Quelques informations utiles sur le Grenadier
(Punica granatum L.)

Auteur : François Drouet

 

 

Article publié en 2007 - enrichi en 2015, 2016 et 2017
Crédit photographies : François Drouet (sauf indication)
Tous droits réservés

 

En une quinzaine d'années, j'ai pu constituer une collection de 34 cultivars de Grenadier (Punica granatum L.), située sur le littoral méditerranéen, dans la région de Toulon.

Le terrain est un limon argilo-sableux très profond avec un pH de 7,6 et il bénéficie d'un ensoleillement maximum (vaste plaine exposée au sud).

Toutefois, la moitié de mes grenadiers n'a pas encore fructifié car les sujets sont trop jeunes. 

Je livre ci-après quelques informations utiles concernant le Grenadier, principalement issues de mon expérience personnelle, selon le sommaire suivant : observations de culture, mon expérience de la conduite et de la taille, ma méthode de multiplication, possibilité de multiplication par rejets, observations de rusticité, consommation.

Punica granatum conduit en touffe (cultivar 'Fina Tendral')

Punica granatum conduit en touffe (cultivar 'Fina Tendral')

 

Punica granatum L. : feuillage et boutons floraux

Punica granatum L. : feuillage et boutons floraux

 

Punica granatum L. : fruit mûr du cultivar 'Fleshman'

Punica granatum L. : fruit mûr du cultivar 'Fleshman'

 

         OBSERVATIONS DE CULTURE

 

LE GRENADIER APPRECIE LES SOLS MOUILLANTS

L'endroit où j'ai planté ma collection de grenadiers se caractérise par une humidité du sol très élevée en hiver (nappe à 0,60 m) car il est traversé par la déverse souterraine d'une noria du 19esiècle, qui s'est effondrée en partie.

Cette humidité hivernale du sol est telle qu'une haie d'Elaeagnus x ebbingei que j'ai essayé de planter à proximité a péri d'asphyxie racinaire malgré deux tentatives d'une année sur l'autre.

J'ai choisi cet endroit car un grenadier d'une taille exceptionnelle (6 m de hauteur ; 38 m de circonférence) s'y trouvait déjà lorsque j'ai acheté le terrain. Ce spécimen hors du commun était âgé de plus de 80 ans.

Son développement exceptionnel dans ces conditions de sol confirme les observations rapportées de diverses parties du monde : Punica granatum L. est une espèce qui se plaît plus en terre humide qu'en terre sèche et qui ne craint pas les sols mouillants, ni les inondations occasionnelles. Le côté bénéfique du sol mouillant se trouve confirmé par la pousse rapide de ma collection de grenadiers.

Mais les conditions de sol humides doivent être combinées avec un bel ensoleillement, en particulier en automne, si l'on veut obtenir une bonne fructification. "Les pieds dans l'eau et la tête au soleil" est une expression qui va aussi bien au grenadier qu'au palmier dattier...

J'ai également planté quelques grenadiers dans des parcelles sèches et ils s'y développent correctement, mais moins rapidement que dans la zone au sol exceptionnellement humide l'hiver où se trouve l'essentiel de ma collection.

Quelle que soit la nature du sol, au démarrage en culture (la première année), j'arrose les grenadiers tous les trois jours en période sèche. La deuxième année, je passe à un arrosage par semaine. Une fois établis, ils reçoivent tous les quinze jours un arrosage copieux en période sèche. Très gros, je ne les arrose plus.

 

RECONNAÎTRE UN GRENADIER FRUITIER ET UN GRENADIER A FLEURS

Les grenadiers stériles (dits "à fleurs") et les grenadiers à fruits se reconnaissent par la forme de la fleur : petite et en forme de cloche pour les grenadiers stériles, grande et en forme de cruche pour les grenadiers à fruits. 

Pour avoir une confirmation, il faut ouvrir la fleur et observer le gynécée : les fleurs du grenadier stérile sont brévistylées, celles du grenadier fruitier sont longistylées. Voir l'article spécifique que j'ai publié sur le sujet.

 

RAPPORT ENTRE LA DURETE DES GRAINES ET  LA RESISTANCE AU FROID

J'avais noté que des cultivars de grenadier à graines tendres, tels 'Mollar de Elche' ou 'Fleshman', présentent une résistance au froid moyenne. Pierre Baud, pépiniériste à Vaison-la-Romaine et détenteur de la plus importante collection de grenadiers de France, indique un seuil de résistance de -12 °C / - 13 °C pour ces cultivars. Je les cultive, mais je n'ai pas pu le constater moi-même car ma collection de grenadiers n'a jamais enduré de telles températures.

D'autre part, j'avais observé que les cultivars 'Gabès' et 'Provence', qui sont parmi les plus résistants au froid, possèdent des graines dures. Ils ont supporté respectivement -16 °C et -17 °C, selon des observations que m'ont rapportées des pépiniéristes du sud est de la France.

Mais je n'en avais tiré aucune conclusion...

