Le Feijoa
Observations et conseils 
de culture

 

Auteur : François Drouet

 

 

Article publié en 2007 - enrichi en 2013 et 2017.
Crédit photographies : François Drouet
Tous droits réservés
 

Dans mon jardin botanique situé sur le littoral méditerranéen (région de Toulon), j'ai établi une petite collection de feijoas que je cultive depuis dix-sept ans.

Elle est constituée principalement de six variétés ('Triumph', 'Mammouth', 'Apollo', 'Gemini', 'Coolidge' et 'Unique'), deux pieds chacune, soit 12 pieds conduits en touffes en bordure d'un large chemin qui sépare deux parcelles.  

Acca sellowiana (Feijoa) : ligne d'arbustes de 12 ans

Acca sellowiana (Feijoa) : ligne d'arbustes de 12 ans

Pour l'une des variétés ('Unique'), il existe un troisième pied conduit en demi-tige à l'entrée du jardin botanique.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans conduit en demi-tige

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans conduit en demi-tige

Soit 13 arbustes au total.

Le Feijoa est certainement un des fruitiers les plus méritants que je cultive et je livre volontiers mon expérience de sa culture (non commerciale), selon le sommaire suivant.

 

SOMMAIRE

 

Lire le chapitre  Plantation

Lire le chapitre  Conduite

Lire le chapitre  Croissance

Lire le chapitre  Entretien

Lire le chapitre  Observation de la floraison

Lire le chapitre  Détail de la fleur

Lire le chapitre  Problématique de pollinisation

Lire le chapitre  Choix des variétés

Lire le chapitre  Récolte

Lire le chapitre  Observations relatives à la fructification

Lire le chapitre  Conservation

Lire le chapitre  Consommation

Lire le chapitre  Multiplication

Lire le chapitre  Observations de rusticité

 

PLANTATION

 

Quelques conseils tirés de mon expérience personnelle.

Plantation en exposition plein soleil, à l'abri des vents dominants (parce que le bois est très cassant et pour une meilleure résistance au froid).

Trou rempli moitié terre / moitié terreau de jardinerie (engrais inutile en plantation d'amateur).

Conduite en buisson (port naturel du Feijoa) préférable à la conduite en demi-tige pour l'abondance des récoltes et la résistance aux vents.

Tuteurage indispensable si région ventée, dès la plantation des jeunes sujets, même très petits.

Espacement optimum pour obtenir de très grosses récoltes au bout de douze à quinze ans : 5 m, soit 2,5 m de part et d'autre de chaque sujet. Avec un passage de 1 m entre deux sujets, cela laisse une largeur de ramure latérale de 2 m, soit 4 m de largeur pour le sujet.

Sinon, distance quelconque selon l'espace dont vous disposez. Il faut simplement tailler en rapport pour contenir les buissons dans l'espace que vous leur avez alloué.

Vous pouvez même planter deux variétés dans un seul trou, en orientant les deux jeunes plants en "V", à 45 °. Il faudra simplement éviter trop de désordre dans le branchage au centre par une taille adéquate.
 

Sommaire

 

CONDUITE

 

Selon le plan suivant : conduite, taille de formation d'une touffe, taille de formation d'un arbre en demi-tige.
 

CONDUITE

Le port naturel du Feijoa est la touffe. C'est un arbuste très ramifié. C'est la conduite que j'ai adoptée pour la quasi-totalité de mes feijoas.

Acca sellowiana (Feijoa) : arbuste de 12 ans conduit en touffe

Acca sellowiana (Feijoa) : arbuste de 12 ans conduit en touffe
(noter que le plant est plus large que haut)

Mais j'apprécie la conduite en demi-tige (tronc de 1-1,20 m) pour son aspect ornemental. C'est pour cela que j'ai planté un sujet en demi-tige à l'entrée du jardin botanique.

Les sujets conduits en demi-tige fructifient normalement, mais leur production est moins importante que celle des touffes parce qu'ils n'ont qu'un seul tronc (les touffes en ont trois ou quatre) et parce qu'ils ne peuvent pas s'étendre autant en largeur que ne le fait une touffe.

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans conduit en demi-tige

Acca sellowiana (Feijoa) : sujet de 10 ans conduit en demi-tige
(on distingue les fruits de couleur verte sur l'arbre et au sol)

Toutefois, comme cela est visible sur la photographie ci-dessus, je laisse la ramure s'étendre au maximum en largeur au-dessus du tronc (en ne taillant pas, ou très peu), de façon à obtenir le plus grand nombre de fruits possibles.

 

TAILLE DE FORMATION D'UNE TOUFFE

Je précise un point concernant la constitution de la touffe : il ne s'agit pas de plusieurs troncs partant du sol. En effet mes feijoas sont greffés. Bien que la greffe soit réalisée au collet, il faut que les trois ou quatre futurs troncs partent d'yeux au-dessus de la greffe, ce qui nécessite une hauteur de tronc d'un empan environ. Très rapidement le mini-tronc s'élargit et les pousses initiales, qui deviennent les troncs de la touffe ont l'air de partir du même niveau.

Acca sellowiana (Feijoa) : départ des troncs de la touffe à partir d'un mini-tronc unique

Acca sellowiana (Feijoa) : départ des troncs de la touffe à partir d'un mini-tronc unique

Pour la taille de formation, je veille à ce que seulement trois ou quatre pousses se développent juste au-dessus de la greffe et à ce que les yeux à partir desquels elles se développent soient les plus proches possibles les uns des autres. J'élimine les pousses éventuelles en surnombre.

Je taille ces futurs troncs à trois empans de longueur, afin d'éviter qu'ils ne s'allongent trop et pour provoquer la ramification au-dessous du point de taille.

Je laisse ensuite la ramure se développer naturellement sans taille. J'élimine seulement les rameaux qui se seraient développés sur les deux premiers empans de chaque tronc, dénudant ainsi ceux-ci sur cette longueur.

 

TAILLE DE FORMATION D'UN ARBRE EN DEMI-TIGE

Je sélectionne une pousse (la plus vigoureuse) au-dessus de la greffe et je supprime toutes les autres.

Je la laisse monter à cinq empans de haut et je la taille, de façon à obtenir au-dessous un départ de charpentières. Celles-ci s'établissant sur un empan, il en résulte un tronc de quatre empans, soit environ 1 m de haut.

Je laisse se développer les trois à quatre charpentières les plus hautes en veillant à ce qu'elles soient bien orientées en tous sens pour former un gobelet. Je coupe au ras du futur tronc toutes les pousses existant, ou apparaissant par la suite, au-dessous de la charpentière la plus basse.

Une fois les charpentières développées, je les raccourcis à deux empans de longueur. Mais, contrairement à ce que fais avec le pommier, je n'éclaircis pas le centre du gobelet et je conserve toutes les ramifications qui apparaissent sur les charpentières, même celles dirigées vers le bas.

Je ne raccourcis pas les rameaux nés des charpentières qui ont été taillées à deux empans de longueur. Je laisse la ramure se développer naturellement et prendre de la largeur.
 

Sommaire

 

CROISSANCE

 

Selon le plan suivant : évolution des plants, observation du bois, adaptation au sol, phénomène de fasciation.

 

Evolution des plants

J'ai constaté que la croissance du Feijoa est lente les cinq premières années.

Mes arbres conduits en touffes légèrement plus larges que hautes, sans taille autre qu'une régularisation esthétique, ont atteint à l'âge de douze ans une hauteur de 2,5 m, pour une largeur de 3 m.

Je n'ai pas constaté de différences significatives de vigueur entre les 6 variétés de Feijoa que je cultive.

Dans mon terroir, le Feijoa ne dépasse pas 3,5 m de haut pour 4 m de large s'il n'est pas taillé. J'ai pu toutefois observer à Hyères, chez un pépiniériste, un individu âgé conduit en arbre sur un seul tronc, abrité dans le creux de deux serres chapelles en L, qui atteignait 5 mètres de haut.

Dans mes conditions de culture, une fructification importante n'a été atteinte qu'au bout de huit ans. Mes arbres ont atteint une fructification maximale vers l'âge de douze ans, correspondant au développement quasi maximal de la ramure.

 

Observation du bois

Le bois du Feijoa est brun clair. Il se desquame par petites plaques laissant apparaître une couleur rouge. L'ensemble produit un effet agréable à l'oeil.

La desquamation est très visible au niveau des troncs (mini-tronc et charpentières basales jouant le rôle de troncs de la touffe).

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des troncs

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des troncs

Elle affecte aussi les branches secondaires.

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des branches

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des branches

Elle existe même au niveau des rameaux, qu'ils soient à l'intérieur ou en périphérie de l'arbre.

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des rameaux

Acca sellowiana (Feijoa) : desquamation des rameaux

Les rameaux de l'année sont blanchâtres et duveteux (comme les boutons floraux et le revers des jeunes feuilles) lorsqu'ils sont jeunes, c'est à dire tant qu'ils ne se sont pas lignifiés.

Acca sellowiana (Feijoa) : jeune rameau de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : jeune rameau de l'année

 

Adaptation au sol

En ce qui concerne l'adaptation au sol, je puis préciser que j'ai constaté une tendance légère à la chlorose (feuillage jauni en partie) pour 3 de mes sujets, sur les 13 que je cultive. Tous mes feijoas sont plantés dans un sol très profond, constitué de limon argilo-sableux de pH 7,6.

Je ne m'explique pas cette chlorose légère de 3 sujets plantés dans une ligne de 12 sujets, dont les 9 autres ne présentent aucun signe de chlorose. Peut-être sont-ils situés sur une veine plus calcaire que le reste de la parcelle ? 

La chlorose que j'ai observée ne perturbe pas la fructification (ni en qualité, ni en quantité), bien que les fruits présentent une couleur plus claire que ceux des sujets non chlorotiques.

Je me contente d'épandre avant arrosage du chélate de fer au pied des sujets chlorotiques, de temps à autre au cours de l'année (pas de traitement régulier).

 

Phénomène de fasciation

J'ai constaté le phénomène de fasciation d'un rameau une seule fois sur un de mes Kakis et je l'ai rencontré plus souvent chez mes agrumes, frappant notamment mon plant d'hydride rustique US-119, qui en est sévèrement affecté.

En août 2013, en passant près d'un feijoa issu de semis conduit en demi-tige, j'ai remarqué qu'un court rameau (environ 25 cm) était étrangement plat sur les trois quarts de sa longueur à son extrémité, et que la disposition des feuilles sur cette partie du rameau donnait un aspect brouillon, différent de l'aspect habituel du feuillage.

Acca sellowiana (Feijoa) : phénomène de fasciation sur la partie terminale d'un rameau

Acca sellowiana (Feijoa) : phénomène de fasciation sur la partie terminale d'un rameau (tranche)
(l'aspect du feuillage, brouillon, est inhabituel)

En m'approchant, et en observant les deux faces cannelées du rameau plat, j'ai eu la confirmation que ce dernier était frappé du phénomène de fasciation.

Acca sellowiana (Feijoa) : phénomène de fasciation sur la partie terminale d'un rameau

Acca sellowiana (Feijoa) : phénomène de fasciation sur la partie terminale d'un rameau (face gauche)
(noter que des feuilles sont implantées sur la tranche et sur la face plate cannelée du rameau)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : phénomène de fasciation sur la partie terminale d'un rameau

Acca sellowiana (Feijoa) : phénomène de fasciation sur la partie terminale d'un rameau (face droite)
(noter que des feuilles sont implantées sur la tranche et sur la face plate cannelée du rameau)

Le rameau plat va en s'élargissant vers le sommet. A son sommet, il est nettement élargi et épaissi, et porte une touffe de feuilles anormale par rapport aux deux feuilles (souvent rapprochées des deux précédentes, semblant un groupe de quatre) qui terminent les rameaux normaux.

Acca sellowiana (Feijoa) : sommet d'un rameau présentant une fasciation

Acca sellowiana (Feijoa) : sommet d'un rameau présentant une fasciation
(noter que le sommet est nettement élargi et qu'il porte une masse anormale de feuilles)

Les deux faces du rameau sont nettement cannelées en faisceau (fasciation).

Le long du rameau, des feuilles poussent aussi bien sur la tranche que sur les deux faces plates. Leur aspect est identique à celui des feuilles des rameaux normaux.

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation (face gauche)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation (face droite)

Sur les tranches du rameau (cannelures extérieures), j'ai observé des feuilles émises par deux en position opposée.

Sur les cannelures intérieures, j'ai remarqué des feuilles implantées par deux côte à côte, se touchant presque au niveau de la base.

Mais je n'ai pas poussé l'observation assez loin pour déterminer si les deux feuilles étaient en opposition de part et d'autre de la cannelure sur la même face, ou s'il existait, pour chacune d'entre-elles, un feuille en position opposée sur l'autre face du rameau (c'est à dire sur l'autre face de la cannelure intérieure concernée).

Acca sellowiana (Feijoa) : extrémité d'un rameau présentant une fasciation

Acca sellowiana (Feijoa) : extrémité d'un rameau présentant une fasciation
(noter, vers le bas, les trois feuilles côte à côte, dont une opposée à une feuille sur
la tranche, à droite ; au-dessus, deux feuilles opposées implantées sur la tranche du rameau)

En tout état de cause, l'implantation des feuilles rendait un aspect désordonné, loin de l'effet symétrique ordonné et aéré produit par les feuilles des rameaux normaux.

Acca sellowiana (Feijoa) : aspect d'un rameau normal

Acca sellowiana (Feijoa) : aspect d'un rameau normal (feuilles opposées décussées)
(noter l'aspect aéré des quatre feuilles rapprochées au sommet)

Sur les rameaux normaux, les feuilles sont opposées décussées (le long de la tige, les feuilles sont au même niveau par deux, se faisant face de part et d'autre de celle-ci, et chaque paire de feuilles opposées forme un angle de 90 ° avec la paire suivante et la paire précédente).

Acca sellowiana (Feijoa) : les feuilles sont opposées décussées

Acca sellowiana (Feijoa) : les feuilles sont opposées décussées

Je n'ai pas coupé le rameau fascié. Durant les quatre ans d'observation (du rameau et de l'arbre concernés) qui ont suivi, le phénomène n'a pas connu d'extension, a fortiori de généralisation.

Le rameau a perdu la totalité de ses feuilles et s'est desséché sur une grande partie de sa largeur (la moitié dans sa partie médiane et 75% dans sa partie sommitale, qui est beaucoup plus large). Mais il est toujours vivant.

