'Internet de l'hémisphère sud des expériences de protection par enveloppement de rameaux de figuier incluant des feuilles, que je n'ai pas encore étudiées.

Quel que soit le matériau utilisé pour le sachet, l'ensachage pourrait s'effectuer figue par figue, avec un dispositif de fermeture pratique de type adhésif ou "scratch", ou de type fil solide coulissant, dans tous les cas assez souple pour supporter l'accroissement du col de la figue jusqu'à la maturité.

Le sachet doit évidemment être assez gros pour permettre l'accroissement maximal de la figue, même si la pose s'effectue sur de toutes petites figues de diamètre 1,5 cm, taille minimale que j'ai constatée pour que Silba adipata McAlpine attaque la figue.

Il serait peut-être possible de mettre au point un appareil, manuel ou électrique, de pose de sachets réutilisables.

Pour Silba adipata McAlpine, la fermeture du sachet au niveau du col de la figue suffirait car elle ne pond que dans l'ostiole.

Ce procédé (par exemple un élastique, qui serait facile à poser sur les toutes petites figues) ne suffirait pas pour Ceratitis capitata Wiedemann car, compte tenu de ce que j'observe sur sa frénésie de ponte dans les figues, je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle pondrait systématiquement sur la partie extrême du col de la figue non protégée par le sachet, même sur une longueur de 1 à 2 mm.

Pour l'en empêcher, on pourrait songer à un dispositif qui engloberait le col de la figue en totalité et se fermerait autour du rameau, le sachet protecteur se glissant entre la figue et le pétiole de la feuille.

 

Estimation du temps de traitement

La première idée qui vient à l'esprit en entendant "ensachage" pour les figues est qu'il s'agit d'un travail important, difficile à mettre en oeuvre.

C'est vraisemblablement le cas pour les professionnels, mais je pense qu'il n'en est rien pour les amateurs.

J'ai l'habitude d'examiner la totalité des figues une à une sur mes touffes de figuier pour y observer les trois principales espèces de mouches qui y sévissent. Et cela n'a rien d'interminable.

Il est vrai que mes arbres sont conduits en touffe ou en gobelet très ouvert de 3 m de hauteur et que je circule assez rapidement autour de la touffe ou du gobelet sur tronc court.

Considérons un figuier portant 300 figues, ce qui est déjà une récolte satisfaisante pour un amateur si tous les fruits sont sains.

La meilleure configuration est le figuier conduit de façon à ce que tous les fruits soient accessibles à partir du sol, soit directement, soit en tirant vers soi les rameaux souples avec l'instrument traditionnel du sud, un crochet de fer fixé au bout d'une canne de Provence.

Dans le cas où le figuier est conduit en hauteur, on peut choisir de ne traiter que les figues situées entre le sol et la hauteur de 3 m.

Si je compte 30 secondes en moyenne pour ensacher une figue, déplacement d'une figue à l'autre compris, je traite les 300 figues en 9.000 secondes, soit 150 minutes. C'est à dire 2 h 30.

Ce temps de travail apparaît négligeable à tout amateur qui souhaite sauver sa récolte de la mouche de la figue...

Et je pense que s'il vise une récolte encore plus importante, il consacrera volontiers l'équivalent d'une journée de travail de 8 h 30 pour sauvegarder 1.000 figues.

Naturellement, compte tenu du mode de fructification du figuier, le temps de travail est à répartir sur plusieurs interventions au fur et à mesure de l'accroissement du nombre de fruits, mais il n'en est pas augmenté pour autant.

 

OBTURATION DE L'OSTIOLE

J'ai également pensé à ce procédé au cours de mes longues heures de traque photographique au pied des figuiers.

Il concerne la culture du figuier par les amateurs. Pour les professionnels, il semble engendrer un coût de main d'oeuvre prohibitif, mais je laisse y réfléchir les plus concernés d'entre eux, notamment ceux qui pratiquent la culture en mode biologique.

A ma connaissance, ce procédé n'est pas pratiqué. Je livre mes premières réflexions.

 

Principe

Il s'agirait de boucher l'ostiole pour éviter que la mouche noire du Figuier ne puisse y pondre.

Le procédé auquel j'ai songé est la pastille auto-collante en plastique à poser sur l'ostiole des figues proches de la taille requise pour la ponte (1,5 cm de diamètre).

Un diamètre de 5 mm serait selon moi suffisant pour que la pastille obture l'ostiole jusqu'à la maturité. La couleur verte pour la pastille à poser aurait l'avantage de l'esthétique, mais la couleur rouge permettrait de repérer facilement les figues dont l'ostiole est déjà obturé.

Je ne sais pas si l'obturation de l'ostiole aurait des répercussions défavorables sur le développement de la figue ou sur sa qualité.

En tout état de cause, je compte expérimenter ce procédé avec des pastilles auto-collantes utilisées pour le marquage commercial individuel des fruits.

D'autres procédés d'obturation de l'ostiole peuvent être imaginés, par exemple l'utilisation de colle ou de cire alimentaires à déposer sur l'ostiole. Le cas échéant avec un pistolet du type de celui qui existe pour les joints de carrelage, mais pouvant se tenir d'une seule main. Toutefois, je pense qu'ils seraient moins rapides que la pose de pastilles auto-collantes.

Il se trouve que des chercheurs israéliens ont eu avant moi l'idée d'obturer l'ostiole des figues, mais il ne s'agissait pas de la lutte contre la mouche noire du Figuier.

Je ne l'ai appris qu'en juillet 2016, lorsque Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier, m'a fait parvenir la photographie d'un poster relatif à la lutte contre les attaques des thrips sur figues, élaboré par le centre de recherches agronomiques Volcani de Bet Dagan, en Israël.

Poster d'information sur les dégâts des attaques des thrips sur figues

Poster d'information sur les dégâts des attaques des thrips sur figues
(crédit : Volcani Center, Bet Dagan, Israël)

Ce poster, qui date de 2008, indique brièvement qu'une expérimentation d'obturation de l'ostiole va être lancée dans le cadre de la lutte contre les thrips s'insinuant dans les figues par l'ostiole.

Elle prévoit la pose de bandes adhésives et de pastilles auto-collantes, avec application de répulsifs contre les thrips et de champignons entomopathogènes.