En fait, il s'agit de l'illustration d'un principe général : les cultivars de grenadier à graines tendres ne sont pas résistants au froid.

C'est le Dr Gregory Levin qui expose ce principe et assure de sa portée générale (Pomegranate Roads, G. M. Levin, Floreant Press, 2006, p. 56).

Gregory Levin a étudié le grenadier pendant plusieurs décennies (de 1961 à 1999) à la station agronomique de Kara-Kala (aujourd'hui Garrygala, qui s'écrit aussi Garrigala), au Turkménistan. Il y avait constitué une collection de 1.117 cultivars de Punica granatum L.

Dans son deuxième ouvrage consacré au Grenadier (Pomegranate, G. M. Levin, Third Millenium Publishing, 2006, p. 69), Gregory Levin  indique que les cultivars de grenadier à graines tendres gèlent à - 12 °C / - 13 °C.

Les cultivars de grenadier à graines dures sont plus résistants au froid, mais de façon variable selon le cultivar.

 

OBSERVATION DES JEUNES POUSSES

Les jeunes pousses de Punica granatum L. sont rouges. Je les trouve décoratives, contrastant avec le beau feuillage vert des rameaux anciens. Elles parsèment la touffe de nuances de rouge.

Punica granatum L. :  jeunes pousses

Punica granatum L. :  jeunes pousses

 

OBSERVATION DES BOUTONS FLORAUX

Les boutons floraux de Punica granatum L., de couleur rouge orangé, sont coriaces et assez gros. Je les trouve très décoratifs, tant avant l'apparition de la floraison qu'en accompagnement de fleurs déjà écloses.

Punica granatum L. : boutons floraux

Punica granatum L. : boutons floraux

 

Punica granatum L. : boutons floraux

Punica granatum L. : boutons floraux

 

MON EXPERIENCE DE LA CONDUITE ET DE LA TAILLE

 

CONDUITE DU GRENADIER

La touffe est le port naturel du grenadier, qui émet des rejets en abondance et de façon régulière d'une année sur l'autre. Tous les cultivars de ma collection sont conduits en touffe.

Pour contenir la touffe, je taille au ras du sol les rejets sortant de terre en périphérie de celle-ci. Je veille également à supprimer du centre de la touffe les rejets en surnombre, ceux qui partent du bas à l'horizontale et ceux qui s'entrecroisent de façon trop marquées avec des rejets à conserver. 

Pour des raisons esthétiques car j'aime les touffes denses, je laisse des rejets verticaux au centre de la touffe et j'essaie de conserver autour de ceux-ci des rejets d'inclinaison proche de 45 °. Je ne supprime pas systématiquement les gourmands. Je n'enlève que ceux qui créent la confusion et je les taille partiellement dans certains cas.

Sur le haut de la touffe, j'épointe uniquement les rameaux qui se développent de façon nettement plus longue que les autres et qui constituent des tiges esseulées inesthétiques. J'évite absolument de couper en hauteur les rameaux au même niveau car cela aboutirait à un aspect global en balai que je trouve particulièrement laid.

Je taille légèrement tous les ans, ou tous les deux ans, les rameaux latéraux de périphérie afin de conserver à la touffe une forme équilibrée et d'empêcher qu'elle ne s'élargisse trop de façon désordonnée. Lorsque la touffe atteint des dimensions importantes, je ne taille plus, sauf des branches latérales qui s'écarteraient trop de la touffe.

Je ne pratique pas l'élimination des rejets les plus vieux pour renouveler la capacité de fructification, tel que le conseillent certains ouvrages. En effet, les rejets anciens constituent des petits troncs et leur enlèvement déstructurerait significativement la touffe. Par ailleurs, je trouve satisfaisante la fructification de mes grosses touffes. Je ne vois l'intérêt d'enlever périodiquement les rejets les plus gros que pour les personnes qui n'ont pas beaucoup de place, afin de repartir avec une touffe plus réduite lorsque leur touffe atteint des dimensions gênantes (en refaisant d'ailleurs en grande partie le travail de structuration de la touffe...).

 

ERREUR DE TAILLE DU GRENADIER

Chez le Grenadier, la fructification a lieu sur une bourse à l'extrémité d'une coursonne. C'est le vieux bois qui produit les fruits sur les branches exposées en dehors de la charpente (les branches de l'intérieur sont ordinairement sans fruits).

La taille courte du grenadier lui est donc contraire. En taillant court, surtout le bois vieux, on supprime la récolte pour deux ou trois ans.

 

PASSER DU TRONC UNIQUE A LA TOUFFE

Pour des raisons esthétiques (à leur goût), certains amateurs conduisent le grenadier sur tronc unique.

Je constate aussi que les vergers commerciaux sont conduits sur tronc unique pour faciliter l'entretien du sol, la taille et les traitements. Certains ajoutent que les arbres sont plus productifs conduits de la sorte. Sur ce dernier point, je n'ai pas lu d'études agronomiques et j'observe que mes grenadiers conduits en touffe sont suffisamment productifs pour moi.

