Essai de culture des
goyaviers subtropicaux

Auteur : François Drouet

 

 

Article publié en 2005 - modifié en 2014
Crédit photographies : François Drouet
Tous droits réservés
 

Les deux goyaviers subtropicaux Psidium cattleianum Sabine, à fruits rouges et Psidium cattleianum var. lucidum Hort., sa variété à fruits jaunes, appartiennent à la famille des Myrtaceae et sont originaires du Brésil.

On trouve actuellement le plus souvent l'orthographe cattleianum. Mais l'écriture cattleyanum, qui rappelle mieux la référence à William Cattley (1788 - 1835), collectionneur de plantes anglais célèbre à son époque, a été très utilisée et est acceptée selon la norme ICN de Melbourne Art. 60.7 et Ex.17. C'est celle que j'utilise lorsque je ne reprends pas des textes où la forme cattleianum lui est préférée.

En France, les rares personnes qui connaissent Psidium cattleyanum le désignent souvent par le nom de Goyavier de Cattley. On rencontre aussi les noms de Goyavier Fraise et Goyavier de Chine.

La variété à fruits jaunes n'a pas de nom français. Pour la désigner, on entend souvent : Goyavier de Cattley à fruits jaunes ou Goyavier Fraise à fruits jaunes.

Psidium cattleyanum : fruits

Psidium cattleyanum : fruits

 

Psidium cattleyanum var. lucidum : fruits

Psidium cattleyanum var. lucidum : fruits

L'espèce type est-elle bien celle à fruits rouges et la forme à fruits jaunes en est-elle la variété ? 

La réponse a longtemps varié selon les auteurs et les praticiens de terrain.

Il y a eu tout d'abord compétition entre deux noms pour désigner l'espèce : Psidium cattleianum Sabine et Psidium littorale Raddi.

Le premier des deux noms (Psidium cattleianum) a été attribué en 1821 à l'espèce par Joseph Sabine (1770 - 1837), alors secrétaire et trésorier de la Royal Horticultural Society, en hommage à William Cattley (1788 - 1835). Ce dernier, homme d'affaires prospère, notamment par ses activités en Russie, était très connu pour ses collections de plantes. C'est à lui que John Lindley (qui fut par ailleurs son salarié...) a dédié le genre Catlleya désignant les orchidées, après qu'on eut constaté pour la première fois en Angleterre la floraison de celles-ci dans sa serre de Barnet, au nord de Londres.

C'est également dans la serre de William Cattley, à Barnet, que fut constatée pour la première fois, en 1819, la fructification d'un Psidium inconnu en Angleterre. Le compte rendu fut publié en 1821, sous le titre Account of a new Psidium, In a letter to the secretary, dans Transactions of the Royal Horticultural Society, vol. 4, pp. 315-317, avec planche en couleur entre les pages 316 et 317. Le récapitulatif de l'année 1821, auquel renvoie le lien, a été publié en 1822, mais le compte rendu est d'abord paru dans le troisième fascicule courant 1821. Le compte rendu de William Cattley, qui était membre de la Royal Horticultural Society, est présenté sous la forme d'une lettre au secrétaire de l'institution. Celui-ci, Joseph Sabine, a complété la description, a fait ajouter une planche en couleur de William Hooker et a nommé la plante, décrite pour la première fois selon lui. Il a choisi pour nom Psidium cattleianum, afin de gratifier le membre contributeur.

La couleur du fruit est précisée dans la description et apparaît sur la planche : il s'agit de la forme à fruits rouges.

Le second des deux noms (Psidium littorale) a été attribué par Giuseppe Raddi (1770 - 1829), qui a publié une description de l'espèce, avec planche illustrative, dans Opuscoli scientifici di Bologna vol. 4, p. 254, Tab. VII, f. 2., à une date qui a fait débat (1820 d'après certains, 1823 d'après d'autres, pour des raisons que l'on retrouvera dans les articles de F. R. Fosberg et C. A. Schroeber, cités plus bas). La description de Psidium littorale figure dans un mémoire intitulé Di alcune specie di Pero indiano (Psidium Lin.), qui rapporte les observations de l'auteur sur trois espèces de Psidium lors de voyages au Brésil.