Expérimentation de l'obturation de l'ostiole des figues

Expérimentation de l'obturation de l'ostiole des figues contre les thrips
A gauche, bande adhésive ; à droite, pastille auto-collante
(crédit : Volcani Center, Bet Dagan, Israël)

J'ai essayé sans succès de trouver sur l'Internet anglais une documentation plus détaillée sur cette expérimentation, notamment sur ses résultats.

Concernant la lutte contre les mouches par l'obturation de l'ostiole, il faut être conscient que si l'efficacité de ce procédé pourrait être totale contre Silba adipata McAlpine, qui ne pond que dans l'ostiole, il n'en serait pas de même avec Ceratitis capitata Wiedemann. Cette dernière pond dans l'ostiole, mais aussi et principalement dans l'infrutescence à travers l'épiderme de la figue.

 

Estimation du temps de traitement

La première idée qui vient à l'esprit en entendant "obturation de l'ostiole" est qu'il s'agit d'un travail gigantesque, difficile à mettre en oeuvre.

C'est vraisemblablement le cas pour les professionnels, mais je pense qu'il n'en est rien pour les amateurs.

J'ai l'habitude d'examiner la totalité des figues une à une sur mes touffes de figuier pour y observer les trois principales espèces de mouches qui y sévissent. Et cela n'a rien d'interminable.

Il est vrai que mes arbres sont conduits en touffe ou en gobelet très ouvert de 3 m de hauteur et que je circule assez rapidement autour de la touffe ou du gobelet.

Considérons un figuier portant 300 figues, ce qui est déjà une récolte satisfaisante pour un amateur si tous les fruits sont sains.

La meilleure configuration est le figuier conduit de façon à ce que tous les fruits soient accessibles à partir du sol, soit directement, soit en tirant vers soi les rameaux souples avec l'instrument traditionnel du sud, un crochet de fer fixé au bout d'une canne de Provence.

Dans le cas où le figuier est conduit sur tronc en hauteur, on peut choisir de ne traiter que les figues situées entre le sol et la hauteur de 3 m.

Si je compte 10 secondes en moyenne pour obturer un ostiole (ce qui est long pour la plupart des figues), je traite les 300 figues en 3.000 secondes, soit 50 minutes...

Ce temps de travail apparaît négligeable à tout amateur qui souhaite sauver sa récolte de la mouche de la figue...

Et je pense que s'il vise une récolte encore plus importante, il consacrera volontiers environ 3 heures de travail pour sauvegarder 1.000 figues.

Naturellement, compte tenu du mode de fructification du figuier, le temps de travail est à répartir sur plusieurs interventions au fur et à mesure de l'accroissement du nombre de fruits, mais il n'en est pas augmenté pour autant.

En tout état de cause, je rendrai compte dans une mise à jour du présent article des temps de traitement réels que j'aurai constatés dans mon expérimentation à venir du procédé d'obturation de l'ostiole.

Et j'aurai pu déterminer si l'obturation de l'ostiole est néfaste au développement ou à la qualité de la figue.

 

UTILISATION D'UN REPULSIF

C'est le troisième procédé  non utilisé auquel j'ai pensé lors de mes longues séances de traque photographique au pied des figuiers.

On peut imaginer que le répulsif anti-mouches soit diffusé à partir de tubes ou plaquettes suspendus au figuier, ou qu'il soit déposé sur chacune des figues (vaporisateur, gel, pastille auto-collante diffusant le répulsif...).

En culture d'amateur, le dépôt d'un répulsif sur chacune des figues dès qu'elle a atteint un diamètre de 1,5 cm prendrait le même temps de traitement que l'obturation de l'ostiole, donc serait acceptable.

Les problématiques connexes sont bien entendu l'absence de toxicité alimentaire et la non dénaturation de la figue (aspect, goût, odeur).

Il faut également que le répulsif soit efficient pendant plusieurs mois avec une seule application, pour que son action joue sur Silba adipata McAlpine puis sur Ceratitis capitata Wiedemann.

J'ai eu connaissance des expérimentations positives concernant la lutte contre Drosophila suzukii Matsumura avec le Butyl Anthranylate, qui agirait comme répulsif pour cette espèce.

Mais, je n'ai pas trouvé de documentation me permettant de savoir si des répulsifs contre Silba adipata McAlpine ont été testés.

 

Sommaire

 

PRECONISATIONS DE LUTTE DE F. SILVESTRI

 

F. Silvestri préconise le ramassage des fruits au sol et le choix variétal, mentionne l'effet de la touche de la figue et développe une réflexion sur la lutte biologique

 

RAMASSAGE DES FRUITS AU SOL

F. Silvestri préconise de ramasser les figues attaquées immatures ou mûres tombées au sol et de les détruire. Il indique toutefois que la mesure est d'intérêt limité car lorsque la figue chute au sol, le plus souvent une ou plusieurs larves l'ont déjà quittée.

Mais il n'évoque pas le ramassage sur l'arbre des figues attaquées, qui, pourtant, selon mon expérience, est un procédé très efficace, couplé au ramassage des figues au sol, pour réduire significativement l'intensité des attaques. Surtout si l'on s'attache à repérer les figues attaquées dès le tout premier symptôme de l'attaque, alors qu'elles ne présentent pas encore de trous de sortie de larve (donc qu'elles contiennent encore toutes les larves).

Il est vrai que le ramassage sur l'arbre est plus consommateur de main-d'oeuvre et qu'il nécessite que le figuier soit à une hauteur accessible (le cas échéant via une canne de Provence munie d'un crochet en fil de fer, selon la pratique traditionnelle pour rapprocher vers soi les branches souples de figuier).

La conduite et la taille des figuiers pour une récolte à partir du sol dans les vergers piétons d'aujourd'hui satisfont à cette exigence d'accessibilité, mais était-ce le cas en Italie en 1917 ?

 

CHOIX VARIETAL

F. Silvestri, en 1917, affirme ne pas croire en l'efficacité des substances chimiques contre la mouche noire du Figuier et il propose une lutte indirecte basée sur le choix des variétés cultivées. Dans l'objectif d'éviter les attaques plutôt que d'avoir à les combattre.