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation, observé quatre ans après son développement

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation, observé quatre ans après son développement
(le rameau s'est desséché sur une grande partie de sa largeur, à droite)

Au niveau de la partie n'ayant pas séché, la fasciation a disparu. Une tige cylindrique à l'écorce desquamée de fort diamètre a remplacé les cannelures.

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation, observé quatre ans après son développement

Acca sellowiana (Feijoa) : rameau présentant une fasciation, observé quatre ans après son développement
(sur la partie qui n'a pas séché, la fasciation s'est résorbée au profit d'une tige cylindrique à l'écorce desquamée)

Au sommet du rameau fascié, trois nouvelles pousses se sont développées, dont une qui a dépassé sa longueur. Ces pousses sont exemptes de fasciation.

Acca sellowiana (Feijoa) : trois pousses normales émises par un rameau présentant une fasciation

Acca sellowiana (Feijoa) : trois pousses normales émises par un rameau présentant une fasciation
 (la partie sèche centrale au sommet est de couleur verdâtre car elle commence à moisir)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : trois pousses normales émises par un rameau présentant une fasciation

Acca sellowiana (Feijoa) : trois pousses normales émises par un rameau présentant une fasciation
(tranche du rameau n'ayant pas séché ; on aperçoit, en bas à droite, le haut de la partie qui a séché)

En 2016 (trois ans après l'observation initiale), j'ai constaté sur la pousse la plus longue la présence de fleurs, desquelles sont nés deux fruits, qui ont connu un développement normal, bien que de petite taille.

En vingt ans de culture de treize pieds greffés et d'un pied de semis, c'est la seule fois que j'ai pu observer sur mes feijoas un phénomène de fasciation. Ce phénomène est donc rarissime chez le Feijoa.

Comme dans le cas du Kaki ou des agrumes, je ne connais pas la cause de la fasciation que j'ai observée.

J'ai effectué une recherche approfondie sur Internet en français, anglais et italien, qui ne m'a pas apporté d'explication précise et surtout ciblée sur le Feijoa.

Deux résultats de recherche me paraissent néanmoins intéressants.

Un fermier-naturaliste australien fait part en 2010, avec photographies, de l'existence de fasciation sur les rameaux de son Feijoa, sans en déterminer la cause. Il indique, en réponse à des commentaires, que l'arbre n'est pas affecté par ces anomalies.

Et, surtout, j'ai appris que la fasciation chez le Feijoa a été étudiée par un membre de la Station Expérimentale de Fruticulture d'Acireale, en Sicile (BATTIATO C. , Su alcuni casi di fasciazione in Feijoa sellowiana Berg. e sulle cause che la determinano, Estr. Annali R. Staz. Sperimentale di Frutticoltura, Acireale, vol. XVI I, 1948). Certaines sources indiquent 1938.

Mais la seule version numérisée du document précité que j'ai trouvée (HathiTrust, Cornell University) est inaccessible, même en accès payant, car sous copyright .

De courts extraits de l'étude indiquent que l'auteur a mis en évidence pour le Feijoa "la singulière interdépendance entre la déviation de la disposition des composants de l'axe et l'apparition de la fasciation" et qu'il a émis l'hypothèse que "cette déviation représente la première étape, durant l'ontogénèse, vers les irrégularités de développement ultérieures qui conduisent à la fasciation".

Sans accès à la totalité de l'étude, il me semble difficile d'en tirer une conclusion vraiment compréhensible...

Pour les agrumes, j'ai relevé que, selon les cas, la fasciation serait soit d'origine génétique, soit d'origine virale, soit la conséquence des piqûres d'un arachnide présent dans le bourgeon donnant naissance au rameau concerné.

En tout état de cause, comme je l'ai constaté, la fasciation des rameaux constitue chez le Feijoa un phénomène très localisé et sans conséquence néfaste.

Il conviendra donc de ne pas s'en inquiéter et, si l'aspect du rameau déplaît, de simplement le couper, sans toutefois le laisser traîner auprès des plants de Feijoa de façon à éviter une éventuelle contagion, même sans grande conséquence, si le facteur causal était transmissible (bactérie par exemple...). 
 

Sommaire

 

ENTRETIEN

 

Selon le plan suivant : arrosage, désherbage, taille d'entretien, apport d'engrais, traitements phytosanitaires, protection contre le vent, perte de feuilles.
 

ARROSAGE

La première année, en période sèche, j'arrose tous les deux jours sous mon climat de grande siccité de l'air et du sol pendant l'été.

La deuxième année, j'arrose abondamment (un deuxième passage après ressuiement complet) deux fois par semaine en période sèche.  

A partir de la troisième année, j'arrose les pieds de façon abondante une fois par semaine en période sèche.

Lorsque la plante est âgée (une dizaine d'années), je n'arrose plus qu'une fois toutes les trois semaines en période sèche. Mais j'ai remarqué qu'un arrosage plus fréquent quand les fruits ont commencé à se développer augmente la taille de ceux-ci.

Cuvette d'arrosage conseillée, mais pas indispensable. Elle permet de faire bénéficier l'arbre du maximum d'eau par arrosage, évitant le ruissellement de celle-ci.

Je n'ai pas eu recours au paillage ou au goutte à goutte, que j'ai mis en oeuvre pour d'autres fruitiers. Je pense que ces deux techniques induiraient, en sus d'une économie d'eau d'arrosage, un effet bénéfique sur la grosseur des fruits plus important que celui que j'obtiens déjà avec mes arrosages manuels au tuyau.

 

DESHERBAGE

L'enracinement est traçant et superficiel. J'ai remarqué de grosses racines affleurant à la surface du sol, que je mets en partie à nu par mes arrosages, même si je n'effectue pas ceux-ci à jet tendu.

Acca sellowiana (Feijoa) : les racines affleurent à la surface du sol

Acca sellowiana (Feijoa) : les racines affleurent à la surface du sol
(sujet de 17 ans transplanté avec grosse racine coupé ; racines dénudées par l'arrosage, pourtant à jet doux)

Il faut être prudent pour les travaux du sol autour des feijoas, sous peine de meurtrir les racines.

Pour ma part, je ne laboure pas, et lorsque je bine le pied des feijoas pour les désherber, je prends garde à rester en surface.

 

TAILLE D'ENTRETIEN

Une fois la touffe formée, je ne pratique pas de taille annuelle, surtout pas en hauteur (pour éviter un "effet balai" très inesthétique...). 

Je me contente de régulariser les branches qui dépassent de façon trop marquée de la touffe et d'éliminer les rameaux secs ou cassés par le vent.

Le Feijoa étant extrêmement ramifié, il ne faut pas s'occuper des branches qui s'entrecroisent à tous niveaux, sous peine de déstructurer l'arbuste.

Acca sellowiana (Feijoa) : densité des ramifications

Acca sellowiana (Feijoa) : densité des ramifications

En particulier, je n'éclaircis pas l'intérieur de mes feijoas. En sus de la préservation de la structure de l'arbuste, je maintiens ainsi la densité du feuillage, qui influe sur l'esthétique, car le feuillage est déjà peu dense naturellement.

Au début, je ne coupais pas les rameaux de périphérie du bas de la touffe. Retombants, ils cachaient les troncs et donnaient à la touffe un aspect général qui me plaisait beaucoup. En période de fructification, ils ployaient sous le poids des fruits et ils touchaient le sol.

Mais, au fil des années, j'ai pu constater que cela rendait la récolte, que j'effectue toujours au sol par ramassage des fruits tombés, difficile, voire pénible. Pour aller chercher sous la ramure les fruits tombés près des troncs, il fallait soulever ces rameaux touchant le sol.

J'ai dû trouver un compromis entre esthétique (à mon goût) et facilité de récolte. Et, ainsi, supprimer ou raccourcir les rameaux se trouvant près du sol...

C'est par l'habitude et l'observation que vous pourrez déterminer à quelle hauteur vous coupez les rameaux de périphérie dans le bas de l'arbre.

Il vaut mieux tailler après la fin de la récolte. Le Feijoa fructifiant sur les rameaux de l'année (ceux qui poussent au printemps), la fructification n'est pas entravée par cette taille. 

Si vous taillez au printemps ou en été, vous enlevez des rameaux de l'année (le plus souvent porteurs de boutons floraux) et vous supprimez la fructification qui va se faire sur ces rameaux.

L'absence de taille que je préconise peut paraître à certains contraire à une production fruitière optimale (crainte d'un manque de soleil et de circulation d'air à l'intérieur de la touffe...). 

Je constate pourtant une fructification très abondante.

Je n'ai jamais pesé la production annuelle de mes plants, mais j'ai pesé mes récoltes hebdomadaires à plusieurs reprises et j'ai pu déduire que chacun de mes plants produit plusieurs dizaines de kilogrammes de fruits par an. Sans pouvoir dire si cette production a dépassé 50 kg certaines années pour les pieds les plus productifs...

Un rendement comparable à celui de mes feijoas a été observé à Menton par R. Jarry-Deslosges (Notes et Actualités - Culture et sélection du Feijoa sellowiana, Revue de Botanique appliquée, 1935, vol. 15, n° 162, p. 115).

Il indique qu'il a constaté des rendements annuels réguliers de 20 à 40 kg sur des arbres d'une quinzaine d'années bénéficiant d'une culture "bien dirigée".

J'ai pris connaissance, au fil de mes lectures agronomiques en plusieurs langues, de préconisations par des auteurs différents de diverses techniques de taille pour les vergers commerciaux.

Je ne sais pas quelle serait l'incidence sur la production de mes plants de la mise en application de celles-ci, et n'ai pas vocation à les expérimenter, ni motivation pour le faire, étant très satisfait par l'abondance de mes récoltes.

J'ai même trouvé l'exemple d'un verger commercial en Uruguay qui me conforte dans ma pratique de taille (très réduite) actuelle.

Acca sellowiana (Feijoa) : verger commercial en Uruguay, conduit en touffes non taillées

Acca sellowiana (Feijoa) : verger commercial en Uruguay, conduit en touffes non taillées
(crédit :
J. N. Cunda Sisto)

Ce verger est présenté en page 42 de la thèse d'ingénieur agronome de Juan Nicolás Cunda Sisto, intitulée "Caracterización de plantas de Guyabo del país (Acca sellowiana (Berg) Burret) desde un enfoque frutícola" et soutenue à la faculté d'agronomie de Montevideo, Uruguay, en 2006.

Il est établi dans la région de Montevideo et est constitué de 14 touffes âgées de 28 ans, espacées de 5 m sur la file et de 6 m sur le rang. Aucune taille de fructification n'est pratiquée ; la taille se résume à la suppression des rameaux qui entravent la circulation entre les touffes. L'auteur précise aussi qu'aucun éclaircissage des fruits n'est pratiqué.

L'étude du verger fait apparaître que pour l'année 2004, sans aucune irrigation, la production de fruits pour chacun des deux plants les plus productifs a été de l'ordre de 65 kg. L'un de ces deux plants a produit environ 5.500 fruits, l'autre environ 3.800 fruits.

Toutefois, comme le précise l'auteur de la thèse, le verger étudié est un petit verger familial aux débouchés commerciaux locaux et l'Uruguay est un pays où la culture du Feijoa est relativement rare et ne s'effectue que sur de petites parcelles.

C'est pourquoi, je pense, qu'en toute rigueur, les personnes souhaitant établir un verger commercial de feijoas et cherchant des rendements maximaux à l'hectare doivent étudier les techniques de taille utilisées dans les vastes vergers commerciaux de Nouvelle-Zélande, premier producteur mondial de feijoas.

Néanmoins, je ne suis pas sûr qu'elles y trouvent un avantage car j'ai noté que l'auteur de la thèse précise que le rendement moyen qu'il a constaté dans ce petit verger familial d'Uruguay est comparable à ceux des vergers commerciaux observés par d'autres auteurs en Nouvelle-Zélande (en 2002) et au Brésil (en 2000). Pour ces vergers, le rendement annuel moyen satisfaisant (verger bien établi) était estimé à 30 à 40 kg par pied.

 

APPORT D'ENGRAIS

En 17 ans de culture, je n'ai jamais donné d'engrais à mes 13 pieds de Feijoa et j'ai toujours été satisfait de mes récoltes annuelles de plusieurs dizaines de kilogrammes de fruits.

Toutefois, il s'agit de récoltes globales sur mes 13 pieds et j'ai observé un phénomène d'irrégularité du volume des récoltes sur un même pied d'une année sur l'autre, quelle que soit la variété.

Pris par les innombrables tâches de mon jardin botanique, je n'ai pas réalisé d'étude, ni même d'observations précises, sur ce phénomène.

Je puis simplement dire qu'il s'agit d'une certaine forme d'alternance, mais pas d'une alternance franche de type production une année / absence de production l'année suivante.

J'ai pu noter que, la même année, un des deux pieds d'une variété peut présenter des fruits peu abondants et de petite taille, alors que le deuxième pied de la variété charge abondamment avec des fruits de grosse taille.

Dans d'autres cas, je n'ai pas observé cette différence nette de production, mais j'ai remarqué que les fruits d'un pied donné sont plus ou moins gros d'une année sur l'autre. Par exemple, une année les fruits les plus gros pour le pied considéré pèsent de l'ordre de 120 g et l'année suivante les fruits les plus gros sur le même arbre ont un poids d'environ 90 g.

Je pense qu'un apport annuel d'engrais aurait un impact bénéfique sur ces phénomènes et permettrait la régularité des récoltes d'une année sur l'autre pour l'ensemble des plants.

Selon V. A. Evreinoff, la culture en vergers commerciaux nécessite un programme d'apport d'engrais (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5 pp. 323-329).

Il indique que la fumure des arbres conditionne un rendement plus régulier et abondant et précise que le fumier fournit les meilleurs résultats (en Crimée, on donnait 25-30 kg par an et par pied à la fin de l'été).

Il mentionne aussi les engrais chimiques, aux dosages suivants tous les deux ans : 350 g de sulfate d'ammoniaque, 500 g de superphosphate, 20 g de sulfate de potasse.

 

TRAITEMENTS PHYTOSANITAIRES 

Je n'ai jamais traité aucun de mes 13 pieds de Feijoa.

Mais, ces dernières années, j'ai noté des dégâts de fruits causés par la mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann). Ces dégâts sont généralement peu importants, mais, une année, 90 % des fruits ont été inconsommables sur un de mes plants de Feijoa.

Les piqûres de ponte de la cératite sont très difficiles à déceler en raison de l'aspect bosselé et fripé de l'épiderme des feijoas. Hors fruits pourris ou fruits dans lesquels des larves peuvent être trouvées (fruits très mous), il peut être difficile de déceler si le fruit est touché.

