Observations de Drosophila suzukii
sur Figuier

Auteur : Francois Drouet

 

 

Article publié en 2015 - enrichi en 2016
Crédit photographies : François Drouet (sauf indications)
Tous droits réservés

 

Depuis 2010, Drosophila suzukii Matsumura, la drosophile à ailes tachetées (en anglais Spotted Wing Drosophila) a envahi progressivement une grande partie de la France et soulève l'inquiétude des producteurs de fruits et des chercheurs du domaine agronomique. On la connaît aussi sous les noms de drosophile japonaise ou drosophile asiatique (et parfois drosophile de la cerise).

Je n'ai pas voulu, par le présent article, publier une synthèse de plus sur cette espèce.

Il en existe de nombreuses sur Internet, où l'on trouve aussi des dossiers détaillés de qualité réalisés par divers instituts agronomiques, notamment américains et canadiens. On s'y reportera avec profit pour la dissémination géographique, la biologie de l'espèce, son cycle de vie, les moyens de lutte, etc.

Toutefois, les informations concernant l'action de la drosophile asiatique sur la figue sont quasi inexistantes... 

Ayant la pratique de la drosophile asiatique sur les figuiers de mon verger du littoral méditerranéen (région de Toulon), je livre mes observations selon le plan qui suit.

 

SOMMAIRE

 

 Un ravageur pour la figue ?

 Identifier les mâles et les femelles

 Observations de mâles

 Observations de femelles

 L'ovipositeur

 L'oeuf

 La ponte (oviposition)

 La larve

 Observations sur figues

 Observations particulières

 Observations de scènes de cour

 Observations sur feuilles

 Observations sur rameaux

 Observations sur pulpe de figue déposée en appât

 Différences avec Drosophila melanogaster Meingen

 Une autre drosophile sur figue, à identifier

 

UN RAVAGEUR POUR LA FIGUE ?

 

Selon le plan suivant : un ravageur des fruits, mes observations pour la figue, d'autres témoignages.

 

UN RAVAGEUR DES FRUITS

Voici ce que disait de l'espèce en août 2012 Jean-Luc Gatti, du département Santé des Plantes et Environnement de l'INRA (UMR 1355, Institut Sophia-Agrobiotech, centre INRA PACA), dans la rubrique actualités de ce département (site de l'INRA) :

"La mouche Drosophila suzukii est originaire d’Asie. De couleur jaune brunâtre à jaune orangé avec des yeux rouge vif, elle mesure de 2 à 4 millimètres.

Appelée aussi drosophile à ailes tachetées, l’insecte ravageur est désormais présent sur notre territoire et menace nos vergers et productions de baies.

Drosophila suzukii s’est propagée aux Etats-Unis en 2008 puis en Europe à partir de 2009, principalement sur le pourtour méditerranéen. Elle est maintenant présente en France où elle a été piégée dans de nombreuses régions (Languedoc-Roussillon, PACA, Corse, Centre, Midi-Pyrénées, Aquitaine).

Contrairement à la majorité des espèces de drosophiles, les femelles D. suzukii pondent dans des fruits sains matures ou en cours de maturation. La mouche introduit ses œufs en perçant la peau des fruits et les larves se nourrissent de la pulpe, favorisant le développement de bactéries et de moisissures entraînant un pourrissement du fruit.

Les plantes attaquées sont très variées et incluent les fruits à noyau (cerise, abricot, pêche etc.), les petits fruits rouges (fraise, framboise, etc.), mais aussi la figue, la tomate et le raisin. Les dégâts sont importants, avec des pertes estimées à plus de 80% dans certaines exploitations.

Bien adaptée au climat tempéré, elle possède une grande capacité de reproduction et présente une mobilité importante. La diversité des fruits hôtes utilisables permet sa reproduction et son développement pratiquement toute l’année, dans et en dehors des zones cultivées.

L’expansion et l’acclimatation de ce ravageur représentent ainsi un risque majeur pour les zones de production des cultures attaquées."

Fin de citation.

Aujourd'hui, en 2015, Drosophila suzukii  s'est disséminée dans pratiquement toutes les régions de France et est présente dans divers pays au nord et à l'est de la France (Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Belgique, Hollande, Suisse, Hongrie, etc.).

 

MES OBSERVATIONS POUR LA FIGUE

Le Figuier est mentionné parmi les plantes hôtes de Drosophila suzukii Matsumura. Cela signifie-t-il que celle-ci est un nouveau ravageur pour les figues, au même titre que la mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) ou la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann) ?

Je puis confirmer que le Figuier est bien une plante hôte pour la drosophile à ailes tachetées car j'observe régulièrement celle-ci depuis quelques années sur mes figuiers.

Mais je ne l'ai pas vue attaquer des figues saines (immatures, mûres ou en cours de dessèchement sur l'arbre). Chaque fois que je l'ai observée, elle s'en prenait à des figues en surmaturité ou abîmées, voire en début de pourrissement sur l'arbre.

On pourra me dire "Ne l'avez-vous pas manquée ? Elle est de si petite taille et l'on ne passe pas son temps à examiner ses figuiers...".

Il se trouve que j'ai passé des centaines d'heures à observer le comportement de la mouche noire du Figuier pour la rédaction d'un article la concernant et, à l'occasion de ces séances d'observation, j'ai pu longuement observer aussi sur les figuiers la mouche méditerranéenne des fruits et la drosophile à ailes tachetées, même si ce n'était pas mon objectif initial.

D'autre part, même sans cette observation ciblée à caractère exceptionnel, si la drosophile à ailes tachetées avait attaqué mes figues saines, je m'en serais aperçu lors de la récolte. Sur l'arbre, voisinent alors des figues à tous les stades de développement (immatures, mûres ou proches de l'être et, pour certaines variétés, en cours de dessèchement).  

On peut facilement constater que la drosophile à ailes tachetées a un vol assez lent et que l'on peut la voir s'envoler de la figue au moment où l'on approche la main de celle-ci. D'autant que, le plus souvent, ce sont plusieurs individus de l'espèce qui pondent ou se nourrissent sur la figue et qu'ils sont encore plus visibles lors de leur envol collectif.

Au cours des récoltes de figues, je n'ai constaté des envols de drosophiles qu'à partir de fruits abîmés ou en surmaturité.

Pour conforter mes observations à l'oeil nu, j'ai réalisé de nombreuses observations photographiques en gros plan, avec agrandissement logiciel, de la surface des figues mûres de quatre variétés pour détecter la présence éventuelle de trous de ponte et d'oeufs.

Les variétés que j'ai ainsi scrutées de près au stade de la maturité sont 'Grise de la Saint-Jean' et 'Dauphine' (bifères) ainsi que 'Bellone' et 'Col de Dame Noire' (unifères).

Je n'ai pas trouvé à la surface des figues mûres (qui n'avaient pas atteint le stade de surmaturité) de ces variétés les filaments blancs respiratoires des oeufs par lesquels j'identifie la ponte de la drosophile asiatique.

Voici les trous de ponte de Drosophila suzukii Matsumura que je puis observer à la surface de figues en surmaturité.

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue

Les filaments respiratoires blancs des oeufs dépassent tout ou partie du trou de ponte à la surface de la figue.

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte sur figue
(noter les filaments respiratoires blancs des oeufs qui dépassent du trou de ponte en surface de la figue)

J'ai également réalisé l'expérience suivante, principalement pour la mouche noire du Figuier mais dont les résultats vont dans le sens d'une absence d'attaque de figues mûres par Drosophila suzukii Matsumura.

Entre le 15 et le 20 septembre 2016, j'ai ramassé 25 figues mûres sur mon figuier de la variété 'Col de Dame Noire' et les ai placées chacune dans une boîte en plastique fermée par un film alimentaire transparent, après avoir vérifié qu'elles ne présentaient pas de trous de sortie de larve.