F. Silvestri a fait d'intéressantes observations sur les arbres attaqués par la mouche noire du Figuier.

En premier lieu, celle-ci attaque aussi bien le caprifiguier que le figuier domestique, mais elle a une préférence pour le premier.

En second lieu, pour les caprifiguiers comme pour les figuiers domestiques, toutes les variétés ne sont pas attaquées. F. Silvestri a remarqué que ce sont les variétés à écailles ostiolaires grandes et disposées presque horizontalement qui le sont, contrairement aux variétés qui ont des écailles ostiolaires courtes et rentrant dans l'ostiole.

F. Silvestri cite les variétés sensibles suivantes : 'Troiano' et 'Natalino' dans la région de Naples, 'Pascarolo' dans le Cilento, 'Biancolillo' en Sicile.

Pour les variétés résistantes, il cite la variété 'Dottato' (synonyme 'Ottato'), dont la culture est très étendue en Italie.

Ses préconisations découlent des observations précitées.

La première : ne pas planter de variétés de figuier domestique sensibles à la mouche noire du Figuier. Au contraire, choisir des variétés connues pour être résistantes. Mener des observations locales complémentaires pour déterminer quelles sont les variétés sensibles à la mouche noire du Figuier.

La seconde : éviter de planter des caprifiguiers, sauf dans les endroits où leur présence est indispensable pour obtenir une production de figues de réelle importance économique. Et, dans ce cas, comme pour le figuier domestique, sélectionner les variétés de caprifiguier dont les fruits présentent des caractéristiques défavorables au développement de la mouche noire du Figuier.

L'application des préconisations de F. Silvestri est intéressante pour le caprifiguier, même si, en France, il est peu utilisé. En effet, la quasi-totalité des variétés de figuier domestique cultivées en France n'ont pas besoin du caprifiguier car elles produisent des fruits parthénocarpiques.

Les observations de F. Silvestri sont corroborées à notre époque par celles de Rémi Pécout, technicien à la Chambre d'Agriculture du Var, qui conseille notamment les producteurs de la région de Solliès-Pont, premier verger commercial de figues en France.

Celui-ci a effectivement remarqué que les caprifiguiers qui ont été expérimentés dans le Var pour amplifier la seconde récolte de la variété commerciale  'Boule d'Or' (synonyme 'Dauphine' et de type San Pedro), constituent un réservoir pour les mouches noires du Figuier s'ils ne sont pas traités.

Rémi Pécout a fait la même observation avec les figuiers abandonnés, qui ne font plus l'objet de soins sanitaires.

En ce qui concerne le figuier domestique, les préconisations de F. Silvestri sont intéressantes, mais leur application est difficile.

En effet, les producteurs de la région de Solliès-Pont ne sauraient arrêter de cultiver la bourjassotte noire, variété sélectionnée de longue date qui fait leur succès et qui bénéficie de l'AOP "Figue de Solliès", au motif qu'elle n'est pas résistante à la mouche noire du Figuier.

De même, les amateurs de figues ne sauraient se priver dans leur jardin ou leur verger de certaines variétés traditionnelles de très haut intérêt mais qui sont très sensibles à la mouche de la figue, telles 'Grise de La Saint-Jean' (selon moi, la meilleure variété pour la région méditerranéenne, toutes qualités confondues) ou 'Bellone' (figue de caractère, selon moi de qualité exceptionnelle).

Mais il est vrai que quand la mesure d'enjeu rend le choix variétal possible, tant en culture commerciale qu'en verger d'amateur, on peut utilement prendre en compte les préconisations de F. Silvestri.

En France, je ne connais pas de variétés non sensibles à la mouche noire du Figuier, mais il doit en exister.

Par expérience, je sais que la variété 'Violette de Solliès' ('Bourjassotte Noire'), qui bénéficie de l'AOP "Figue de Solliès" dans la région de Solliès-Pont (Var), y est très sensible. Ainsi que les deux variétés d'amateur très prisées 'Grise de la Saint-Jean' (synonyme 'Cotignane') et 'Bellone'.

Je souligne que R. Pussard indiquait déjà, en 1950 : "Les variétés les plus attaquées semblent être la Bourgeassotte Noire, la Bellone et la Cotignane" (R. Pussard - A propos de la mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck., comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 36, pp. 144-145, 1950).

Au-delà du recensement des variétés résistantes, travail qui serait déjà très utile, il pourrait être envisagé de lancer un programme d'hybridation pour essayer de créer des variétés qui résisteraient à la mouche noire du Figuier et qui présenteraient une bonne valeur commerciale ou un grand intérêt pour la culture en jardin ou verger d'amateur.

 

TOUCHE DE LA FIGUE

F. Silvestri a remarqué un moyen de lutte indirect et involontaire contre la mouche noire du Figuier dans la province de Naples.

Il s'agit de la touche de la figue, opération qui consiste à déposer avec une pointe, par exemple celle d'une plume, une goutte d'huile dans l'ostiole des figues proches de la maturité, mais pas encore mûres, pour en hâter de quelques jours la maturité. Elle se pratique en août dans la région de Naples.

Les figues ayant subi cette opération ne sont pas attaquées par la mouche noire du Figuier.

Cependant, F. Silvestri fait remarquer que cette pratique n'est pas encouragée par les producteurs de figues car elle donne des fruits mûrs de moindre qualité et plus sensibles aux altérations. Il ajoute qu'elle ne pourrait pas être utilisée sur les petites figues immatures de la première quinzaine de juillet car elle les ferait rapidement tomber.

 

REFLEXION SUR LA LUTTE BIOLOGIQUE

Au cours de son étude de la mouche noire du Figuier, F. Silvestri a observé que celle-ci est parasitée par un hyménoptère dont le nom est Pachyneuron vindemmiae  Rondani, dont il fournit la description.

Il précise que cet hyménoptère parasite également la mouche du vinaigre (Drosophila melanogaster Meingen, qu'il désigne par le synonyme Drosophila ampelophila Loew).

Il s'agit d'un très petit insecte vert obscur, presque noir, dont le corps mesure 2 mm de long et 0,6 mm de largeur au thorax.