La couleur du fruit sur la planche illustrative n'est représentative ni de la forme à fruits rouges, ni de celle à fruits jaunes. Mais, dans la description de la plante, il est indiqué que les fruits sont à peau vert jaunâtre. Il s'agit donc de la forme à fruits jaunes.

La confusion entre Psidium littorale Raddi et Psidium cattleyanum Sabine pour nommer l'espèce a duré jusqu'à la moitié du 20e siècle.

En 1941, F. R. Fosberg concluait dans son article Varieties of the strawberry guava, publié dans Proceedings of the Biologocal Society of Washington, vol. 54, pp. 179-180, que l'antériorité de la publication revenait sans conteste à Psidium littorale Raddi par rapport à Psidium cattleyanum Sabine.

A cette occasion, F. R. Fosberg a créé deux nouvelles combinaisons taxonomiques, dont une à retenir car elle a été reprise dans la littérature : Psidium littorale var. longipes (O. Berg) Fosb., pour désigner Psidium cattleianum Sabine à fruits rouges.

En 1946, cinq ans plus tard, C. A. Schroeder développait une argumentation contraire dans l'article Priority of the species Psidium cattleianum Sabine, publié dans Journal of the Arnold Arboretum vol. 27, n° 3, pp. 314-315.

De nos jours, il est admis dans les flores et les écrits scientifiques que l'antériorité de publication doit être attribuée à Psidium cattleianum Sabine. Cette position s'appuyant sur l'argumentation précitée de C. A. Schroeder. Dans les bases de données taxonomiques mondiales, Psidium littorale Raddi est cité comme un simple synonyme de Psidium cattleianum Sabine.

L'antériorité de publication ayant été reconnue à Psidium cattleianum Sab. à fruits rouges, il s'est naturellement établi un consensus dans la communauté scientifique pour considérer que celle-ci constitue l'espèce type (ou la variété typique de l'espèce) et qu'il en existe une variété à fruits jaunes. Le nom le plus souvent utilisé pour cette dernière étant : Psidium cattleianum var. lucidum Hort., plus rarement (Degener) Fosb.

Il existe d'autres appellations latines pour l'une et l'autre de ces deux variétés, portant à une trentaine le nombre de celles-ci...

Les deux variétés ont d'ailleurs été longtemps considérées comme des espèces distinctes. Ceci explique que dans les catalogues de certaines pépinières françaises et étrangères, la forme à fruits jaunes soit présentée avec l'appellation Psidium littorale, l'appellation Psidium cattleyanum étant alors réservée à la forme à fruits rouges.

Il ne faut pas confondre les deux goyaviers subtropicaux avec le Goyavier vrai (Psidium gujava L.), espèce tropicale beaucoup moins rustique qui produit de gros fruits jaunes. Ce sont les fruits de Psidium gujava L. que l'on trouve dans les supermarchés sous le nom de goyave.

Par curiosité, j'en ai introduit un sujet en champ et malgré la protection contre le mistral d'une haie d'Elaeagnus x ebbingei haute de 2,5 m, je l'ai perdu dès la première nuit où les -3°C ont été atteints...

Il y a une trentaine d'années, j'ai pu voir un bel exemplaire du Goyavier de Cattley de deux mètres de haut dans les serres d'un pépiniériste du littoral méditerranéen. A l'époque, on le trouvait bien plus difficilement qu'aujourd'hui...

Je trouvais cette espèce ornementale par ses petites feuilles coriaces et persistantes et j'avais été agréablement surpris par la saveur des fruits rouges. C'est tout à fait par hasard que quelques années après je suis tombé sur un spécimen à fruits jaunes, qui m'a étonné et dont le fruit m'a également convaincu.

Fasciné par le caractère exotique de ces deux plantes fruitières, je m'étais promis d'en cultiver dès que j'en aurai la possibilité.

Bien des années plus tard, lors de l'établissement de mon jardin botanique privé dans la région de Toulon, c'est tout naturellement que ces goyaviers se sont imposés parmi les premiers fruitiers rares à introduire dans mes collections.

Mais avais-je une chance qu'ils résistent en pleine terre et sans protection en climat de type USDA 9a, qui est celui de ma région ?

Après consultation de la littérature, j'ai déduit que la rusticité pourrait être de l'ordre de -5°C à -7°C.

Ce sont les températures hivernales limites que je constate dans la plaine littorale ventée mais très ensoleillée où se situent mes plantations, qui bénéficient en outre d'arrière-saisons longues et douces.