Le premier indice est la présence de taches irrégulières de couleur brunâtre plus ou moins étendues à la surface de la pulpe lorsque l'on ouvre le fruit, ou au sein de la pulpe entamée.

Pour avoir confirmation qu'il s'agit bien de dégâts de cératite, et non d'une évolution de la pulpe vers la maturité complète, je procède de la façon suivante : je retire la totalité de la pulpe du demi-fruit (le fruit a été coupé en deux pour être consommé) d'un coup de petite cuillère et je la retourne à côté du demi-fruit vidé de sa pulpe. Je constate alors que les tâches brunâtres persistent au dos de la pulpe enlevée, partie de celle-ci en contact avec l'épiderme. Je constate aussi que le dessous de l'épiderme du demi-fruit vidé de sa pulpe est également tâché.

Pour combattre la cératite, j'utilise les sticks attractifs englués de couleur jaune, avec une préférence pour Med Fly stick A  de la marque Adolive. Ils sont vendus par certaines coopératives agricoles et jardineries, ou directement par Adolive.

Il existe des sticks de même type d'autres marques, que vous pouvez comparer à mon choix, mais ils me semblent moins pratiques : leur diamètre est plus petit (donc ils sont plus étroits et plus longs) et leurs trous, juste amorcés, doivent être percés par l'utilisateur (difficilement, dans certains cas).

Le stick est un tube creux en matière plastique de couleur jaune, recouvert de glu et qui contient un appât alimentaire en poudre destiné aux diptères (phosphate d’ammonium), dont l'odeur diffuse par trois trous situés dans le haut du tube. Il faut retenir que ce n'est pas un piège à phéromones.

La glu utilisée est posée à chaud (150°) selon un procédé qui la rend résistante au soleil, au vent et aux intempéries.

Le tube est muni à son extrémité d'un crochet souple par lequel on le fixe en hauteur à une petite branche extérieure.

Principe du stick : attirées par la couleur jaune du tube et par l’odeur qui s’en dégage par les trois trous du sommet, les mouches se posent sur le stick et restent collées avant qu'elles n'aient pu pondre.

Selon mon expérience, l'efficacité de ces sticks jaunes est relative. Il faut considérer leur utilisation comme un moyen de limiter la pression du ravageur plutôt que pour l'éliminer.

Une protection maximale ne serait atteinte que par traitement chimique (pulvérisation d'un produit contre les mouches des fruits, à acheter en jardinerie), auquel je n'ai jamais eu recours.

 

PROTECTION CONTRE LE VENT

Le bois du Feijoa est très cassant. A titre d'exemple, si, en reculant, on touche du dos par inadvertance la pointe d'un rameau à l'horizontale, celui-ci se casse.

Toutefois les rameaux sont légers et n'ont pas de prise au vent individuellement.

Les principaux dégâts du vent ne sont pas des cassures, mais des arrachements. C'est la prise au vent globale, qui augmente au fur et à mesure que la ramure de la touffe prend du volume, notamment en largeur, qui est la source des arrachements.

Je constate rarement que des branches secondaires ou des rameaux sont cassés par le vent.

Mais, lorsque la ramure a atteint une largeur de 2 à 3 m sur autant de hauteur, parfois même avant, il arrive que des charpentières soient arrachées avec un morceau de tronc, lui-même arraché.

Il arrive aussi qu'un des troncs se fende à la base, sous l'effet du mouvement de la partie de la ramure qui en dépend, sans qu'il n'y ait aucun arrachement.

A la plantation, je tuteure solidement le tout jeune plant par l'un des futurs troncs. Les deux ou trois autres jeunes pousses qui deviendront des troncs et que je ne tuteure pas sont assez souples et légères pour bouger sans se rompre lors de fortes rafales de vent.

Sur mes 13 sujets, 3 ont eu une base de tronc fissurée et 5 ont connu des arrachements de branches.

Dans le cas d'arrachement, je coupe la partie arrachée, je pare la plaie et je l'enduis de mastic de cicatrisation.

Dans le cas de fissuration d'un des troncs à la base, pour éviter qu'elle ne s'aggrave, je maintiens collés les bords de la fissure par des anneaux très serrés de fil de fer pour grillage, disposés de façon très proche les uns des autres tout le long de la fissure. Et, pour éviter l'entrée de parasites par la fissure, je mastique largement la fissure des deux côtés du tronc.

Je fais de même dans le cas d'une branche charpentière qui est fissurée, ce qui arrive aussi.

J'ai lu dans la littérature néo-zélandaise que le Feijoa pouvait être utilisé en haie brise-vent et j'ai effectivement vu des photographies de ces haies de feijoas.

Il s'agit de haies avec des pieds disposés à 1-1,5 m les uns des autres et taillés assez courts, ce qui limite considérablement la prise au vent individuelle de chacun des troncs (et ce qui limite aussi considérablement la fructification...).

Pour ma part, j'ai voulu constituer une ligne de feijoas pour séparer deux parcelles le long d'un large chemin enherbé. Le résultat esthétique est celui escompté, mais, par rapport aux dégâts du vent, j'aurais mieux fait d'établir mes feijoas derrière une haie d'Elaeagnus x ebbingei de 3 m de haut, comme c'est le cas pour un certain nombre de mes fruitiers.

C'est ce que je conseille, avec l'expérience, dans les régions ventées.

 

PERTES DE FEUILLES

Certains s'inquiètent de la perte de feuilles assez abondante qui peut apparaître, notamment en parties basses, sur les feijoas. Ils s'interrogent sur l'insuffisance des apports d'eau.

Il n'en est rien si les plants sont copieusement arrosés une fois par semaine en période sèche.

Bien que sempervirent, le Feijoa présente une tendance naturelle à un renouvellement partiel annuel des feuilles, plus ou moins accentué selon les années.

Des feuilles sèchent et tombent en début de printemps et de nouvelles feuilles sont apportées par les rameaux qui poussent sur les parties dénudées, y compris à l'intérieur du buisson.

Une perte de feuilles peut aussi intervenir en cours d'hiver. Si l'individu est jeune et que des pointes de froid dépassent -7°C, un jaunissement du feuillage et une perte assez importante de feuilles peuvent être constatés. Pourtant le Feijoa adulte est très rustique (voir les observations de rusticité que je donne en fin d'article).

Dans tous les cas de perte de feuilles, la touffe reprend assez rapidement un bel aspect.
 

Sommaire

 

OBSERVATION DE LA FLORAISON

 

Selon le plan suivant : époque/durée, aspect général, disposition des fleurs sur le rameau, disposition des fleurs dans un groupe, fanaison.

 

Epoque et durée

La floraison, tardive, débute chez moi à la mi-avril.

Sur mes feijoas, les bourgeons commencent à s'entrouvrir première semaine de mars et j'ai observé que les premiers boutons floraux sont identifiables (bien que minuscules) dès le 15 mars.

La floraison est de longue durée, s'échelonnant sur une période de un mois à un mois et demi.

J'ai trouvé l'explication, ou une des explications, de l'étalement de la floraison du Feijoa en page 110 d'un article datant de plus de cinquante ans (RIVALS P., Essai sur la croissance des arbres et leurs systèmes de floraison, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1966, vol. 13, N° 1, pp. 91-122).

Le Feijoa, outre des bourgeons écailleux végétatifs (qui ne donnent naissance qu'à des rameaux), porte des bourgeons reproducteurs (c'est à dire capables d'émettre des fleurs) de deux types.

C'est une espèce pourvue à la fois de boutons vrais (bourgeons écailleux contenant uniquement des ébauches de fleurs) et de bourgeons mixtes (bourgeons écailleux comportant des ébauches de feuilles et de fleurs) à ébauches florales axillaires (l'ébauche florale est latérale par rapport à l'axe du bourgeon, dont l'extrémité est un point végétatif appelé ou non à produire un rameau feuillé).

Les boutons vrais sont les premiers à fleurir, tandis que les fleurs des bourgeons mixtes s'ouvrent de façon nettement plus tardive.

Je n'ai pas encore observé moi-même ce phénomène, mais j'ai l'intention de le faire.

Un autre facteur d'échelonnement de la floraison est fourni par V. A. Evreinoff, qui précise qu'entre la naissance du bouton floral et son épanouissement, il s'écoule environ un mois (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5,  pp. 323-329).

 

Aspect général de la floraison

Le Feijoa est un arbre très florifère. Je n'ai pas constaté de différences d'abondance de floraison entre les 6 variétés de Feijoa que je cultive.

Les fleurs, de taille moyenne (3/4 cm), apparaissent sur les rameaux de l'année (ceux qui ont poussé au printemps). La fructification a donc lieu sur les rameaux de l'année.

J'observe que les jeunes rameaux existant à tous les niveaux de l'arbre, la floraison est bien répartie sur celui-ci. Il existe même quelques fleurs à l'intérieur de l'arbre.

En effet, de longs rameaux lignifiés s'arquent à l'intérieur de l'arbre et il n'est pas rare que des rameaux de l'année se développent au bout de ceux-ci.

Les fleurs qui naissent sur ces rameaux de l'année se situent à l'intérieur de la touffe.

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de fleurs à l'intérieur de la touffe

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de fleurs à l'intérieur de la touffe
(noter que les fleurs se situent à l'extrémité d'un long rameau intérieur)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de fleurs à l'intérieur de la touffe

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de fleurs à l'intérieur de la touffe
(noter l'extrémité du long rameau intérieur portant les fleurs, en bas, à droite).

Au fil des années, je me suis aperçu que la floraison du Feijoa n'est pas aussi somptueuse que ne le laisseraient penser les photographies des fleurs en gros plan.

En effet, les rameaux de plus d'un an du Feijoa (sur lesquels naissent les rameaux d'un an portant les fleurs) sont longs, grêles, le plus souvent dégarnis (de feuilles et de rameaux axillaires) dans leur partie inférieure et sont espacés les uns des autres. La floraison n'apparaît donc pas vraiment dense.

Acca sellowiana (Feijoa) : branchette avec rameaux florifères

Acca sellowiana (Feijoa) : branchette avec rameaux florifères
(noter que la branchette de trois ans, à gauche, est dégarnie de feuilles et qu'il en est de même sur presque toute la longueur des trois rameaux
de deux ans, espacés, qu'elle porte au sommet ; les feuilles et les fleurs sont concentrées sur les rameaux de l'année, au bout des ramifications)

De plus, la floraison étant très étalée, beaucoup de boutons floraux et de fleurs fanées coexistent sur les rameaux avec les fleurs épanouies.

En fait, de loin, l'effet de masse n'y est pas.

Acca sellowiana (Feijoa) : arbuste en fleurs

Acca sellowiana (Feijoa) : arbuste en fleurs
(de loin, la floraison ne présente pas d'effet de masse...)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : floraison

Acca sellowiana (Feijoa) : floraison

Pour moi, la floraison est à observer de près, à deux ou trois mètres de l'arbre. Le contraste est alors saisissant entre le vert tendre des jeunes feuilles et l'éclat rouge et blanc des fleurs, qui coexistent sur les jeunes rameaux.

Acca sellowiana (Feijoa) : floraison

Acca sellowiana (Feijoa) : floraison observée de près

 

Acca sellowiana (Feijoa) : floraison

Acca sellowiana (Feijoa) : floraison
(noter la coexistence de boutons, de fleurs épanouies et de fleurs fanées)

La floraison étalée permet d'observer, au sein d'un même groupe de fleurs, les différents stades d'ouverture de la fleur.

Acca sellowiana (Feijoa) : du bouton à la fleur épanouie

Acca sellowiana (Feijoa) : du bouton à la fleur épanouie
(sépales ouverts et pétales fermés, à droite ; pétales entrouverts à l'arrière ; fleur épanouie sur le devant)

 

Disposition des fleurs sur le rameau

Une fleur est toujours située à l'aisselle d'une feuille. Parfois, on pourrait croire que ce n'est pas le cas car la feuille est très petite ou elle est tombée (laissant une cicatrice sur le rameau). En outre, sur beaucoup de mes photographies, des feuilles sont absentes car je les ai enlevées pour obtenir une meilleure visibilité des fleurs.

Acca sellowiana (Feijoa) : bouton floral

Acca sellowiana (Feijoa) : bouton floral
(noter que la fleur naît à l'aisselle d'une feuille).

Les boutons floraux sont argentés et duveteux, comme le revers des jeunes feuilles et les rameaux de l'année (ceux qui ont poussé au printemps) sur lesquels ils apparaissent.

Les fleurs sont solitaires ou en groupes de deux, trois ou quatre. Certains auteurs mentionnent jusqu'à cinq fleurs par groupe ; pour ma part, je n'ai jamais observé ce cas.

Les fleurs solitaires se situent le plus souvent le long du rameau, mais j'en observe aussi à l'extrémité de celui-ci.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleurs solitaires (stade bouton floral)

Acca sellowiana (Feijoa) : fleurs solitaires (stade bouton floral)
(noter que la fleur de droite est située le long d'un rameau, celle de gauche à l'extrémité d'un rameau)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : fleurs solitaires (stade bouton floral)

Acca sellowiana (Feijoa) : fleurs solitaires (stade bouton floral)
 (noter que les fleurs naissent à l'aisselle de feuilles ;
celle de gauche, à l'extrémité d'un rameau, celle de droite le long d'un rameau)

J'ai remarqué que les groupes de trois fleurs se situent souvent en début ou à l'extrémité des rameaux.

Je n'ai observé des groupes de quatre fleurs qu'à l'extrémité des rameaux, mais il se peut qu'il en existe au début ou le long des rameaux.

 

Disposition des fleurs dans un groupe

Je me suis attaché aussi à l'observation de la disposition des fleurs dans un groupe. Pour comprendre celle-ci, il faut se souvenir que les feuilles du Feijoa sont opposées décussées.

Acca sellowiana (Feijoa) : les feuilles sont opposées décussées

Acca sellowiana (Feijoa) : les feuilles sont opposées décussées
 
(le long de la tige, les feuilles sont au même niveau par deux, se faisant face de part et d'autre de celle-ci,
et chaque paire de feuilles opposées forme un angle de 90 ° avec la paire suivante et la paire précédente).

Les fleurs (naissant à l'aisselle des feuilles) suivent la même disposition.

Ainsi, dans un groupe de deux fleurs, j'observe que celles-ci sont opposées.

Acca sellowiana (Feijoa) : deux fleurs opposées, le long d'un rameau de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : deux fleurs opposées, le long d'un rameau de l'année
(noter, à gauche, un groupe de quatre boutons floraux et un bouton floral isolé, au bout de deux rameaux)

Dans un groupe de trois fleurs, j'observe qu'une troisième fleur le long du rameau fait un angle de 90 ° avec une paire de fleurs opposées.