F. Silvestri indique qu'il a observé ce parasite seulement dans des pupes trouvées dans les localités de Portici et de Resina, alors qu'il a examiné des milliers d'oeufs, de larves et de pupes récoltés dans les provinces de Naples, de Salerno et de Lecce, ainsi que plus de mille pupes reçues de Tripoli.

J'ai noté qu'une autre observation du parasite a été effectuée plus récemment. 

B. I. Katsoyannos, en 1981 et 1982, a étudié des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce).

Il rapporte qu'une seule fois, le 27 septembre 1981, parmi 70 pupes ramassées dans l'île, 45 pupes ont produit un individu de Silba adipata McAlpine et 8 pupes un individu d'une espèce parasite, Pachycrepoideus vindemmiae Rondani, synonyme de Pachyneuron vindemmiae Rondani (B. I. Katsoyannos - Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) and trapping experiments, Zeitschrift für Angewandte Entomologie Vol. 95, Issue 1-5, pp. 471–476, 1983 - Abstract et possibilité de location de l'article pour 48 h).

F. Silvestri indique que la femelle de Pachyneuron vindemmiae Rond. recherche les pupes de la mouche noire du Figuier qui se trouvent en surface entre les fruits tombés, ou à faible profondeur, et pond un oeuf à l'intérieur de la pupe, sur la nymphe.

La larve issue de cet oeuf se nourrit de la nymphe de la mouche noire du Figuier, et, après s'être complètement développée, se transforme en pupe à l'intérieur de la pupe de celle-ci.

Puis le Pachyneuron adulte sort de sa pupe et de celle de la mouche noire du Figuier en perçant un trou avec ses mandibules.

Le développement complet du parasite, de l'oeuf à l'adulte, prend 15 jours en été et de 16 à 23 jours de septembre à novembre.

Toutefois, compte tenu que les pontes du parasite s'effectuent uniquement dans des pupes à découvert ou peu cachées, F. Silvestri juge que Pachyneuron vindemmiae Rond. est d'un apport négligeable dans la lutte contre la mouche noire du Figuier.

Il ne connaît à cette dernière aucun autre ennemi spécifique, y compris d' éventuels bactéries ou champignons.

Il note simplement que le blastophage peut être considéré, au niveau du caprifiguier, comme un ennemi indirect de la mouche noire du Figuier. Ceci parce qu'il est à l'origine de la transformation des fleurs en galles qui remplissent complètement la cavité centrale de la figue, empêchant les jeunes larves qui s'y trouvent de se mouvoir et provoquant leur mort.

 

Sommaire

 

AUTRES MOUCHES ATTAQUANT LES FIGUES

 

F. Silvestri évoque successivement Ceratitis capitata Wiedemann, Drosophila melanogaster Meingen, Oscinosoma discretum Bezzi.

Je reprends ses informations en les complétant par mes observations personnelles et en y ajoutant Drosophila suzukii Matsumura, ravageur inconnu en Europe à l'époque de F. Silvestri.

Puis, à titre d'exemple de mouches pouvant sucer l'infrutescence à travers l'ostiole des figues mûres, je montre Sarcophaga carnaria L. à l'oeuvre.

Je termine en présentant Nyctia halterata Panzer, une petite mouche noire fréquentant le figuier, qui n'attaque pas les figues mais qui peut prêter à confusion avec Silba adipata McAlpine.

 

CERATITIS CAPITATA Wiedemann

F. Silvestri indique que les figues peuvent être attaquées aussi par la mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann).

J'observe régulièrement la mouche méditerranéenne des fruits sur mes figuiers, en général dès la fin juin.

Mouche méditerranéenne des fruits (Cératite, Ceratitis capitata Wiedemann) au sommet d'une figue

Mouche méditerranéenne des fruits (Cératite, Ceratitis capitata Wiedemann) au sommet d'une figue
(variété 'Col de Dame Noire')

Lorsque l'action de la mouche noire du Figuier devient nettement moins virulente (époque des figues mûres), la mouche méditerranéenne des fruits entame ses attaques en pondant dans l'ostiole des figues mûres ou proches de l'être (mais aussi des figues immatures commençant juste à ramollir).

Mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann) pondant dans l'ostiole d'une figue

Mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann) pondant dans l'ostiole d'une figue

Et, le plus souvent, en pondant directement à travers l'épiderme de celles-ci, faisant perler par le trou de ponte une goutte de latex laiteux, qui devient plus ou moins translucide en séchant.

Cératite (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme d'une figue

Cératite (Ceratitis capitata Wiedemann) pondant à travers l'épiderme d'une figue
(noter le latex émergeant par le trou de ponte alors que l'ovipositeur n'est pas encore retiré)

Son action est tardive par rapport à celle de la mouche noire du Figuier car il faut attendre que les figues commencent à tourner pour la constater, mais elle est complémentaire.

Sur mes figuiers, Silba adipata McAlpine sévit avec virulence de début avril à fin juin, soit trois mois. J'observe fin juin une baisse significative de virulence de ses attaques, même si elle est toujours présente, se nourrissant sur les figues mûres. Mais commence alors la frénésie des attaques sur figues de la mouche méditerranéenne des fruits.

Selon J. Ghesquière, les larves des deux espèces peuvent cohabiter dans la figue sans se nuire (J. Ghesquière : La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653, 1949).

Pour éviter la confusion entre les deux espèces, F. Silvestri fournit des figures permettant d'identifier la larve de Ceratitis capitata Wiedemann (voir la page 141).

En fait, les différences avec la larve de Silba adipata McAlpine ne sont pas visibles à l'oeil nu et, en tout état de cause, l'aspect général des larves des deux espèces est le même.

Selon mes observations, la larve de Ceratitis capitata Wiedemann est, à complet développement, un peu plus grande et un peu plus épaisse que celle de Silba adipata McAlpine. Elle est également plus puissante : les bonds de la larve par détente du corps replié sur lui-même sont nettement plus longs.

Du fait que la larve de Ceratitis capitata Wiedemann passe par toutes les tailles de Silba adipata McAlpine avant de la dépasser à complet développement, il est difficile, voir impossible, de distinguer les larves (d'aspect identique) des deux espèces dans l'infrutescence d'une figue.