J'ai suivi ensuite pendant un mois la libération de larves, les pupations et les naissances des adultes.

Une de ces figues mûres a libéré une larve de Silba adipata McAlpine, dont j'ai pu observer ensuite l'imago. Les 24 autres figues mûres ont donné naissance à des imagos de Ceratitis capitata Wiedemann (parfois jusqu'à 15...) ou n'ont donné naissance à aucune mouche.

Aucune des 25 figues mûres n'a donné naissance à des individus de Drosophila suzukii Matsumura.

 

En conclusion, sous réserve de ne pas constater un jour qu'elle s'en prend à des figues saines mûres ou proches de l'être, je ne considère pas Drosophila suzukii Matsumura comme un ravageur de mes figues.

Mais je fais part ce que j'ai observé dans mon verger sur quatre variétés et cela n'a pas valeur universelle...

Peut-être en fonction de l'épaisseur de l'épiderme des variétés (et de leur époque de maturité ?).

Les témoignages que je rapporte dans le chapitre qui suit montrent en effet la réalité d'attaques de Drosophila suzukii Matsumura sur figues mûres pour certaines variétés.

 

LES AUTRES TEMOIGNAGES

Selon le plan suivant : informations d'ordre général peu précises, rapport pour l'ANSES de juillet 2014, témoignage de Rémi Pécout (Chambre d'Agriculture du Var), témoignage de Bernard Peyre (ancien producteur de figues).

 

Informations d'ordre général peu précises

En septembre 2015, j'ai essayé de trouver sur Internet (français, anglais, italien, espagnol) des témoignages d'attaques de Drosophila suzukii sur figues saines mûres ou proches de l'être.

J'ai trouvé seulement la mention que le Figuier figure parmi les plantes hôtes de l'espèce, sans aucun détail ni commentaire, même dans les dossiers très étoffés établis par certains centres de recherche d'universités ou d'organismes scientifiques d'état.

En fait, dans la quasi-totalité des cas, il s'agit d'une information répétée, sans mention de source d'information (et probablement sans vérification).

J'ai lu dans un seul document que le Figuier est "peu sensible à assez sensible, selon la variété", sans plus d'informations et sans citation de source.

 

Rapport pour l'ANSES (juillet 2014)

J'ai pu trouver une information un peu plus affinée dans un rapport d'expertise collective produit en juillet 2014 pour l'ANSES (Agence de Sécurité Sanitaire, alimentation, environnement, travail) et relatif à l'analyse du risque sanitaire de Drosophila suzukii Matsumura pour la Réunion.

Tout d'abord, ce rapport classe le Figuier (Ficus carica L.) parmi les plantes hôtes mineures pour Drosophila suzukii Matsumura, ce qui signifie que les dégâts éventuels sur figues saines devraient être mineurs ou limités à certains cas (certaines variétés ?). Je précise "éventuels" car parmi la dizaine de sources citées pour le Figuier par le rapport précité, une seule mentionne des dégâts, chiffrés à 30% de la récolte.

Les autres sources (Australie, Canada, USA, Italie), soit ne donnent aucun détail ni commentaire, soit précisent que Drosophila suzukii n'attaque que des figues en surmaturité ou dont la peau est déjà ouverte, rejoignant en cela mes propres observations.

Le seul cas de dégâts sur figues est relaté dans un exposé présenté en novembre 2009 lors d'une rencontre consacrée à Drosophila suzukii en Californie.

L'intervenant est Bill Coates, chercheur et conseiller agronomique à l'université de Californie (UC Cooperative Extension, Monterey County), chef de secteur pour plusieurs comtés de Californie. Il mentionne simplement sur son slide que 30% de dégâts ont été observés sur figues par des membres de l'association CRFG (California Rare Fruit Growers).

La confusion suivante n'est pas à exclure : dégâts (larves) de la mouche méditerranéenne des fruits alors que Drosophila suzukii a pu être aperçue sur les figuiers (fréquentant des fruits abîmés...).

Mais, si l'on conserve à l'information une certaine crédibilité en raison de la personne qui la rapporte de seconde main, il aurait été intéressant de connaître la variété sur laquelle la perte de récolte de 30 % a été constatée et sur quelle quantité d'arbres ce pourcentage a porté.

 

Témoignage de Rémi Pécout (Chambre d'Agriculture du Var)

J'ai également tenté de savoir si des attaques de Drosophila suzukii Matsumura avaient été détectées dans les vergers commerciaux de figues de la région de Solliès-Pont, dans le Var (zone de production française la plus importante pour la figue, située à quelques kilomètres de chez moi).  

J'ai trouvé une information dans le bulletin d'avertissement du 18 juin 2012 de la Chambre d'agriculture du Var, adressé à la coopérative Copsolfruits (qui regroupe l'essentiel des producteurs de la région de Solliès-Pont, bénéficiaires de l'AOP "Figue de Solliès").

Ce bulletin est principalement consacré à la mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine), mais, en page 3, Rémi Pécout, le technicien chargé des observations, déclare en remarque : "Des piégeages réalisés dans des vergers de figuiers ou dans leur voisinage ont tous mis en évidence la présence de Drosophila suzukii. Sur figues, ses attaques n’ont pas encore été prouvées. Cela est à vérifier, aussi nous vous demandons de nous signaler toute évolution anormale des figues pour identification".

Trois ans après, j'ai pu contacter Rémi Pécout pour lui demander si des dégâts sur figues d'origine Drosophila suzukii lui avaient été signalés par des producteurs. Il m'a indiqué que non, en précisant que les producteurs récoltent les figues en tout début de maturité pour qu'elles supportent l'expédition sans dommages.

Si la nuisance de Drosophila suzukii est à écarter à ce stade de maturité, il n'en est pas de  même lorsque l'on laisse évoluer la figue au stade de l'extrême maturité.

Ainsi, Rémi Pécout a été appelé chez des amateurs pour constater que des figues de la variété 'Violette de Solliès', que ceux-ci avaient l'habitude de consommer "penèques" (en provençal, très ramollies et pendantes), étaient probablement infestées par Drosophila suzukii. Leur intérieur présentait des traces de pourrissement et l'arbre était fréquenté par des mouches de l'espèce Drosophila suzukii.

Cette dernière observation de Rémi Pécout ne m'étonne pas car les figues penèques sont vraiment très mûres, au stade proche de la surmaturité sans l'avoir atteinte, avec la peau fendillée ou tout au moins beaucoup moins ferme que celle des figues normalement mûres.

C'est à ce stade que beaucoup d'amateurs (dont je suis...) préfèrent les figues, lorsqu'ils ne les récoltent pas pour une utilisation culinaire. C'est en ce sens que les dégâts de Drosophila suzukii peuvent s'avérer gênants en culture d'amateur.

Toutefois, par expérience, je sais qu'à ce stade d'extrême maturité, précédant la surmaturité, les figues ont généralement déjà subi les attaques d'un ravageur bien plus redoutable : la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann).

 

Témoignage de Bernard Peyre (ancien producteur de figues)

J'ai reçu le 8 octobre 2016 un témoignage de Bernard Peyre, ancien producteur de figues et passionné de figuier, très attentif aux différentes espèces de mouches attaquant la figue.

Ce témoignage émanant d'un praticien expérimenté établit la réalité d'attaques de Drosophila suzukii Matsumura sur figues mûres (fermes et non abîmées), au moins pour la variété de figue observée.

Je le retranscrits ci-après in extenso.

"Le 30 septembre 2016, j'ai échantillonné diverses variétés sur le verger conservatoire de figuiers de Gimont, à 50 km à l'ouest de Toulouse.