Acca sellowiana (Feijoa) : deux groupes de trois fleurs (stade bouton floral) au début de rameaux de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : deux groupes de trois fleurs (stade bouton floral) au début de rameaux de l'année
 (noter que, dans chacun des groupes, le bouton floral de devant fait un angle de 90 ° avec la paire opposée qui le suit)

Remarque : sur la photographie ci-dessus, bien identifier, pour le groupe à gauche, le pédoncule du bouton floral gauche de la paire opposée et, pour le groupe à droite, la base du pédoncule et le sommet du bouton gauche de la paire opposée).

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de trois boutons floraux au début d'un rameau de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de trois boutons floraux au début d'un rameau de l'année
(noter que le bouton floral de devant fait un angle de 90 ° avec la paire opposée qui le suit)

J'ai observé que dans certains cas la troisième fleur précède la paire de fleurs opposées (direction montante sur le rameau).

Acca sellowiana (Feijoa) : troisième fleur précédant une paire opposée dans un groupe en fin de rameau

Acca sellowiana (Feijoa) : troisième fleur précédant une paire opposée dans un groupe en fin de rameau
(noter le rameau qui porte les fleurs, en haut, à droite)

Et que, dans d'autres cas, la troisième fleur suit la paire de fleurs opposées (direction montante sur le rameau).

cca sellowiana (Feijoa) : groupe de trois fleurs (dont une au stade de bouton floral) au sommet d'un rameau de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : troisième fleur (stade bouton floral) suivant une paire opposée dans un groupe en fin de rameau
(noter que le pédoncule du bouton floral fait un angle de 90 ° avec la paire de fleurs)

Je n'ai trouvé des groupes de quatre fleurs qu'au sommet des rameaux, et j'ai remarqué que les quatre fleurs sont quasiment contiguës car l'entre-noeud est extrêmement réduit.

Les fleurs suivent néanmoins la disposition opposée décussée des feuilles et j'observe deux paires de fleurs opposées situées juste l'une au-dessous de l'autre, formant un angle de 90 ° entre elles.

Voir les deux photographies suivantes, avec des fleurs au stade de boutons floraux.

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de quatre boutons floraux contigus à l'extrémité d'un rameau

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de quatre boutons floraux quasi contigus à l'extrémité d'un rameau
(noter qu'il s'agit de deux paires opposées situées juste l'une au-dessus de l'autre ;
trois feuilles sur quatre ont été enlevées pour permettre la visibilité des boutons floraux)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de quatre boutons floraux au sommet d'un rameau de l'année

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de quatre boutons floraux au sommet d'un rameau de l'année
(les bases des pédoncules sont quasiment contiguës, mais positionnées par paires
opposées juste l'une au-dessus de l'autre, formant un angle de 90 ° entre elles)

J'ai observé que l'entre-noeud est également pratiquement inexistant si le groupe en fin de rameau ne comporte que trois fleurs. 

Les bases des pédoncules sont quasiment contiguës, mais la paire de fleurs opposées et la troisième fleur ne sont pas exactement au même niveau sur le rameau. Elles se suivent de très peu sur celui-ci, la troisième fleur formant avec la paire de fleurs opposées un angle de 90 °.

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de quatre fleurs contiguës à l'extrémité d'un rameau

Acca sellowiana (Feijoa) : groupe de trois fleurs à l'extrémité d'un rameau
(l'entre-noeud est pratiquement inexistant ; les feuilles ont été enlevées ; noter le bourgeon apical)

 

Fanaison

La fleur se fane assez rapidement.

Je n'ai pas réalisé de relevés précis, mais selon V. A. Evreinoff, la durée de la fleur est de quatre jours (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5,  pp. 323-329).

Acca sellowiana (Feijoa) : fleurs (fanaison)

Acca sellowiana (Feijoa) : fanaison

J'ai constaté que lorsque la fleur se fane, les pétales et les étamines tombent les premières, en même temps. Le style reste assez longtemps seul sur le plateau central reliant les sépales entre eux, puis le stigmate se dessèche, avant que le style ne fasse de même, progressivement de haut en bas.

Acca sellowiana (Feijoa) : fanaison

Acca sellowiana (Feijoa) : fanaison

Les sépales ne tombent pas lorsque la fleur se fane.

Acca sellowiana (Feijoa) : fin de la fanaison

Acca sellowiana (Feijoa) : fin de la fanaison
(les pétales et les étamines sont tombés, pour la fleur la plus à droite, le style est également tombé)

Lorsque l'ovaire fécondé se transforme en fruit, les sépales se redressent et se rapprochent les uns des autres. Ils sont progressivement absorbés en partie dans le fruit. A complet développement du fruit, ce qu'il en reste apparaît en touffe dans une invagination à l'apex.
 

Sommaire

 

DETAIL DE LA FLEUR

 

Selon le plan suivant : structure générale, le pédoncule, l'ovaire, les pétales, les sépales, les étamines, le style, le stigmate.
 

STRUCTURE GENERALE

C'est le contraste entre le blanc rosé et le rouge vif sur fond vert qui fait la beauté de la fleur du Feijoa.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur épanouie

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur épanouie

Examinons la structure de la fleur du Feijoa sur la photographie en gros plan ci-dessous.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur épanouie

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur épanouie
(de bas en haut : pédoncule, ovaire, sépales, pétales, étamines, style central avec le stigmate)

En observant cette fleur épanouie, je distingue de bas en haut : le pédoncule (vert plus foncé), l'ovaire (vert clair), les sépales (vert clair), les pétales (blancs, lavés de rouge violacé à l'intérieur), les étamines (filets rouges et anthères jaune crème) et, au centre de celles-ci, les dépassant largement, le style (rouge, plus foncé dans sa partie supérieure), se terminant par le stigmate (rouge noirâtre)

Après déclinaison de la structure générale, je puis d'ores et déjà faire remarquer que la fleur du Feijoa est hermaphrodite et que l'ovaire est infère.

 

LE PEDONCULE

Le pédoncule (pédicelle) est toujours situé à l'aisselle d'une feuille, que la fleur soit solitaire ou appartienne à un groupe de deux à quatre.

Le pédoncule est relativement court, velu et de couleur verte légèrement plus foncée que le vert blanchâtre de l'ovaire qu'il supporte.

A l'extrémité du pédoncule, au niveau de la jonction avec l'ovaire, se trouvent deux bractéoles (préfeuilles) en position opposée.

Acca sellowiana (Feijoa) : deux bractéole (préfeuilles) à la jonction du pédoncule et de l'ovaire de la fleur

Acca sellowiana (Feijoa) : deux bractéole (préfeuilles) à la jonction du pédoncule et de l'ovaire de la fleur

Elles tombent assez vite, souvent au stade bouton floral avant même l'ouverture des sépales, et sont donc difficiles à observer.

Acca sellowiana (Feijoa) : deux bractéole (préfeuilles), à la jonction du pédoncule et de l'ovaire de la fleur

Acca sellowiana (Feijoa) : deux bractéole (préfeuilles), à la jonction du pédoncule et de l'ovaire de la fleur

Parfois une seule bractéole est tombée et j'observe l'autre restée seule sur le pédoncule.

Acca sellowiana (Feijoa) : bractéole (préfeuille), à la jonction du pédoncule et de l'ovaire de la fleur

Acca sellowiana (Feijoa) : bractéole (préfeuille), à la jonction du pédoncule et de l'ovaire de la fleur
(sur la fleur fanée de droite ; noter aussi la cicatrice d'une bractéole sur la fleur fanée de gauche)

Lorsque les bractéoles tombent, elles laissent une cicatrice sur le pédoncule.

Acca sellowiana (Feijoa) : bractéole (préfeuille), à la jonction du pédoncule et de l'ovaire

Acca sellowiana (Feijoa) : bractéole (préfeuille), à la jonction du pédoncule et de l'ovaire
(noter, en face, la cicatrice de la deuxième bractéole ; cicatrice visible aussi sur le pédoncule de gauche)

J'ai noté que la couleur et la villosité des préfeuilles sont les mêmes que celle du pédoncule.

 

L'OVAIRE

L'ovaire est infère et possède 4 loges (visibles dans le fruit coupé transversalement).

Il est duveteux et blanchâtre lorsque le bouton floral est jeune, puis il devient verdâtre clair, d'un vert plus clair que celui du pédoncule.

Acca sellowiana (Feijoa) : ovaire nettement visible sur une fleur fanée (entre le pédoncule et les sépales)

Acca sellowiana (Feijoa) : ovaire nettement visible sur une fleur fanée (entre le pédoncule et les sépales)

Sa forme est ovale très allongée, avec les deux extrémités tronquées, le sommet nettement plus large que la base.

Acca sellowiana (Feijoa) : ovaire d'une fleur fanée

Acca sellowiana (Feijoa) : ovaire d'une fleur fanée
(noter, au bas de la photographie, la bractéole située à la jonction du pédoncule avec l'ovaire)

A sa base, l'ovaire repose sur le pédoncule et il débute au niveau des deux bractéoles latérales (ou des cicatrices laissées par celles-ci, si elles sont tombées) qui se trouvent à l'extrémité du pédoncule.

A son sommet, en simplifiant, l'ovaire s'appuie sur le plateau central qui relie les sépales par leur base (et qui porte sur sa face supérieure les pétales, les étamines et le style).

Le style traverse le plateau central pour relier le stigmate à l'ovaire.

  Acca sellowiana (Feijoa) : le style traverse le plateau central pour relier le stigmate à l'ovaire

Acca sellowiana (Feijoa) : le style traverse le plateau central pour relier le stigmate à l'ovaire

 

LES PETALES

La fleur possède généralement quatre pétales.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 4 pétales

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 4 pétales

Mais j'ai observé également des fleurs avec 3, 5 et 6 pétales, qui sont moins nombreuses sans être rares.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 3 pétales

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 3 pétales
(noter les sépales, plus petits et à intérieur brun rougeâtre, entre les pétales)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 5 pétales

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 5 pétales

 

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 6 pétales

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur à 6 pétales

Les pétales sont charnus, ovales et cucullés (leurs bords sont retournés vers le haut).

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale cucullé d'une fleur épanouie

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale cucullé et charnu d'une fleur épanouie

Ils sont blancs sur la face externe et blancs lavés de rouge violacé sur la face interne (plus ou moins, selon les fleurs). Parfois, l'intérieur est rose.

Je remarque sur les photographies en gros plan que les pétales sont finement ponctués sur leur face externe blanche (ton sur ton, ou de rouge).

J'ai observé que les pétales présentent, sur la même fleur et d'une fleur à l'autre, une diversité morphologique.

Ils sont plus ou moins profonds et plus ou moins larges. Leurs bords sont généralement écartés, mais souvent les bords se touchent et parfois se recouvrent en partie. J'ai aussi noté que les bords sont souvent irréguliers et présentent même parfois de larges échancrures.

L'extrémité des pétales peut être en pointe, arrondie ou tronquée.

Acca sellowiana (Feijoa) : diversité de la morphologie des pétales

Acca sellowiana (Feijoa) : diversité de la morphologie des pétales
(noter : la forme d'urne sur la fleur du haut ; l'extrémité tronquée, en haut sur la fleur de droite ; l'enroulement
en pointe, en bas sur cette même fleur ; la largeur et l'extrémité arrondie, en haut sur la fleur de gauche)

J'ai remarqué que lorsque les pétales sont en nombre supérieur à quatre, il peut arriver que certains se chevauchent (voir photographie ci-dessus).

J'ai aussi observé à quelques reprises un pétale inclus dans un autre.

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale inclus dans un autre

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale inclus dans un autre

 

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale inclus dans un autre

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale inclus dans un autre

Voici un autre exemple de pétale inclus dans un autre pétale.

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale inclus dans un autre

Acca sellowiana (Feijoa) : pétale inclus dans un autre
(à gauche, étamines en phase de libération du pollen)

Les pétales s'ouvrent à 90 ° par rapport au style.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur épanouie (pétales à 90 ° par rapport au style)

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur épanouie (pétales à 90 ° par rapport au style)

Puis, les pétales deviennent progressivement nettement pendants (angle s'approchant des 180 ° par rapport au style).

Acca sellowiana (Feijoa) : pétales pendants d'une fleur épanouie

Acca sellowiana (Feijoa) : pétales pendants d'une fleur épanouie

Après la fanaison, lorsque les pétales et les étamines sont tombés, je peux observer au-dessus des sépales persistants les cicatrices d'attache des pétales (empreinte de la corolle).

Ces cicatrices se situent au pourtour du plateau central, sous la forme de pointes jaunâtres intercalées entre les sépales persistants (ces derniers ne tombent pas au cours de la fanaison). Le reste du plateau central étant occupé par les cicatrices tubulaires des étamines, un peu plus brunes, autour du style.

Acca sellowiana (Feijoa) : cicatrice de la corolle à cinq pétales d'une fleur fanée, au-dessus des sépales persistants

Acca sellowiana (Feijoa) : cicatrice de la corolle à cinq pétales d'une fleur fanée, au-dessus des sépales persistants
(noter que les pétales étaient intercalés par rapport aux sépales ; autour du style, cicatrices tubulaires des étamines)

 

LES SEPALES

Les sépales sont de même nombre que les pétales, donc généralement la fleur en comporte quatre (mais parfois trois, cinq ou six, comme les pétales).

Les sépales sont beaucoup plus petits que les pétales et sont peu visibles dans une fleur épanouie car ils sont souvent cachés par les pétales.

Ils sont situés au-dessous des pétales, intercalés avec ceux-ci.

Acca sellowiana (Feijoa) : deux sépales intercalés entre trois pétales, au-dessous de ceux-ci

Acca sellowiana (Feijoa) : deux sépales intercalés entre trois pétales, au-dessous de ceux-ci (en bas, à gauche)

Les sépales sont reliés entre eux à la base par un plateau central et forment le calice de la fleur. Ce plateau est traversé par le style qui rejoint l'ovaire situé au-dessous.

Acca sellowiana (Feijoa) : plateau central reliant les sépales, au-dessous duquel se fixe l'ovaire

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur vue de dessous
(noter le plateau central reliant les sépales, au-dessous duquel se fixe l'ovaire)

On voit nettement les sépales quand la fleur est au stade de bouton.

Acca sellowiana (Feijoa) : bouton floral avec sépales complètement ouverts

Acca sellowiana (Feijoa) : bouton floral avec sépales complètement ouverts
(les pétales sont encore fermés ; d'autre part, noter la bractéole sur le pédoncule, à la jonction avec l'ovaire)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : bouton floral avec sépales complètement ouverts

Acca sellowiana (Feijoa) : bouton floral avec sépales complètement ouverts
(noter le point d'attache relativement fin du pétale entre les deux sépales)

On voit également nettement les sépales lorsque la fleur est fanée (les pétales sont tombés).