C'est plutôt par la nature de la figue infestée que j'obtiens une bonne indication de l'espèce à laquelle correspond la larve.

En effet, la cératite attaque les figues du début de la véraison à la surmaturité, alors que la mouche noire du Figuier pond pratiquement uniquement dans les figues immatures dures et vertes, que la cératite n'attaque pas.

Cela reste toutefois une indication car il arrive à Silba adipata McAlpine de pondre dans des figues en début de maturité, mais elle le fait très rarement.

Et j'ai pu observer une fois la ponte de Ceratitis capitata Wiedemann dans une petite figue immature verte, en fin de saison, alors qu'il ne restait sur le figuier que trois figues, toutes immatures (étonné, j'ai ramassé la figue pour vérifier si la ponte avait été effective ; je l'ai placée en pupation dans une boîte fermée par un film plastique alimentaire transparent et j'ai bien obtenu une pupe, puis un imago, de Ceratitis capitata Wiedemann...).

Toutefois, du fait de la nature différente des figues principalement attaquées par les deux espèces, je pense que la cohabitation de celles-ci à l'intérieur de la figue doit être très rare.

Par contre, à partir du mois de juillet, j'observe la cohabitation des deux espèces à la surface de la figue, le plus souvent la cératite en train de pondre et la mouche noire du Figuier en train de se nourrir.

Comme en témoignent les photographies ci-après.

Mouche méditerranéenne des fruits (à gauche) et mouche noire du Figuier sur une figue

Mouche méditerranéenne des fruits (à gauche) et mouche noire du Figuier sur une figue

 

Silba adipata McAlpine et Ceratitis capitata Wiedemann sur une figue mûre

Silba adipata McAlpine (en bas) et Ceratitis capitata Wiedemann sur une figue mûre
(grossissement : x 6)

De petite taille elle aussi, la mouche méditerranéenne des fruits est très différente d'aspect de la mouche noire du Figuier et je distingue aisément l'une de l'autre.

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) sur figue

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) sur figue
(au-dessus de la mouche, des perles blanches en surface ressortent par les trous de ponte à travers l'épiderme)

Outre la couleur de son corps et celle de ses ailes, qui lui donnent un aspect bariolé, j'ai observé les différences suivantes avec la mouche noire du Figuier.

Elle est un peu plus grande que cette dernière.

Quoique rapide, son vol est plus lent que celui de la mouche noire du Figuier.

Je l'ai parfois observée se laisser tomber avec un léger battement d'ailes d'une figue à une autre, lorsqu'elles sont proches, d'une feuille de figuier à une autre, ou même d'un rameau de figuier à un autre, ce que la mouche noire du Figuier ne fait pas.

Ses ailes sont écartées au repos et lorsqu'elle marche.

Je peux même dire que les ailes sont souvent ballantes de part et d'autre du corps, à la manière d'avirons qu'elle semble traîner. De face, cela lui donne une allure étrange. Vue de loin et de face au sommet d'une figue, si on ne la connaît pas, on peut même penser à une araignée haute sur pattes...

Je la combats de la même façon que la mouche noire du Figuier par les sticks jaunes englués (ceux que j'ai posés, avant son apparition, pour la mouche noire du Figuier).

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) engluée sur un stick jaune

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) engluée sur un stick jaune

 

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) engluée sur un stick jaune

Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) engluée sur un stick jaune

Le ramassage des figues immatures attaquées, que j'utilise pour la mouche noire du Figuier, n'a pas de sens pour la mouche méditerranéenne des fruits car elle ne s'attaque qu'aux figues mûres ou proches de l'être. Mais, sans le vouloir, j'effectue quand même un ramassage préventif des figues touchées : il s'agit tout simplement de la récolte des figues mûres pour les consommer...

En effet, la plupart du temps, la figue mûre attaquée par la mouche méditerranéenne des fruits est consommée avant que les larves ne naissent ou ne se développent à un stade visible.

Cela paraîtra peu ragoûtant à ceux qui n'y ont jamais pensé, mais ils font comme moi sans le savoir...

En tout état de cause, comme je ne mange jamais la zone ostiolaire et que je ne consomme jamais une figue sans l'ouvrir, je puis éviter le désagrément, plus psychologique que rationnel, de manger de jeunes larves déjà visibles, a fortiori, celui, plus réel, de consommer une figue qui a commencé à pourrir sous l'action des larves.

 

OSCINOSOMA DISCRETUM Bezzi

F. Silvestri précise que les figues du caprifiguier peuvent être attaquées par un autre diptère, Oscinosoma discretum Bezzi.

Il lui consacre un article dans le même bulletin  du laboratoire de zoologie agraire de Portici.

Pour ma part, je ne possède pas de caprifiguier et je n'ai pas rencontré cette espèce sur mes figuiers domestiques.

 

DROSOPHILA SUZUKII Matsumura

Ce ravageur n'a pas été mentionné par F. Silvestri car il n'existait pas en Europe à son époque.

Je l'observe depuis quelques années dans mon verger, notamment sur mes kakis et sur mes figuiers.

Drosophila suzukii Matsumura : mâle (à droite) et femelle au sommet d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : mâle (à droite) et femelle au sommet d'une figue en surmaturité
(on reconnaît facilement le mâle de Drosophila suzukii aux deux taches noires au bout des ailes)

 

Drosophila suzukii Matsumura : mâle (à droite) et femelle au sommet d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : mâle (à droite) et femelle au sommet d'une figue en surmaturité
(on reconnaît le mâle aux deux taches noires au bout des ailes ; chez cette espèce, la femelle est plus grosse que le mâle)

Voici ce que disait de l'espèce en août 2012 Jean-Luc Gatti, du département Santé des Plantes et Environnement de l'INRA (UMR 1355, Institut Sophia-Agrobiotech, centre INRA PACA), dans la rubrique actualités de ce département (site de l'INRA) :

"La mouche Drosophila suzukii est originaire d’Asie. De couleur jaune brunâtre à jaune orangé avec des yeux rouge vif, elle mesure de 2 à 4 millimètres.

Appelée aussi drosophile à ailes tachetées, l’insecte ravageur est désormais présent sur notre territoire et menace nos vergers et productions de baies.