J'ai soigneusement choisi des figues au stade "maturité commerciale", c'est à dire 1 à 3 jours avant maturité complète, présentant en outre un épiderme sans fente et sans défaut visuel.

J'ai placé ces fruits au réfrigérateur après les avoir examinés et notés. A ce stade, je n'ai détecté aucun parasite, ni orifice de parasite.

Le verger de Gimont n'a montré au cours de cette saison aucun symptôme de mouche noire, alors que cette espèce est facile à trouver sur les figuiers à Toulouse, pourtant à peu de distance.

Mais ce verger comporte de nombreux fruits en surmaturité car il n'est pas récolté de façon régulière, ce qui est très propice à la présence de drosophiles.

J'y ai d'ailleurs constaté facilement la présence de larves de drosophiles dans des figues en surmaturité.

En inspectant une semaine plus tard les figues conservées au réfrigérateur, j'ai trouvé dans un des fruits échantillonnés (donc récolté sain et pas encore à complète maturité) une dizaine de larves, visibles à l'extérieur car se trouvant pour la plupart sur l'ostiole.

Le fruit avait évolué normalement depuis sa récolte, en perdant de la fermeté et en se desséchant légèrement mais il ne présentait pas de zone déliquescente, notamment autour de l'ostiole où les larves étaient présentes.

Les larves étaient très petites (environ 3 mm de long) et je les ai photographiées pour confirmer qu'il s'agissait bien de larves de drosophiles.

Sur la photographie la plus nette obtenue, j'ai identifié une larve de drosophile et j'ai pu repérer de très nombreux trous de ponte de drosophiles d'où, de façon caractéristique, débordent les filaments respiratoires blancs des oeufs.

C'est incontestablement un cas de ponte de drosophile dans une figue mûre ferme et non abîmée."

Bernard Peyre pense qu'il s'agit de l'espèce Drosophila suzukii Matsumura, en précisant qu'en toute rigueur on pourrait s'interroger sur l'espèce concernée. 

Il est vrai que l'on ne peut pas certifier que l'espèce de drosophile concernée est Drosophila suzukii Matsumura sans avoir obtenu à partir des larves au moins un mâle identifiable par ses ailes tachetées.

Mais, même si la larve et les trous de ponte sont d'aspects identiques pour Drosophila melanogaster Meingen (la mouche du vinaigre) et Drosophila suzukii Matsumura, la première des deux espèces peut être éliminée, son ovipositeur n'étant pas assez puissant pour perforer un épiderme de figue.

Et, compte tenu de la localisation du verger, on peut exclure les rares espèces exotiques de drosophiles autres que Drosophila suzukii Matsumura dotées d'un ovipositeur assez puissant pour la figue.

Je pense donc moi aussi que l'on peut considérer qu'il s'agit de Drosophila suzukii Matsumura.

Voici les photographies accompagnant le témoignage de Bernard Peyre.

Drosophila suzukii Matsumura : larve dans figue mûre (ferme et non abîmée)

Drosophila suzukii Matsumura : larve dans figue mûre (ferme et non abîmée)
(Crédit : Bernard Peyre)

 

Drosophila suzukii Matsumura : larve dans figue mûre (ferme et non abîmée)

Drosophila suzukii Matsumura : larve dans figue mûre (ferme et non abîmée)
(Crédit : Bernard Peyre)

 

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte dans figue mûre (ferme et non abîmée)

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte dans figue mûre (ferme et non abîmée)
(noter les filaments respiratoires blancs des oeufs qui dépassent des trous de ponte)
Crédit : Bernard Peyre

Note : pour mieux observer les trous de ponte, regarder les deux photographies à l'écran avec une loupe (technique préférable à un agrandissement logiciel plus important car la limite de bonne définition a été atteinte).

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte dans figue mûre (ferme et non abîmée)

Drosophila suzukii Matsumura : trous de ponte dans figue mûre (ferme et non abîmée)
(un oeil exercé peut même remarquer les sommets des oeufs qui dépassent de certains trous de ponte)
Crédit : Bernard Peyre

 

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IDENTIFIER LES MÂLES ET LES FEMELLES

 

On distingue facilement le mâle de Drosophila suzukii Matsumura par deux taches noires à l'extrémité des ailes (une par aile), sur le bord antérieur de celles-ci.

Drosophila suzukii : adulte mâle vu de dessus (sur figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : adulte mâle vu de dessus, sur figue en surmaturité
(noter les deux taches noires au bout des ailes)

J'ai pu constater lors de mes multiples observations que ces taches sont visibles de près à l'oeil nu.

La femelle a les ailes totalement translucides, sans aucune tache ou bande.

Drosophila suzukii : adulte femelle vu de dessus sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle vu de dessus, sur figue en surmaturité
(les ailes ne portent pas de taches)

Remarque : j'ai relevé dans la littérature que certains mâles de Drosophila suzukii ne portent pas de taches noires. Néanmoins, la plus grande partie d'entre eux portant ces taches, il est facile de repérer la présence de Drosophila suzukii Matsumura dans un jardin ou un verger.

Lorsque le dessus des ailes n'est pas visible, je puis reconnaître le mâle de la femelle à l'aspect de l'abdomen, très difficilement à l'oeil nu, mais facilement sur les photographies agrandies.

Pour les deux sexes, l'abdomen, jaune clair lorsqu'il est bien éclairé, porte des bandes transversales sombres continues, de couleur brunâtre à noirâtre selon l'incidence de la lumière. Son extrémité est noire.

Chez la femelle, l'extrémité de l'abdomen est effilée, avec une zone noire peu étendue et l'on peut voir trois à quatre bandes transversales (celle proche de l'extrémité se confond parfois avec la zone noire). Vue de côté, l'extrémité de l'abdomen ne se recourbe pas vers le bas. Voir les deux photographies ci-après.

Drosophila suzukii : adulte femelle (sur nervure principale du dessous d'une feuille de Figuier)

Drosophila suzukii : adulte femelle vu de dessus, sur nervure principale du dessous d'une feuille de Figuier
(abdomen : en pointe, 3 bandes transversales visibles, extrémité noire peu étendue)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle vu latéralement (dans déchirure de figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : adulte femelle vu latéralement, dans déchirure de figue en surmaturité
(abdomen : 4 bandes transversales visibles, extrémité noire peu étendue, plutôt horizontal)

Chez le mâle, l'extrémité de l'abdomen est arrondie, avec une zone noire étendue et l'on peut voir seulement deux bandes transversales. Vue de côté, l'extrémité de l'abdomen est légèrement recourbée vers le bas. Voir les deux photographies ci-après.

Drosophila suzukii : adulte mâle vu de dessus (sur figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : adulte mâle vu de dessus, sur figue en surmaturité
(abdomen : extrémité arrondie avec zone noire étendue, 2 bandes transversales visibles)

 

Drosophila suzukii : adulte mâle vu latéralement (sur figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : adulte mâle vu latéralement, sur figue en surmaturité
(abdomen : extrémité arrondie avec zone noire étendue, légèrement recourbée vers le bas, 2 bandes transversales visibles)

Outre les ailes (tachetées ou non) et l'abdomen, la taille est un caractère distinctif : la femelle (3,2 à 3,4 mm) est plus grande que le mâle (2,6 à 2,8 mm).

Au stéréomicroscope (loupe binoculaire), que je n'ai pas utilisé, on peut noter un caractère distinctif du mâle : une série de soies (en forme de peigne) orientées vers le bas sur chacun des deux premiers tarses de chaque patte antérieure, qui lui servent à s'accrocher à la femelle pendant l'accouplement. Ces peignes sexuels, comme les nomment les anglo-saxons, ne sont pas visibles à l'oeil nu.