Je décidai alors d'essayer la culture des deux goyaviers subtropicaux.

Pour pouvoir en évaluer la rusticité, quatre groupes de deux sujets (un de chacune des variétés, placés à proximité l'un de l'autre), ont été répartis en divers points du terrain d'expérimentation, sans aucune protection artificielle.

Afin de couper quand même l'effet du mistral, qui peut être particulièrement violent, y compris certaines nuits d'hiver, j'ai disposé les groupes derrière des abris naturels par rapport à la direction de celui-ci : haies périphériques de la parcelle constituées d'Elaeagnus x ebbingei de 2,5 m de haut, large touffe de Laurus nobilis, haie intérieure de fruitiers sauvages.

Tous les sujets ont été solidement tuteurés.

J'ai placé un thermomètre mini/maxi en métal à environ un mètre de chaque groupe, maintenu par du fil de fer fin à une hauteur de 50 cm sur un piquet d'acier recouvert de plastique vert, vendu comme tuteur en jardinerie. C'est donc la température ressentie, et non la température sous abri, que j'ai relevée.

Psidium cattleyanum : jeune sujet

Psidium cattleyanum : jeune sujet

 

Psidium cattleyanum var. lucidum : jeune sujet avec fruits non mûrs

Psidium cattleyanum var. lucidum : jeune sujet avec fruits non mûrs

 

Psidium cattleyanum var. lucidum : jeune sujet

Psidium cattleyanum var. lucidum : jeune sujet

Pendant dix années consécutives, les sujets des deux variétés ont résisté à des températures hivernales minimales de l'ordre de -5°C et à des pointes en fin de nuit de -7°C (de courte durée), survenues pendant trois hivers (une à deux fois par hiver).

Les années où la température de -7°C a été atteinte, la défoliation a été importante ou quasi-totale selon les sujets, mais la floraison et la fructification ont pu avoir lieu, de façon plus ou moins marquée selon les sujets. 

Il faut noter par ailleurs que lorsque la température atteint quelques degrés négatifs, le feuillage rougit et une défoliation partielle peut être observée. Le reverdissement et la repousse des feuilles s'effectuent assez rapidement au printemps qui suit. La floraison et la fructification ne sont pas affectées.

La variété à fruits jaunes peut sembler légèrement plus rustique que l'espèce type à fruits rouges. En effet, j'ai remarqué que ses feuilles commencent à rougir à des températures plus basses que celles qui provoquent le rougissement des feuilles de l'espèce type à fruits rouges. Ceci est surprenant car ce sont ses fruits, jaunes et généralement plus gros que ceux de l'espèce type, qui se rapprochent le plus de ceux du Goyavier vrai (Psidium guajava L.). 

J'ai observé une croissance très lente de l'ensemble des sujets dans ces conditions de culture. Au terme des dix ans, aucun n'avait dépassé 1,50 m de haut, s'étant développés surtout en largeur.

A la plantation, les sujets constituaient des arbrisseaux buissonnants de 0,60 m à 0,80 m de haut.

J'ai fourni à tous les plants un bon arrosage, une fois tous les quinze jours, en période de fortes chaleurs.

Mon terrain est un limon argilo-sableux très profond de pH 7,4.

D'après la littérature, Psidium cattleyanum Sab. constituerait parfois un arbuste de 7 à 8 m de haut dans ses contrées d'origine et j'ai vu des photographies attestant d'une taille de plusieurs mètres. Cela est vraiment étonnant pour qui connaît son développement modeste sur notre littoral méditerranéen...

Au cours de l'hiver 2005, deux pointes sévères de froid de -9°C ou -10°C, selon les parcelles, ont été exceptionnellement enregistrées, une fin février et l'autre début mars.

Tous les exemplaires (sauf un) des deux variétés ont été rabattus au sol.

Ils sont tous repartis vigoureusement de souche, dès le printemps.

Un sujet de l'espèce type à fruits rouges, bien protégé du mistral par une touffe de Laurus nobilis de cinq mètres de largeur, n'a subi que des dégâts de rameaux (charpentières intactes) et une défoliation totale. La repousse des feuilles et de nouveaux rameaux s'est effectuée normalement au printemps. Mais, comme tous les sujets rabattus au sol, il n'a pas fleuri, donc pas fructifié, l'année concernée.