Drosophila suzukii s’est propagée aux Etats-Unis en 2008 puis en Europe à partir de 2009, principalement sur le pourtour méditerranéen. Elle est maintenant présente en France où elle a été piégée dans de nombreuses régions (Languedoc-Roussillon, PACA, Corse, Centre, Midi-Pyrénées, Aquitaine).

Contrairement à la majorité des espèces de drosophiles, les femelles D. suzukii pondent dans des fruits sains matures ou en cours de maturation. La mouche introduit ses œufs en perçant la peau des fruits et les larves se nourrissent de la pulpe, favorisant le développement de bactéries et de moisissures entraînant un pourrissement du fruit.

Les plantes attaquées sont très variées et incluent les fruits à noyau (cerise, abricot, pêche etc.), les petits fruits rouges (fraise, framboise, etc.), mais aussi la figue, la tomate et le raisin. Les dégâts sont importants, avec des pertes estimées à plus de 80% dans certaines exploitations.

Bien adaptée au climat tempéré, elle possède une grande capacité de reproduction et présente une mobilité importante. La diversité des fruits hôtes utilisables permet sa reproduction et son développement pratiquement toute l’année, dans et en dehors des zones cultivées.

L’expansion et l’acclimatation de ce ravageur représentent ainsi un risque majeur pour les zones de production des cultures attaquées." Fin de citation.

Pour ma part, je n'ai pas vu Drosophila suzukii Matsumura attaquer des figues saines (immatures, mûres ou en cours de dessèchement sur l'arbre).

Chaque fois que je l'ai observée, elle s'en prenait à des figues en surmaturité ou abîmées, voire en début de pourrissement.

Pour conforter mes observations à l'oeil nu, j'ai réalisé de nombreuses observations photographiques en gros plan, avec agrandissement logiciel, sur des figues mûres de diverses variétés pour détecter la présence éventuelle de trous de ponte et d'oeufs.

Je n'ai pas trouvé à la surface de ces figues mûres (qui n'avaient pas atteint le stade de surmaturité) les filaments blancs respiratoires des oeufs par lesquels je peux identifier la ponte de la drosophile asiatique.

Voici les trous de ponte de Drosophila suzukii Matsumura que l'on peut trouver à la surface de figues en surmaturité.

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue

Les filaments respiratoires (au nombre de deux par oeuf, le plus souvent accolés de telle sorte qu'il semble n'en exister qu'un) dépassent largement ou totalement en surface de la figue par le trou de ponte de la drosophile asiatique.

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue
(noter les filaments respiratoires blancs des oeufs qui dépassent du trou de ponte en surface de la figue)

Parfois l'oeuf dépasse lui aussi partiellement du trou de ponte, ou même a été libéré accidentellement à la surface de la figue, sans trou de ponte.

En conclusion, sous réserve de ne pas constater un jour qu'elle s'en prend à des figues saines mûres ou proches de l'être, je ne considère pas Drosophila suzukii Matsumura comme un ravageur de mes figues.

Mais je fais part ce que j'ai observé dans mon verger sur quatre variétés ('Grise de la Saint-Jean', 'Dauphine', 'Bellone', 'Col de Dame Noire') et cela n'a pas valeur universelle...

En effet, les témoignages que je rapporte dans le premier chapitre de mon article consacré aux observations de Drosophila suzukii Matsumura sur Figuier montrent la réalité d'attaques de Drosophila suzukii Matsumura sur figues mûres (fermes et non abîmées) pour certaines variétés.

Peut-être en fonction de l'épaisseur de l'épiderme des variétés (et de leur époque de maturité ?).

Pour ma part, sur figues en surmaturité, ou mûres mais abîmées, j'ai pu réaliser les observations suivantes.

La drosophile à ailes tachetées attaque généralement les figues en groupe. J'ai compté de trois à onze individus, mâles et femelles, pour une figue attaquée (mâles et femelles se nourrissent de la figue, mais, naturellement, seules les femelles infestent la figue par leur ponte).

Drosophila suzukii Matsumura n'hésite pas à pénétrer à l'intérieur de la cavité centrale de la figue pour se nourrir, parfois à deux  individus, en profitant d'un ostiole distendu ou d'une déchirure profonde.

Son action connaît la plus forte intensité lorsque la figue dégage une odeur de fermentation. Si la figue qui a fermenté commence à sécher, son action cesse.

On distingue facilement le mâle de Drosophila suzukii Matsumura par deux taches noires à l'extrémité des ailes (une par aile), sur le bord antérieur de celles-ci. J'ai pu constater lors de mes multiples observations que ces taches sont visibles de près à l'oeil nu.

La femelle a les ailes totalement translucides, sans aucune tache ou bande. Elle est légèrement plus grande que le mâle.

Lorsque le dessus des ailes n'est pas visible, je puis reconnaître le mâle de la femelle à l'aspect de l'abdomen, très difficilement à l'oeil nu, mais facilement sur les photographies (je développe ce dernier point dans l'article consacré à mes observations de Drosophila suzukii sur Figuier).

En présence de larves seules, la reconnaissance des attaques de Drosophila suzukii Matsumura est aisée, mais pas à l'oeil nu. Il faut utiliser une loupe à fort grossissement ou, mieux, photographier la larve en gros plan et procéder à des agrandissements photographiques.

La larve de Drosophila suzukii Matsumura diffère de celle de Silba adipata McAlpine et de celle de Ceratitis capitata Wiedemann par la forme et le détail du dernier segment de l'abdomen.

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité ; grossissement : x 5
(à ce grossissement, un oeil exercé peut identifier l'aspect caractéristique du dernier segment de l'abdomen)

Le dernier segment de l'abdomen est en effet en pointe chez Drosophila suzukii Matsumura.

La différence sur ce dernier segment tient aussi aux deux appendices respiratoires terminaux (spiracles) qui ressortent nettement en étant quasiment contigus et en la présence de tubercules charnus latéraux.

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité ; grossissement : x 38
(taille réelle : 3 mm ; noter l'aspect caractéristique du dernier segment de l'abdomen)

Pour moi, la taille de la larve de Drosophila suzukii Matsumura n'est pas un critère d'identification par rapport à celle de Silba adipata McAlpine.