Les sépales ont la même forme cucullée que les pétales, mais ils sont moins profonds et plus épais. Leur texture est plus coriace que celle des pétales.

J'observe que leur face interne est lisse et de couleur brun rougeâtre alors que leur face externe est velue et de couleur verdâtre. Leur extrémité est généralement arrondie, mais je remarque souvent un ou plusieurs sépales par fleur dont l'extrémité est tronquée.

Ce n'est d'ailleurs pas la seule disparité entre sépales d'une même fleur. En observant des fleurs fanées je me suis rendu compte que, sur la même fleur, les sépales n'ont pas la même taille, certains pouvant être deux plus longs que d'autres.

Acca sellowiana (Feijoa) : sur la même fleur, les sépales sont de taille différente

Acca sellowiana (Feijoa) : sur la même fleur, les sépales sont de taille différente
(noter aussi la différence de profondeur)

Une de mes photographies montre une fleur avec un sépale qui paraît en surnombre (3 pétales et 4 sépales).

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur avec sépales paraissant en surnombre

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur avec sépales paraissant en surnombre
(noter que la fleur possède trois pétales et qu'un quatrième sépale est positionné sous l'un des pétales)

Je remarque que le sépale qui paraît en surnombre est nettement plus petit que les autres et qu'il n'est pas intercalé entre deux pétales, mais situé au milieu de la face inférieure d'un pétale.

Je note aussi que l'ovaire est anormalement large pour une fleur au stade de l'épanouissement, s'épaississant notablement au niveau du sépale en surnombre.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur avec sépales paraissant en surnombre

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur avec sépales paraissant en surnombre (3 pétales et 4 sépales)
(noter que l'ovaire est anormalement large et semble avoir gagné en volume au niveau du petit sépale en surnombre)

En toute rigueur, il conviendrait de déterminer si cette fleur ne possède pas un quatrième pétale, imbriqué dans un autre. En particulier, dans le pétale sous lequel se situe le quatrième sépale. Ce que la photographie ne permet pas de faire...

Lors de la fanaison, après la chute des pétales et des étamines, les sépales apparaissent nettement ainsi que le style qui est encore fixé au milieu du plateau central. Puis le style tombe à son tour, mais les sépales ne tombent pas.

Au fur et à mesure que l'ovaire situé au-dessous d'eux augmente de taille et devient un fruit, ils vont se redresser, se rapprocher les uns des autres et être progressivement absorbés en partie dans le fruit, ainsi que le plateau central qui les relie.

 

LES ETAMINES

Elles se présentent en un spectaculaire bouquet dressé au centre des pétales.

Les étamines paraissent nombreuses, mais moins que si on les compte. Je les ai dénombrées à de nombreuses reprises et j'en ai compté chaque fois au minimum 80 par fleur... Leur nombre varierait entre 60 et 120.

Acca sellowiana (Feijoa) : bouquet d'étamines autour du style

Acca sellowiana (Feijoa) : bouquet d'étamines autour du style (filets rouges et anthères jaune crème)

Chacune des étamines se compose d'un filet de couleur rouge carmin et d'une anthère, située à son extrémité, de couleur jaune crème.

L'anthère fait le plus souvent un angle de 45 à 90 ° avec le filet. Celui-ci s'insère à la base de l'anthère (anthère basifixe).

J'ai observé que les anthères ont une forme différente avant et après le lâcher de pollen.

Avant le lâcher de pollen, notamment à l'ouverture du bouton floral, les anthères sont assez plates et épaisses, avec deux loges réniformes contenant les sacs polliniques. La surface des parois latérales des loges est nettement visible.

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères avant le lâcher de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères avant le lâcher de pollen

Chacune des loges présente une fente de déhiscence longitudinale nettement visible, aux lèvres de couleur peu contrastée par rapport  au reste de la loge lorsque cette dernière est entièrement fermée.

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères avant le lâcher de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères avant le lâcher de pollen
(noter la fente de déhiscence longitudinale de chacune des deux loges réniformes de l'anthére)

Après le lâcher de pollen, la forme plate à deux loges réniformes de l'anthère laisse place à une forme ovoïde plus ou moins tronquée à une ou aux deux extrémités.

 

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères après le lâcher de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères après le lâcher de pollen
(noter la forme ovoïde des anthères vides, très différente de celles des anthères avant le lâcher de pollen)

J'observe qu'au niveau de l'anthère chacune des deux loges s'est ouverte très largement, les lèvres de chacune des deux fentes de déhiscence se sont écartées pour faire entre elles un angle de 90 ° ou plus.

Je note que les lèvres des fentes de déhiscence ont pris une couleur violacée.

Le fond de chacune des loges est convexe (nettement repoussé vers l'extérieur), donnant à l'anthère vide une forme ovoïde, tronquée à une ou aux deux extrémités.

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères après le lâcher de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères après le lâcher de pollen
(noter que, pour chacune des loges, les lèvres se sont écartées largement et que le fond de la loge a été repoussé vers l'avant)

Ainsi, sur chacune des anthères, les lèvres des deux loges se trouvent rapprochées deux à deux en deux ovales violacés opposés, au fond desquels on aperçoit les parois latérales des loges et le connectif (partie qui relie les deux loges).

 Acca sellowiana (Feijoa) : anthères après le lâcher de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères après le lâcher de pollen
(noter que les deux faces convexes opposées ne portent plus de pollen)

Contrairement à ce que peut laisser supposer l'apparence de l'anthère vide ovoïde, le pollen ne se trouvait pas dans la partie creuse mais sur les deux faces convexes opposées, qui sont les loges très largement ouvertes.

lAcca sellowiana (Feijoa) : anthères lors du lâcher de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : anthères lors du lâcher de pollen
(noter que le pollen se trouve sur les faces plates ou convexes constituées par les loges ouvertes)

J'ai observé que le lâcher de pollen se produit généralement dès l'ouverture du bouton floral, souvent même lorsque les pétales commencent juste à s'entrouvrir.

Ainsi, c'est la forme ovoïde des anthères vides que l'on observe le plus souvent et le plus longtemps sur les fleurs épanouies.

La forme plate à deux loges réniformes se voit le plus souvent à l'ouverture des boutons floraux, mais on la rencontre parfois sur des fleurs pleinement épanouies.

Les étamines tombent les premières lors de la fanaison, en même temps que les pétales.

Acca sellowiana (Feijoa) : étamines au cours de la fanaison

Acca sellowiana (Feijoa) : étamines au cours de la fanaison
(noter que les pétales sont aussi tombés en partie)

 

LE STYLE

Le style émerge du bouquet d'étamines, qu'il dépasse nettement (du quart de sa longueur environ). Il porte le stigmate à son extrémité.

Acca sellowiana (Feijoa) : style émergeant du bouquet d'étamines

Acca sellowiana (Feijoa) : style émergeant du bouquet d'étamines
(noter le stigmate, à l'extrémité du style)

Il est charnu, beaucoup plus gros qu'une étamine et de couleur rouge plus foncée, tirant sur le bordeaux. Sa surface est bosselée.

Le style est situé au centre du bouquet d'étamines.

Acca sellowiana (Feijoa) : implantation du style au centre des étamines

Acca sellowiana (Feijoa) : implantation du style au centre des étamines

 

Acca sellowiana (Feijoa) : implantation du style au centre des étamines

Acca sellowiana (Feijoa) : implantation du style au centre des étamines

J'ai remarqué qu'il  présente au niveau des trois quarts de sa longueur un léger coude à partir duquel il s'effile, le quart supérieur étant de diamètre inférieur à la partie du style située au-dessous.

Le coude est plus ou moins prononcé d'une fleur à l'autre. Je pense qu'il résulte de la position recourbée du style dans le bouton floral, que je peux observer facilement lorsque le bouton floral commence juste à s'entrouvrir.

Sur certaines fleurs, le style est recourbé soit près du sommet, soit près de la base.

Le style tombe en dernier lors de la fanaison, après les étamines et les pétales. Il persiste pendant un certain temps au centre du plateau ayant porté la corolle et les étamines.

Il se dessèche progressivement de haut en bas, le stigmate se desséchant très tôt.

Après sa chute, je peux observer son empreinte au centre de la fleur fanée, sur laquelle les sépales sont persistants.

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur fanée dont le style est tombé

Acca sellowiana (Feijoa) : fleur fanée dont le style est tombé
(noter l'empreinte du style, au centre)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : empreinte du style au centre d'une fleur fanée

Acca sellowiana (Feijoa) : empreinte du style au centre d'une fleur fanée
(autour, empreintes des étamines et, sur le pourtour, des cinq pétales)

 

LE STIGMATE

Le stigmate, situé à la pointe du style, est difficile à observer à l'oeil nu.

Acca sellowiana (Feijoa) : style et stigmate commençant à émerger du bouton floral

Acca sellowiana (Feijoa) : style et stigmate commençant à émerger du bouton floral

 

Acca sellowiana (Feijoa) : stigmate au bout du style commençant à émerger du bouton floral

Acca sellowiana (Feijoa) : stigmate au bout du style commençant à émerger du bouton floral
(noter quelques grains de pollen sur le stigmate alors que la fleur n'est pas encore épanouie)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : stigmate au bout du style

Acca sellowiana (Feijoa) : stigmate au bout du style

 

Acca sellowiana (Feijoa) : stigmate réceptif ayant capté quelques grains de pollen

Acca sellowiana (Feijoa) : stigmate réceptif ayant capté quelques grains de pollen

 

Sommaire

 

PROBLEMATIQUE DE POLLINISATION

 

Selon le plan suivant : biologie florale, pollinisation entomophile, interpollinisation.
 

BIOLOGIE FLORALE

Comme nous l'avons vu, la fleur du Feijoa est hermaphrodite et parfaitement constituée.

Mais, elle a une tendance à la prototogynie (les stigmates sont réceptifs avant que les étamines ne libèrent le pollen) et son pollen est auto-incompatible.

Cela entraîne une autostérilité pour la quasi-totalité des plants de Feijoa. Il existe toutefois quelques variétés plus ou moins autofertiles (voir suite de l'article).

J'ai trouvé d'intéressantes précisions en pages 12 et 13 de la thèse d'ingénieur agronome de Juan Nicolás Cunda Sisto, intitulée "Caracterización de plantas de Guyabo del país (Acca sellowiana (Berg) Burret) desde un enfoque frutícola" et soutenue à la faculté d'agronomie de Montevideo, Uruguay, en 2006.

Concernant la tendance à la protogynie : le stigmate est réceptif 24 heures avant la déhiscence des anthères et le reste pendant 10 heures après.

Concernant l'auto-incompatibilité : sur la même fleur, la germination du pollen dans le stigmate se produit, avec développement du tube pollinique jusqu'à la base du style, mais un phénomène d'auto-incompatibilité existe au niveau de l'ovaire.

 

POLLINISATION ENTOMOPHILE

La fleur du Feijoa ne produit pas de nectar, mais elle attire les insectes car elle est parfumée et ses pétales sont sucrés.

Le parfum de la fleur est marqué, je le sens nettement, mais pour le sentir il faut que je mette le nez sur la fleur. Le parfum des fleurs de Feijoa n'embaume pas les alentours de l'arbre.

La fleur n'a pas le même parfum que le fruit. De façon surprenante, je trouve son parfum identique à celui de la fleur de Passiflora caerulea L.

On peut se rendre compte que les pétales sont sucrés en les goûtant car ils sont comestibles.

Je les trouve charnus en bouche et légèrement sucrés, mais je ne les apprécie pas suffisamment pour les ajouter dans une salade, comme le font certains. Je me contente d'en prélever un ou deux de temps à autre, en passant dans ma plantation de feijoas en période de floraison.

J'ai observé que la pollinisation est réalisée par les insectes, abeilles et bourdons en particulier.

Acca sellowiana (Feijoa) : la pollinisation est entomophile

Acca sellowiana (Feijoa) : la pollinisation est entomophile

Selon V. A. Evreinoff, la fleur parfumée du Feijoa est considérée comme très mellifère (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5,  pp. 323-329).

La pollinisation entomophile ne présente pas de problèmes entre plants de variétés différentes. J'ai pu constaté que le taux de nouaison est important lorsque les arbres sont dans des conditions de pollinisation intervariétale.

Ainsi la pollinisation manuelle (sur la même plante ou croisée) est inutile. Sur le même pied, la pollinisation manuelle serait d'ailleurs généralement inefficiente, tout ou partie, en raison de l'autostérilité totale ou relative de la quasi-totalité des plants.

Dans l'hémisphère austral certains oiseaux sont attirés par les pétales sucrés. Pendant qu'ils consomment les pétales, leur plumage entre en contact avec les étamines et ils favorisent ainsi la pollinisation en transportant le pollen d'une fleur à l'autre. Ce sont d'ailleurs les gros oiseaux qui sont les plus efficients.

Le rôle des oiseaux dans la pollinination, important dans l'hémisphère austral, est inexistant sous nos latitudes. Il est très rare de voir un oiseau posé sur un feijoa. Et je n'ai jamais vu un oiseau toucher aux fleurs de feijoa.

 

INTERPOLLINISATION

Une variété autostérile de Feijoa ne fructifie pas (ou fructifie très faiblement) si elle est plantée seule. Pour la faire fructifier, il faut lui associer en culture une autre variété, ou un individu issu de semis, qui va la polliniser. Inversement, la variété autostérile va polliniser la variété qui l'accompagne (interpollinisation entre les deux variétés). 

Une variété autofertile de Feijoa fructifie si elle est plantée seule.

Toutefois, un plant d'une variété autofertile ne produit pas autant s'il est seul en culture que s'il est cultivé en association avec un plant d'un autre cultivar ou un individu issu de semis, avec lequel il s'interpollinise. L'interpollinisation augmente également la taille des fruits.

Ces principes étant posés, la pratique devrait être simple.

Elle l'est moins quand on sait que certaines variétés sont partiellement autofertiles et quand on constate que les informations concernant la fertilité des variétés sont approximatives dans nombre d'ouvrages et d'articles, et parfois contradictoires d'un ouvrage à l'autre ou d'un article à l'autre.

Pour ma part, mon expérience de 17 ans de culture des 6 variétés disponibles en France ne m'a pas permis d'établir quelles variétés sont autostériles et lesquelles sont autofertiles, à l'exception de la variété 'Unique' (autofertile).