Un amateur de fruitiers m'a rapporté une observation intéressante, relative à la même période : le 1er et le 2 mars 2005, dans son jardin de Cotignac, dans le Haut Var, 200 m d'altitude, deux jeunes sujets (l'un de l'espèce type à fruits rouges et l'autre de sa variété à fruits jaunes) ont subi des chutes nocturnes de température à -12°C. Les températures ont été négatives de 18 h la veille à 10 h le matin, les deux fois.

Les deux sujets ont été rabattus au sol, mais sont repartis de souche courant avril, toutefois avec une vigueur moyenne. Ils n'ont pas fleuri, donc n'ont pas fructifié, dans la suite de l'année.

Cela confirme que Psidium cattleyanum Sab. et sa variété à fruits jaunes sont parmi les plus rustiques des fruitiers subtropicaux que j'ai pu tester, devancés seulement par Eugenia guabiju O. Berg, qui n'a toutefois jamais fructifié dans les mêmes conditions de culture.

En ce qui concerne la variété à fruits jaunes, qui, nous l'avons vu, s'avère aussi rustique, sinon plus, que celle à fruits rouges, mes observations sont contradictoires avec des observations effectuées en Californie, où la forme à fruits jaunes s'est révélée moins résistante au froid que celle à fruits rouges.

Mes observations sont par contre confortées par celles d'un pépiniériste de l'arrière-pays de Menton, où il fait beaucoup plus froid qu'à Menton même, qui a constaté de façon continue que la forme à fruits jaunes est plus rustique que celle à fruits rouges et qui m'en a fait part lors de la visite de mon jardin botanique.

En fait, je ne suis pas étonné. Il existe des types très différents (par le port de l'arbre, par sa hauteur, par la forme et la taille du fruit...) au sein de la variété à fruits jaunes. Ils sont bien connus et bien décrits par les scientifiques brésiliens. Pour ma part, je n'en ai pratiqué qu'un. Il se peut que certains types soient plus résistants au froid que d'autres. De plus, les conditions de froid d'une région à l'autre ne sont jamais vraiment comparables.

Malgré leur faible croissance, tous mes sujets ont régulièrement fructifié de façon satisfaisante.

La fructification a lieu en automne.

Je récolte les premiers fruits mûrs de la variété à fruits rouges dernière semaine de septembre et la récolte se poursuit courant octobre. J'ai noté que certains plants sont un peu plus tardifs que d'autres et, pour ceux-ci, la récolte se poursuit jusqu'à fin octobre.

La variété à fruits jaunes est plus tardive d'environ trois à quatre semaines : je ramasse les premiers fruits mûrs fin octobre, certains fruits persistant encore sur les plantes pendant la première quinzaine de novembre.

Les fruits, de la taille variant d'une petite cerise à une petite noix, sont le plus souvent en groupe serrés les uns contre les autres.

Psidium cattleyanum : fructification

Psidium cattleyanum : fructification

Les fruits jaunes sont en moyenne plus gros que les fruits rouges de l'espèce type.

Lors d'une mesure des fruits effectuée une saison sur les récoltes de la totalité des sujets, j'ai relevé un diamètre de 4 cm avec un poids de 31 g pour le plus gros fruit de la variété jaune et un diamètre de 3,2 cm avec un poids de 23 g pour le plus gros fruit de la variété rouge.

Toutefois, certaines années, il m'est arrivé de récolter exceptionnellement de très gros fruits sur un individu à fruits rouges, avoisinant la taille des plus gros fruits jaunes.

En général, la fructification est plus abondante sur les pieds de l'espèce type Psidium cattleyanum que sur ceux de la variété à fruits jaunes.

Psidium catlleyanum var lucidum : fructification

Psidium cattleyanum var. lucidum : fructification

En comparant les individus de la même variété, j'ai pu noté des variations dans l'abondance de la fructification et dans la taille moyenne des fruits d'un individu à l'autre. Ceci pour les deux variétés.

Compte tenu de la variabilité de la fructification d'un pied à l'autre, on aura intérêt à ne pas reproduire les goyaviers subtropicaux par le semis si l'on veut conserver une forme que l'on apprécie pour la grosseur de ses fruits ou pour l'abondance de sa récolte.

Il faut utiliser un mode de reproduction végétative.