Il est vrai qu'elle est à peu près deux fois moindre (3/4 mm) que celle de Silba adipata McAlpine à complet développement (8 mm). Mais, la larve de Silba adipata McAlpine est à la naissance plus petite (0,8 mm) que la larve de Drosophila suzukii Matsumura à complet développement. En outre, elle passe par la taille maximale de la larve de Drosophila suzukii Matsumura (4 mm) au cours de son évolution.

Par contre, la larve de Silba adipata McAlpine, lorsqu'elle a dépassé nettement les 4 mm, permet d'écarter l'espèce Drosophila suzukii Matsumura, même si elle n'a pas encore terminé son évolution.

Le même raisonnement peut être tenu pour la reconnaissance de la larve de Drosophila suzukii Matsumura par rapport à celle de Ceratitis capitata Wiedemann, qui est un peu plus grande et un peu plus épaisse que celle de Silba adipata McAlpine.

Sachant qu'il est très rare de trouver une larve de Silba adipata McAlpine dans une figue molle, c'est presque toujours par rapport à une larve de Ceratitis capitata Wiedemann que l'on aura à lever le doute, si la larve présente une taille inférieure à 5 mm.

Pour terminer, j'indique que la larve de Drosophila suzukii Matsumura est identique par la taille et l'aspect à la larve de Drosophila melanogaster Meingen. Les deux espèces ne peuvent pas être distinguées par la larve.

Toutefois, si une larve de drosophile est trouvée dans une figue mûre ferme et non abîmée, il s'agit d'une larve de Drosophila suzukii Matsumura car l'ovipositeur de Drosophila melanogaster Meingen n'est pas assez puissant pour perforer l'épiderme d'une telle figue.

 

DROSOPHILA MELANOGASTER Meingen

F. Silvestri signale aussi les attaques d'une autre mouche très connue. Il indique que les figues présentant des fissures dans la peau ou commençant à pourrir peuvent être attaquées par Drosophila melanogaster Meingen, qu'il nomme du synonyme Drosophila ampelophila Loew.

Il s'agit de la mouche du vinaigre, connue aussi sous le terme "moucheron" et dont la taille est minuscule, deux fois moindre que celle de la mouche noire du Figuier.

Pour éviter la confusion des attaques de cette espèce avec celles de la mouche noire du Figuier, F. Silvestri fournit des figures permettant d'en distinguer la larve de celle de cette dernière (voir la page 142).

Sur la figure XVII-3 fournie sur la page précitée, on voit que la larve de Drosophila melanogaster Meingen diffère de celle de Silba adipata McAlpine et de celle de Ceratitis capitata Wiedemann par la forme et le détail du dernier segment de l'abdomen.

La différence sur le dernier segment (en pointe chez Drosophila melanogaster Meingen) tient aux deux appendices respiratoires terminaux (spiracles) qui ressortent nettement en étant quasiment contigus et en la présence de tubercules charnus latéraux.

La larve de Drosophila melanogaster Meingen est par contre de taille et d'aspect identiques à celui de la larve de Drosophila suzukii Matsumura. Les deux espèces ne peuvent pas être distinguées par la larve.

Pour moi, la taille de la larve de Drosophila melanogaster Meingen, à peu près deux fois moindre (3/4 mm) que celle de Silba adipata McAlpine à complet développement (8 mm), n'est pas un critère d'identification de la première par rapport à l'autre. En effet, la larve de Silba adipata McAlpine est à la naissance plus petite (0,8 mm) que la larve de Drosophila melanogaster Meingen à complet développement. En outre, elle passe par la taille maximale de la larve de Drosophila melanogaster Meingen (4 mm) au cours de son évolution.

Par contre, la larve de Silba adipata McAlpine, lorsqu'elle a dépassé nettement les 4 mm, permet d'écarter l'espèce Drosophila melanogaster Meingen, même si elle n'a pas encore terminé son évolution.

Le même raisonnement peut être tenu pour la reconnaissance de la larve de Drosophila melanogaster Meingen par rapport à celle de Ceratitis capitata Wiedemann, qui est un peu plus grande et un peu plus épaisse que celle de Silba adipata McAlpine.

Sachant qu'il est très rare de trouver une larve de Silba adipata McAlpine dans une figue molle, c'est presque toujours par rapport à une larve de Ceratitis capitata Wiedemann que l'on aura à lever le doute, si la larve présente une taille inférieure à 5 mm.

A l'état adulte, par sa taille deux fois moindre et par sa couleur brun orangé, la mouche du vinaigre ne peut pas être confondue avec la mouche noire du Figuier.

Drosophila melanogaster Meingen sur une figue en surmaturité

Drosophila melanogaster Meingen sur une figue en surmaturité

J'observe régulièrement sur mes figuiers des individus femelles qui pourraient être de l'espèce Drosophila melanogaster Meingen, mais qui pourraient aussi être des individus femelles de la drosophile asiatique (Drosophila suzukii Matsumura), à l'aspect strictement identique.

En toute rigueur, je ne sais pas si les deux espèces de drosophiles (melanogaster et suzukii) peuvent cohabiter sur le même arbre, ou si l'espèce suzukii (dont je suis sûr de la présence par l'identification des mâles) chasse l'autre...

Lors du dépouillement de mes observations photographiques en gros plan, je n'ai jamais pu identifier de façon certaine parmi les individus aux ailes non tachetés un mâle reconnaissable à son abdomen. Celui-ci pourrait alors être rattaché à l'espèce melanogaster, ce qui donnerait une indication sur la cohabitation entre les deux espèces, bien que des mâles aux ailes non tachetées aient été identifiés parmi les populations de Drosophila suzukii Matsumura.

En tout état de cause, si l'espèce melanogaster cohabite avec l'espèce suzukii, ses attaques ne me gênent pas car, rejoignant les observations de F. Silvestri, j'ai noté que les drosophiles de cette espèce repérés sur mes figuiers avant l'apparition dans mon verger de Drosophila suzukii Matsumura n'attaquaient que des fruits accidentellement fendus, en surmaturité ou en voie de pourrissement.