Le mâle et la femelle se distinguent bien entendu aussi par la zone sexuelle à l'extrémité de l'abdomen. Celle-ci n'est pas visible à l'oeil nu et il faut recourir au stéréomicroscope pour l'examiner.

 

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OBSERVATIONS DE MÂLES

 

Observation 1

Drosophila suzukii : mâle au bord d'une fissure de figue en surmaturité

Drosophila suzukii : mâle au bord d'une fissure de figue en surmaturité
(noter les taches noires au bout des ailes et la zone noire étendue à l'extrémité de l'abdomen)

 

Observation 2

Drosophila suzukii : deux mâles sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : deux mâles sur une figue en surmaturité avancée
(celui de gauche est reconnaissable à son abdomen, celui de droite aux taches noires au bout des ailes)

 

Observation 3

Drosophila suzukii : quatre mâles sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : quatre mâles sur une figue en surmaturité avancée

 

Observation 4

Drosophila suzukii : trois mâles près d' une déchirure de figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : trois mâles près d'une déchirure de figue en surmaturité avancée

 

Observation 5

Drosophila suzukii : deux mâles au bord d'une fissure de figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux mâles au bord d'une fissure de figue en surmaturité, dont un battant des ailes
(noter, juste au-dessus, un oeuf blanc abandonné à la surface de la figue par une femelle)

 

Observation 6

Drosophila suzukii : deux mâles dans une déchirure de figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux mâles dans une déchirure de figue en surmaturité
(noter le rapport de taille avec les graines de la figue)

 

Observation 7

Drosophila suzukii : deux mâles sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : deux mâles sur une figue en surmaturité avancée
(reconnaissables à l'abdomen et aux taches noires sur les ailes)

 

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OBSERVATIONS DE FEMELLES

 

Observation 1

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité
(variété 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité
(variété 'Col de Dame Noire')

 

Observation 2

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité
(variété 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : adulte femelle au bord d'une fissure de l'épiderme d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle au bord d'une fissure de l'épiderme d'une figue en surmaturité
(variété 'Col de Dame Noire')

 

Observation 3

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité qui s'est déchirée

Drosophila suzukii : adulte femelle sur une figue en surmaturité qui s'est déchirée

 

Observation 4

Drosophila suzukii : trois femelles sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : trois femelles sur une figue en surmaturité
(variété 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : trois femelles sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : trois femelles sur une figue en surmaturité
(noter l'oeuf déposé dans le conduit ostiolaire, à droite de la femelle du centre)

 

Observation 5

Drosophila suzukii : deux femelles sur l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux femelles sur l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité
(noter les deux oeufs au-dessus de la femelle du bas)

 

Observation 6

Drosophila suzukii : femelle dans la fissure d'une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : femelle dans la fissure d'une figue en surmaturité avancée
(reconnaissable à l'abdomen)

 

Observation 7

Drosophila suzukii : femelle sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : femelle sur une figue en surmaturité

 

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L'OVIPOSITEUR

 

Sur certaines de mes photographies, on peut apercevoir ou voir l'ovipositeur de la femelle.

Celui-ci, rétractable dans l'abdomen, est de couleur blanchâtre, court, robuste et recourbé vers le haut.

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur figue en surmaturité
(on aperçoit l'ovipositeur à l'extrémité de l'abdomen de la femelle, à droite)

 

Drosophila suzukii : femelle dans une fissure de figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : femelle dans une fissure de figue en surmaturité avancée
(noter la pointe de l'ovipositeur blanchâtre à l'extrémité de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur figue en surmaturité
(on aperçoit l'ovipositeur blanchâtre à l'extrémité de l'abdomen de la femelle, en haut)

 

Drosophila suzukii : femelle dans une fissure de figue en surmaturité

Drosophila suzukii : femelle dans une fissure de figue en surmaturité
(noter que l'ovipositeur, blanchâtre, est sorti)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur figue en surmaturité
(noter l'ovipositeur blanchâtre à l'extrémité de l'abdomen de la femelle, à gauche)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle ayant sorti l'ovipositeur (sur figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : adulte femelle ayant sorti l'ovipositeur
(blanchâtre, contrastant avec la zone noire de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle ayant sorti l'ovipositeur (sur figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : adulte femelle ayant sorti l'ovipositeur
(blanchâtre, contrastant avec la zone noire de l'abdomen)

On ne le voit pas sur mes photographies, mais l'ovipositeur est fortement denté dans sa partie haute.

Drosophila suzukii : l'ovipositeur est fortement denté dans sa partie haute

Drosophila suzukii : l'ovipositeur est fortement denté dans sa partie haute
(crédit : Ministère de l'Agriculture du Qébec, laboratoire de diagnostic en phytoprotection)

 

Drosophila suzukii : l'ovipositeur est fortement denté dans sa partie haute

Drosophila suzukii : l'ovipositeur est fortement denté dans sa partie haute
(crédit : Washington State university, Mount Vernon Research Center, SWD Biology)

Les dents, de couleur noire, sont disposées au sommet et sur la partie haute des deux bords de l'ovipositeur.

Drosophila suzukii : l'ovipositeur est doté de dents au sommet et sur la partie haute des deux bords

Drosophila suzukii : l'ovipositeur est doté de dents au sommet et sur la partie haute des deux bords
 (crédit : Washington State University, Mount Vernon Research Center, SWD Biology)

Elles sont plus nombreuses, plus grandes et plus dures que celles de l'ovipositeur des femelles des autres espèces de drosophiles.

Cela permet à Drosophila suzukii d'entamer l'épiderme de certains fruits sains mûrs ou en cours de maturation, les femelles des autres drosophiles ne pouvant percer la peau que de fruits en surmaturité ou abîmés, voire en cours de pourrissement.

L'entame de la peau du fruit s'effectue en ramenant la pointe de l'ovipositeur dans le plan vertical par un mouvement de courbure prononcée de l'abdomen vers l'avant. C'est le sommet denté de l'ovipositeur qui est donc le premier en contact avec l'épiderme du fruit.

Drosophila suzukii : femelle perçant l'épiderme d'un fruit avec le sommet denté de l'ovipositeur

Drosophila suzukii : femelle perçant l'épiderme d'un fruit avec le sommet denté de l'ovipositeur
 (crédit : Washington State University, Tree Fruit Research & Extension Center, SWD gallery)

 

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L'OEUF

 

L'oeuf de Drosophila suzukii est allongé, blanc laiteux et est pourvu de deux filaments (tubes) respiratoires blancs. Ils sont souvent fusionnés entre eux et prennent l’apparence d’un fil blanc unique.

Drosophila suzukii :  oeuf abandonné en surface d'une figue à surmaturité

Drosophila suzukii :  oeuf abandonné en surface d'une figue à surmaturité
(à gauche de la tache sombre, noter l'oeuf allongé, avec ses filaments respiratoires)

 

Drosophila suzukii :  oeuf abandonné en surface d'une figue à surmaturité

Drosophila suzukii : oeuf abandonné en surface d'une figue en surmaturité
(à gauche de la tache plus sombre ; dans la tache, il s'agit de latex)

L'oeuf mesure environ 0,6 mm de long pour 0,18 mm de large.

Déposés sous l'épiderme de la figue, les oeufs sont impossibles à observer, mais leur présence est signalée par leurs filaments respiratoires blancs qui débordent tout ou partie par le trou de ponte à la surface de la figue.

Drosophila suzukii : filaments respiratoires des oeufs dépassant des trous de ponte sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : filaments respiratoires des oeufs dépassant des trous de ponte sur figue en surmaturité

Ces filaments ne sont pas visibles à l'oeil nu. A l'observation avec une loupe, un oeil exercé peut simplement en suspecter la présence lorsqu'ils sont nombreux et donnent une impression de nuages de points blancs dans certaines zones de la surface de la figue. Il est nécessaire de confirmer l'attaque par des photographies en gros plan avec agrandissement logiciel.