En voici un qui est pratique : retirez de la terre une racine de la grosseur d'un crayon et dressez-la hors du sol en l'attachant à un tuteur. Elle va émettre rapidement des bourgeons et l'année suivante vous pourrez la séparer du pied-mère.

Psidium cattleyanum var. lucidum : feuilles et fruits

Psidium cattleyanum var. lucidum : feuilles et fruits

 

Psidium cattleyanum : feuilles et fruits

Psidium cattleyanum : feuilles et fruits

Les dimensions du fruit sont très variables sur le même pied.

Pour l'espèce type à fruits rouges.

Psidium cattleyanum : variabilité de la taille du fruit sur un même individu

Psidium cattleyanum : variabilité de la taille du fruit sur un même individu

Et pour la variété à fruits jaunes.

Psidium cattleyanum var. lucidum : variabilité de la taille du fruit sur un même individu

Psidium cattleyanum var. lucidum : variabilité de la taille du fruit sur un même individu

La pulpe, blanc rosé pour le fruit rouge, ou jaune blanchâtre pour le fruit jaune, se consomme avec la peau qui est très fine. Fine au point que, pour les deux variétés, lorsque le fruit est à maturité avancée, le jus de la pulpe perle à travers la peau.

Les graines, quoique petites, sont dures et perceptibles mais pas vraiment gênantes lors de la consommation. Isolées de la pulpe, les graines de chacune des variétés sont très faciles à reconnaître par leur couleur : blanc jaunâtre pour la variété à fruits jaunes et blanc rosé (rougeâtre) pour la variété à fruits rouges.

L'apex, particulièrement dans le fruit rouge, mais aussi dans le fruit jaune, porte les restes du calice de façon proéminente et cette partie est insipide et de texture grossière. Pour ma part, je l'élimine toujours d'un coup de dent bien ajusté...

Psidium cattleyanum : fruit de taille moyenne

Psidium cattleyanum : fruit de taille moyenne

 

Psidium cattleyanum var. lucidum : fruit de grande taille

Psidium cattleyanum var. lucidum : fruit de grande taille

Mais quel est le goût ?

On peut lire toutes les appréciations dans la littérature : tantôt la saveur du fruit jaune est plus délicate que celle du fruit rouge. Tantôt c'est le rouge qui est préféré au jaune pour la consommation car ce dernier serait acide. 

Pour ma part, dans mes plantations, mais aussi sur d'autres individus dont j'ai pu goûter les fruits au hasard des pépinières du littoral, je retrouve le même goût chez le fruit rouge et le fruit jaune.

Les fruits sont agréablement parfumés, peu sucrés, légèrement acidulés. Mais, dans mon terroir, on retrouve de façon très légère seulement la note de fraise qui justifierait le nom grand public de Goyavier Fraise (Strawberry Guava pour les anglo-saxons).

Par contre, je perçois l'arrière-goût résineux spécifique des Myrtacées, qui n'est pas désagréable.

Si le goût est identique pour les fruits des deux couleurs, il n'en est pas de même pour son intensité. Nous sommes nombreux à trouver aux fruits rouges une saveur plus corsée et à juger les fruits jaunes plus fades.

Je trouve les fruits plus savoureux lorsque je les consomme à la limite de la surmaturité. Les fruits fermes, même bien colorés, ont un parfum moindre. Cela est particulièrement vrai pour le fruit rouge : il faut le consommer très mou et de couleur foncée, pourpre noir.

Les fruits sont d'ailleurs climactériques. Pour les deux variétés, on peut cueillir les fruits fermes et bien colorés et les laisser parvenir au stade de quasi-surmaturité dans une coupelle, à température ambiante de la maison. Le mûrissement est alors très rapide (un à deux jours).

Si je trouve une différence d'intensité de goût entre le fruit rouge et le fruit jaune, je n'ai jamais trouvé de différence de goût d'un individu à l'autre au sein de l'une ou l'autre des deux variétés.

Mon essai de culture a confirmé l'intérêt ornemental et fruitier de Psidium cattleyanum Sabine et de sa variété à fruits jaunes, a permis de constater une rusticité un peu plus importante que ne le laisse présumer la littérature, mais a montré leurs limites de culture en champ venteux dès que l'on enregistre des pointes de froid dépassant les -7°C, même sur de courtes durées.

 

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