Drosophila melanogaster Meingen : deux adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila melanogaster Meingen : deux adultes sur une figue en surmaturité, à l'ostiole distendu
(on aperçoit le second individu à l'intérieur de l'ostiole ; variété 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila melanogaster Meingen : deux adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila melanogaster Meingen : deux adultes sur une figue en surmaturité, à l'ostiole distendu
 (noter le second individu, à l'intérieur de l'ostiole ; variété 'Col de Dame Noire')

Comme je l'ai indiqué précédemment, l'appréciation doit être plus nuancée concernant Drosophila suzukii Matsumura.

En effet, je n'ai pas observé d'attaques de figues mûres fermes et non abîmées pour les quatre variétés de figues que je cultive, mais ces observations n'ont pas valeur universelle (les témoignages que je rapporte dans mon article consacré aux observations de Drosophila suzukii Matsumura sur Figuier montrent la réalité d'attaques de Drosophila suzukii Matsumura sur figues mûres pour certaines variétés).

 

SARCOPHAGA CARNARIA Linnaeus

Il peut arriver que des mouches qui ne pondent pas dans la figue, donc qui ne présentent pas un grand danger pour la récolte, profitent de la dilatation de l'ostiole des figues mûres pour sucer l'infrutescence.

A titre d'exemple, je livre ci-après la photographie d'une mouche à damier (Sarcophaga carnaria L.) sur ostiole que m'a envoyée Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier.

L'observation a été réalisée au verger-conservatoire de figuiers de Gimont, à proximité de Toulouse, le 23 septembre 2016, alors que Bernard Peyre étudiait l'action de la punaise verte ponctuée (Nezara viridula L.) sur les figues.

Mouche à damier (Sarcophaga carnaria L.) en train de sucer l'infrutescence d'une figue

Mouche à damier (Sarcophaga carnaria L.) en train de sucer l'infrutescence d'une figue dans l'ostiole dilaté
(au-dessous, une larve de punaise verte ponctuée, Nezara viridula L., se nourrissant à la surface de la figue)
Crédit : Bernard Peyre

Sur l'agrandissement ci-après, le nombre de lignes visibles sur le dessus du thorax (trois), le fait que la ligne centrale se poursuive sur le scutellum et la présence des larges points blancs sur le dessus de l’abdomen confirment qu'il s’agit de la mouche à damier (Sarcophaga carnaria L.).

Mouche à damier (Sarcophaga carnaria L.) en train de sucer l'infrutescence d'une figue

Mouche à damier (Sarcophaga carnaria L.) en train de sucer l'infrutescence d'une figue dans l'ostiole dilaté
(au-dessous, une larve de punaise verte ponctuée, Nezara viridula L., se nourrissant à la surface de la figue)

Crédit : Bernard Peyre

Je ne connais pas spécialement cette mouche, mais j’ai été surpris d'apprendre qu’en sus de sa nourriture habituelle de viande avariée, elle apprécie particulièrement le nectar des fleurs (certaines photographies que j'ai trouvées sur Internet le confirment).

Et Bernard Peyre nous prouve qu'il arrive aussi à cette mouche de sucer l’infrutescence de la figue mûre en se penchant dans l’ostiole dilaté...

Mais il ne s’agit pas d’une mouche pouvant provoquer des dommages importants à une récolte de figues parce qu' elle ne pond pas dans la figue, et que, comme toutes les mouches, elle est de type suceur-lécheur dans son mode de nutrition.

En toute rigueur, on peut toutefois se demander si la partie de l’infrutescence sucée à travers l’ostiole ne pourrait pas se dégrader dans une certaine mesure, par suite de l’action des enzymes contenues dans la salive déposée par la mouche pour prédigérer partiellement ses aliments.

Mais, la partie de l’infrutescence sucée étant très faible et la succion de l’infrutescence à travers l’ostiole par une mouche étant rare, on peut considérer comme négligeables les dégâts éventuels de ce type.

 

NYCTIA HALTERATA Panzer

Pour terminer ce chapitre, il me semble utile d'indiquer que j'ai rencontré plusieurs fois sur des figuiers, en des lieux différents, une petite mouche noire qui n'attaque pas les figues mais qui peut prêter à confusion.

Par expérience, je sais qu'elle peut être prise pour la mouche noire du Figuier par des personnes n'ayant jamais vu cette dernière.

Il s'agit de Nyctia halterata Panzer, appartenant à la famille des Sarcophagidae.

Cette mouche ne pond pas dans la figue, mais on peut l'observer se déplaçant sur les feuilles du figuier et sur les figues.

Nyctia halterata Panzer sur figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'

Nyctia halterata Panzer sur figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

En fait, elle est légèrement plus grande que Silba adipata McAlpine (la mouche noire du Figuier) et elle se déplace plus rapidement. Contrairement à la mouche noire du Figuier, elle garde les ailes écartées en marchant.

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier, marchant ailes écartées

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier, marchant ailes écartées
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

Son abdomen paraît plus long et il porte de longs poils à son extrémité. Ses ailes aux nervures noires prononcées sont partiellement fumées alors que celles de la mouche noire du Figuier sont plus finement nervurées et sont uniformément translucides.

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

Les insectes attaquant les figues autres que les mouches font l'objet d'intéressantes observations dans un article publié par Bernard Peyre.

 

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OBSERVATIONS PHOTOGRAPHIQUES COMPLEMENTAIRES

 

J'ai rassemblé dans un autre article des observations photographiques complémentaires de l'adulte qui auraient surchargé les différents chapitres mais qui me paraissent avoir une valeur documentaire.

En effet, à la date de publication du présent article, je n'ai pu trouver qu'une demi-douzaine de photographies de la mouche noire du Figuier sur l'Internet anglais et espagnol et aucune sur l'Internet français et italien...

Les photographies que je fournis en complément du présent article permettent en particulier de prendre connaissance des différentes postures de la mouche noire du Figuier, de façon à ce qu'aucune d'entre elles ne nous surprenne et que cette mouche nous devienne vraiment familière.

On pourra ainsi l'identifier facilement (parmi les mouches qui fréquentent le Figuier et parmi les différentes mouches à fruits...). Ou tout au moins ne pas l'éliminer lors d'une recherche d'identification si elle se trouve dans des positions éloignées des positions classiques permettant une identification facile.

 

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