En effet, je cultive 12 de mes 13 plants dans la même parcelle, à 5 m les uns des autres, et ils s'interpollinisent globalement.

J'ai pu toutefois observer en culture isolée mon treizième plant, qui est de la variété 'Unique'. Celui-ci étant planté dans une parcelle distante de celle où se trouvent groupés les douze autres plants.

J'ai pu vérifier en culture que la variété 'Unique' est autofertile. J'ai pu également constater qu'elle produit des fruits plus gros et plus nombreux si elle est pollinisée par une autre variété.

J'avais planté un sujet de la variété 'Unique' dans une parcelle éloignée de celle où se trouvaient mes 12 autres pieds de Feijoa. Sa fructification était non satisfaisante en nombre et en taille par rapport aux autres plants de Feijoa, dont deux plants de la variété 'Unique'.

Par la suite, j'ai été amené à déplacer une partie de mes plants de Feijoa. Je les ai transplantés près du sujet de la variété 'Unique' initialement isolé.

La saison suivante, ce dernier a produit de façon satisfaisante (abondance de la récolte, fruits plus gros) bénéficiant de l'interpollinisation des autres plants qui avaient fleuri abondamment malgré leur transplantation.

Que dit la littérature (mondiale) pour les 5 autres variétés disponibles en France ? 

La variété 'Coolidge' est totalement autofertile. Quelle que soit la source consultée, l'information est la même.

Concernant les quatre autres variétés, j'ai trouvé dans les ouvrages et les articles des approximations ou des contradictions, y compris dans l'information fournie par les pépinières néo-zélandaises, pourtant en pointe en matière de Feijoa.

J'en retire malgré tout les conclusions suivantes : 

Les variétés 'Mammouth', 'Apollo' et  'Gemini' seraient partiellement autofertiles. Apollo peut-être plus que les deux autres.

La variété 'Triumph' est autostérile. Une étude menée en Italie en 1988 et 1989 à l'Institut expérimental de fruticulture de Rome l'a montré clairement (Feijoa sellowiana : floral biology, M. T. Dettori et R. Di Gaetano, Advances in Horticultural Science, vol. 5, n° 1, 1991, pp. 11-14, accès).
 

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CHOIX DES VARIETES

 

J'ai consacré un article spécifique au choix des variétés de Feijoa. Il convient de s'y reporter pour un exposé détaillé, mais voici la synthèse des choix que je préconise pour les 6 variétés que je cultive.

Régions septentrionales : 'Unique' si une seule variété plantée ; 'Apollo' / 'Gemini' si deux variétés plantées simultanément ; 'Unique' puis 'Gemini' si deux variétés plantées en deux fois.

Régions méridionales : 'Coolidge' si une seule variété plantée ; 'Mammouth' / 'Triumph', si deux variétés plantées simultanément ; 'Coolidge' puis 'Triumph' si deux variétés plantées en deux fois.

Indépendamment des choix indiqués, il faut souligner que l'offre variétale actuellement disponible en France pèche par la tardiveté de la fructification (début de récolte de mi-octobre à mi-novembre, selon les variétés, dans ma région du littoral méditerranéen du sud-est).

Plusieurs correspondants de régions septentrionales, ou de l'arrière-pays de certains départements côtiers, m'ont fait part de la difficulté de mûrissement des feijoas par manque de chaleur et/ou d'ensoleillement.

Je pense qu'il convient d'élargir la gamme des variétés proposées en France par les cultivars néo-zélandais précoces d'obtention récente : 'Kakariki' (maturité 4 semaines avant 'Unique', le plus précoce des cultivars disponibles en France), 'Anatoki' et 'Kaiteri' (tous deux plus précoces que 'Unique' de 2 à 3 semaines).

Avec ces cultivars néo-zélandais, on pourrait commencer la récolte des feijoas en France dès le début du mois de septembre.
 

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RECOLTE

 

Les feijoas sont des fruits d'automne. Je les récolte de la mi-octobre à la mi-décembre, selon les variétés.

Les fruits sont de couleur verte et le restent à maturité.

Bien qu'ils soient un peu plus clairs que le feuillage, j'ai parfois du mal à voir ceux de l'intérieur de l'arbre.

Je fais le tour de l'arbre en cherchant l'incidence de la lumière qui, par contraste, les rend plus visibles, et souvent, je m'accroupis pour avoir une meilleure vue, par le dessous, de la totalité de la récolte.

Acca sellowiana (Feijoa) : fructification

Acca sellowiana (Feijoa) : fructification
(noter la fructification importante à l'intérieur de la touffe et la couleur des fruits, proche de celle du feuillage)

A maturité, le fruit chute au sol. Un feijoa encore attaché à l'arbre est soit immature, soit proche de la maturité mais sans l'avoir atteinte.

C'est la présence au sol des premiers fruits qui indique le début de la période de récolte.

La floraison étant très étalée, la fructification l'est aussi et il tombe des fruits mûrs tous les jours.

Il y a trois façons de récolter les fruits : ramasser les fruits mûrs sur le sol, faire tomber ceux qui sont proches de la maturité ou prélever ces derniers directement sur l'arbre en les sélectionnant.

J'effectue ma récolte uniquement au sol. La peau épaisse des feijoas évite que le fruit ne souffre de sa chute. Elle lui permet aussi de résister aux limaces et fourmis, ainsi qu'à la pluie.

Les feijoas continuent à mûrir au sol. Mais ils mettent plusieurs jours pour atteindre le stade de surmaturité qui les rend inconsommables.

Ainsi, il n'est pas obligatoire de les récolter tous les jours, même au sol. C'est un avantage certain si l'on ne peut pas récolter tous les jours (feijoas situés dans un verger éloigné du domicile, absence de quelques jours...).

J'ai constaté que le pédoncule du feijoa tient d'autant plus faiblement au rameau que le fruit évolue vers la maturité. Les feijoas proches de la maturité restent fixés aux rameaux, mais leur pédoncule est faiblement attaché.

De ce fait, au sol, parmi les fruits mûrs tombés naturellement à maturité, peuvent se trouver, parfois en quantité importante, des fruits qui étaient proches de la maturité et qu'un vent fort a décrochés. Le degré d'évolution des fruits ramassés au sol est donc souvent hétérogène.

Lors de la récolte, si le nombre de fruits ramassés sur le sol me paraît insuffisant, je fais chuter les fruits qui sont très proches de la maturité. Pour cela, j'effectue le tour de l'arbre en secouant fermement les branches assez fortes mais encore souples, avec précaution toutefois car le bois est cassant.

Les fruits que je fais tomber ainsi sont proches de la maturité et ils vont continuer à mûrir hors de l'arbre. Les fruits non mûrs sont très fortement attachés à l'arbre et ne tombent pas lorsque je secoue les branches.

Il est possible de récolter aussi directement sur l'arbre et de laisser les fruits mûrir hors de l'arbre. C'est une méthode que j'emploie peu car elle allonge considérablement le temps de récolte.

En effet, la difficulté pour récolter les fruits directement sur l'arbre est de sélectionner ceux qui sont proches de la maturité car ils ne sont pas visuellement identifiables.

En fait, il faut sélectionner les fruits qui se détachent facilement, pratiquement sans résistance au niveau du pédoncule. Ce sont ceux qui sont très proches de la maturité.

Pour cela, j'enserre doucement le feijoa dans la main et je tire légèrement vers le bas. Si le fruit vient, c'est qu'il était bon pour la récolte. Si le pédoncule résiste, je laisse le fruit sur l'arbre et passe à un autre, car c'est signe qu'il n'est pas assez proche de la maturité.
 

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OBSERVATIONS RELATIVES A LA FRUCTIFICATION

 

Selon le plan suivant : les fruits sur l'arbre, types de couleur du fruit selon la variété, variabilité des fruits sur le même arbre, taille des fruits, fruits anormaux.
 

LES FRUITS SUR L'ARBRE

Les fruits sont soit isolés, soit en groupes de deux à quatre, se touchant alors sans que cela n'altère leur peau.

Ils pendent en fin de rameaux grêles et souples, qui s'inclinent sous leurs poids. Leur pédoncule est assez long et de couleur verte, solidement attaché au rameau tant que le fruit n'est pas mûr.

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits en cours de développement

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits en cours de développement
(noter le rameau fructifère grêle appuyé sur une charpentière)

Les fruits, de couleur verte, sont de forme oblongue et plus ou moins larges. Ils présentent à l'apex un reliquat du calice (sépales), ce qui indique que l'ovaire est infère.

Acca sellowiana (Feijoa) : restes du calice à l'apex du fruit

Acca sellowiana (Feijoa) : reliquat du calice (sépales) à l'apex du fruit (ovaire infère)
(fruit en formation : les quatre sépales ne se sont pas encore totalement refermés, ni rétractés)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : restes du calice à l'apex du fruit

Acca sellowiana (Feijoa) : les sépales persistent à l'apex du fruit (ovaire infère)
(fruit en formation : les quatre sépales ne se sont pas encore totalement refermés, ni rétractés)

La taille n'est pas suffisante pour déterminer si le fruit a atteint son complet développement. J'ai observé qu'un bon indice est la protubérance du reste du calice à l'apex.

Plus le fruit se développe, plus le reliquat du calice paraît petit car il se rétracte et, à complet développement du fruit, il est logé dans une invagination de l'apex, d'où il ressort en partie.

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits en cours de développemen

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits en cours de développement
(le reliquat du calice est moins protubérant sur le fruit du centre, le plus développé)

 

TYPES DE COULEUR DU FRUIT SELON LA VARIETE

Il existe deux nuances de couleur pour le fruit, selon les variétés : un vert foncé (associé à une peau bosselée épaisse) et un vert clair (associé à une peau plus lisse et plus fine).

Acca sellowiana (Feijoa) : les deux types de couleur du fruit, en fonction de la variété

Acca sellowiana (Feijoa) : les deux types de couleur du fruit, en fonction de la variété
(fruits vert clair, en haut ; fruits vert sombre, en bas)

Quel que soit le type de couleur du fruit, les jeunes fruits en formation sont recouverts d'une pruine blanchâtre qui disparaît progressivement au fur et à mesure de leur développement.

 

VARIABILITE DES FRUITS SUR LE MÊME ARBRE

J'ai observé une variabilité dans la taille et dans la forme des fruits sur le même arbre. Cette observation est valable pour l'ensemble des 6 variétés que je cultive.

Si je ne tiens pas compte des fruits minuscules résultant d'un mauvais développement embryonnaire, je constate une variation de taille du simple au double entre les fruits, toutes les tailles intermédiaires étant représentées.

J'observe aussi qu'il existe une forme dominante pour chacune des variétés, mais elle se traduit de façon plus ou moins prononcée d'un fruit à l'autre et, dans certains cas, la forme du fruit diffère nettement de la forme dominante pour la variété.

Acca sellowiana (Feijoa) : variabilité des fruits (forme, taille) récoltés sur le même arbre (variété Triumph)

Acca sellowiana (Feijoa) : variabilité des fruits (forme, taille) récoltés sur le même arbre (variété Triumph)

 

TAILLE DES FRUITS

Je récolte des fruits de taille variable sur le même arbre, mais pratiquement de même taille d'une variété à l'autre.

Seules les variétés 'Unique' et 'Gemini' produisent des fruits globalement plus petits, bien que certains de leurs fruits soient aussi gros que les plus gros des autres variétés. 

Les cultivars tels que ceux que je cultive produisent des gros fruits, dont les dimensions étonnent ceux qui n'ont vu que les petits fruits généralement produits par les sujets issus de semis.

Je fournis sur la photographie ci-après deux exemples de beaux fruits d'une de mes récoltes, en grandeur réelle (vérifiable en mettant une pièce de 1 euro en recouvrement de la pièce à l'écran).

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits mûrs d'un cultivar greffé, taille réelle

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits mûrs d'un cultivar greffé, taille réelle
(fruit à gauche : 7,7 cm de long ; à droite : 7 cm)

J'ai relevé que le fruit record de l'année 2004 a été un fruit de la variété 'Apollo' d'une longueur de 8,5 cm et d'un poids de 130 g.

Le record toutes années confondues a été un fruit de 9 cm de long, de diamètre 6,3 cm et d'un poids de 162 g (je n'ai pas noté de quelle variété il s'agissait).

Dans mes récoltes, un fruit de taille moyenne est long de 5 cm et pèse environ 60 g. Les plus beaux fruits font de 7 à 8 cm de long et pèsent environ 100 g.

Au fil des années, j'ai déterminé que pour qu'un fruit soit suffisamment attractif pour être présenté à table, il faut qu'il pèse au moins 35 g.

Quelle que soit la variété, 60 % des fruits récoltés atteignent ou dépassent ce poids et je les réserve en priorité pour la consommation crus. Je destine préférentiellement les 40 % de fruits de poids inférieur à 35 g à la transformation (compote, confiture).

Bien entendu, je ne pèse pas chacun des fruits récoltés pour effectuer ma sélection... C'est à l'oeil que je détermine qu'un fruit est suffisamment attractif ou pas (et c'est en vérifiant le poids des plus petits de ceux considérés comme suffisamment attractifs à de nombreuses reprises, au fil des années, que j'ai pu établir qu'ils pesaient environ 35 g). 

Je précise qu'au sein de chaque récolte, pour toutes les variétés, figure une part assez importante de fruits très peu développés par suite d'une mauvaise pollinisation et en forme de cornichons. Inclus dans les 40 % de fruits de poids inférieur à 35 g, je n'ai pas établi le pourcentage qu'ils représentent.

Curieusement, ces tout petits fruits ne sèchent pas et arrivent à maturité comme les fruits normalement développés. Le très faible volume de pulpe qu'ils renferment a le même goût que la pulpe des fruits bien développés.

En général, je ne les ramasse pas, mais il m'arrive parfois d'utiliser les plus gros d'entre eux pour la transformation.

Rappel : je traite des rendements au chapitre "Entretien" supra, sous-chapitre "Taille d'entretien".

 

FRUITS ANORMAUX

L'arbre peut porter jusqu'à maturité des fruits anormaux. Au-delà de leur aspect curieux, ils sont tout aussi comestibles que les fruits normaux et ont le même goût.

Ils résultent de problèmes de pollinisation ou d'embryogénèse et sont rares. Par exemple, en 2003, j'ai compté seulement 4 fruits anormaux sur la totalité des récoltes de mes 13 plants.