En tout état de cause, je n'aime pas le grenadier sur tronc unique qui, à mon goût, revêt un caractère artificiel et n'a pas la beauté sauvage d'une touffe. 

Il est d'ailleurs facile de transformer en touffe un grenadier sur tronc unique.

Le grenadier n'étant pas multiplié par greffe (mais par bouturage), il suffit de couper le tronc au ras du sol sans risque de perdre la variété. La masse racinaire importante laissée intacte au-dessous du sol permet le départ de nombreux rejets.

J'ai été amené à le faire lorsque j'ai voulu planter la variété 'Mollar de Elche' en gros sujet et que, pour satisfaire à ce critère,  je n'ai pu trouver en France que des individus sur tronc unique.

J'ai été toutefois déçu par le démarrage des rejets. Compte tenu du volume important du container, je pensais q'une fois le sujet en terre et son tronc coupé, opération que j'ai effectuée en fin d'hiver, le redémarrage en touffe au printemps serait spectaculaire. Or les rejets qui sont apparus au printemps furent nombreux mais relativement faibles, malgré un arrosage suivi. L'année suivante, les rejets avaient gagné un peu en vigueur, mais encore insuffisamment pour constituer une belle touffe. Ce n'est que la troisième année que la touffe avait pris une belle allure, mais toutefois sans fructifier.

 

PASSER DE LA TOUFFE AU TRONC UNIQUE

La constitution d'un individu sur tronc unique à partir d'une touffe n'est pas non plus difficile à réaliser.

J'ai pratiqué cette opération à quelques reprises, non pas pour moi, qui n'apprécie pas le tronc unique pour le grenadier, mais pour des amis (souvent pour intégrer le grenadier dans une conception paysagère). 

Je sélectionne au centre de la touffe un rejet vertical et possédant des ramifications latérales à la hauteur de tronc souhaitée. Celles-ci doivent être au nombre de trois au minimum et disposées de telle façon qu'après leur allongement on obtienne une forme en gobelet harmonieuse.

Une fois un tel rejet trouvé, je taille au ras du sol tous les autres rejets de la touffe et je tuteure le seul rejet sélectionné.

Avant de tuteurer, j'enlève tous les rameaux présents au-dessous des ramifications latérales qui vont former les futures charpentières. Ces ramifications, situées à la hauteur de tronc souhaitée, ne se trouvent pas forcément à l'étage ramifié le plus haut du rejet. Je taille alors le rejet juste au-dessus de l'étage de ramifications latérales retenu. 

En général, sur une touffe dense, je trouve le rejet qui convient. Mais, sur certaines touffes, des difficultés peuvent se présenter dans le choix du seul rejet à conserver.

Il se peut que la touffe ait été conduite sans rejets centraux verticaux. Je sélectionne alors simplement un rejet incliné, même gros, avec des latérales qui conviennent et je le tuteure verticalement.

Il se peut aussi que les ramifications latérales du meilleur rejet possible (qu'il soit vertical ou incliné) soient en nombre insuffisant ou mal disposées pour former le gobelet. Je regarde alors s'il existe au-dessous de ces ramifications des yeux bien disposés et je taille le rejet au-dessus des ramifications latérales, ce qui provoquera le départ des yeux du dessous et équilibrera le futur gobelet.  

Enfin, même si cela ne m'est jamais arrivé, il se pourrait qu'aucun rejet (vertical ou incliné) ne comporte de rameaux latéraux au niveau souhaité pour la hauteur du tronc. Dans ce cas, ainsi que dans celui de ramifications latérales mal disposées et sans yeux bien disposés au-dessous, il convient de tailler le rejet à la hauteur souhaitée pour le futur tronc, en biais au-dessus d'un oeil pour lequel on aura vérifié qu'il existe au-dessous au moins deux autres yeux bien disposés pour former des charpentières en gobelet harmonieux. On est alors dans le même cas que la formation d'un tronc unique à la plantation.

 

FORMER UN GRENADIER EN TRONC UNIQUE

Il s'agit de former un arbre en gobelet, selon le même principe que pour un pommier.

Il convient de planter la bouture racinée au cours de l'automne qui suit son enracinement, après la défoliation, et de laisser se développer un scion. Si l'on a multiplié des boutures de faible diamètre faute de matériel végétal convenable (diamètre d'un crayon au moins et environ 30 cm de longueur), il faut laisser forcir les boutures une année de plus en container avant de les planter. 

L'année de plantation, ou l'année suivante en fonction de la hauteur initiale de la bouture et de la vigueur de pousse, rabattre le scion au-dessus d'un oeil à la hauteur souhaitée pour le tronc.

Pendant la végétation, ne conserver que trois à cinq charpentières. Lorsque celles-ci ont dépassé les 50 cm de longueur, les tailler à environ 50 cm l'hiver qui suit.