On peut toutefois observer des oeufs lorsqu'ils ont été libérés accidentellement à la surface de la figue, sans trou de ponte, ou lorsqu'ils ont été pondus dans le conduit ostiolaire dilaté d'une figue à surmaturité.

Drosophila suzukii : présence de deux oeufs dans le conduit ostiolaire d'une figue à surmaturité

Drosophila suzukii : présence de deux oeufs dans le conduit ostiolaire d'une figue à surmaturité
(noter les deux oeufs, à gauche des femelles ; on voit les filaments respiratoires de l'oeuf du bas)

 

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PONTE (OVIPOSITION)

 

Selon les informations fournies dans les dossiers constitués par différents organismes agronomiques : la femelle pond de 1 à 3 oeufs par oviposition ; elle pond de 7 à 16 oeufs par jour, soit en moyenne 380 oeufs au cours de sa vie (20 à 30 jours).

La ponte (oviposition) s'effectue à travers l'épiderme de la figue.

 

POSITION CARACTERISTIQUE DE LA PONTE

La femelle recourbe l'abdomen vers l'avant et écarte les pattes. Cette position est caractéristique de la ponte.

Drosophila suzukii : silhouette caractéristique d'une femelle en train de pondre (en haut)

Drosophila suzukii : silhouette caractéristique d'une femelle en train de pondre (en haut)
(figue en surmaturité de la variété unifère 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : femelle en train de pondre sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : femelle en train de pondre sur figue en surmaturité
(variété unifère 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité
(noter les pattes arrières écartées et le début de courbure vers l'avant de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité  

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité
(noter la patte arrière écartée et le début de courbure vers l'avant de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité
(noter les pattes écartées et le début de courbure vers l'avant de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : adulte femelle se mettant en position de ponte sur une figue en surmaturité
(noter les pattes écartées et le début de courbure vers l'avant de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : femelle en train de pondre sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : femelle en train de pondre sur figue en surmaturité
(variété unifère 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : quatre femelles sur une figue en surmaturité, dont deux en train de pondre

Drosophila suzukii : quatre femelles sur une figue en surmaturité, dont deux en train de pondre
(celle du haut et celle de gauche)

 

 Drosophila suzukii : femelle en train de pondre sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : femelle en train de pondre sur figue en surmaturité
(variété unifère 'Col de Dame Noire')

Juste avant de recourber l'abdomen fortement vers l'avant, la femelle le tend pour sortir l'ovipositeur, l'arrière incliné vers le bas. Cette position est caractéristique de la femelle prête à pondre.

 Drosophila suzukii : femelle juste avant de pondre, sortant l'ovipositeur

Drosophila suzukii : femelle juste avant de pondre, sortant l'ovipositeur

Puis elle fiche dans la figue l'extrémité supérieure dentée de l'ovipositeur, ramenée dans le plan vertical par la position de l'abdomen, pour trancher la peau. Elle enfonce ensuite l'ovipositeur dans la figue. L'ovipositeur n'est pas observable à l'oeil nu.

rosophila suzukii : femelle en train de pondre, après avoir recourbé l'abdomen vers l'avant

Drosophila suzukii : femelle en train de pondre, après avoir recourbé l'abdomen vers l'avant

 

IDENTIFICATION DES PONTES

Lorsque la femelle retire l'ovipositeur du fruit, elle laisse les filaments respiratoires des oeufs dépasser du trou de ponte, à la surface de la figue. 

Drosophila suzukii : filaments respiratoires blancs émergeant de trous de ponte (sur figue en surmaturité)

Drosophila suzukii : filaments respiratoires blancs émergeant de trous de ponte
(sur figue en surmaturité ; femelle en position de ponte)

 

Drosophila suzukii : trous de ponte sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : trous de ponte sur figue en surmaturité
 (les filaments respiratoires blancs des oeufs émergent des trous de ponte)

 

Drosophila suzukii : filaments respiratoires des oeufs émergeant d'un trou de ponte sur figue en surmaturité

Drosophila suzukii : filaments respiratoires des oeufs émergeant d'un trou de ponte sur figue en surmaturité
(noter que pour le trou de ponte du bas les filaments respiratoires sont absents)

Comme cela peut être observé sur la photographie précédente, certains trous de ponte sont dépouvus de filaments respiratoires. Je ne sais pas si, pour les trous concernés, l'oviposition a réussi.

Il peut arriver qu'une partie de l'oeuf ressorte à la surface, au-dessous des filaments respiratoires.

Drosophila suzukii : deux oeufs dépassant en surface d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux oeufs dépassant en surface d'une figue en surmaturité
(à gauche de l'adulte femelle et en bas à gauche de l'ostiole ; noter les deux mâles à droite)

 

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : oeuf blanc avec ses filaments dépassant en surface d'une figue en surmaturité (à gauche)
(à droite, la perle rougeâtre est du latex)

 

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité (en haut, à gauche)
(les perles blanches de latex, à droite, résultent de piqûres de Ceratitis capitata Wiedemann)

 

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité (en bas)

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité (en bas)
(en haut, filaments respiratoires des oeufs dépassant d'un trou de ponte)

 

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité (en bas, à gauche)

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité (en bas, à gauche)

 

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : oeuf dépassant en surface d'une figue en surmaturité, avec ses filaments

 

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LA LARVE

 

IDENTIFICATION

En présence de larves dans une figue, la reconnaissance des attaques de Drosophila suzukii Matsumura est aisée, mais pas à l'oeil nu. Il faut utiliser une loupe à fort grossissement ou, mieux, photographier la larve en gros plan et procéder à des agrandissements photographiques.

La larve de Drosophila suzukii Matsumura diffère de celle de Silba adipata McAlpine (mouche noire du Figuier) et de celle de Ceratitis capitata Wiedemann (mouche méditerranénne des fruits) par la forme et le détail du dernier segment de l'abdomen.

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité ; grossissement : x 5
(à ce grossissement, un oeil exercé peut identifier l'aspect caractéristique du dernier segment de l'abdomen)

La différence sur le dernier segment (en pointe chez Drosophila suzukii Matsumura) tient aux deux appendices respiratoires terminaux (spiracles) qui ressortent nettement en étant quasiment contigus et en la présence de tubercules charnus latéraux.

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité ; grossissement : x 38
(taille réelle : 3 mm ; noter l'aspect caractéristique du dernier segment de l'abdomen)

Le dernier segment de l'abdomen de la larve de Silba adipata McAlpine et de celle de Ceratitis capitata Wiedemann n'est pas en pointe ; il se termine à pan coupé vertical. Il est lisse, sans tubercules charnus, et il porte deux stigmates (orifices respiratoires) peu proéminents.

Voici une photographie de la larve de Silba adipata McAlpine (mouche noire du Figuier).

Silba adipata McAlpine : larve à complet développement

Silba adipata McAlpine : larve à complet développement ; grossissement : x 20 ; taille réelle : 8 mm
(noter l'aspect du dernier segment de l'abdomen, très différent de celui de la larve de Drosophila suzukii Matsumura)

La larve de Ceratitis capitata Wiedemann (cératite, mouche méditerranéenne des fruits) a un aspect identique à la larve de Silba adipata McAlpine, mais elle est un peu plus grande et un peu plus épaisse que celle-ci.

Pour moi, la taille de la larve de Drosophila suzukii Matsumura n'est pas un critère d'identification.