Acca sellowiana (Feijoa) : deux fruits anormaux (en bas, fruit normal)

Acca sellowiana (Feijoa) : deux fruits anormaux (en bas, fruit normal)

 

Acca sellowiana (Feijoa) : deux fruits anormaux

Acca sellowiana (Feijoa) : deux fruits anormaux

 

Acca sellowiana (Feijoa) : fruit anormal

Acca sellowiana (Feijoa) : fruit anormal

 

Acca sellowiana (Feijoa) : fruit anormal

Acca sellowiana (Feijoa) : fruit anormal

 

Acca sellowiana (Feijoa) : fruit anormal

Acca sellowiana (Feijoa) : fruit anormal
 

Sommaire

 

CONSERVATION

 

Je place les fruits récoltés (au sol ou sur l'arbre) dans une coupe à température ambiante de la maison.

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits mûrs

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits mûrs

Au bout de 1 à 4 jours, selon le stade d'évolution auquel ils ont été récoltés, les feijoas atteignent leur point de maturité optimal. Certains fruits ayant mûri au sol doivent être consommés ou transformés immédiatement.

Au cours de la conservation des feijoas à température ambiante de la maison, leur chair s'amollit et devient plus sucrée.

C'est alors que le fruit devient parfumé. Sur l'arbre, ce parfum ne se sent pas, à moins de mettre le nez sur le fruit et qu'il soit proche de la maturité, mais, à l'intérieur de la maison, les fruits mûrs regroupés dans une coupe exhalent un parfum puissant.

Et c'est un double plaisir : visuel, car les gros fruits d'une couleur agréable composent un spectacle d'automne exotique, et olfactif car la coupe embaume rapidement la partie de la pièce dans laquelle elle se trouve.

Les fruits se conservent donc quelques jours seulement. A surmaturité (fruit mou), la pulpe devient foncée et prend un goût médicamenteux désagréable. Le feijoa est un fruit à manger rapidement.

Les feijoas sont des fruits hautement climactériques, mais on peut ralentir (sans l'arrêter) leur mûrissement en les plaçant au réfrigérateur.

Les récoltes étant importantes, je conserve dans des cagettes en plastique assez profondes les fruits en surplus par rapport à ceux que je place en coupes dans la maison et à ceux que je stocke dans le réfrigérateur.

Les cagettes sont entreposées à l'ombre dans mon garage (plus frais que l'intérieur de la maison en fin d'automne, période des récoltes).

Contrairement aux kakis, je ne dispose pas les feijoas en une épaisseur seulement. Je les stocke en vrac dans les cagettes, en remplissant celles-ci à ras bords (et même en monticule au-dessus des bords). Les feijoas, à peau épaisse et très durs avant d'être mûrs, ne souffrent nullement d'un tel procédé.

Tous les deux jours, j'effectue un tri de la totalité des feijoas en fonction de leur degré de maturité, selon une méthode que j'expose dans le chapitre "Consommation" ci-après.

J'extraie les feijoas mûrs, ou très proches de l'être, et je les place en coupes dans la maison à des fins de consommation immédiate, ou je les transforme sans délai (compote, confiture). Et je réapprovisionne le réfrigérateur avec des fruits non mûrs.

La congélation donne de très mauvais résultats.

J'ai tenté de congeler des feijoas entiers et j'ai constaté après décongélation un résultant décevant : le fruit est mou, son aspect extérieur est fripé et il a terni ; la pulpe, devenue brunâtre, présente une texture visqueuse, une liquéfaction excessive et a perdu une grande partie de sa saveur. L'amateur averti constate néanmoins que le peu de saveur résiduelle est celle spécifique du feijoa.

La transformation en compote et en confiture donne par contre un résultat excellent (voir autre article publié sur le site).
 

Sommaire

 

CONSOMMATION

 

Indications et observations relatives à la consommation du feijoa issues de mon expérience personnelle, selon le plan suivant : comment consommer, la pulpe et le goût, test de maturité optimale, évolution de la mollesse de la pulpe, évolution de la couleur de la pulpe.
 

COMMENT CONSOMMER

Je consomme la pulpe du feijoa avec une petite cuillère, après avoir coupé le fruit en deux dans le sens de la longueur ou de la largeur indifféremment. Je coupe dans le sens de la largeur plutôt les petits fruits.

La peau, épaisse et de texture coriace, que je trouve légèrement acide mais ni astringente ni amère, ne se consomme pas.

Au pied de l'arbre, sans petite cuillère, je tranche en deux d'un coup de dents le feijoa dans le sens de la largeur et je râcle la pulpe avec les incisives après avoir tranché à nouveau le demi-feijoa avec les dents, mais dans le sens de la longueur.

Pour faire manger le feijoa aux enfants au pied de l'arbre, sans couteau, je commence par rompre le feijoa en deux dans le sens de la largeur avec les mains.

Puis, j'ouvre grossièrement chacune des moitiés dans le sens de la longueur avec les pouces et je sépare les quarts en forme de barquettes tronquées ainsi obtenus.

Je prends un quart de feijoa et je montre aux enfants comment repousser vers l'avant la pulpe avec le pouce (en commençant depuis l'ouverture de la barquette), pour la gober ensuite sur l'ongle.

Il est inutile de leur montrer deux fois, je peux distribuer les barquettes...

 

LA PULPE ET LE GOÛT

La pulpe du feijoa est blanc-crème, plus blanche chez certaines variétés comme 'Apollo'. Lorsque le fruit est ouvert, elle s'oxyde rapidement au contact de l'air et prend alors une couleur jaunâtre à brunâtre.

La pulpe est légèrement juteuse. Elle est granuleuse, plus ou moins selon les variétés. Mais toujours sans excès.

Les graines sont très petites, réniformes, cantonnées à l'intérieur de loges carpellaires qui forment une croix caractéristique lorsque l'on observe le fruit en coupe transversale. Il y aurait entre 20 et 30 graines par fruit, plus chez certaines variétés. Je ne les ai jamais dénombrées.

Elles sont peu visibles et sont imperceptibles lors de la consommation de la pulpe.

Acca sellowiana (Feijoa) : pulpe du fruit mûr

Acca sellowiana (Feijoa) : pulpe du fruit mûr
(noter, sur la coupe transversale, la croix constituée par les loges carpellaires contenant les graines)

Concernant le goût du feijoa, pour moi, la première caractéristique est un parfum puissant et exotique que l'on capte avant même d'avoir goûté à la pulpe.

La pulpe a une saveur très marquée, mais contrairement à ce qui est souvent écrit et reproduit, je ne trouve pas que le goût "rappelle l'ananas et la fraise". Je trouve simplement que c'est le fabuleux goût du feijoa, un goût sui generis, à nul autre pareil.

Pour moi, il rivalise avec le goût des poires les plus fines, le parfum et l'exotisme en sus...

Les 6 variétés de Feijoa que je cultive produisent des fruits de très bon goût et, pour moi, il n'existe pas de différence de goût d'une variété à l'autre.

Mais j'ai noté deux particularités concernant le goût du feijoa, qui existent sur le même arbre, pour des fruits de maturité comparable.

Première particularité : une petite partie (de l'ordre de 10 %) des fruits de la récolte d'un même arbre révèle un goût plus fin et plus intense : ce sont ceux que je nomme les fruits succulents. Ils sont sans doute plus chargés de certains composants aromatiques dont j'ignore la nature.

Cette particularité existe chez toutes les variétés, mais je trouve que la variété 'Triumph' produit plus de fruits succulents dans une récolte que les autres variétés. Mais c'est une variété à réserver aux zones méridionales.

Robert Pélissier, pépiniériste à Aubagne désormais à la retraite, qui fut l'introducteur d'espèces et de variétés fruitières nouvelles le plus dynamique des dernières décennies, a fait le même constat que moi concernant la présence de fruits succulents parmi la récolte. Il m'a indiqué que, pour lui, parmi les six variétés de Feijoa disponibles en France qu'il cultive de longue date, c'est la variété 'Apollo' qui emporte la palme en matière de goût.

La seconde particularité que j'ai observée concernant le goût est la présence sur le même arbre d'un faible pourcentage de fruits au goût médicamenteux très désagréable.

J'ai constaté que ce phénomène existe pour l'ensemble des six variétés que je cultive et que la proportion de tels fruits est la même pour chacune d'entre elles (de l'ordre de 2 % sur chaque arbre).

Selon V. A. Evreinoff, le goût pharmaceutique désagréable que l'on trouve chez certains fruits se développerait surtout en sol calcaire (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5,  pp. 323-329).

Pour ma part, je constate que mes feijoas sont plantés dans une parcelle de pH 7,6 et que le nombre de fruits à goût pharmaceutique est très limité.

V. A. Evreinoff indique aussi que les fruits sont ligneux et de mauvaise qualité lorsque l'arbre croît sur des sols arides ou souffre de la sécheresse.

Curieusement, certains visiteurs de mon jardin botanique n'apprécient pas le goût des feijoas. J'ai même entendu une personne comparer la pulpe du feijoa à la cire dont on fait les bougies...

Je vérifie alors que les visiteurs ne sont pas tombés sur un fruit à goût pharmaceutique très désagréable.

Je vérifie aussi que les néophytes n'ont pas râclé la partie de la pulpe la plus proche de la peau d'un fruit insuffisamment mûr, qui est insipide et de consistance granuleuse.

Mais, le plus souvent, en goûtant le fruit qui ne plaît pas au visiteur, je trouve sa saveur normale (et excellente...).

 

TEST DE MATURITE OPTIMALE

Pour reconnaître la maturité du feijoa, deux indices : la couleur de la peau et la souplesse sous les doigts.

A maturité complète, les fruits s'éclaircissent légèrement, qu'ils soient initialement vert foncé ou vert clair, selon la variété.

Acca sellowiana (Feijoa) : fruits mûrs

Acca sellowiana (Feijoa) : en haut, deux fruits proches de la maturité ; en bas, fruit mûr légèrement plus clair

Pour ma part, je n'attache pas vraiment d'importance à l'éclaircissement de la peau car je préfère les fruits à peine mûrs aux fruits vraiment mûrs.

Et surtout, pour déterminer avant ouverture si un feijoa aura son  goût optimal, je me fie au test de maturité par pression que j'ai mis au point avec l'expérience et que j'expose ci-après.

La pulpe s'amollit et devient plus sucrée au fur et à mesure de la maturation du feijoa.

Un feijoa dur n'est pas mûr. Un feijoa non dur mais ferme peut être mûr ou pas (cela dépend du niveau de fermeté). Un feijoa mou est trop mûr, voire en surmaturité le rendant inconsommable.

Pour m'assurer de la maturité optimale d'un fruit récolté, je le prends à l'horizontale entre les deux mains, en le tenant entre le pouce et l'index de chaque main. La main gauche avec le pouce et l'index dans le plan horizontal, la main droite avec le pouce et l'index dans le plan vertical.

En exerçant une à deux pressions rapides avec les quatre doigts simultanément, je détermine instantanément si le fruit est mûr : c'est le cas lorsqu'il est encore ferme mais légèrement souple sous les doigts. S'il n'est plus dur, mais ferme et résistant à la pression, il n'est pas encore mûr.

Le test de maturité optimale est très important pour le tri des fruits après la récolte.

En effet, lorsque l'on a récolté plusieurs kilogrammes de fruits, il faut choisir ceux que l'on va consommer les premiers, que l'on va mettre en général immédiatement à table, et déterminer ceux qui peuvent attendre, que l'on va conserver pour consommation ultérieure, au réfrigérateur ou à température ambiante.

Ce tri post-récolte rend la consommation à table plus agréable car on ne présente alors au dessert que des fruits mûrs à point, que les convives n'ont pas besoin de trier eux-mêmes.

 

EVOLUTION DE LA MOLLESSE DE LA PULPE

Lors du mûrissement, la pulpe du feijoa commence à s'amollir par le centre. Au fur et à mesure que le fruit mûrit, la partie molle de la pulpe s'étend vers la surface du fruit.

Dans le fruit coupé en deux, on constate un élargissement de la zone molle vers la périphérie proportionnel au degré de maturité du fruit. Si un fruit est insuffisamment mûr, en coupe longitudinale, on observe un ovale réduit de pulpe molle au centre, entouré par une zone de pulpe dure qui est granuleuse et insipide.

C'est pourquoi, il ne faut pas râcler la pulpe trop près de la peau en consommant le fruit, sauf pour les fruits à maturité optimale. En fait, il ne faut prélever à la petite cuillère que la partie molle de la pulpe si l'on souhaite bénéficier de la saveur maximale.

Mais certaines personnes consomment d'abord la partie molle de la pulpe et ne peuvent s'empêcher de râcler ensuite la partie dure...

Avec l'habitude, la zone de pulpe non mûre sur le pourtour du fruit, sous la peau, se reconnaît facilement car elle est de couleur verdâtre.

Acca sellowiana (Feijoa) : pulpe d'un fruit mûr

Acca sellowiana (Feijoa) : pulpe d'un fruit mûr
(on distingue sur le pourtour du fruit, sous la peau, la zone verdâtre de pulpe non mûre)

J'ai pesé plusieurs kilogrammes de feijoas avant et après consommation pour déterminer le poids relatif de la pulpe consommable.

Pour des feijoas à maturité optimale, pour 1 kilogramme de fruits avant consommation, le poids du reliquat des fruits après consommation (peau et pulpe dure non consommée) s'établit à environ 700 grammes. Soit 300 grammes de pulpe molle consommée.

On consomme donc 30 % du poids d'un feijoa à maturité optimale.

En effectuant différentes pesées de même type avec des feijoas non encore mûrs, mais ayant une partie de la pulpe molle, ce pourcentage, déjà faible, a rapidement chuté...

 

EVOLUTION DE LA COULEUR DE LA PULPE

Au fur et à mesure que le feijoa mûrit et que la pulpe se ramollit, cette dernière s'obscurcit, devenant brunâtre. Lorsque le fruit entre dans la phase de surmaturité, le centre de la pulpe se liquéfie de façon vitreuse.

Acca sellowiana (Feijoa) : évolution d'un fruit mûr (de gauche à droite)
(les deux fruits de droite sont à surmaturité ; celui du bas est pourri)

L'obscurcissement de la pulpe, qui traduit le degré d'évolution d'un fruit mûr, est visible à l'ouverture du fruit. Selon la variété, le fruit tout juste mûr présente une pulpe plus ou moins blanche.

Un second phénomène provoque l'obscurcissement de la pulpe : elle s'oxyde rapidement au contact de l'air et prend alors une couleur jaunâtre à brunâtre.

Ainsi, si la pulpe est claire à l'ouverture du fruit, elle fonce en quelques minutes et sa couleur devient moins agréable.

Lorsque l'on consomme le fruit cru, cela n'a pas d'importance car entre le moment où l'on ouvre le fruit et le moment où on l'entame à la petite cuillère, la pulpe n'a pas le temps de s'oxyder. Mais il faut éviter d'ouvrir les fruits à l'avance pour les présenter ouverts à table.