La hauteur de tronc la plus rencontrée est la demi tige telle que pratiquée dans la région méditerranéenne (environ 1 m). Cela permet un résultat qui contraste nettement avec la conduite en touffe, ce qui serait moins le cas avec une basse tige à 0,40 m. Je n'ai jamais vu de grenadiers avec un tronc très haut mais je ne vois pas, en culture d'amateur, ce qui s'opposerait à une conduite en haute tige pour qui le souhaite...

Les premières années, de nombreux rejets apparaissent au pied et il faut les tailler au ras du sol, au fur et à mesure qu'ils apparaissent.

Si l'on ne part pas d'une bouture racinée et que l'on achète le grenadier chez un pépiniériste, il est pratiquement impossible d'acquérir un scion. En France, les grenadiers sont commercialisés principalement en touffe.

Dans ce cas, planter la touffe, sélectionner le rejet le plus vigoureux et le tuteurer verticalement après avoir taillé au ras du sol tous les autres rejets. Pratiquer ensuite comme pour la bouture racinée.

 

TAILLE DE FIN DE PREMIERE ANNEE

Un grenadier planté à l'automne émet souvent pendant la belle saison qui suit des rameaux très longs, qui retombent et touchent le sol.

Punica granatum L. : rameaux désordonnés de fin de première année

Punica granatum L. : rameaux désordonnés de fin de première année
Crédit : Akram Al Rassi

En fin d'été, on constate un amas de rameaux enchevêtrés. En regardant de plus près, on observe que ce sont les rameaux de premier ordre qui se sont trop allongés à partir des tiges et les rameaux de deuxième ordre qui sont trop longs sur les rameaux de premier ordre.

Punica granatum L. : rameaux désordonnés de fin de première année

Punica granatum L. : rameaux désordonnés de fin de première année
Crédit : Akram Al Rassi

Comment tailler ? Il s'agit de structurer la touffe. Voici comment je procède, en rappelant que nous sommes en culture d'amateur et non dans un verger commercial de grenadiers.

Je tuteure avec des bambous cinq tiges au maximum : une centrale à la verticale et les autres, autour, à  45 ° ou un peu plus. Je les choisis de telle sorte qu’elles forment une touffe la plus harmonieuse possible. Si les tiges sont suffisamment érigées, je ne tuteure pas, bien entendu.

Je coupe toutes les autres tiges à ras de terre.

Je ne touche pas à l’extrémité des tiges tuteurées (je ne les raccourcis pas). Par contre, pour chacune d'entre elles, je raccourcis tous les rameaux latéraux à une  longueur telle qu’ils ne s’inclinent pas vers le sol sous leur poids, ou qu’ils le fassent légèrement seulement. Sauf ceux qui sont courts, bien entendu.

Je ne supprime pas les rameaux qui vont vers le centre de la touffe, car j'aurais un résultat inesthétique. Je les taille de la même façon que ceux qui vont vers la périphérie. Je laisse le centre de la touffe assez dense, même si certains rameaux s’entrecroisent.

De même, je ne dénude pas le bas des tiges à proximité du sol, car j'obtiendrais un résultat inesthétique. Mais je ne laisse aucun rameau toucher le sol.

Sur chacun des rameaux que je viens de tailler, je raccourcis de la même façon les rameaux qu’ils portent, à une longueur qui fasse qu’ils soient équilibrés et esthétiques.

Enfin, je n'égalise surtout pas en hauteur les tiges tuteurées, afin d'éviter un résultat en forme de balai que je n'apprécie pas. Si une branche est vraiment trop haute par rapport aux autres, je l'épointe, mais pas à la hauteur d’une autre ; je la laisse un peu plus haute ou un peu plus basse, selon sa position.

Pour la première taille, je ne me complique pas la tâche avec les noeuds... Les années suivantes, je pourrai me soucier des noeuds, dans certains cas de taille.

 

MA METHODE DE MULTIPLICATION

 

METHODE RETENUE

Je multiplie le Grenadier par bouturage, méthode fiable la plus simple pour cette espèce.

Le semis ne conserve pas les caractéristiques de la variété.

Il y a plusieurs décennies, un pépiniériste important du sud de la France a réalisé les premières introductions de cultivars afghans de Grenadier. Ces cultivars produisant des fruits de haute qualité, ils ont été multipliés à grande échelle. Une déception générale des clients avertis en matière de grenadiers s'étant fait sentir, des investigations ont fait apparaître que les cultivars avaient été reproduits de semis...

J'ai pu moi-même vérifier la médiocre qualité de la fructification des deux variétés incriminées (qui portaient le nom des principales villes d'Afghanistan) car je les avais plantées. Je les ai d'ailleurs arrachées... Elles ne sont plus commercialisées depuis longtemps, mais on en trouve encore quelques arbres conservés par des non connaisseurs, ou par des personnes qui n'arrachent jamais un plant...

D'autre part, l'avantage du bouturage par rapport à la greffe est que la variété pousse sur ses propres racines. Ainsi, si le plant de Grenadier est rabattu au sol par un grand froid ou un accident (mauvaise manoeuvre d'un tracteur...), la touffe qui va naître de la repousse vigoureuse est la variété que l'on a plantée (avec une variété greffée, celle-ci est perdue car c'est le porte-greffe qui repousse vigoureusement sur ses racines).