Il est vrai qu'elle est à peu près deux fois moindre (3/4 mm) que celle de Silba adipata McAlpine à complet développement (8 mm). Mais, la larve de Silba adipata McAlpine est à la naissance plus petite (0,8 mm) que la larve de Drosophila suzukii Matsumura à complet développement. En outre, elle passe par la taille maximale de la larve de Drosophila suzukii Matsumura (4 mm) au cours de son évolution.

Par contre, la larve de Silba adipata McAlpine, lorsqu'elle a dépassé nettement les 4 mm, permet d'écarter l'espèce Drosophila suzukii Matsumura, même si elle n'a pas encore terminé son évolution.

Le même raisonnement peut être tenu pour la reconnaissance de la larve de Drosophila suzukii Matsumura par rapport à celle de Ceratitis capitata Wiedemann.

Sachant qu'il est très rare de trouver une larve de Silba adipata McAlpine dans une figue molle, c'est presque toujours par rapport à une larve de Ceratitis capitata Wiedemann que l'on aura à lever le doute, si la larve présente une taille inférieure à 5 mm.

Il faut souligner que la larve de Drosophila suzukii Matsumura est identique par la taille et l'aspect à la larve de Drosophila melanogaster Meingen. Les deux espèces ne peuvent pas être distinguées par la larve.

Toutefois, si une larve de drosophile est trouvée dans une figue mûre ferme et saine, il s'agit d'une larve de Drosophila suzukii Matsumura car l'ovipositeur de Drosophila melanogaster Meingen n'est pas assez puissant pour perforer l'épiderme d'une telle figue.

 

OBSERVATIONS DE LA LARVE

Je fournis ci-après une série de photographies de la larve de Drosophila suzukii Matsumura qui permet de se familiariser avec l'aspect de celle-ci en plans plus ou moins rapprochés et sous différents angles (en mettant l'accent sur le dernier segment de l'abdomen).

 

Aspect général

La larve se compose d'une capsule céphalique (tête) rétractable, qui apparaît à l'oeil nu comme un point noir, suivis de segments thoraciques, puis de segments abdominaux, dont le dernier est en pointe.

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité ; grossissement : x 12
(noter que le dernier segment de l'abdomen, à droite, est en pointe)

 

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura :silhouette caractéristique de la larve lorsque vue de côté ; grossissement : x 12
(la capsule céphalique est à droite, la fin de l'abdomen à gauche ;  noter les deux spiracles proéminents
en fin d'abdomen, en haut de celui-ci ; au-dessous, les tubercules charnus)

 

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité

Drosophila suzukii Matsumura : larve trouvée dans une figue en surmaturité ; grossissement : x 32
(en bas, la capsule céphalique qui est l'extrémité antérieure ; en haut, le dernier segment
de l'abdomen est en pointe et se termine par deux spiracles proéminents jaunes)

 

Extrémité antérieure

Le point noir visible à l'oeil nu à l'extrémité antérieure de la larve est en fait constitué par l'ensemble mandibules-armature pharyngienne, dont le détail n'est perceptible qu'à fort grossissement. 

Drosophila suzukii Matsumura : la capsule céphalique de la larve

Drosophila suzukii Matsumura : détail de l'extrémité antérieure de la larve (au bout d'une pince à dissection)
(en noir : mandibules, en bas, et armature pharyngienne ; en rouge, pulpe de figue ; grossissement : x 30)

La capsule céphalique, rétractable, contient deux mandibules qui se terminent chacune par un crochet buccal.

Drosophila suzukii Matsumura : la larve est munie de deux  crochets buccaux rétractables

Drosophila suzukii Matsumura : la larve est munie de deux crochets buccaux noirs rétractables
(grossissement : x 25)

Les mandibules sont suivies par une pièce chitineuse en forme de Y vue de dessus, qui est l'armature pharyngienne. Celle-ci se trouve dans le début du thorax.

Drosophila suzukii Matsumura (larve) : l'armature pharyngienne fait suite aux mandibules

Drosophila suzukii Matsumura (larve) : l'armature pharyngienne fait suite aux mandibules
(larve sur figue ; grossissement : x 20)

 

Drosophila suzukii Matsumura (larve) : les deux mandibules sont suivies de l'armature pharyngienne

Drosophila suzukii Matsumura (larve) : les deux mandibules sont suivies de l'armature pharyngienne
(larve extraite d'une figue à pulpe rouge, sur la pointe d'une pince à dissection ; grossissement : x 25)

 

Drosophila suzukii Matsumura (larve) :  l'armature pharyngienne

Drosophila suzukii Matsumura (larve) : l'armature pharyngienne, en Y vue de dessus, fait suite aux mandibules
(grossissement : x 30)

 

Détails du dernier segment abdominal

Drosophila suzukii Matsumura : larve vue de derrière

Drosophila suzukii Matsumura : larve extraite d'une figue, vue de derrière sur l'extrémité d'une pince à dissection
( le dernier segment de l'abdomen est en pointe, avec deux spiracles proéminents jaunes
et des tubercules charnus latéraux ; en rouge, pulpe de figue ; grossissement : x 28)

 

Drosophila suzukii Matsumura : larve accrochée au bout d'une pince à dissection

Drosophila suzukii Matsumura : larve accrochée au bout d'une pince à dissection ; grossissement : x 28
(le dernier segment de l'abdomen est en pointe, avec deux spiracles proéminents jaunes et des tubercules charnus latéraux)

 

Drosophila suzukii Matsumura : larve accrochée au bout d'une pince à dissection

Drosophila suzukii Matsumura : larve accrochée au bout d'une pince à dissection ; grossissement : x 36
(noter les deux spiracles proéminents et les tubercules charnus sur le dernier segment de l'abdomen)

 

Drosophila suzukii Matsumura : larve accrochée au bout d'une pince à dissection

Drosophila suzukii Matsumura : larve accrochée au bout d'une pince à dissection ; grossissement : x 38
(noter les deux spiracles proéminents jaunes et les tubercules charnus sur le dernier segment de l'abdomen)

 

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OBSERVATIONS SUR LA FIGUE

 

J'ai pu observer que Drosophila suzukii Matsumura paraît beaucoup moins farouche que Ceratitis capitata Wiedemann (la mouche méditerranéenne des fruits), a fortiori que Silba adipata McAlpine (la mouche noire du Figuier), la plus farouche des trois.

Elle essaie de rester le plus longtemps possible sur la figue, en se déplaçant sur la face opposée à celle vers laquelle on approche. Il faut vraiment agiter la main de l'autre côté de la figue, près de la face où elle s'est réfugiée, ou secouer le rameau, pour que Drosophila suzukii quitte la figue.

Mais, en fait, elle est plus difficile à photographier de près que les deux autres espèces car, contrairement à elles, elle ne s'immobilise pas longuement pour se nourrir, l'approche étant difficile même dans la situation de nutrition.

Pendant la ponte, par contre, elle se comporte comme les deux autres espèces, en s'immobilisant assez longuement et en ne se déplaçant pas si l'on approche sans mouvement brusque.

Je rends compte ci-après de mes observations sur la figue, selon le plan suivant : l'action en groupe, l'occupation de la cavité centrale, l'activité d'adultes de sexe différent côte à côte, quelques observations particulières.

 

ACTION EN GROUPE

Drosophila suzukii Matsumura fréquente généralement les figues à l'état de surmaturité en groupe. J'ai compté de trois à onze individus, mâles et femelles, pour une figue attaquée.

Contrairement à ce que j'ai pu observer sur figues mûres pour la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann), les mâles étaient très nombreux parmi les individus de Drosophila suzukii sur les figues en surmaturité, se livrant à des activités de nutrition et de cour aux femelles.

J'ai observé néanmoins de nombreuses pontes de Drosophila suzukii dans les figues en surmaturité, qui avaient été antérieurement fortement attaquées par la mouche méditerranéenne des fruits.