Lors de la confection de compote ou de confiture, j'évite de traiter la pulpe au jus de citron, procédé préconisé par certains pour empêcher le brunissement. Je tiens en effet à laisser intacte la saveur du Feijoa en ne lui ajoutant pas la pointe d'acidité du citron.

Pour obtenir une confiture de couleur claire, plus proche de celle de la pulpe naturelle et plus agréable à l'oeil, il convient de mettre la pulpe en cuisson avant oxydation prononcée. J'ai déterminé qu'il suffit, pour une personne expérimentée, d'extraire la pulpe rapidement et de la mettre immédiatement en cuisson par lots successifs de 500 grammes au maximum (voir mon article relatif à la confection de compote et de confiture de Feijoa).
 

Sommaire

 

MULTIPLICATION

 

Selon le plan suivant : semis, marcottage, bouturage, greffage.
 

Semis

Je n'ai jamais pratiqué le semis car il ne conserve pas la variété. Cependant, il donne de bons résultats pour l'obtention de porte-greffes.

Il convient de prélever les semences sur des arbres vigoureux. Pour séparer les graines, presser la pulpe sous l'eau et décanter.

Viabillité des graines conservées au sec : un an et plus.

Durée de germination : trois semaines.

Selon Mauri, transplantation à la taille de 3/4 cm (Mauri W. et G., Feijoa sellowiana. Sa multiplication. Revue horticole).

 

Marcottage

Je sais que le marcottage donne de bons résultats, mais je ne l'ai jamais tenté.

Il est assez long (6 mois selon plusieurs auteurs, 2 ans selon Mauri).  

 

Bouturage

J'ai essayé plusieurs fois le bouturage en pot, à la façon du grenadier ou du figuier, espèces pour lesquelles j'enregistre de très bons résultats avec cette méthode de multiplication. Je n'ai jamais eu un seul succès. De même, je n'ai constaté que des échecs chez les nombreux amateurs que j'ai vus tenter le bouturage.

En fait, le bouturage (qui s'effectue avec du bois semi-aoûté) requiert chaleur de fond, mist et substrat très léger (par exemple 60 % sable ou perlite et 40 % tourbe), avec hormones de croissance et fongicide.

Dans un rapport de voyage d'études en Nouvelle-Zélande, B. Azam et al. donnent quelques informations sur la méthode de bouturage utilisée par les pépiniéristes dans ce pays (Le Feijoa en Nouvelle-Zélande, B. Azam, F. Lafitte, F..Obry, J. L. Paulet, Fruits, 1981, vol. 36, n° 6, pp. 361-384).

Les boutures de cultivars sont obtenues par la taille des arbres en production. Un rameau de trois noeuds, semi-aoûté et de la dernière saison, est coupé dans la partie inférieure de la plante mère en mai ou juin, c'est à dire novembre ou décembre dans l'hémisphère nord.

Les extrémités non aoûtées sont éliminées. Deux feuilles sont laissées à l'extrémité de la bouture, qui est trempée dans de l'IBA (acide indolbutyrique) à 2.000 ppm, ou du Seradix n° 3 en poudre. Ce sont les préconisations du Ministère de l'Agriculture. Cependant, la pépinière Hortex utilise une solution d'IBA à 3.000 ppm avec de l'alcool isopropylique servant de conducteur à l'hormone et de l'eau ionisée.

Les boutures sont plantées dans des pots en plastique ou en planches avec un mélange de 60 % de sable, 40 % de tourbe et une petite quantité de terrazol, environ 74 g / m 3 (provenance USA, Olin Corporation). Ceci permet de lutter contre le Phytophthora et le Pythium.

Les plants sont conservés 8 à 9 mois en serre avec des températures atmosphériques avoisinant 25 °C et une humidité relativement importante (arrosage par microjets, 10 secondes toutes les heures durant la journée).

Ils sont sortis de serre en février (soit août pour l'hémisphère nord) et placés à l'extérieur pendant une période d'adaptation, jusqu'à la vente en avril ou juin (soit octobre ou décembre dans l'hémisphère nord).

A l'époque de la vente, les plants font environ 50 cm de hauteur et le pépiniériste les taille à 30/40 cm avant départ de la pépinière.

Le taux de réussite du bouturage est d'environ 50 %.

Les auteurs précisent les soins à apporter aux plants de Feijoa (issus de bouture ou de greffe) importés de Nouvelle-Zélande en France.

Ils indiquent que la législation française permet que les plants ne soient pas mis à racines nues, mais seulement secoués pour évacuer le surplus de substrat, ce qui évite de détériorer les racines (contrairement aux législations américaine ou japonaise, qui imposent en outre que les racines soient lavées).

Ces informations de réglementation phytosanitaire datent de la rédaction du rapport (1981) et demandent donc à être vérifiées de nos jours.

Après secouage, les pépiniéristes néo-zélandais enroulent les plants dans de la mousse (sphaignes), puis les empaquettent dans du plastique.

Bien que le Feijoa soit une espèce à feuilles persistantes, une période d'adaptation est nécessaire lorsque les plants changent d'hémisphère.

A réception, il faut les transporter rapidement à leur point d'arrivée définitif, sans les dépaqueter, de façon à éviter les coups de chaleur. Il faut ensuite les rempoter dans un mélange suffisamment perméable dans des pots de 15 cm de diamètre et les placer dans un endroit frais et abrité. Ils doivent être plantés à 5-7 cm de profondeur.

Il faut les arroser abondamment de façon régulière et, lorsque la croissance reprend, leur fournir un engrais NPK équilibré.

Lorsque les plants ont pris 12 cm environ, on peut les rempoter dans des containers plus grands, ou les planter en pleine terre.

 

Greffage

Les 13 sujets de ma plantation sont greffés. Et j'ai constaté que les cultivars de Feijoa proposés par les pépinières du sud-est de la France sont toujours des plants greffés. Toutefois, j'ai appris que depuis peu une importante pépinière de gros de Hyères (Var) multiplie des plants de cultivars de Feijoa par bouturage.

Je n'ai pas pratiqué la greffe de Feijoa, mais j'ai observé sur les nombreux plants greffés que j'ai manipulés que la greffe est effectuée au collet, avec la méthode à l'anglaise simple. Compte tenu des précautions particulières à prendre contre le vent, je comprends que les greffes soient réalisées au collet.

Selon l'excellent site Greffer.net, les autres méthodes de greffe possibles pour le Feijoa sont (en avril, sur porte-greffe de deux ans) l'anglaise compliquée, la fente simple au collet et le placage de côté. Le site précise que les greffages sont à réaliser en serre chaude, mais que, malgré tout, les résultats sont assez décevants...

Mauri indique une méthode qui donne 70 % de réussite (Mauri W. et G., Feijoa sellowiana. Sa multiplication. Revue horticole).

Les sujets de semis, en pots, sont greffés à l'anglaise au niveau du collet. La greffe étant très difficile à réussir en plein air, les pots sont enterrés en serre chaude dans un compost de tourbe, suffisamment pour que la plaie de greffe soit enfouie.

Au bout de trois semaines, la soudure est faite et les greffons sont partis en végétation. Les plants greffés sont alors extraits de la tourbe et rempotés.

La plaie de greffe est entourée de papier paraffiné. Au bout de deux ou trois semaines, le bourrelet de greffe s'est subérifié et le papier est supprimé.

Dans le rapport de voyage d'études en Nouvelle-Zélande déjà cité, B. Azam et al. évoquent le greffage du Feijoa dans ce pays (Le Feijoa en Nouvelle-Zélande, B. Azam, F. Lafitte, F..Obry, J. L. Paulet, Fruits, 1981, vol. 36, n° 6, pp. 361-384).

Les auteurs indiquent que certains arboriculteurs de Nouvelle-Zélande utilisent la greffe, pratiquée au printemps sur scion de un ou deux ans, sans sève si possible.

Ils soulignent que pour les pépiniéristes, cette méthode présente l'inconvénient d'être nettement plus longue que la bouture (si l'on inclut le temps d'obtention des porte-greffes) et d'être aussi plus onéreuse. Ils précisent que le greffage présente l'inconvénient des repousses à partir du porte-greffe et que les planteurs néo-zélandais préfèrent les plants issus de boutures.

J'ai également trouvé dans d'autres publications l'indication que le porte-greffe (qui est un franc) pouvait poser des problèmes de drageonnement. Pour ma part, je n'ai pas constaté de présence importante de rejets au pied de mes feijoas.

Il m'est arrivé, à quelques rares reprises, de devoir tailler au ras du sol des drageons, assez faibles d'ailleurs, qui poussaient au bas de la touffe, en périphérie immédiate des jeunes troncs. Aucun des drageons n'a été tenace et, la touffe prenant de la force, ils ne sont pas réapparus après avoir été taillés.

Mais, avec des plants nouvellement plantés, j'ai été parfois confronté à une problématique particulière : au bout d'un an ou deux, la greffe devient invisible et, en présence de rejets aussi vigoureux que le greffon, j'ai eu du mal à repérer le greffon si celui-ci n'était pas tuteuré, pour savoir ce que je devais couper au ras du sol. 

Il est donc important de repérer (petit bambou au pied) le greffon nouvellement planté, s'il n'est pas tuteuré, pour ne pas se trouver dans une situation particulièrement embarrassante si des rejets vigoureux de porte-greffe se font jour...

Cette problématique particulière est également relevée dans le rapport de voyage d'études en Nouvelle-Zélande précité.
 

Sommaire

 

OBSERVATIONS DE RUSTICITE

 

Au cours des 17 ans de culture de mes feijoas, j'ai relevé plusieurs fois -7 °C et une seule fois -10 °C sur les thermomètres de la parcelle où ils sont plantés, sans observer aucun dégât de branchage ou de rameaux. Il s'agissait toujours de coups de froid brefs en fin de nuit, avec température positive dans la journée suivante.

Je n'ai pas pu observer l'incidence du gel sur la fructification car je n'ai pas l'expérience des froids négatifs sur les fruits. En effet, lorsque les périodes de froid négatif surviennent dans ma région (janvier et surtout février), j'ai déjà récolté depuis deux mois les derniers feijoas.

Je dispose cependant d'une observation rapportée par un ami : le samedi 19 novembre 2005, à Mont-de-Marsan, la température matinale a atteint -4 °C et a été suivie le lendemain d'une température de -2 °C, le matin également. Les feijoas ramassés après cette double gelée n'avaient subi aucun dommage.

Mais il semble que la rusticité des fruits soit bien supérieure. V. A. Evreinoff, reprenant des témoignages d'arboriculteurs cités par G. N. Voronoff en 1928, indique qu'en Caucasie (Soukhoum) les feijoas supportent des températures de -11 à -12 °C pendant "un certain temps", sans dégâts, ni pour l'arbre, ni pour la fructification (Etude pomologique sur le Feijoa, Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, 1955, vol. 2, n° 5,  pp. 323-329).

Cette résistance au froid des fruits ne me surprend pas, compte tenu de l'épaisseur et de la texture coriace de leur peau.

En ce qui concerne la résistance au froid de l'arbre, V. A. Evreinoff rapporte aussi qu'en Crimée (Yalta), des feijoas ont subi une température de -15 °C, exceptionnelle pour la région, avec pour seules conséquences la perte de leurs feuilles et une absence de fructification.

V. A Evreinoff ajoute qu'il connaît deux pieds âgés de Feijoa (un à Montauban et un autre au Jardin botanique de Toulouse), qui, "relativement abrités, il est vrai", n'ont pas souffert du redoutable hiver 1948-1949, ni de la longue période de gel de janvier-février 1954.

J'ai noté également que Charles Baltet, dans son ouvrage La pépinière (Masson et Cie éditeurs, 1903), signale qu'en Touraine un feijoa a supporté -12 °C sans abri, à l'angle d'un mur au sud-ouest, chez Edouard André (rédacteur en chef de la Revue Horticole).

Pour les températures négatives subies par l'arbre, je dispose de quelques observations que m'ont rapportées des correspondants dignes de foi et expérimentés (pépiniéristes, paysagistes, collectionneurs...), qui les ont réalisées personnellement.

Lors de l'hiver 2001, deux feijoas adultes ont résisté dans la région de Pamiers, en Ariège, à une température diurne de -12 °C survenue au cours d'une période de quinze jours consécutifs de gel.

A Châtellerault, en décembre 1996, deux exemplaires de Feijoa, l'un issus de semis et l'autre greffé de la variété 'Mammouth', ont enduré -14 °C au cours d'une semaine pendant laquelle les gels ont été toutes les nuits très proches de cette température. Ils n'ont été affectés que de quelques dégâts mineurs et fructifient depuis tous les ans.

Record absolu : dans la même région, et constaté par le même observateur (pépiniériste-paysagiste) en plein champ d'une pépinière, plusieurs feijoas ont subi lors de l'hiver exceptionnel de 1985, une pointe à -20 °C au mois de janvier, au sein d'une semaine de gels oscillant entre -15 °C et -17 °C. Ils étaient âgés de six ans et mesuraient 1,50 m de haut. Tous les sujets ont été complètement défoliés. Ils ont perdu entre un tiers et la moitié de leur branchage, selon les cas. Ils ont tous survécu à cet épisode...

Note de 2016 (version initiale de l'article publiée en 2007) : j'ai trouvé une observation intéressante sur le blog du Jardin d'épices (dont l'auteur ne se fait pas connaître), que je livre ci-après.
"Installé au jardin (région parisienne) depuis 6 ans, mon feijoa a d'abord été planté dans le verger, parcelle assez fortement exposée aux vents du nord et d’est. Il a résisté à des hivers très froids, des pointes à -17 °C, des journées complètes sans dégel. Il en a perdu toutes ses feuilles, mais à chaque fois il est reparti. Seul souci, en quatre ans il n’avait grandi que de 2 cm. Il y a 2 ans, j’ai donc décidé de le changer de place, pour le mettre le long d’un mur exposé au sud. A cet emplacement chaud et baigné de soleil, il a triplé de volume en quelques mois. Il fleurit régulièrement depuis 2 ans. Les fruits sont tombés l’année dernière ; cette année (2015), il tiennent mais grossissent peu."

En tout état de cause, pour un essai de culture dans les régions froides, je conseille d'envelopper avec des voiles d'hivernage les sujets de moins de cinq ans (moins de 1,5 m de haut) lorsque la température va chuter à -12 °C.

Je conseille également de planter les feijoas derrière une haie les protégeant des vents dominants qui renforcent l'acuité du froid.
 

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