 

EPOQUE DE BOUTURAGE

Je bouture fin février/début mars, période précédant le débourrement du Grenadier dans ma région.

Je prélève les boutures, ou les reçois de mes correspondants, entre le 15 janvier et le 15 février. Je les conserve dans le bac du bas de mon réfrigérateur, à l'intérieur de sacs en plastique pour congélation fermés (3 L ; 27 x 28 cm).

Afin d'éviter le dessèchement des boutures, je place dans les sacs un morceau de papier essuie-tout imbibé d'eau (sans que celle-ci ne coule).

Certains disent bouturer le Grenadier en toutes saisons. Je ne l'ai jamais essayé. J'en vois l'utilité éventuelle lorsque l'on est contraint de prélever les boutures au cours d'un voyage hors saison et que l'on n'a pas le choix...

 

CHOIX DES BOUTURES

Selon mon expérience, les meilleurs résultats s'obtiennent en prélevant des baguettes fortes, au minimum du diamètre d'un crayon sur une longueur de 20 à 30 cm. 

Je prélève uniquement le bois de l'année (celui qui est apparu au printemps qui précède).

Je trouve les baguettes les plus grosses au centre de la touffe, où se développent souvent des gourmands vigoureux. J'ai observé que lorsqu'il n'existe pas de gourmands au centre de la touffe, la croissance vigoureuse s'est parfois reportée à l'extrémité des tiges, en hauteur, où je trouve de bonnes baguettes.

Par expérience, je sais que l'on peut réussir le bouturage de baguettes beaucoup plus fines.

Lorsque l'on ne trouve pas sur la plante le calibre optimal, il ne faut pas hésiter à bouturer le seul calibre que l'on peut trouver. Il faut simplement s'attendre à un bouturage un peu plus difficile et, surtout, il faudra laisser forcir en container une année de plus les boutures racinées.

La bouture n'est pas obligatoirement l'extrémité d'un rameau. Si le rameau est long et fort, je le coupe en deux ou trois baguettes de 20 à 30 cm pour bouturer celles-ci. Une bouture s'enracine de la même façon qu'elle soit terminale ou pas.

Certains n'utilisent que la portion centrale d'un rameau de l'année, expliquant que c'est la zone la plus propice au bouturage. Je pense qu'ils font référence au non développement éventuel des bourgeons du début de rameau. Je n'ai jamais approfondi ce point et ne puis pas le confirmer. J'ai de bons résultats dans mes multiplications sans pratiquer cette méthode (pour moi, le Grenadier est une espèce assez facile à bouturer).

De même, je ne sais pas si le bouturage du bois de deux ans est possible et à quel pourcentage de réussite il faut s'attendre dans ce cas. Je ne l'ai jamais essayé.

 

MISE EN PLACE DES BOUTURES POUR ENRACINEMENT

Je procède exactement comme pour le Figuier.

Je plante mes boutures dans des containers de 3 litres de préférence, remplis d’un mélange bien fait, moitié terreau et moitié terre consistante.

Dans le fond du container, avant de verser le mélange, je place une couche de 2 cm de terre consistante pour éviter trop de fluidité de l’eau lors des arrosages.

Je remplis le container en laissant environ 2 cm non remplis en haut, de façon à ce que l’eau d’arrosage ne déborde pas du container.

Je place une à trois boutures par container, selon leur diamètre. Dans le cas de boutures nombreuses, pour gagner de la place, j’utilise des containers de taille supérieure (5 à 20 litres) et je plante plus de 3 boutures par container, en veillant à ce qu’environ 10 cm séparent en tous sens les boutures les unes des autres. Les boutures sont plantées au minimum à 5 cm du bord du container.

J’enfonce les boutures de moitié dans le pot de façon à ce que plusieurs yeux soient enterrés et plusieurs yeux se situent au-dessus du mélange.

Avec la pointe des doigts, je tasse légèrement le mélange autour des boutures, puis je comble les dépressions entre les boutures qui résultent de ce tassement en ajoutant du mélange.

En fin de plantation des boutures, je tasse le contenu du pot en frappant légèrement mais fermement sa base contre le sol et je remets à niveau le mélange en surface.

Puis j’arrose largement le pot, mais à jet doux. Le niveau du mélange descendant par tassement au cours de l'arrosage, en fin de celui-ci je comble à nouveau en surface en ajoutant du mélange et en tassant légèrement du plat des doigts (sans arroser ensuite).

Je n'utilise pas d'hormone de croissance ;  sauf en cas de baguettes trop fines, si je n'ai pas pu en prélever du bon diamètre.

 

ENRACINEMENT DES BOUTURES

Je place les containers à l’ombre, légère de préférence (je souligne ce point : pas de soleil direct), et à l'abri du vent desséchant.

Et je veille à arroser les boutures de façon à ce que le mélange reste légèrement humide en permanence (soit tous les jours ou tous les deux jours sous mon climat). Si le mélange est conservé trop humide, il y a des risques de pourrissement des boutures.