Drosophila suzukii : six adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : six adultes sur une figue en surmaturité
(quatre dans la région de l'ostiole et deux au sommet)

 

Drosophila suzukii : quatre adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : quatre adultes sur une figue en surmaturité
(deux femelles, en bas à gauche et à droite, et deux mâles)

Naturellement, seules les femelles infestent la figue par leur ponte. Mais mâles et femelles se nourrissent de la figue par succion.

Drosophila suzukii : cinq adultes sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : cinq adultes sur une figue en surmaturité avancée
(le cinquième est en bas, au centre, en plus gros plan)

J'ai noté que l'action de Drosophila suzukii connaît la plus forte intensité lorsque la figue dégage une odeur de fermentation. Si la figue qui a fermenté commence à sécher, son action cesse.

 

OCCUPATION DE LA CAVITE CENTRALE

La drosophile à ailes tachetées n'hésite pas à pénétrer à l'intérieur de la cavité centrale de la figue pour se nourrir, en profitant d'un ostiole distendu.

Drosophila suzukii : mâle entrant dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : mâle entrant dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée
(variété unifère 'Col de Dame Noire')

 

Drosophila suzukii : mâle entrant dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée
(mâle identifié par son abdomen)

Elle est aidée en cela par sa très petite taille.

Drosophila suzukii : deux adultes sur et dans l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux adultes sur et dans l'ostiole distendu d'une figue en surmaturité

Elle pénètre aussi dans la cavité centrale de la figue en surmaturité en mettant à profit une déchirure profonde.

Drosophila suzukii : deux adultes dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée qui s'est déchirée

Drosophila suzukii : deux adultes dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée qui s'est déchirée
(noter à l'arrière-plan un mâle à l'abdomen entièrement noir, ce qui est exceptionnel)

 

Drosophila suzukii : mâle dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : mâle dans la cavité centrale d'une figue en surmaturité avancée qui s'est déchirée

 

Drosophila suzukii : trois adultes dans une figue en surmaturité avancée qui s'est déchirée

Drosophila suzukii : trois adultes dans une figue en surmaturité avancée qui s'est déchirée
(à gauche et à droite deux mâles, au centre individu de sexe indéterminé)

 

OBSERVATIONS D'INDIVIDUS DES DEUX SEXES CÔTE A CÔTE

Drosophila suzukii : deux adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux adultes sur une figue en surmaturité
(femelle en bas et mâle, reconnaissables à l'abdomen)

 

Drosophila suzukii : deux adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : deux adultes sur une figue en surmaturité
(femelle en bas et mâle aux ailes tachetées)

 

Drosophila suzukii : trois adultes sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : trois adultes sur une figue en surmaturité avancée
(une femelle, à gauche, et deux mâles)

 

Drosophila suzukii : trois adultes sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : trois adultes sur une figue en surmaturité avancée
(une femelle, à droite, et deux mâles)

 

Drosophila suzukii : trois adultes sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : trois adultes sur une figue en surmaturité avancée
(une femelle à gauche, un mâle à droite, un individu de sexe impossible à déterminer au centre)

 

Drosophila suzukii : deux adultes dans une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : deux adultes dans une figue en surmaturité avancée
(un mâle, aux ailes tachetées, à gauche, et une femelle ; rapporter la taille aux graines de figue)

 

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OBSERVATIONS PARTICULIERES

 

Il m'est arrivé une fois d'observer sur une figue en surmaturité avancée un adulte femelle avec une aile incomplète (détérioration ou malformation ?).

Drosophila suzukii : femelle avec l'aile droite incomplète sur une figue en état de surmaturité avancée

Drosophila suzukii : femelle avec l'aile droite incomplète sur une figue en état de surmaturité avancée

J'ai pu observer aussi un mâle dont l'abdomen était entièrement noir.

Drosophila suzukii : mâle à l'abdomen complètement noir sur une figue en état de surmaturité avancée

Drosophila suzukii : mâle à l'abdomen complètement noir sur une figue en état de surmaturité avancée

J'ai remarqué sur une photographie un individu de couleur marron portant une strie longitudinale plus foncée sur le dessus du thorax (ce n'est pas visible à l'oeil nu).

Drosophila suzukii : adultes dans une déchirure de figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : adultes dans une déchirure de figue en surmaturité avancée
(noter que l'adulte du haut est de couleur marron avec une strie thoracique dorsale plus sombre)

Lors de mes observations de la mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine), j'avais déjà remarqué la présence d'une telle strie chez des adultes venant d'émerger de terre (où la pupation a lieu), qui avaient quelques minutes de vie (observations de sujets issus d'élevage). Cette strie disparaît lorsque les sujets, non colorés lorsqu'ils émergent de la pupe, se sont entièrement colorés de noir. 

Par analogie, on peut penser que le sujet sur la photographie ci-dessus est un jeune adulte venant tout juste de sortir de la pupe (la pupation ayant eu lieu dans la figue). Les adultes émergeant de la pupe seraient de couleur marron et se coloreraient de brun orangé après que leurs ailes se sont dépliées. La strie dorsale plus sombre disparaissant alors.

Une autre hypothèse est qu'il s'agit d'un mutant de couleur inhabituelle pour l'espèce.

 

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OBSERVATIONS DE SCENES DE COUR

 

J'ai été surpris de constater au sommet de certaines figues en surmaturité des rassemblements de plusieurs individus qui ne semblaient pas se nourrir.

De temps à autre, des battements d'ailes agitaient une partie des individus et des mouvements de course plus ou moins circulaire affectaient certains d'entre eux.

Les groupes qui se constituaient étaient composés de trois à cinq individus, voire plus.

Dans un premier temps, je ne m'expliquais pas ces phénomènes, très rapides et difficiles à observer en détails.

Lorsque j'ai remarqué plusieurs fois un mâle et une femelle se faisant face très proches l'un de l'autre sans se livrer à des activités de nutrition, j'ai soupçonné des scènes de cour avant copulation.

Je n'ai pas pu observer de copulations, mais mes recherches bibliographiques m'ont confirmé qu'il s'agissait bien de scènes de cour des mâles aux femelles.

Une équipe de l'université des sciences agronomiques de Suède, à Alnarp, a publié en mars 2015 une étude du comportement sexuel de Drosophila suzukii (S. Revadi, S. Lebreton, P. Witzgall, G. Anfora, T. Dekker, P. G. Becher, Sexual behavior of Drosophila suzukii, Insects 2015, 6, 183-196).

En page 187, au 3.1, sont décrites les principales séquences de la cour du mâle et l'attitude de la femelle pour accepter ou rejeter l'accouplement, illustrées par les figures 1a à 1d. Ce comportement sexuel a été filmé avec un puissant matériel adapté permettant le ralenti.

Pour ma part, ne sachant pas de quoi il s'agissait avant de me documenter, je n'ai pas su observer les séquences. De toutes façons, compte tenu de la taille minuscule des individus observés et de la rapidité des mouvements, je ne pense pas que j'aurais pu en tirer seul et à l'oeil nu des éléments significatifs.

Je puis simplement reconnaître des scènes de cour sur certaines de mes photographies, que je livre ci-après.