Le succès des boutures se constate en fin d’été seulement (certains démarrages de végétation s'effectuent sans réel enracinement).

J'attends la défoliation naturelle complète des boutures pour transplanter celles-ci hors du pot.

Si une bouture a été plantée isolément dans un container de 3 L et que le développement a été vigoureux, la masse racinaire remplit pratiquement le container et je plante directement le jeune plant en motte à l'emplacement définitif du grenadier. Dans les autres cas, je mets les boutures à forcir.

 

MISE DES BOUTURES A FORCIR

Si une bouture a été plantée isolément dans un container de 3 L et que le développement a été faible, je laisse la bouture forcir une deuxième saison dans le même container, sans la dépoter.

Dans le cas de plusieurs boutures dans le même container, je dépote l'ensemble du contenu du pot, maintenu compact par les chevelus racinaires des boutures.

Je couche le contenu du pot sur le sol ou sur du papier journal posé sur un support horizontal, les boutures étant alors à l'horizontale. Je fragmente le mélange contenant les racines avec précautions car les racines sont fragiles et en partie enchevêtrées. Si du substrat reste accroché entre les racines, je le conserve (parfois, une bouture se présente presque en motte).

Une fois les boutures dégagées avec chacune leur chevelu racinaire, je les plante rarement directement en terre à l'endroit où le grenadier va se situer.

Après la saison d'enracinement, je laisse les boutures forcir une nouvelle saison en plaçant chacune d'entre elles seule dans un container de 3 à 5 L.

Lorsque les boutures sont très nombreuses, je les fais forcir en tranchée dans le sol, si possible à l'ombre légère, la terre étant amendée de terreau. La tranchée mesure 30 cm de large et de profondeur. Les boutures sont espacées de 50 cm sur la ligne, et éventuellement sur le rang dans le cas de tranchées parallèles. Elles sont arrosées de la même façon que lors de la saison d'enracinement.

J'effectue la plantation à l'emplacement définitif des grenadiers après cette saison de mise à forcir, lorsque les sujets de deux ans sont totalement défoliés (courant novembre dans ma région).

 

POSSIBILITE DE MULTIPLICATION PAR REJETS

 

La multiplication du Grenadier par rejets, méthode que j'utilise occasionnellement, est tout à fait possible si le sujet sur lequel on prélève les rejets a été multiplié par un moyen végétatif (bouture, marcotte, in vitro...). Dans ce cas, la partie souterraine est de la même variété que la partie aérienne, et si l’on prélève des rejets on conserve la variété.

Dans l'éventualité (assez rare) où le sujet aurait été multiplié par la greffe, les racines sont celles du porte-greffe et les rejets proviennent de celui-ci. Dans ce cas, en prélevant des rejets on multiplie la variété du porte-greffe (généralement issu de semis) et non la variété du sujet greffé dont on apprécie les qualités.

Si l'on prélève un rejet, il faut prendre en considération que celui-ci, quelle que soit sa taille, est presque toujours dépourvu de racines. Il équivaut ainsi à une bouture prélevée en terre.

L’avantage de la multiplication par rejets est que l’on peut prélever éventuellement des rejets de plus gros diamètre que celui d’une bouture, ce qui peut faire gagner du temps dans l’établissement d’un sujet sur tronc unique.

Afin de permettre la constitution d’un chevelu racinaire à la base du rejet, on peut planter celui-ci directement en terre, à l’ombre ou, mieux, à la mi-ombre, en assurant un arrosage tous les deux jours (la terre doit être en permanence légèrement humide, pas seulement en surface, bien entendu). 

Pour ma part, je préfère élever en container le rejet pendant un an car je maîtrise mieux la surveillance des arrosages et, surtout, je peux mieux choisir l’emplacement où je vais placer le container (mi-ombre, abrité du vent desséchant), en le regroupant avec les autres containers de multiplication des grenadiers, figuiers etc. 

Il est inutile de prélever les rejets avec une motte. C’est d’ailleurs difficile, sauf si le rejet est vraiment petit et est assez éloigné de la touffe. Je place le rejet dans le container en pratiquant comme je l’ai indiqué pour les boutures et je le traite ensuite comme une bouture (voir chapitre précédent).

L’époque de prélèvement des rejets est la même que celle propice à la collecte des boutures (période précédant le débourrement du Grenadier, soit fin février/début mars dans ma région). Sachant que toute date pendant la période de repos de végétation (sujet sans feuilles) devrait convenir.

Je n’ai jamais tenté la multiplication par rejets en prélevant ceux-ci en période de végétation ; il se peut que, contre toute attente, la reprise réussisse...

En tout état de cause, si je découvrais en période de végétation un grenadier particulièrement méritant dans une contrée lointaine de ma région de résidence, je n’hésiterais pas à prélever boutures et rejets pour essayer de le multiplier (en taillant au ras du bois les pétioles de toutes les feuilles et en enveloppant les boutures et rejets dans un linge humide maintenu à l’abri du soleil, sans les placer dans un sac en plastique).  

Une autre façon de multiplier le Grenadier pourrait être le marcottage. Je n'ai aucune expérience de la multiplication du Grenadier par marcottes, la multiplication par boutures étant très satisfaisante et assez facile. On pourra pratiquer le marcottage avec succès en recourbant en terre les tiges fines de la périphérie de la touffe.

 

OBSERVATIONS DE RUSTICITE

 

Ma collection étant située en zone climatique USDA 9a et aucune vague de froid exceptionnelle n'ayant été enregistrée depuis que j'ai commencé à la constituer, mes sujets n'ont eu à supporter que des températures de -7°C sur de courtes durées (pointes de froid en fin de nuit), certaines années. Je ne puis donc pas fournir d'observations de rusticité provenant de mes cultures, mais j'ai pu recueillir les observations suivantes, émanant de correspondants dignes de foi :

Montmélinar (1985) : un grenadier de la variété 'Gabès', originaire de Tunisie, a supporté un froid de -16°C, sans autre dégât que la perte de bouts de rameaux. Un spécimen de la variété 'Fina Tendral', originaire d'Espagne, qui le jouxtait, a dû être recépé à un mètre de haut et est bien reparti.

Haute-Savoie (année inconnue) : un grenadier de variété inconnue ramené d'Italie a subi une période de gel tardif de -14°C pendant deux semaines. Il n'a pas fleuri pour la saison considérée, mais a bien supporté l'épreuve, avec seulement quelques rameaux gelés.

Seine-et-Marne (1987) :  un grenadier de variété non déterminée, alors assez jeune, a résisté sans le moindre dégât à deux nuits avec une température de -17°C, situées dans une période de 12 jours consécutifs de gel. Aujourd'hui, il est âgé d'une vingtaine d'années. Il a fleuri tous les ans, mais n'a jamais fructifié, même au cours de la saison 2003 où la canicule fut exceptionnellement forte et longue. L'observation d'une floraison régulière avec absence de fructification semble indiquer qu'il s'agit d'une variété stérile (dite "à fleurs"), bien que l'auteur de l'observation n'ait pas su se déterminer à ce sujet.

Région de Lons-le-Saunier (hiver 2009/2010)  : le Jura connaît un climat assez rigoureux dans son ensemble, mais on y trouve une diversité d'endroits de conditions climatiques différentes. Ainsi, le terrain où l'observation a été effectuée, à une altitude de 250 m, jouit d'un microclimat favorable. La température ne monte qu'à une trentaine de degrés l'été (rarement 35°C) et descend généralement deux à trois nuits à -12°C l'hiver. Toutefois, au cours de l'hiver 2009/2010, une vague de froid exceptionnelle est survenue. Un grenadier de la variété  'Mollar De Elche', conduit en touffe, ayant cinq ans de plantation mais ne mesurant qu'environ 0,80 m de haut sur 0,60 m de large, a résisté sans dégâts à deux nuits exceptionnelles à -18°C (sans dégel le jour). Il ne bénéficiait d'aucune protection artificielle. Ce grenadier est planté en sol argileux, presque au pied de très grands épicéas (à l'ouest). Pendant les grands froids, une couche de neige d'une vingtaine de centimètres protégeait la base du grenadier, soit un quart de la hauteur du plant. Mais même la partie aérienne non protégée par la neige n'a pas été altérée. Au printemps suivant, ce plant a fleuri (c'était d'ailleurs sa première floraison depuis sa plantation) bien que la plupart des boutons floraux aient avorté. Seuls trois fruits se sont développés, mais sans arriver à terme. Une branche portant deux fruits s'est desséchée, une autre ne portant qu'un fruit (un peu plus précoce que les deux autres) n'a pas dépéri mais le fruit a séché lui aussi, après avoir atteint atteint un diamètre de 2,5 à 3 cm comme les deux autres. Cette observation paraît particulièrement intéressante car la variété 'Mollar De Elche' produit des fruits de haute qualité. L'observation revêt également un caractère assez étonnant car cette variété méritante a la réputation de ne pas être rustique. Le plant provient d'un pépiniériste connu pour son sérieux, mais, en toute rigueur, une erreur d'étiquetage n'est pas à exclure, notamment avec la variété 'Provence' réputée plus résistante au froid que la variété 'Mollar De Elche' d'au moins deux degrés.

Aubagne (avril 2012) : chez un pépiniériste, après une attaque de froid de -12,5 °C (température relevée sous abri), les plants de diverses variétés de grenadier en containers, telles 'Fina Tendral' et 'Provence', sont morts ou ont été très abîmés. Mais les plants de la variété Favorite™ (également en containers) n'ont absolument pas été altérés. Cette observation conforte la réputation de rusticité de cette variété telle que soulignée par les pépiniéristes américains. Ceux-ci reprennent l'information fournie dans le catalogue de la pépinière One Green World (Oregon). Le propriétaire de celle-ci, Jim Gilbert, qui possède également la pépinière de vente en gros Northwoods Nursery, a introduit ce cultivar aux USA en 1991 depuis le sud de la Russie. On peut cependant lire dans la documentation de la pépinière que la variété Favorite™ a survécu à des températures inférieures à 10°F (-12,2°C), ce qui n'a rien d'impressionnant... La résistance maximale au froid de ce cultivar reste donc à déterminer.