Drosophila suzukii : trois mâles et une femelle sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : trois mâles et une femelle sur une figue en surmaturité avancée
(le mâle du centre a commencé la cour à la femelle, à gauche)

 

Drosophila suzukii : deux mâles et une femelle sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : deux mâles et une femelle sur une figue en surmaturité avancée
(le mâle en haut à droite a commencé la cour à la femelle, en bas)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité avancée
(scène de cour du mâle à la femelle ; le mâle est en haut)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité
(le mâle aux ailes tachetées rejoint la femelle, en haut)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité
(scène de cour du mâle à la femelle ; le mâle est en bas)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité
(à gauche, scène de cour du mâle à la femelle ; le mâle est en bas)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité
(le mâle aux ailes tachetées suit la femelle, à gauche)

 

Drosophila suzukii : deux mâles suivant une femelle sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : deux mâles suivant une femelle sur une figue en surmaturité avancée

 

Drosophila suzukii : mâle croisant les ailes pendant la cour à une femelle (de face)

Drosophila suzukii : mâle croisant les ailes pendant la cour à une femelle (de face)
(sur une figue en surmaturité avancée ; dans le fond, un second mâle)

 

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité avancée

Drosophila suzukii : couple d'adultes sur une figue en surmaturité avancée
(scène de cour du mâle à la femelle ; le mâle est en haut)

 

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OBSERVATIONS SUR FEUILLES

 

Au-delà des observations sur figues, j'ai pu observer un individu femelle en train de sucer la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier.

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier

 

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la nervure principale du dessous d'une feuille de figuier

 

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OBSERVATIONS SUR RAMEAUX DE L'ANNEE

 

J'ai pu observer des adultes se posant sur des rameaux de l'année, notamment pour fuir d'une figue proche lorsqu'ils sont dérangés et y revenir très rapidement après.

Drosophila suzukii : adulte mâle sur un rameau de figuier de l'année

Drosophila suzukii : adulte mâle sur un rameau de figuier de l'année

 

Drosophila suzukii : adulte mâle sur un rameau de figuier de l'année

Drosophila suzukii : adulte mâle sur un rameau de figuier de l'année

Ils peuvent se poser aussi sur le bois gris des années précédentes, contrairement à la mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) qui ne s'y pose pratiquement jamais.

Drosophila suzukii : adulte mâle sur la zone de bois gris d'une branche de figuier

Drosophila suzukii : adulte mâle sur la zone de bois gris d'une branche de figuier
(en haut, pulpe de figue en surmaturité déposée en appât pour la mouche noire du Figuier)

Sur les rameaux de l'année, contrairement à la mouche noire du Figuier, la drosophile à ailes tachetées ne s'intéresse pas aux zones d'attache des feuilles qui sont tombées et je ne l'ai pas vue sucer le latex blanchâtre qui a suinté.

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant du jus de pulpe de figue

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant le jus de la pulpe de figue déposée en appât sur un rameau de figuier
(noter que la drosophile a préféré le jus sucré à la zone d'attache du pétiole arraché où le latex a suinté, pourtant fraîche)

 

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OBSERVATIONS SUR PULPE DE FIGUE DEPOSEE EN APPÂT

 

En fin de saison, alors que les figues en surmaturité se faisaient rares, j'ai observé plusieurs individus en train de se nourrir de pulpe de figue en surmaturité que j'avais déposée sur des rameaux de l'année en appât pour la mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine).

Drosophila suzukii : adulte mâle sur pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : adulte mâle sur pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier
(au centre de la photographie, sur le côté droit du rameau)

 

Drosophila suzukii : adulte mâle sur pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : adulte mâle sur pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

 

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : adulte suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier
(au centre de la photographie, sous le noeud de droite recouvert de pulpe)

 

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

 

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

 

Drosophila suzukii : adulte femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier
(noter le rapport de taille avec les graines de figue)

 

Drosophila suzukii : adulte mâle suçant du jus de pulpe de figue

Drosophila suzukii : adulte mâle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

 

Drosophila suzukii : femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier

Drosophila suzukii : femelle suçant la pulpe de figue en surmaturité déposée en appât sur un rameau de figuier
(noter le rapport de taille avec la graine de figue, au-dessous à droite)

 

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DIFFERENCES AVEC DROSOPHILA MELANOGASTER Meingen

 

Avant l'apparition de Drosophila suzukii Matsumura, mes figuiers étaient déjà fréquentés par une autre drosophile, Drosophila melanogaster Meingen, connue de longue date en France sous le nom de mouche du vinaigre (ou moucheron) et qui attaque uniquement les fruits abîmés.

Je me suis posé la question de la cohabitation sur une même figue d'individus de ces deux espèces de drosophiles.

Et j'ai été amené à réfléchir sur les moyens de distinguer les uns des autres, sachant que les deux espèces sont morphologiquement quasi identiques.

Il faut tout d'abord préciser que, hormis les taches noires au bout des ailes pour Drosophila suzukii,  la distinction d'un mâle d'une femelle s'effectue selon les mêmes caractères pour les deux espèces (taille, abdomen, peignes sexuels sur les tarses des pattes antérieures et, bien sûr, parties génitales).

Les femelles des deux espèces se différencient entre elles par la structure dentée et la taille de l'ovipositeur. Les mâles des deux espèces se différencient entre eux par les taches noires sur le bout des ailes (et vraisemblablement la partie sexuelle, point que je n'ai pas étudié).

Ainsi, à l'oeil nu :

Il m'est très difficile de distinguer un mâle d'une femelle de l'espèce Drosophila melanogaster Meingen. Et il m'est impossible de distinguer une femelle de Drosophila melanogaster d'une femelle de Drosophila suzukii. Je puis uniquement identifier facilement les mâles de l'espèce Drosophila suzukii par les taches noires au bout des ailes (avec la réserve qu'il en existe dépourvus de ces taches noires...).

Et, sur mes photographies :

Je puis distinguer assez facilement un mâle d'une femelle dans les deux espèces. Je puis facilement distinguer les mâles des deux espèces entre eux si les ailes sont visibles par le dessus ou le dessous. Je ne peux pas distinguer les femelles des deux espèces entre elles. Même avec l'ovipositeur sorti, avec le niveau de définition de mes photographies, je ne puis pas certifier qu'une femelle appartient à l'une ou l'autre des deux espèces.

En conclusion :

Pour pouvoir attester que les deux espèces cohabitent sur la même figue, mon seul moyen serait que sur la photographie de celle-ci apparaissent nettement un mâle sans taches noires et un mâle avec tâches noires. Sachant que certains mâles Drosophila suzukii n'ont pas les ailes tachées, il existerait quand même une marge d'erreur.

Sur les centaines de photographies de drosophiles sur figues que j'ai examinées, je n'ai pas pu trouver avec certitude le cas de figure précité...

 

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UNE AUTRE DROSOPHILE SUR FIGUE (A IDENTIFIER)

 

Au cours d'une séance d'observation, j'ai remarqué l'arrivée sur une figue en surmaturité avancée d'une drosophile qui se démarquait des autres par sa couleur noire.

Drosophila sp. sur figue en surmaturité avancée

Drosophila sp. sur figue en surmaturité avancée
(espèce de couleur noire à déterminer)

Elle avait pourtant à peu près la même taille que les autres.

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité avancée

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité avancée
(espèce de couleur noire à déterminer)

Elle est restée peu de temps sur la figue et, pendant son court séjour, elle n'a pas pondu mais elle s'est nourrie dans une déchirure de la figue.

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité
(espèce à déterminer)

 

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité
(espèce à déterminer)

Avant de s'envoler et de disparaître du figuier.

Contrairement aux individus de l'espèce Drosophila suzukii fréquentant la même figue, elle n'y est pas revenue dans les instants qui suivirent. En fait, je ne l'ai jamais revue.

Je ne connais pas cette espèce et je ne l'avais jamais rencontrée auparavant dans mon verger.

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité
(espèce à déterminer)

 

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité

Drosophila sp. suçant la pulpe d'une figue en surmaturité
(espèce à déterminer)

J'ai effectué des recherches pour l'identifier, mais je n'y suis pas parvenu. S'agirait-il d'un mutant de Drosophila melanogaster Meingen ou de Drosophila suzukii Matsumura ?

 

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