 

CONSOMMATION

 

Punica granatum L. : fruits mûrs du cultivar 'Fleshman'

Punica granatum L. : fruits mûrs du cultivar 'Fleshman'

TEST DU POINT DE MATURITE DES GRENADES

Je suis habitué à reconnaître visuellement le point de maturité des grenades. Mais la couleur de la grenade ne suffit pas toujours à reconnaître la maturité optimale à laquelle je souhaite la récolter.

Lorsque j'ai un doute, je presse le fruit en approchant l'oreille de celui-ci et si j'entends les grains craquer nettement à l'intérieur cela confirme qu'il est prêt pour la récolte.

Ma deuxième technique est de ramasser uniquement les fruits sur lesquels la peau commence à se fendre, mais, bien sûr, avant qu'ils n'éclatent.

 

DEGUSTATION DU JUS DES GRENADES SANS L'EXTRAIRE

Je choisis une grenade bien mûre et je la malaxe un moment entre mes mains. En fait, je fais éclater les grains mûrs à l'intérieur de la grenade en les écrasant avec les deux pouces à travers la peau du fruit, tout en faisant tourner la grenade sur elle-même. L'intérieur de la grenade s'amollit.

Lorsque la totalité de l'intérieur est amollie, je perce un trou dans la peau coriace et j'y glisse une paille. Je savoure le jus en aspirant longuement.

Je veille à ne pas malaxer trop fort la grenade lorsqu'elle est amollie car, dans cet état, elle se fend facilement. Une fois le trou percé, la grenade se fend encore plus facilement au niveau de la paille introduite si on continue à écraser les grains en profondeur dans cette zone.

Cette façon de boire le jus de grenade connaît un grand succès auprès des enfants (pas trop petits car des graines et de la pulpe peuvent être aspirées...).

J'utilise ce procédé avec des variétés à pulpe très douce comme 'Mollar de Elche', 'Sweet', 'Fleshman'.

Punica granatum L. : grenade malaxée piquée d'une paille

Punica granatum L. : grenade malaxée piquée d'une paille

 

CONSERVATION DES GRENADES

Les grenades se conservent plusieurs mois après récolte, si on les stocke dans un endroit frais et sec.

Il faut prendre soin de les ramasser à maturité, mais avant qu'elles ne se fendent pour éviter les problèmes de moisissure. Attention, la grenade n'est pas un fruit climactérique (c'est à dire qui mûrit hors de l'arbre). Une grenade récoltée verte ne mûrira pas.

Au fil des semaines, leur peau épaisse et coriace se ratatine, s'amincit et durcit. Le fruit diminue en volume et sa couleur se ternit, mais la saveur se trouve améliorée et les graines (à l'intérieur des grains pulpeux) deviennent plus tendres.

La durée maximale de conservation hors de l'arbre dépend de la variété. Je n'ai l'expérience que d'environ deux mois de conservation pour mon usage personnel.

Mais des informations résultant de tests spécifiques figurent dans l'ouvrage Pomegranate, Third Millenium Publishing, 2006, du Dr Gregory Levin. En page 117, sont listés 36 cultivars dont les fruits ont été conservés 150 à 160 jours et plus (soit cinq mois et demi) sans recours à des températures régulées. Cet ouvrage reprend les travaux scientifiques auxquels le Dr Gregory Levin a participé de 1964 à 1999 à la station agronomique expérimentale de Kara-Kala (aujourd'hui Garrygala, que beaucoup écrivent Garrigala), au Turkmenistan. Il y avait constitué une collection de 1.117 cultivars de Punica granatum L.

 

DEUX UTILISATIONS DE LA GRENADE

J'ai trouvé dans la littérature ancienne deux utilisations de la grenade qui m'ont paru intéressantes.

Mélasse de grenade

Quatre verres de jus de grenade ; un demi-verre de cassonade ; un demi-verre de jus de citron. Mélanger l'ensemble soigneusement et laisser cuire à feu doux au moins une heure jusqu’à l’obtention d’un sirop assez épais (il faut que le liquide ait réduit aux trois quarts...).

Grenadine à l'espagnole

Exprimer le jus des grenades (deux méthodes : fruits coupés en deux et presse-agrumes, ou grains détachés un à un puis centrifugeuse à bas régime ou moulin à légumes). Ajouter du sucre en respectant les proportions de quatre parts de jus pour sept parts de sucre et bien mélanger. Faire cuire à feu doux pendant dix minutes à un quart d'heure. Vérifier le sirop et filtrer avant de mettre en bouteilles. Boire très frais, additionné d'eau et de glace.

 

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